Listen Whitey!, l’année des panthères


À la fois musicien, journaliste et directeur artistique d’un label, Pat Thomas n’a cessé d’alimenter sa passion pour les musiques afro-américaines et les courants contre-culturels des années 60 et 70. Ces différentes occupations lui ont notamment valu d’interroger Allen Ginsberg ou de rééditer un belle brochette de classiques pour Water Records et 4Men with Beards.

Depuis quelques années, cet intérêt pour la musique et le militantisme s’est progressivement cristallisé dans l’histoire du Black Panthers Party. Après cinq années de recherche, et une relation particulière avec quelques membres historiques du mouvement, il a réussi à amasser une collection unique d’enregistrements dévolus à la cause révolutionnaire.

Sur la base de ce matériel, qui va de l’obscur discours aux grands noms, Thomas tente de formuler une cartographie de l’influence et des liens musicaux durant cette époque mouvementée. Ceci en agrémentant son propos à l’aide de nombreuses photographies inédites et de reproductions de pochettes.

Marlena Shaw, Woman Of The Ghetto (live au Montreux Jazz Festival, 1973)

Bien entendu, cette recherche est accompagnée d’une bande-son. “Listen, Whitey! The Sounds of Black Power 1967-1974″ est produite par Light in the Attic qui l’envisage d’ores et déjà le “document acoustique définitif sur le mouvement du Black Power”. Le festival de Montreux à droit à une petite mention grâce à la légendaire prestation de Marlena Shaw.

LIVRE

  • Pat Thomas, “Listen, Whitey! The Sights and Sounds of Black Power 1965-1975 “, Fantagraphics (date de publication 5 mars 2012)

COMPILATION

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Reggie Watts, comic’s trip


Difficile de savoir exactement dans quel chaudron est tombé Reggie Watts quand il était petit. Un père américain. Une mère française. Une naissance en Allemagne,… une chose est certaine, la mixture devait être largement assaisonnée d’épices dada. Musicien, human beatbox ou humoriste… il est tout cela à la fois et l’encyclopédie Wikipédia permet d’éviter les problèmes de catégorisation en stipulant simplement “artiste multidisciplinaire”.

À vrai dire, pour trouver une définition appropriée, il faudrait plutôt s’inspirer de dispositifs, tels que le collisionneur ou le convertisseur, tant il se montre capable de regurgiter tout ce qui a pu imbiber sa chevelure spongieuse. Couche après couche, il fait preuve d’une habileté sans borne pour faire coexister non-sens et freestyle.


Reggie Watts - Out of Control by Zegoat

Même si Reggie s’est fait connaître principalement grâce à des séries de vidéos publiées sur Youtube, c’est sur scène que l’on peut saisir toute l’originalité de sa démarche. Tour à tour crooner flamboyant, rapper tendance ghetto, midinette r’n'b ou professeur de pataphysique, il s’improvise dans personnages, caricaturant avec précision tous les petits travers de chacun.

Juxtaposant les sons et les accents, les poses et les beats, les gags se se succèdent comme les boucles lancées sur son échantillonneur. Il travaille sans filet et ça ressemble un peu à n’importe quoi. Mais, au final, cela donne toujours quelque chose d’hilarant. Si le postmodernisme devait être exprimé à travers les trips d’un comique, ce serait Reggie Watts.

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Leonard Cohen, l’autre king


Leonard Cohen est de retour pour promulguer quelques pensées introspectives à travers son douzième album. Le Guardian couvre cette sortie de manière extensive avec, dans un premier temps, un long article qui revient sur quelques anecdotes qui ont jalonné sa carrière de sa retraite curative dans un monastère bouddhiste à l’affabilité de Janis Joplin au Chelsea Hotel.

Dans un deuxième temps, en plus du single Darkness, le journal offre une opportunité pour écouter en avant-première toute la volupté de “Old Ideas”. Cohen, qui cela dit en passant est contemporain d’Elvis Presley, démontre que son phrasé mélancolique ne cesse de se bonifier avec les années.

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Piero Sidoti, l’artisan du Frioul


Il aime sa vie paisible à Udine, dans le Frioul du nord-est de l’Italie. Lorsqu’il n’enseigne pas les mathématiques, Piero Sidoti écrit, chante et joue pour le théâtre. La sortie de son premier recueil de chansons, “Genteinattesa” lui a donné l’opportunité d’ouvrir récemment pour Gianmaria Testa. Ses refrains acoustiques sont ceux d’un artisan, interprétés d’une voix souvent profonde, ébréchée, charismatique, avec une brise de jazz sur quelques morceaux ou une chaleur brésilienne sur d’autres.

Comment avez-vous commencé la musique?

La musique a rempli ma vie depuis tout petit. Je crois avoir tout écouté, classique, moderne, contemporain, chanson, etc. Cependant, j’ai commencé à jouer de la guitare seulement après mes vingt ans, au moment où tous les autres arrêtaient. Avant j’écrivais beaucoup poésies, textes, nouvelles. Je sentais le besoin d’exprimer quelques choses, de communiquer et donc de partager avec les autres pour rentrer dans une sorte de résonance émotive. Je crois avoir commencé à jouer à l’âge auquel un homme n’a plus aucun charme avec la guitare à la main, ce n’est plus l’adolescent qui joue des chansons d’amour sur la plage, mais juste un traînard qui ne sait pas encore ce qu’il veut faire de sa vie.

Quels ont été vos modèles pour la voix et pour la guitare?

La liste pourrait être très longue puisque je suis un grand consommateur de musique, du classique au pop, en passant par le heavy metal, le rap. J’écoute toujours en silence et je déteste écouter de la musique en fond sonore, tout en faisant autre chose. Les références italiennes sont Fabrizio De André, Paolo Conte, Lucio Dalla, Francesco De Gregori, Gianmaria Testa, Giorgio Gaber, Roberto Vecchioni, Ivano Fossati, Luigi Tenco. Les premiers qui me viennent à l’esprit pour les étrangers sont Jacques Brel, George Brassens, Yves Montand, Edith Piaf, Serge Gainsbourg, Leo Ferré mais aussi Carlos Jobin, Toquinho, Vinicius de Moraes, Leonard Cohen, Sting, Nick Drake, Tom Waits, Peter Gabriel, Ben Harper. Un des albums que je connais le mieux, et qui m’a changé la vie, ne contient pas de mots. C’est “Koln Concert” de Keith Jarrett.

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Robertinho Barreto, les riffs de la guitarra baiana


Vous ne connaissez pas encore Baiana System ? Préparez-vous, 2012 sera une bonne année pour eux ! Robertinho Barreto, le fondateur du groupe, nous a accordé une interview alors qu’il était à Copenhague pour le WOMEX. Très volubile, il présente ce projet très particulier et sa place dans la guitarra baiana.

Par Olivier Cathus

Baiana System, c’est un coup de cœur instantané. Un des meilleurs disques sortis de Bahia ces dix dernières années. Alors nous avions présenté Baiana System une première fois l’an dernier. Puis encore en septembre, sous le titre “Baiana System, mini guitare et gros sound system”, cette fois-ci, en proposant l’album en téléchargement. Un album que l’on peut également se procurer gratuitement sur le site du groupe.

Parce que le projet initié par Robertinho Barreto est très cohérent et profondément ancré dans la musique locale. Avec Baiana System, il a considérablement modernisé la petite guitarra baiana, inventée par Dodô et Osmar pour défiler sur leur trio elétrico pendant le carnaval de Salvador. Dans Baiana System, outre cette petite guitare, les timbaus donnent cette couleur percussive si caractéristique de Salvador, mais aussi immergé dans l’univers des sound-systems et du dub.

Comment s’est passé ce passage au WOMEX ?

Robertinho Barreto : L’accueil a été très chaleureux pour le concert. Les feed-backs ont été très positifs. Et, aujourd’hui, sur le salon, j’ai rencontré quelques personnes, de très bons contacts qui vont nous permettre, l’an prochain, de faire quelque chose. On va organiser ça de façon plus… organisée ! Et on va faire au moins une petite tournée en Europe.

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Alabama Shakes, …all night long


Un EP de quatre titres distribués via Bandcamp, dont le déjà classique Hold On, une chanteuse au timbre charismatique et un talent naturel pour mélanger des influences très diverses, Alabama Shakes n’aura pas eu besoin de beaucoup plus pour s’attirer une grande visibilité.

En matière de secousse, ça fonctionne plutôt bien et pas seulement en Alabama. En particulier, lorsqu’il s’agit de cogiter sur les références que le quatuor ne manque d’évoquer. En effet, si Janis Joplin, Sharon Jones, Robert Plant et Otis Redding devaient un jour se retrouver dans un supergroupe, il y a de fortes chances pour que Alabama Shakes se charge de la première partie. “Boys & Girls” (ATO) est prévu pour le 10 avril.




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