film: le festival documentaire Visions du Réel en musique

Magic Radio, film sur les radios libres au Niger, présenté au festival du documentaire Vision du Réel (Nyon, Suisse), est à nouveau projeté au Bourg de Lausanne demain et sera suivi de la performance de deux rappers: ZM et Fan Flex.

S’intéressant à l’explosion des radios libres au Niger, Magic Radio montre leur importance dans un pays où la majeure partie de la population est illettrée. Luc Peters et Stéphanie Barbey, les deux réalisateurs suisses, s’en donnent à cœur joie. Conseils de beauté ou d’hygiène de vie, discussion conjugale hebdomadaire par un groupe d’hommes hilarants, émissions éducatives pour enfants: chaque émission montre à quel point l’approche africaine est radicalement différente de l’occidentale, qu’elle soit touchante, drôle ou tragique.

Conséquence de cette libéralisation des ondes nigériennes, un mouvement de rap (on parle de près de 300 groupes) s’est constitué. Parmi eux Fan Flex et surtout ZM, première femme rappeuse d’Afrique de l’Ouest. Le flow fluide, sereine, ZM a une mission: parler aux femmes et pour les femmes, histoire de faire avancer les mentalités… Son morceau “Femme rurale” justifie à lui seul d’aller voir le film et de l’écouter en concert ce mardi au Bourg à Lausanne.

Autre genre, autre ambiance, le réalisateur Mika Kaurismäki a choisi pour interprète principal de son documentaire Sonic Mirror le batteur de jazz Billy Cobham. Son postulat: démontrer en passant du Brésil à un centre pour autistes en Suisse et concert symphonique en Finlande que la musique est le véhicule d’une puissance supérieure, un outil de communication possible même lorsqu’on est en présence d’un traumatisme psychologique, ou d’une situation sociale sans issue. Un projet ambitieux dans lequel Kaurismäki se perd, mais qui vaut qu’on s’y arrête pour une scène finale d’anthologie. Images et sons d’un défilé de tambourinaires brésiliens alternent avec des extraits d’un concert de Billy Cobham devant un parterre d’autistes. Peu à peu la bande son de l’école de samba devient l’unique fond sonore des deux scènes et les mouvements des autistes dansant sur cette musique qu’ils n’entendent pas bouleversent.

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