octobre, 2011

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PHOTO: CLAUDE GASSIAN

Des classique, des belles pochettes, ses parrains, des guitaristes: les albums préférés de Mathieu Chedid

Jimi Hendrix Are You Experienced ? Ce n’est sans doute pas mon album préféré d’Hendrix - j’écoute aujourd’hui les faces plus mélodiques -, mais c’est celui qui est le plus important dans mon histoire personnelle.

The Beatles Sergeant Pepper’s. Avec son côté psyché et circus, sa pochette m’a vraiment nourri : cela a inspiré mon costume et mon personnage. C’est un disque symbole pour moi et en même temps, là encore, je préfère aujourd’hui Revolver

Paul McCartney Ram. Le deuxième disque solo, que j’ai découvert grâce à mon père qui est très «beatlesifié». Le comble de la mélodie et des arrangements.

Serge Gainsbourg Aux armes et caetera. Pour la production, fascinante. Un tel aboutissement est très rare en France. Gainsbourg est une référence récurrente, j’admire et j’écoute toutes les époques, même les années 80.

Louis Chedid Balbutiements. Son premier album. Le public connaît mal cette époque de mon père, très marquée par les seventies où il a une voix très aigüe.

Django Reinhardt Pêche à la mouche. Le jour, la nuit, l’humeur est toujours là… Cette musique m’a beaucoup accompagné. La vieille école du jazz, une certaine générosité et un vrai sens de la mélodie.

Charlie Christian Swing To Bop. Le guitariste à la racine de beaucoup de choses.

David Bowie Aladdin Sane. Un personnage, un univers. C’est comme Gainsbourg : il s’inspire des autres pour synthétiser une idée et l’amener vraiment plus loin. En plus, il a plutôt bien vieilli et continue malgré tout de chercher.

White Stripes Elephant. On pressent une vraie nouveauté dans ce côté passéiste, et puis j’aime bien l’idée des règles du jeu qu’ils se sont imposées. Ils sont deux, ils enregistrent sur un huit-pistes, à l’ancienne, sans re-re.

Radiohead Kid A. Je suis à la fois très impressionné et très dérouté par cette faculté de mêler le gracieux et l’expérimental. Mais surtout il y a une voix derrière tout ça, il y a une âme qui, comme toujours en musique, fait la différence.

SITE

REFERENCE

  • M, Qui de nous deux (Delabel/EMI)

Publié en mars 2004 dans le numéro 61 de Vibrations

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world: les visions cubaines de Ned Sublette

L’artiste texan est devenu une autorité peu académique sur les musiques afro-cubaines

Bien avant le succès de Brokeback Mountain, Sublette, né au Texas en 1951, peut se targuer d’avoir inventé le style « western contemporain intello ». Sur la BO du film, Willie Nelson reprend une chanson explicite de Sublette, “Cowboys are frequently, secretly, fond of each others”. Sublette a toujours porté le stetson, même lorsqu’il fréquentait la scène new-yorkaise downtown des années 70 et 80 (il a collaboré avec John Cage, la Monte Young ou Glenn Branca). Sa carrière a alors pris une tournure imprévisible.

Vers le début des années 80, après avoir écumé les clubs de New York avec son groupe The Ned Sublette Band, il commence – bien avant David Byrne, eh ! oui – une histoire d’amour avec la musique salsa et afro-cubaine, « la meilleure musique de New York », dira-t-il. En 1990, il se rend à Cuba pour la première fois et co-fonde le label Qbadisc destiné à faire connaître la musique cubaine aux Etats-Unis. Sa propre discographie est chiche : deux albums en tout et pour tout. Le premier, Monsters From the Deep (Qbadisc, 1997) en duo avec l’artiste conceptuel Lawrence Weiner ; le second, Cowboy Rumba (Rykodisc, 2002), une virée improbable entre le Bronx, Cuba et le Texas. Ses photographies abstraites sont inclues dans le livret de l’album Tumba Francesa: Afro-Cuban Music From The Roots publié par Soul Jazz en décembre 2006

Depuis, Sublette partage son temps entre l’écriture (son beau bouquin anti-académique sur la musique cubaine Cuba and Its Music: From the First Drums to the Mambo est paru en 2005) une activité de journaliste radio et de conférencier. Et surtout il prépare un livre sur la ville mère de toutes les musiques : La Nouvelle-Orléans.

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Money Mark

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Le clavier des Beastie Boys révèle “les disques qui me rappelleront les meilleurs souvenirs de ma vie antérieure aux Etats-Unis.”

Pharaoh Sanders Thembi. Son ambiance est envoûtante, le premier morceau tout particulièrement. Avant, je n’écoutais pas beaucoup de jazz – d’ailleurs, le jazz, je ne sais pas pas exactement ce que c’est, ça n’a pas de frontières.

The Beastie Boys Paul’s Boutique. Ce disque m’a immédiatement semblé extrêmement moderne. La façon des Beasties d’utiliser la technologie s’y révèle à la fois très hirsute et très novatrice.

Keith Jarrett The Köln Concert. J’adore ses improvisations au piano. Je le mettrai et il m’aidera à improviser ma survie, par exemple à édifier une bicoque très ingénieuse.

The Beatles Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Il m’a particulièrement marqué, même si j’aime fautant le White Album, Revolver, Rubber Soul. Mais Sgt Pepper possède en plus un côté épique et abouti qui me permettra de dilater le temps.

De La Soul 3 Feet High and Rising. A la fois intelligent, positif, et extrêmement créatif. C’est un peu le Sgt Pepper du hip hop – qui a d’ailleurs été enregistré dans une sorte d’esprit pré-hip hop.

Sly and the Family Stone There’s a Riot Going On. Quand j’étais petit, la radio diffusait énormément de hits soul splendides. J’adorais Al Green, Bobby Womack. Sly Stone parvenait en plus à déborder d’inventivité et de subversion sur la durée d’albums entiers.

John Coltrane Blue Trane. Je hais l’idée de ne pouvoir prendre qu’un Coltrane avec moi. C’est affreux, inhumain. Il a exploré des terrains si différents, si époustouflants, si gratifiants.

T.Rex Greatest Hits. Mes goûts sont très éclectiques. Ces morceaux dégagent une intensité à la juvénilité particulièrement communicative.

Minnie Ripperton Perfect Angel. Tout simplement parce que c’est le disque qui contient la plus belle chanson d’amour jamais écrite: «Lovin’ You».

Billie Holiday Body and Soul. Probablement la voix la plus déchirante que je connaisse. Beaucoup de voix féminines m’émeuvent – Nina Simone, Roberta Flack –, mais celle de Billie provoque des frissons incomparables.

SITES

REFERENCE

  • Money Mark, Brand New Tomorrow (Brushfire/Barclay)
  • Propos recueillis par Benoît Sabatier

Publié en mai 1998 dans le numéro 4 de Vibrations

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