
On ne sait pas trop où caser le duo allemand: électronique c’est sûr, pop parfois, rock au fond. La paire tend d’ailleurs maintenant le micro à Mark E. Smith, de The Fall, pour un album démoniaque, paru sous le nom de groupe Von Südenfed. L’occasion de passer en revue les disques favoris de Andi Toma. Une liste qui n’aide pas à ranger Mouse On Mars dans une case bien définie
PHOTO: DIANGO HERNANZEZ
Van Dyke Parks Discover America. J’étais avec des amis dans une voiture. On roulait à travers la Vallée de la Mort, aux Etats-Unis. Dans l’auto-cassette, cet album. Pour une découverte, c’en était une: un vrai choc. Cette cassette m’a littéralement ouvert les oreilles. D’au moins dix centimètres de plus. Je n’ai jamais écouté des arrangements aussi splendides.
Stock, Hausen & Walkman Oh My Bag! La première fois que j’ai écouté ce groupe, c’était en 1996 à Cologne, dans un magasin de disques. J’ai vraiment été impressionné. Là, le slogan, c’est la musique pour la musique. Je les ai depuis rencontrés puisqu’on a été à la même affiche à un concert à Londres. J’ai ainsi pu les apprécier sur scène. Ils avaient trois tables avec des petites boîtes, chaque boîte possédant un son particulier.
Neil Young Harvest. Je me suis un jour approprié le vieux magnétophone de la petite amie de ma sœur. J’avais douze ans. Dedans, il y avait Harvest. Je me suis passé la cassette en boucle pendant un an.
King Crimson Red. Un disque tout simplement sublime. Pas la peine de le cacher: cet album est une de nos grandes influences. Le son de guitare y est sidérant.
Magma Inédits. J’avais remarqué un poster à Paris. J’ai demandé à un ami ce que c’était. Il m’a raconté que c’étaient des gars qui avaient inventé leur propre langage, chantant dans cette langue inédite… J’ai pensé: quel effort de créer, d’apprendre et de communiquer à travers ce langage! J’ai finalement acheté ce disque, mais je n’ai pas pu dégoter un dictionnaire.
Orfeu Negro Bande Originale. Après avoir vu ce film, je me suis dit: vraiment, je ne suis qu’un petit Européen imbu de lui-même. Ça m’a ouvert de nouveaux horizons. Pour remédier à ma culpabilité, je fais de la musique.
F.X. Randomix Goflex. Un collègue de Cologne. C’est de la musique inqualifiable. Je ne connais pas d’album comparable, pas de disque aussi complexe.
White Noise “Love Without Sound”. Plutôt que tout l’album An Electric Storm, c’est juste ce morceau que je retiens, car il est complètement intemporel. Quand je l’ai écouté pour la première fois, j’étais persuadé que ça venait d’un équipement contemporain, du style sampler. Comment ce titre a pu être enregistré en 1969?
Curtis Mayfield Sweet Exorcist. C’est celui-là qui me vient à l’esprit, mais ça aurait pu être un autre de Curtis Mayfield. Je l’ai vu en concert et je ne m’en suis pas remis. C’est le seul artiste qui peut user d’un terme comme “Peace and Love” sans paraître ridicule.
The Flying Lizards Fourth Wall. Toutes les reprises qui sont dans cet album de 1981 sont très fluctuantes, elles mettent immédiatement de bonne humeur. Au niveau du son, des loops, ce disque est passionnant. Encore un album qui était en avance sur son époque.
PROPOS RECUEILLIS PAR BENOIT SABATIER, parus en 2000 dans Vibrations
ALBUMS
- Mouse On Mars, Varscharz (Ipecac)
- Von Südenfed, Tromatic Reflexxions (Domino)
SITES










0 Réponses à “Mouse On Mars”