octobre, 2011

soul: Mavis Staples, les chansons qui appuient la lutte

Le temps a passé et la voix des Staples Singers a pris sa liberté, tout en s’inscrivant dans le respect de l’héritage familial

Dans les années soixante, les Staples Singers accompagnaient le Dr Luther King dans ses combats pour les Droits Civiques. Entre soul et gospel, leur musique et leurs textes engagés défendaient le respect et la fierté des Afro-Américains. Remise en selle par Prince en 1989, Mavis Staples ne déroge pas à sa ligne de conduite de toujours.

Elle reprend sur son dernier album plusieurs chansons hymnes qui appuyèrent ces luttes. Ry Cooder, le producteur, marque son respect pour cette histoire en offrant à la voix de contre alto de Mavis Staples un accompagnement discret (poussé par les chœurs des Freedom Singers et des Ladysmith Black Mambazo), empreint de blues. Tant sur les classiques “Down In Mississippi” de JB Lenoir, “On My Way”, immortalisé par Mahalia Jackson, que sur le très réussi “My Own Eyes”, dont le propos actualise l’engagement de Mavis Staples auprès de ceux qui “sont toujours traités comme des citoyens de seconde classe”.

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ALBUM

  • Mavis Staples, We’ll Never Turn Back (Anti)

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latino: Rio Loco, la fièvre bestiale d’Elbicho

PHOTO: REMY GABALDA

Honneur à l’Espagne… Cette année, le festival toulousain invitait de dignes réprésentants de la Péninsule ibérique. Parmi eux, les sanguins Elbicho

Cinq sauts périlleux en arrière du charismatique chanteur Miguel Campello ponctuent une performance musicale et physique qui ne présente aucun temps mort. Elbicho inocule sa fièvre bestiale pour une fête de samedi soir pleine de couleurs et d’intensité rythmique. L’ouverture poétique sur une belle chanson du cubain Silvio Rodriguez, est suivie d’une déferlante rock-folk où s’alternent références superficielles à divers palos, de la rumba exaltée par les riffs de la guitare électrique à la saeta invoquée par les attaques de la trompette. Un soupçon de Jethro Tull au milieu d’un fandango hypertrophié, des cris, des contorsions et de spasmes pelviens pour provoquer la foule, le mélange hybride de gitan malfrat et de danseuse flamenco fait rage sur le corps du lilliputien leader, énergiquement transporté par sa bande d’énergumènes patibulaires. C’est drôle, mais musicalement assez limité.

Plus tôt, une voix alanguie comme un susurre s’étale sur une note interminable qui enchaîne avec les douces ondulations du corps. Une danse suggérée fait ralentir le tempo et se fonde avec l’interlude improvisé d’une chanson flamenca, dont la sensualité de l’interprétation fait oublier tout dramatisme et lui donne une nouvelle vie. Par une alchimie d’esprit libertaire, d’influences jazzistiques et de sens rythmique afro équatorial, Buika transforme tout avec sa façon personnelle de recréer la copla et le cante.

Cependant, la meilleure expression musicale de ce festival vint du côté du jazz: le nouveau projet évolutif de Chano Dominguez confirme que le pianiste de Cadix est au sommet du flamenco-jazz. Là où se retrouve depuis plus d’une décennie le trio magnifique formé par le bassiste Carles Benavent, le saxophoniste Jorge Pardo et le percussionniste Tino di Geraldo.

VIDEO

  • ElBicho live à Rio Loco 2007

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Kanye West vs. Daft Punk: la vidéo

Premier extrait de Graduation, nouvel album de Kanye West à paraître à l’automne, “Stronger” est basé sur un sample de “Harder, Better, Faster, Stronger” de Daft Punk. La vidéo est l’oeuvre de Hype Williams… Et le net s’enflamme déjà: un remixe de Kanye par Daft Punk aurait mieux valu, la vidéo copie sans retenue le manga Akira

A vous d’émettre vos critiques, impressions et remarques!

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Brian Ferry espère enregistrer avec Roxy Music

Quand il en aura fini avec Dylan, qu’il reprend sur son dernier disque et en tournée, Brian Ferry espère, l’année prochaine, se rapprocher du groupe qui a fait sa renommée dans les années 80. Brian Ferry retrouverait ainsi ses complices Phil Manzanera et Andy MacKay pour donner suite au dernier album en date du groupe, Avalon, de 1982. Brian Ferry confie qu’après la tournée de la reformation, en 2001, les membre de Roxy Music se sont rendus compte qu’ils pouvaient à nouveau travailler ensemble, qu’ils y trouvaient du plaisir. Le trio a même enregistré quelques titres l’année passée, et Brian Ferry continue d’écrire des chansons. A l’horizon Ferry encore, quelques reprises de Dylan pour le moment laissées de côté, mais qui pourraient à terme faire leur apparition publique, après peaufinage…

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Interscope, et ses artistes, vont vendre des boissons

Nouveauté dans l’industrie de la musique: Interscope Geffen A&M Records a signé un contrat avec Drinks Americas. Des boissons alcoolisées et non-alcoolisées seront identifiées, développées et marketées avec les artistes du label, qui comprend Eminem, Dr Dre, Enrique Iglesias, Gwen Stefani et Marilyn Manson, entre autres. Interscope participera aussi au marketing de produits existants de Drinks Americas, comme la Trump Super Premium Vodka de Donald Trump, et le Old Whiskey River Bourbon et Bourbon Cream de Willie Nelson.

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world: Pura Fé, une voix antérieure au blues

PHOTO: PATRICIA DE GOROSTARZU

La belle amérindienne pratique une musique pure, émotionnelle. En tournée en France, et en vidéo sur Vibrationsmusic.com, une artiste qui revient de loin

Robbie Robertson dit de Pura Fé qu’elle a la voix d’un ange. A écouter jouer la chanteuse amérindienne seule en scène, avant Beverly Guitar Watkins, Captain Luke, Sol et d’autres artistes du label Music Maker, nul ne peut songer à contredire le compositeur du Band. Lap slide sur les genoux, elle arrache des notes acoustique rouges, noires et blues qui s’envolent de sa guitare à double manche pour jaillir au coeur du New Morning à Paris.

A peine un an après Tuscarora Nation Blues (prix de la musique du monde par l’Académie Charles Cros), Pura Fé est de retour. “Je suis très reconnaissante envers la France et Dixiefrog”, confiait-elle en riant avant le concert. “J’ai 47 ans, c’est le bon moment pour que ça arrive. Il y a un an, je n’avais nulle part où aller. J’ai perdu ma maison en Caroline du Nord. J’étais complètement fauchée, plus de travail. Un ami à Seattle m’a alors proposé de venir vivre chez lui jusqu’à ce que je retombe sur mes pieds.”

L’ami s’appelle Danny Godinez et a co-écrit deux chansons avec Pura Fé sur un nouvel album, qu’elle produit elle-même, où l’on retrouve également Eric Bibb et le pianiste Joe Ravens. A haute teneur émotionnelle, les chansons de Hold The Rain abordent des thèmes plus personnels que l’album précédent, mais se révèlent toujours plus belles les unes que les autres. D’une modestie à toute épreuve, elle prétend aujourd’hui ne rien amener de neuf. “C’est quelque chose d’antérieur au blues, au moins la partie indigène indienne. J’essaie juste de créer ce que j’entends.” Pura Fe’ ou la “foi pure” en espagnol: si, c’est ça.

ALBUM

  • Pura Fé, Hold The Rain (Dixiefrog/Harmonia Mundi)

SITES

VIDEOS

  • “Let Heaven Show”, avec Danny Godinez (taille de la vidéo: 14.3 Mo)

  • “People You Love”, avec Eric Bibb (taille de la vidéo: 11.8 Mo)

  • Glissés dans ce portrait, des extraits live de Pura Fé seule à la guitare: d’une beauté et d’une force rares… Interview en anglais, mais parsemée de nombreux moments musicaux. (film de Patricia de Gorostarzu & Fabrice Peltier, taille de la vidéo: 23.6 Mo)

CONCERTS :

  • 28/06: Hauterives, Jazz au Palais (avec Eric Bibb)
  • 29/06: Argelès-sur-mer, Fête du travailleur catalan
  • 30/06: Lezan, Fête de l’humanité
  • 20/07: Châlons en Champagne, Festival des musiques et d’ailleurs
  • 23-25/07: Montpellier, Festival radio France
  • 26-28/07: Cognac, Cognac Blues
  • 31/07: Port Grimaud, Festival
  • 9/10: St Etienne, Rhino Jazz Festival
  • 11/10: Montpellier, Festival international de guitare
  • 14/10: Paris, New Morning, JVC Jazz Festival
  • 13/10: Roanne, Théâtre municipal
  • 15-16/10: St Etienne, Rhino Jazz Festival
  • 17-19/10: Nancy, Nancy Jazz Pulsations

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Un rapper de La Rumeur devant la Cour de cassation

La Cour de cassation devra se prononcer sur la confirmation de relaxe par la cour d’appel de Paris en faveur de Hamé, rapper du groupe La Rumeur: ce dernier faisait l’objet d’une plainte en diffamation après qu’il ait tenu des propos critiques envers les forces de police. “Les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété”, écrivait Mohamed Bourokba, alias Hamé, dans un fanzine. Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, avait déposé plainte pour diffamation envers la police nationale.

En décembre 2004, la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris relaxait Hamé. Le ministère de l’Intérieur fait alors appel, et en juin 2006, et le premier jugement est confirmé. La chambre criminelle de la Cour de cassation décidera, le 11 juillet, si les propos de Hamé qualifiant des policiers d’”assassins” sont effectivement diffamatoirs. Le rapper a expliqué, à plusieurs reprises, que ses propos faisaient allusion aux victimes algériennes d’une manifestation violemment contrée en 1961, au décès, en 1986, de Malik Oussékine et à des bavures plus récentes.

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avant-première: Prince, éclairs dans un ciel terne

A paraître le 16 juillet, Planet Earth dissémine quelques traits de génie dans un ensemble un peu décevant. Un musicien toujours largement au-dessus de ses contemporains, mais parfois à la limite de la routine. Reste que si la rumeur dit vrai, le génie pourrait bien enflammer la soirée “surprise” du Montreux Jazz Festival, le jour de la sortie de l’album…

Planet Earth Une intro au piano, un côté un peu opéra rock dans les arrangements, la voix haut perchée de Prince. Il love son message universaliste dans une mélodie classique un rien surannée et grandiloquente. Et s’en sort in extremis par un solo de guitare (le premier mais pas le dernier) en crescendo jusqu’au final.

Guitar Une guitare nerveuse et rageuse sur un beat rock embarque ce thème sur une cadence élevée. “I Love My Guitar” gueule Prince façon Jagger. Le groove funkysant de ce premier single vient rappeler celui de “Cream”. Un morceau à refiler aux Stones. Et un Prince toujours brillant lorsqu’il laisse parler le musicien.

Somewhere Here On Earth Le slow Princier dans toute sa splendeur. Mais la voix posée et le mood romantique tirent plutôt cette ballade du côté old school, dans la lignée d’un Smokey Robinson.

The One U Wanna C Nouvelle décharge rock tractée par une batterie très (trop) présente et insistante. Clappements de mains au milieu. Encore une fois, l’écriture reste prévisible, rien de révolutionnaire dans ce tempo ni dans le découpage du thème, mais une énergie communicative qui entraîne l’auditeur. Nouveau solo de guitare pour conclure.

Future Baby Mama Deuxième temps calme de la session, plus moite et plus sexy, plus typiquement Prince en fait. La voix éthérée et le beat synthétique jouent sur ce ressort funky “quiet storm” comme on disait dans les années 80. C’est toujours classe, mais avec aussi cette impression qui s’insinue: des ballades comme celle-ci, Prince semble capable d’en produire tous les jours. Oui mais en même temps, qui d’autre?

Mr.Goodnight “All over the world, they call me Prince, but you can call me Mr. Goodnight”, scande Prince, suivi par des voix féminines lascives. Le morceau groove sévère. C’est simple, efficace et bon pour des oreilles repues de R’n’B formaté.

All The Midnights In The World Aïe! Mélodie nunuche, paroles dégoulinantes de mièvreries, orchestrations et voix mielleuses. Next!

Chelsea Rodgers La tuerie de cet album. Une intro proto disco qui propulserait Sylvester jusqu’en 2007, une voix black féminine comme on en collait sur tous les singles des 70’s. Le titre pour remplir les dancefloors cet été. Avec toute la section de cuivre qui défile à la suite, sax, trombone, trompette, puis les chœurs, les clappements de mains, les percus: irrésistible!

Lion Of Judah Rock convenu et oubliable malgré une nouvelle démonstration du leader à la guitare.

Resolution Des bons sentiments un peu naïfs dans leur énoncé, sur un autre rock mollasson sauvé ni par le pont vaguement reggae, ni par la basse mixée très en avant.

ALBUM

  • Prince, Planet Earth (NPG/Sony BMG) sortie 16 juillet

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SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

  • news: 21 concerts cet été à Londres
  • news: concerts VIP à Los Angeles
  • news: Prince invité sur l’album de Cornel West

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Cet été sur Vibrationsmusic.com: 1-2-3… Soul!

Otis Redding a chanté le «Dictionary Of Soul» mais le palmarès restait à établir. Vibrationsmusic.com relève le défi et présente, tout au long du mois de juillet, les 25 meilleurs disques de soul de tout les temps. Et tente par là une redéfinition d’un genre souvent galvaudé.

Pierre-Jean Crittin et Vincent Tarrière vous offrent une sélection qui englobe diverses époques, plusieurs “écoles”; les deux connaisseurs se forcent à faire des choix, à ne pas s’égarer dans les marges, même si celles-ci renferment leur lot de merveilles… Seule règle du jeu immuable: un album par artiste. Quant au premier de la liste, le traditionnel vainqueur sur qui tous les regards sont braqués au point de masquer les 24 autres, nul doute que son choix fera l’objet de contestations, de débats. A vos commentaires! Rendez-vous est pris: le compte à rebours commence dans quelques jours…

(La sélection reprend celle parue en mars 1999 dans le magazine Vibrations: des coups de coeur encore et toujours vibrants…)

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Beastie Boys: The Mix-Up, les directions du pas de côté

The Mix-Up, 7ème album des Beastie Boys, paraît aujourd’hui. Green Giant, aux platines de l’émission de radio Downtown Boogie sur Couleur 3 et DJ incontournable des soirées rap et funk, fait le tour de ses impressions. Qu’en pense l’adepte de hip hop? L’amateur de funk? Le connaisseur de grooves?

Green Giant: The Mix-Up est un album agréable à écouter, mais je regrette que les Beastie Boys, un groupe super novateur, se soient mis au niveau des autres. Des groupes qui jouent du funk 70’s, il y en a dans n’importe quel bled! Reste que c’est bien fait, c’est sûr. Il faut vraiment prendre cet album pour ce qu’il est: seulement une facette des Beastie Boys. Je trouve dommage quand même que les morceaux soient si “normaux”, les structures si classiques: tout va tout droit, pas de surprises. Deux ou trois titres laissent pourtant espérer mieux: un break qui fait une rupture, une vraie évolution… Côté ambiances, on trouve un peu de dub, avec d’énormes réverbs, quelques petites vibes reggae, des rythmiques latino, deux-trois trucs vaguement afro-beat, et une bonne présence de guitares électriques rugueuses… Au final, j’aurais aimé des tentatives plus destructurées, un plus grand mélange de genres: pour un album qui porte ce titre… Mais j’imagine The Mix-Up comme un intermédiaire, qui peut relancer la machine de guerre.
Classique… Mais classique de haut vol?
Ça tient la route! Très plaisant à l’écoute. Je ne m’ennuie pas. Mais quand même, ce serait n’importe quel autre groupe, je n’aurais pas cette amertume. Pourtant dans un sens, les Beastie Boys ont raison: ils ne se posent pas la question commerciale, et en 2007, c’est assez rare pour être noté. Mais j’aurais préféré un truc décalé avant-gardiste à un truc décalé rétro! Il est vrai que la tendance actuelle, chez les groupes de funk, c’est les instruments vintage, les vieilles presses à vinyle… Le délire de faire exactement comme à l’époque. Délire dans lequel les Beastie Boys sont entrés en partie.
Qu’en est-il de la production?
Rien d’exceptionnel. L’écoute donne à penser que les trois musiciens ont joué ensemble, en une prise. Les sons ne sont pas millimétrés. Les Beastie Boys ont dû avoir envie d’un maximum de grain: la batterie n’est pas très claire, elle sonne étouffée, un peu rugueuse.
Vos morceaux préférés?
“The Cousin Of Death”: lourdeur, originalité, plusieurs vibes qui se mélangent : clairement le titre que je préfère. J’adore ce genre de son : plus agressif, plus d’ambiance. Une direction clairement plus rock, au niveau de la batterie.
“Suco De Tangerina”: cosmique à mort, des réverbs monstrueuses. Proche de ce que pourrait faire Morcheeba. J’aime vraiment bien la structure, la basse… Mais c’est quand même pas la révolution!
“Off The Grid”: tout à coup, au milieu du morceau, ça part complètement ailleurs: ça c’est frais! Je m’étonne moi-même de dire ça, mais c’est quand les Beastie Boys sont le plus rock que ça le fait le plus.
Vous envisagez de jouer ces titres dans vos sets?
C’est un peu mou pour les clubs. Et dans les soirées funk, les Beastie Boys sont en compétition avec les dieux du genre: si tu joues un de leurs instrumentaux après James Brown, quelle chute!
Les Beastie Boys ont toujours été radicaux, vous les voyez maintenant un peu “mous”…
Quel groupe qui a amené quelque chose de révolutionnaire l’a fait au 7ème album? Ils n’ont forcément pas la même fraîcheur qu’il y a 15 ans… D’ailleurs, ils n’ont plus rien à prouver. Il ne leur reste qu’une chose: se faire plaisir.
Sans vous faire réellement plaisir!
Les Beastie Boys devenus conventionnels? C’est le pire qui pouvait arriver. The Mix-Up serait un bon album, si ce n’était pas un album des Beastie Boys. Ceci dit, je l’écoute avec plaisir. C’est ça qui est perturbant.

ALBUM

  • Beastie Boys, The Mix-Up (Capitol)

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Beastie Boys: Run DMC, Public Enemy et Biz Markie

DESSIN Beastie Boys et Run DMC: ALEX POINTET

A l’heure où le trio s’éloigne du hip hop pour se tourner vers le groove instrumental (The Mix-Up paraît demain), retour sur les micmacs rap des débuts: échanges de bons procédés entre groupes mythiques

A leurs débuts dans le hip hop, les Beastie Boys avaient tout d’une vulgaire décalque de Run DMC, attitude de mauvais garçons en moins et humour potache en plus, à tel point que pour leur premier album, ils reprirent quasi-intégralement “Slow And Low”, un morceau que le trio du Queens avait crû bon d’écarter, changeant la musique mais ne modifiant qu’un ou deux détails des paroles. Dans un amusant mouvement de balancier, leurs compagnons de label Public Enemy s’inspirèrent à leur tour d’un de leur titre, “(You Gotta) Fight For Your Right (To Party!)” qu’ils transformèrent en “Party For Your Right To Fight”. Sauf que là où le morceau des Beastie était une grosse farce d’adolescents attardés, un hymne white trash avant l’heure, celui de Public Enemy est un véritable brûlot pro black. Difficile d’imaginer transformation plus radicale (ici on n’ose même plus parler de relecture).

Lorsque quelques années plus tard, les Beastie Boys se livrèrent à leur tour à l’exercice de la reprise avec un de leur collègue rapper, le génial et totalement loufoque Biz Markie, ils portèrent leur choix sur “Benny And The Jets” d’Elton John. A l’origine, cette reprise improbable figurait sur un flexidisc glissé dans le numéro 2 du magazine Grand Royal. Elle fut ensuite reproduite sur le double CD anthologie The Sounds Of Science. On y entend un Biz au sommet de son art (c’est-à-dire sur le fil du rasoir) marmonner une bouillie de paroles dont émergent à peine ici ou là quelques mots intelligibles. Comme quoi, Beastie ou pas, “Nobody Beats The Biz”.

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Love à nouveau sur le devant de la scène, et sur les écrans

Sous-estimé en son temps, le groupe californien a tous les honneurs post mortem: un coffret de rééditions, et un film. Love, auteur du cultissime Forever Changes, est le sujet du documentaire réalisé par Chris Hall, Love Story, qui fait défiler les témoignages: le leader du groupe Arthur Lee (dont l’interview a été faite peu avant sa mort l’été passé), des membres de Primal Scream et The Doors, et le directeur du label Elektra, Jac Holzman.

Un coffret CD est encore récemment paru sur Hip-O Select: les trois disques de Blue Thump Recordings comprennent des enregistrements de la période qui suit Forever Changes, avec des versions remastérisées de Out There, et de False Start, comme des enregistrements live en Angleterre en 1970. Plus de détails sur le coffret: voir une news antérieure…

TRACKLISTING

Disque 1: Out Here

  • 01 I’ll Pray for You
  • 02 Abalony
  • 03 Signed D.C.
  • 04 Listen to My Song
  • 05 I’m Down
  • 06 Stand Out
  • 07 Discharged
  • 08 Doggone
  • 09 I Still Wonder
  • 10 Love Is More Than Words or Better Late Than Never
  • 11 Nice to Be
  • 12 Car Lights on in the Daytime Blues
  • 13 Run to the Top
  • 14 Willow Willow
  • 15 Instra-Mental
  • 16 You Are Something
  • 17 Gather ‘Round

Disque 2: False Start

  • 01 The Everlasting First
  • 02 Flying
  • 03 Gimi a Little Break
  • 04 Stand Out
  • 05 Keep on Shining
  • 06 Anytime
  • 07 Slick Dick
  • 08 Love Is Coming
  • 09 Feel Daddy Feel Good
  • 10 Ride That Vibration

Disque 3: Live In England 1970:

  • 01 Good Times
  • 02 August
  • 03 My Little Red Book
  • 04 Nothing
  • 05 Orange Skies
  • 06 Andmoreagain
  • 07 Gather Round
  • 08 Bummer in the Summer
  • 09 Singing Cowboy
  • 10 Signed D.C.
  • 11 Love Is More Than Words or Better Late Than Never

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50 Cent joue aux côtés de De Niro et Pacino

Le meneur de la G-Unit vient de révéler qu’il jouera, dans un film dont le tournage commence en août, le rôle d’un dealer de drogue aux côtés de Robert De Niro et Al Pacino. Ecrit par Russell Gewirtz (auteur déjà de Inside Man de Spike Lee), Righteous Kill, histoire de deux flics à la poursuite d’un tueur en série, apparaîtra sur les écrans américains courant 2008. 50 Cent joue encore un policier dans un autre film de De Niro, New Orleans.

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Beastie Boys: Money Mark, le quatrième mec du trio

PHOTO: AUTUM DEWILDE

Collaborateur précieux, Money Mark gratifie The Mix-Up, comme trois albums précédents, de ses claviers au groove agile, de sa perceuse, de ses baskets couinantes…

Comment avez-vous rencontré les Beastie Boys?
Je travaillais comme charpentier de plateau à Hollywood. J’étais aussi musicien de studio, mais à temps partiel, et j’avais du mal à payer mes factures. On m’a appelé pour une réparation sur une maison des hauts de Hollywood… Il s’est trouvé que cette maison était celle que louaient les Beastie Boys pour l’enregistrement de Paul’s Boutique. Nous sommes devenus amis, et j’ai construit le studio de Los Angeles qui a servi aux premières prises de Check Your Head. Une histoire à la Cendrillon!
Que représentait leur musique pour vous, à cette époque?
J’écoutais les Beastie Boys en fan modéré, mais en faisant leur connaissance, j’ai remarqué que nous avions beaucoup en commun. J’ai vu qu’ils avaient des idées ambitieuses, et ça a fait que nous nous sommes très bien entendus. Je me disais que je pourrais faire partie de la musique à venir… Encore maintenant, je trouve que nous sommes un bon groupe!
Quand l’idée de la collaboration est née, que pensez-vous que les Beastie Boys attendaient de vous?
Je me suis dit que j’allais proposer toutes mes idées, et voir lesquelles ils choisiraient. Nous avons tous mis ce que nous avions de mieux dans la balance, et le mélange est équitable. Nous étions très proches. Nous traînions, échangions des tas d’idées. Tout ça avec un twist hip hop, et des horizons inédits… La musique qui en sortait était parfois farfelue, mais nous travaillions jusqu’à ce qu’elle ait un sens.
Peut-on affirmer que vous avez été un élément clé dans le tour groovy qu’ont pris les Beastie Boys?
Je ne dirais pas que leur musique est “groovy”… Tout ce que je peux dire, c’est que je suis reconnaissant d’avoir participé aux enregistrements des Beastie Boys, mais que j’ai toujours eu une trajectoire musicale de mon côté. J’ai rencontré ces types, et nous avons suivi le même chemin… Tellement de gens ont été cruciaux dans leur évolution: des producteurs, des réalisateurs de clips… Mais ils sont redevables avant tout à leur propre volonté.
Vous avez participé à tous les albums depuis Check Your Head (excepté To The Five Boroughs): toujours aux claviers?
Parfois à la guitare, ou à la perceuse, ou à la basket couinante, ou à l’eau qui gicle: tout ce qui produit du son, et qui est approprié!
Sur The Mix-Up, comment avez-vous travaillé les morceaux?
Certains titres se sont faits très vite, d’autres se sont construits grâce à un effort cérébral intense sur une période plus longue. Comme une femme qui accouche: certaines naissances sont faciles, d’autres moins, mais c’est toujours l’effort qui compte. Nous avons joué ensemble, parfois nous avons joué séparément… Des configurations assez classiques en fait. Les sons de The Mix-Up sont principalement analogiques. Vintage, chaud, assez traditionnel, mais la combinaison est unique. De toute façon, la musique vient de l’intérieur.
Comment qualifieriez-vous The Mix-Up?
Stéréo.


ALBUMS

  • Beastie Boys, The Mix-Up (Capitol)
  • Money Mark, Brand New Tomorrow (Brushfire/Barclay)

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SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

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Beastie Boys: les rois de l’image en portfolio

PHOTOS: ARI MARCOPOULOS

Complice du trio depuis 1984, le photographe Ari Marcopoulos contourne les “codes Beastie Boys” et immortalise les musiciens au naturel: dans les coulisses de The Mix-Up

“Beaucoup des photos des Beastie Boys sont des poses. Leur esthétique en tant que groupe a un look particulier: l’objectif “fish-eye”, les films des 70’s… Leur esthétique est très diversifiée. Mais ils savent très bien ce qui se passe, et sont très réfléchis.” Le photographe Ari Marcopoulos a publié un livre, Pass The Mic: Beastie Boys 1991-1996 (PowerHouse Books, 2001), collection de clichés du trio. “Mes photos étaient ce qu’ils font, ce qu’ils sont. Sans prétention. Dans mon livre, c’est juste des types qui trainent. Et oui, c’est les Beastie Boys. Mais sans projection vers le monde extérieur.”

C’est que Ari Marcopoulos, né à Amsterdam mais atterri à New-York en pleine vague punk, nourrit très vite la même fascination que les trois mecs bestiaux pour le hip hop. La musique, et l’image: “Autour de 1984, j’ai rencontré Mike D par l’entremise d’un ami qui jouait, comme lui, dans le groupe Big Fat Love. Il était intéressé par l’art, et nous visitions des galeries ensemble. J’ai fait la connaissance des autres par lui.”

En 1987 paraît un livre de ses photos documentaires de New York, de portraits de passants: Mike D propose à Ari Marcopoulos de travailler pour eux. “Quand les gens deviennent si connus, les photographier devient quelque chose de différent. Je ne me sentais pas forcément à l’aise avec ça.” Des photos de presse, une vidéo (pour “Somethings Got To Give”)… Mais sourtout des portraits pris sur le vif. C’est l’époque de Check Your Head. “Les Beastie Boys étaient à Los Angeles, et j’habitais chez Mike D. Je les accompagnais chaque jour en studio… Les circonstances étaient bonnes: ils travaillaient, et je travaillais. C’était un bon moyen d’obtenir de bonnes photos, d’éviter les poses.”

Plus de quinze ans après, le photographe et réalisateur documentaire publié par The New York Time, Interview, Paper et de nombreux magazines de snowboard – régulièrement exposé de par le monde – immortalise les Beastie Boys, aux abords de The Mix-Up. Les conditions sont les mêmes. La musique. Les Beastie Boys. Les Beastie Boys qui font de la musique. “Je m’intéresse aux activités de groupe, quand l’activité est la raison même du temps passé ensemble. La musique ici, mais aussi le skate. Et maintenant la famille. La plupart de mes photos des Beastie Boys sont d’eux ensemble, travaillant, traînant… Ce qui m’a intéressé, c’est ce petit “club”.

LIVRES

  • Pass The Mic: Beastie Boys 1991-1996 (PowerHouse Books, 2001)

  • Flow, Selected Photographs 1982-2006 (Veenman Publishers, 2006)

  • Even The President Of The United States Sometimes Has Got To Stand Naked (JRP/Ringier, 2005)

  • Out And About (Damiani, 2005)

  • Kids Born Out Of Fire/The Maestro (PAM Books, 2004)

  • Portraits From The Studio And The Street (Bert Bakker, 1998)

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Elvis Costello réédité: inédits à foison

L’album classique de 1977, My Aim Is True, est réédité par Hip-O/UMe, et paraîtra le 11 septembre. Mais loin de se contenter de retrouver une nouvelle jeunesse, la “Deluxe Edition” est généreuse en titres précieux: sur 48 chansons, pas moins de 29 sont inédits. Les chansons originales sont par exemple augmentées des versions de travail de “No Action”, “Living In Paradise”, “Radio Sweetheart et “Stranger In The House”, tout comme 8 démos enregistrées aux Pathway Studios de Londres. Le deuxième CD contient principalement des enregistrements live d’un concert donné le 7 août au Nashville Rooms de Londres (dont 5 titres enregistrés lors des sound-checks). Elvis Costello est en tournée européenne cet été, dont le 25 juillet au Blue Balls Festival de Lucerne.

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La réunion de Salt’N'Pepa en reality-show

Le duo R’n'B, qui a connu le succès dans les 90’s avec des tubes tels que “Lets Talk About Sex”, “Whatta Man” et “Shoop”, n’a pas sorti d’album depuis 1997. Salt et Pepa ont même annoncé leur séparation en 2001: Salt s’est tournée vers la foi, et Pepa est devenue une actrice de séries télévisées… A la fin de l’année, VH1, la chaîne américaine, propose un reality-show, “The Salt’N'Pepa Show”, qui suivra la tentative de come-back du duo, et promet des rebondissements à foison dans la relation devenue difficile entre la fêtarde et la bigote…

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Beastie Boys: Grand Royal, fanzine sur papier glacé

Les trois mecs bestiaux laisseront derrière eux un esprit: le talent mêlé de fun. A leur image, le magazine collector reste pour ses chanceux lecteurs le parfait exemple d’une liberté exploratrice…

Ce fut d’abord un label de disque, et pour finir un site internet; entre les deux, ce fut aussi et surtout un journal, au contenu aussi touffu et délirant qu’était aléatoire sa parution, bref une publication à l’image du groupe, complètement imprévisible et souvent très drôle.

Sauf que si le premier numéro de Grand Royal fut bien l’œuvre collective du trio, très vite il devint essentiellement le dada de Mike D, au point que son collègue Ad-Rock se crut obligé de prendre publiquement ses distances, exprimant son total désaccord avec certaines des opinions exprimées dans le journal.

Le contenu de Grand Royal ne prêtait pourtant pas à polémique. S’il y était bien sûr largement question de musique (on se souvient entre autres des dossiers exhaustifs sur Lee “Scratch” Perry, le synthétiseur inventé par Robert Moog ou la Miami bass), ce n’était là que la partie émergée de l’iceberg.

On y causait avec le même sérieux des “Demolition Derby” (ou “stock cars”, ces compétitions de démolition de véhicules si chères à l’Amérique profonde), des films de Bruce Lee, de l’enseignement du Dalaï Lama, des polaroïds, du commandant Cousteau ou du retour en grâce des platines disques portatives grâce aux japonais – ainsi que flipper, recettes de cuisine, basket, skateboard ou coupes de cheveux…

Dire que tout ça était toujours passionnant serait très exagéré, mais c’était toujours au minimum décalé et surprenant. Surtout, ça ne ressemblait à rien d’autre. Rien que pour ça, depuis sa disparition en 1997, Grand Royal nous manque.

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Thurston Moore, coup d’oreille sur son album solo

Non content de faire honneur à l’album culte Daydream Nation, de 1988, que Sonic Youth rejoue en intégralité en tournée cet été, Thurston Moore se prépare à faire paraître, sur son label Ecstatic Peace, un nouvel album solo. Une interview à Pitchoforkmedia.com révèle que Trees Outside The Academy voit Thurston Moore jouer principalement de la guitare acoustique, avec l’aide à la guitare électrique de J Mascis, et à la batterie de Steve Shelley… Pour patienter d’ici au 18 septembre, date de sortie de l’album, une vidéo des coulisses de l’enregistrement donne à entendre deux morceaux, “Never Light” et “The Shape Is In A Transe”…

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La vie après Notorious BIG: un film sur la “Biggie family”

A paraître en DVD aux Etats-Unis en juillet, Life After Death: The Movie recueille les témoignages des proches de Notorious BIG, assassiné à Los Angeles le 9 mars 1997. Réalisé par April Maiya, le film suit D-Roc, Lil’ Kim et Junior M.A.F.I.A. à la suite de la mort de leur complice. En exclusivité, une interview de D-Roc qui s’exprime pour la première fois au sujet de la fusillade de 2001 dans les locaux de la radio new-yorkaise HOT 97, incident qui lui a valu, comme à Lil’ Kim, de se retrouver derrière les barreaux. Le film, en plus d’images de Biggie, et de Diddy, Jay-Z, Mase, C-Gutta, Lil Cease et The Lox, comprend des apparences de Mary J. Blige, Missy, Queen Latifah, Snoop Dogg, Sisqo, Redman, Charli Baltimore, Pamela Anderson et Tommy Lee… Bande annonce, en anglais, sur www.lifeafterdeaththemovie.com.

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Beastie Boys: Ratcage Records, le flair d’un homme

C’est à New York, au sous-sol du 171 Avenue, que David Parsons crée le label Ratcage. Les Beastie Boys y enregistrent leurs premiers 45-tours

Le son caverneux et la basse tellurique de “The Rat Cage”, sur The Mix-Up, ravivent des souvenirs. Au début des années 80, alors que la scène hardcore new-yorkaise est en pleine ébullition, Ratcage est un nom mythique. Ce magasin de disque est situé au sous-sol d’une ancienne vitrerie abandonnée au 171 de A Avenue, au coin de la 11e rue. Des dizaines de groupes répètent au premier étage et traînent la journée dans la boutique de David Parsons, qui joue autant un rôle social que musical.

Lorsqu’il entend les Beastie Boys dans une fête privée, David Parsons leur propose de les enregistrer sur le label qu’il vient de créer, Ratcage Records. “Polly Wog Stew EP” (1982) et “Cookie Puss / Beastie Revolution” (1983) sont les premières traces discographiques du quatuor (formé à l’époque de Mike Diamond, Adam Yauch, John Berry et Kate Schellenbach).

David Parsons est une personnalité artistique à multiples facettes. Éditeur du mythique fanzine Mouth Of The Rat, on lui doit le fameux dessin qui orne la première cassette des Bad Brains, une représentation de la Maison-Blanche frappée d’un énorme éclair jaune. Un dessin prophétique. Exilé en Suisse dans les années 90, David Parsons endosse le personnage de Charlot dans les rues de Lausanne ou de Vevey. La famille Chaplin, pourtant habituée à voir des sosies frapper à leur porte, le prend immédiatement sous son aile, lui offrant un contrat d’exclusivité.

Mais la musique ne le quitte jamais vraiment. Un ukulélé relié à un ampli Marshall et des pédales d’effet, il devient vers la fin des années 90 un homme-orchestre parfois accompagné de sa fille Amilou, alors âgée de quatre ans. Les derniers jours de sa vie, alors qu’il se bat contre un cancer sur un lit d’hôpital de Lausanne, ses amis du milieu hardcore new-yorkais sont à ses côtés. David “Donna Lee” Parsons meurt le 23 septembre 2003. Il a juste eu le temps de rajouter entre son prénom et son nom le plus beau thème de Charlie Parker.


Les trois vinyles Ratcage Records

  • The Young And The Useless - “Real Man Don’t Floss” (premier groupe de Adam Horovitz)
  • Beastie Boys - “Cooky Puss Maxi 12″
  • Beastie Boys - “Polly Wog Stew”

collection David Lee Parsons  Pascale et Amilou Parsons

Merci à Pascale Parsons

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Le fils du roi, Seun Kuti, est prêt à enflammer Paris

Dans la famille Kuti, je demande… Le fils, l’héritier. Si Femi a déjà fait sensation, Seun est celui qui revient avec le plus de ferveur à la source afro-beat, que son père Fela a marqué d’une pierre blanche. Deux concerts sont annoncés à Paris: le 24 juin et le 12 juillet au Bataclan, il s’adonne à un “Tribute to Fela”, entouré qu’il sera d’Egypt 80, les musiciens originaux de la formation de son père. La Voodoo Night célèbre les deux premiers maxis de Seun Kuti, “No Oil” chez Still Music et “Think Africa” chez Betino’s

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Damon Albarn signe la musique d’un cirque chinois

Monkey: Journey To The West“, spectacle dirigé par Chen Shi-Zheng, peut se targuer d’une musique originale composée par Damon Albarn, meneur de Gorillaz, et de design de visuel par Jamie Hewlett, cartoonist du groupe virtuel. Le cirque, qui comprend 40 acrobates, vocalistes et artistes d’arts martiaux chinois, fera halte au Théâtre du Châtelet à Paris, pour un mois entier, du 13 octobre au 13 octobre.

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UNKLE invite Massive Attack, Queens Of The Stone Age…

Nouvel album pour le cerveau derrière Mo’ Wax: James Lavelle, quatre ans après son dernier disque (Never, Never Land), annonce la sortie de War Stories le 9 juillet, sur son nouveau label Surrender All. Peu après le EP “Night’s Temper”, paru en mai, UNKLE fait appel aux contributions de Josh Homme des Queens of the Stone Age, Ian Astbury de The Cult, 3D de Massive Attack, Matthew Caws de Nada Surf, David Catching des Eagles Of Death Metal, Autolux, The Duke Spirit et Jeordie White, le bassiste de Marilyn Manson. War Stories voit en plus James Lavelle donner de la voix pour la première fois, et a été enregistré presque entièrement dans les conditions du live. Le producteur des Queens of the Stone Age Chris Goss a aidé à la production, et 3D est responsable de la cover. Surrender All proposera aussi un coffret en édition limitée, avec instrumentaux et livret riche en photos. Le premier single, “Burn My Shadow”, sera disponible dès le 25 juin. UNKLE est en concert au Montreux Jazz Festival le 10 juillet, et à Rock en Seine, à Paris, le 24 août.

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Quincy Jones, une marque d’habits et de cosmétique?

Le producteur de génie envisage de prêter son nom à des marques de produits de tous les jours, et de médias digitaux. A l’occasion de la foire commerciale Licensing International qui se tient à New York, l’entourage de Quincy Jones cherche à établir des contrats commerciaux avec des produits audio, des maisons d’éditions de livres, des habits et accessoires, des cosmétiques, de la décoration d’intérieur et du matériel éducatif. Robert Thorne, qui mène l’affaire conjointement avec Quincy Jones, affirme que “tout doit avoir une caractéristique qualitative qui rend évident que cela vient de Quincy”. Les hommes d’affaire derrière l’entreprise ont constaté que le pouvoir d’appel de l’image du producteur touche tous les groupes démographiques, aussi bien les fans de hip hop que les adeptes de la “Nouvelle Star”.

Parallèlement, Quincy Jones s’apprête à lancer quincyjones.com, un site web qui ira puiser dans ses archives du matériel audio, vidéo, photos et démos du travail de la légende avec Frank Sinatra, Michael Jackson ou Celine Dion. Des projets d’espace communautaire pour l’industrie du disque, un label et une maison de distribution sont aussi du projet. Quincy Jones prévoit encore la mise sur pied d’une radio satellite à son nom, d’une émission radio hebdomadaire sur les ondes, et du contenu pour téléphones mobiles…

Quincy Jones, dont l’agenda est décidemment chargé, sera le maître de cérémonie des 50 ans des Grammy Awards, et sera à l’honneur à travers une série de compilations, et un album, à paraître sur Interscope et produit par will.i.am et Akon, rendra hommage aux 25 ans de la sortie de Thriller.

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Beastie Boys: Ad-Rock en interview, deuxième partie

Alors que le compte à rebours a commencé (parution de l’instrumental The Mix-Up le 26 juin), Adam “Ad-Rock” Horovitz, au bout du fil, fait l’apologie paradoxale de l’art du sampling… Et dit qu’il n’a rien à dire

Votre musique a presque toujours tourné sur des beats. Sur The Mix-Up, pas une seule boucle: vous ne samplez pas vos propres instruments, comme vous l’aviez fait pour Ill Communication… Etes-vous fatigués du sampling? A-t-on fait le tour du genre?
Le sampling, c’est super. C’est mon hobby, et mon job. C’est tellement fun de trouver des samples. Et c’est intéressant de voir à quel point le sampling fait partie intégrante de notre manière d’écouter des disques. On se dit: “Voilà qui ferait un bon sample…” Et ce n’est pas un travers de musicien: maintenant tout le monde le fait.
Qu’est-ce qui fait un bon sample?
C’est différent pour tout le monde. C’est ce qui fait que la musique est bonne. Les gens qui utilisent les samples se posent souvent la question: est-ce la chanson, ou juste l’extrait? Il y a des tonnes de boucles issues de chansons merdiques. Billy Joel a quelques samples. Mais je ne suis pas un fan de Billy Joel. J’utiliserais son sample, mais n’écouterais pas sa musique à la maison…
Choisir tel sample est donc bien loin de l’affirmation d’un palmarès personnel…
L’affirmation, c’est “ce qui a été fait est maintenant ce que je fais”. Les gens disent qu’on emprunte: mais on prend! On vole! On s’approprie ce que d’autres ont fait. Voilà comment ça se passe. Les gens qui samplent se disent qu’ils sont meilleurs que Billy Joel, parce qu’ils se sont approprié sa musique. Par contre même si James Brown est très samplé, personne ne se dira jamais qu’il s’est approprié sa musique. Mais c’est une manière de jouer à son niveau. C’est assez punk.
Jouer des instruments, c’est aussi la plupart du temps s’approprier un genre.
C’est aussi une forme de vol. Mais c’est ce que fait tout musicien. Tu ne peux que rêver de t’approcher de tes influences, et donc tu les copies. Tout le monde fait ça. Tu veux être le plus cool. Tu veux peindre comme Picasso.
Il faut avoir un certain culot pour se mesurer à ses influences.
C’est d’où vient le punk. Et le hip hop. En fait, tu dois dire “fuck it”. “Je m’en fous: c’est ce que je fais, et je le fais.” Peu importe qui aime ça, ou si c’est bon ou mauvais, tu le fais…
En plus de vos qualités de rhéteurs, vous avez toujours su l’ouvrir pour défendre des causes sociales ou politiques. Alors que rien ne va plus, vous sortez un album instrumental. Ne serait-ce pas le moment de dire quelque chose?
Peut-être que d’une certaine manière, c’est une prise de position politique que de dire que nous n’avons rien à dire… L’Amérique est tellement foutue ces temps que je ne sais pas quoi dire. Je n’insinue pas que c’est ce que les gens devraient faire. Je veux encourager les gens à faire état de leurs opinions, et s’ils se sentent maltraités par leur gouvernement, ou pas écoutés, ils devraient dire ce qu’ils ont à dire. C’est important. Spécialement maintenant. C’est pas comme si nous n’allions plus jamais rien dire. Mais ces temps, nous écoutons simplement de la musique. Dans un monde foutu, peut-être faut-il une échappatoire…

ALBUM

  • Beastie Boys, The Mix-Up (Capitol) sortie le 26 juin

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Sonic Youth vend une compilation chez Starbucks

De grosses pointures de l’industrie du disque ont déjà fait l’expérience de la vente de musique par l’entremise du réseau de cafés Starbucks (Paul McCartney tout récemment). C’est maintenant au tour de l’indie américaine de se lancer dans ce nouvel esprit commercial: les cultissimes Sonic Youth vendront chez Starbucks une compilation de titres choisis par des célébrités. C’est lors d’une interview à Pitchformedia.com que Thurston Moore a révélé la nouvelle, sans pourtant donner la date de sortie de cet album: le groupe doit encore enregister un titre inédit pour l’occasion. Parmi les vedettes à choisir leur titre préféré de Sonic Youth, et à écrire un texte d’accompagnement: Jeff Tweedy, Beck, Marc Jacobs, Portia de Rossi, Michelle Williams…

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Ornette Coleman s’est évanoui pendant un concert

Le jazzman de légende s’est évanoui, hier, pendant son concert au festival Bonnaroo à Manchester, dans le Tennessee. Ornette Coleman, âgé de 77 ans, a souffert d’un coup de chaleur, mais est resté lucide et a affirmé n’avoir pas connu de symptômes annonciateurs avant l’incident. Il est maintenant hospitalisé au Coffey County Hospital. Sa prochaine apparition en public est anoncée pour le 6 juillet à Kongsberg, en Norvège.

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Un live de Johnny Cash extirpé des archives d’Universal

Le 24 juillet, Universal sort The Great Lost Performance, un enregistrement live de Johnny Cash retrouvé dans les archives. Le concert en question, donné le 27 juillet 1990 au Paramount Theatre à Asbury Park dans le New-Jersey, comprend des classiques comme “I Walk The Line” et “Folsom Prison Blues”, mais aussi des duos de la légende disparue en 2003 avec June Carter (”Jackson”, “The Wreck Of Old ‘97″), et avec Lucy Clark (”What Is Man” et “Forty Shades Of Green”).

TRACKLIST

  • Ring Of Fire
  • Life’s Railway To Heaven
  • Wonderful Time Up Here
  • Folsom Prison Blues
  • Sunday Morning Coming Down
  • What Is Man
  • Forty Shades Of Green
  • Come Along And Ride This Train
  • Five Feet High And Rising
  • Pickin’ Time
  • A Beautiful Life
  • Hey Porter
  • Ragged Old Flag
  • Tennessee Flat Top Box
  • Ghost Riders In The Sky
  • Jackson
  • The Wreck Of Old ‘97
  • I Walk The Line

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Beastie Boys: Ad-Rock en interview, première partie

Le nouvel album des Beastie Boys, The Mix-Up, paraît mardi prochain. Vibrationsmusic.com marque le coup avec une semaine spéciale, et saisit l’occasion d’en discuter au téléphone avec un Adam “Ad-Rock” Horovitz facétieux, laconique, mais “simplement honnête”

The Mix-Up, à paraître mardi prochain, est totalement instrumental. Quelle fut l’impulsion de départ?

C’était l’idée de Adam Yauch. Il est très audacieux. Très têtu. Alors on l’a fait, c’était fun. Il n’a pas eu de peine à nous convaincre: nous n’avions pas vraiment d’autre idée, de toute façon. Habituellement, quand on se met à un nouvel album, on se fait des mixtapes les uns pour les autres, pour faire savoir ce que nous écoutons.

Alors, qui écoutait quoi?

Bon, nous ne l’avons pas vraiment fait pour cet album! Mais nous l’avons souvent fait par le passé…

L’influence post-punk, en particulier, paraît nouvelle chez vous…

Nous n’avons jamais joué des choses de ce type, mais nous avons toujours écouté ce genre de musique, nous avons grandi avec. Il était temps de jouer des choses inédites.

Vos enregistrements comportent une guitare-sitar, des touches afro-beat, des cloches latino… Vous écoutez un peu de ce qu’on appelle “world music”?

Pas tellement. Nous avons traversé une phase brésilienne… Vous savez, quand tout le monde écoutait Os Mutantes, nous les avons écouté aussi! On écoute beaucoup de reggae.

De la musique africaine aussi?

Un peu. Fela Kuti… Tony Allen, j’aime bien, Manu Dibango aussi.

Pourquoi ce titre, The Mix-Up?

C’est venu tout à la fin: l’album est un grand mélange de genres…

Mais c’est quelque chose que vous avez toujours pratiqué! Pourquoi insister là-dessus maintenant?

C’est tout ce qui nous est venu au dernier moment. Le mieux que nous ayons trouvé, tout à la fin. Là je suis simplement honnête.

Vous pensez convertir de nouveaux fans? Vous donnez cet été des shows intégralement instrumentaux. Qui va se pointer?

Nous essayons de pénétrer le marché de la musique de restaurants, et de spas. Vous savez, les lobbys d’hôtels? Ce genre de public. Dans les spas, on veut être la musique d’ambiance.

Vous avez été trop exposés jusqu’ici?

Non. Dans les cabinets de dentistes, par exemple, nous voulons être au premier plan. Quand vous vous faites fraiser les dents, on veut être dans les écouteurs, super fort.

Vous allez sûrement décevoir les fans de rap.

C’est possible, mais qu’est-ce qu’on y peut?

The Mix-Up ne contient pas à proprement parler de titre taillé pour MTV. Vous avez toujours fait des vidéos marquantes: qu’en est-il ce coup-ci?

Nous allons monter un DVD, avec un clip pour chaque chanson. Ça devrait sortir autour de Noël. Nous filmons tout le temps. Des trucs.

Dans votre nouvel album, que reste-t-il du hip hop et du hardcore qui définit votre style?

Nous voulions faire quelque chose de différent. Nous avons fait des disques de rap, des disques avec un peu de ci, un peu de ça… Nous avons commencé à jouer instrumental, et nous nous sommes pris au jeu. Ce n’est pas un album d’adieu, ni un album qui nous définirait: c’est un de nos disques parmi d’autres.

SUITE DE L’INTERVIEW DEMAIN

ALBUM

  • Beastie Boys, The Mix-Up (Capitol) sortie le 26 juin

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Mr Oizo

Quentin Dupieux, alias Mr Oizo, a fait rigoler la planète entière avec sa peluche Flat Eric. Il s’attelle maintenant à la faire s’esclaffer avec la sortie de Steak, film écrit et réalisé par lui, sur les écrans mercredi prochain – la B.O. est composée par le génie de l’électro française, et les complices Sebastien Tellier et Sebastian. Mr Oizo, un grand rigolo qui n’est pas que cela: sérieux, son talent. Sûrs, ses goûts.

Herbie Hancock Sextant. C’est incroyable comme ce disque, qui date pourtant du début des années 70, est gavé d’électronique! Un album pas du tout conventionnel, à la fois très hard dans sa texture, et deep au niveau du déroulement. J’ai mis beaucoup de temps à le découvrir - avant, je connaissais surtout la période électro-funk de Hancock. 8000 écoutes ne suffiront pas à me lasser.

Miles Davis Big Fun. Là, c’est la période électrique de Miles Davis que j’affectionne. On The Corner et celui-ci, qui date de 1974: l’année où je suis né – il se trouve que c’est également une année musicalement incroyablement prolifique.

Beastie Boys Check Your Head. Pour l’énergie, mais également pour la richesse musicale: il se passe plein de choses dans ce disque, ils peuvent enchaîner un morceau de rock alternatif avec un morceau de pur hip hop avec un passage jazzy… Et quand ils font du funk, c’est pas à la Jamiroquaï, ça remue vraiment.

Portishead Dummy. Je l’écoute inlassablement depuis cinq ans. Je me sens énormément d’affinités au niveau de la vision sonore, et j’adore la voix de la nana. Je pense que ma démarche est semblable à la leur, même si eux sont mélancoliques. Mon disque est plus brutal, plus sec.

Q-Bert Wave Twisters. Sa virtuosité est impressionnante. Et d’un autre côté, en incluant à sa technique tout le côté accidentel des scratches, il parvient à rendre ses platines humaines. Rien qu’avec ses doigts, il rend un son long court, et inversement. J’aime le côté solo du scratch. La platine, c’est la guitare de l’an 2000!

The Meters Funkify Your Life. Pour le son brut, le côté bricolé, comme si ça venait du garage d’à côté, et pour l’énergie rock. Et quelle chaleur!

Motorbass Pansoul. Avec un sampler, ils mélangent plein de textures variées, ce qui donne une richesse d’ensemble impressionnante, à la fois harmonieuse et belle. J’ai rencontré Etienne de Crécy sur le tournage du clip d’Alex Gopher, puisque je le réalisais. Ces gars de Solid sont extrêmement sincères. Autrement, je n’écoute pas de house…

James Brown The Payback. Je voyais toujours ce disque chez plein de gens, et comme il a été samplé par une multitude de groupes, je le connaissais par petits bouts. Dès que je l’ai acheté, récemment, j’ai été accro. C’est du brut, le genre de funk que Sinclair ne pourra jamais faire: ici, il n’y a pas de pose ni de branlette, c’est du direct. Ca me fait regretter de travailler seul quand j’entends le son des JB’s.

Lyn Collins Check Me Out If You Don’t Know Me By Now. Un disque universel, beau, avec une voix sublime. Ici, le funk vient des tripes, ce ne sont pas des vibrations en plastiques comme en délivre Ophélie Winter.

Raekwon Only Built 4 Cuban Linx. Pour le côté sombre, brut, fourmillant. Un mélange de Portishead et de Meters, versant hip hop. 80% de ce que j’écoute, c’est du rap. Mais actuellement, le genre est en perdition, complètement bouffé par le blé. Et le rap français, je n’y vois aucune originalité: personne ici n’a la personnalité de Raekwon.

PROPOS RECUEILLIS PAR BENOIT SABATIER, parus en 2000 dans Vibrations

ALBUM

  • Mr Oizo, Sebastien Tellier, Sebastian, Steak (Ed Banger/Because)

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Nick Cave, Bryan Ferry et Jarvis Cocker chantent Disney

Jarvis Cocker est l’invité d’honneur du festival Meltdown, qui se tient cette année du 16 au 23 juin: il s’est fait programmateur de l’événement… Et n’hésite pas à donner lui-même de la voix. Le 17, une soirée sera dédiée à la reprise de chansons classiques tirées des dessins-animés Disney: Dumbo, Mary Poppins, Pinocchio… The Times a révélé la semaine passée la liste des invités: Nick Cave, Pete Doherty (qui chantera “Chim Chiminey” de Mary Poppins!), Beth Orton, Bryan Ferry, Shane MacGowan des Pogues et Baaba Maal. Les arrangements seront le fait de nul autre que la légende Van Dyke Parks.

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Un EP live de TV On The Radio en vente sur iTunes

iTunes se paie l’exclusivité de EP live… Quand c’est un chouchou comme TV On The Radio qui s’y colle, ça vaut bien une news! Le Live Session EP est disponible depuis cette semaine, et contient trois versions de titres tirés de Cookie Mountain: “Playhouses”, “Province” et “Tonight”, en plus de “Satellite” tiré du EP Young Liars, et un inédit, “Dry Drunk Emperor”. Le label 4AD sort de son côté un maxi single, “Province”, le 2 juillet.

En écoute, la face B de “Province”, “Dumb Animal”:

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Le dessinateur de Gorillaz se lance dans le vibromasseur

Il était connu pour ses dessins de Tank Girl, et surtout pour le groupe virtuel Gorillaz… Jamie Hewlett, après avoir hanté les esprits de son coup de crayon imparable, se penche sur une approche plus intime de votre perception: la collection “Ultimate Member” décline les traits caractéristiques sur une gamme de six vibromasseurs, portés par six personnages. En vente chez Jimmyjane, pour 275$, chaque vibromasseur est limité à 1500 pièces.

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film: les mixtapes, la revanche du rap underground

Une industrie du disque pirate se cache dans les caves et appartements new-yorkais

Un marché parallèle développe les talents du hip hop de demain: un documentaire plonge dans le laboratoire musical qui fait vibrer les trottoirs de Harlem

En arpentant pour la première fois les trottoirs de Harlem à New York, n’importe quel amateur de hip hop est pris de vertige: à chaque coin de rue, de petites échoppes clandestines vendent des albums inconnus de Redman, Talib Kweli, Notorious Big, etc. Le documentaire Mixtape expose ce phénomène underground, ou la revanche de la rue sur une industrie du disque sclérosée.

En compagnie de légendes du genre comme DJ Clue, on pénètre au cœur de ce marché parallèle, ayant ses boutiques clandestines et son top 50 officieux. Jusqu’au milieu des années 90, les mixtapes n’étaient encore que de simples compilations de tubes mixés par les meilleurs DJ, mais elles sont ensuite devenues de véritables supports de création, proposant des morceaux et des remix inédits. Pour un jeune rapper, elles demeurent aujourd’hui le meilleur moyen d’installer sa crédibilité sur le pavé, étape indispensable avant la gloire internationale: “50 Cent est l’exemple parfait”, explique DJ Green Lantern à l’image. “Il a vendu huit millions de disques en mettant d’abord le feu dans la rue, puis en le laissant se répandre.”

Avec des interventions de Kanye West, Chuck D, DJ Red Alert, et Lil Jon, le film de Walter Bell est une immersion dans les sous-sols du business rap. La créativité y est complètement débridée, et les compositeurs y expérimentent des samples et des a cappella dont ils n’auraient jamais obtenu les droits de toute façon. Pour cette raison juridique évidente, Mixtape manque ironiquement d’extraits de mixtapes. Trop de discours et pas assez de musique, voilà le seul reproche que l’on puisse adresser à cette enquête pas très spectaculaire, mais particulièrement judicieuse.

VIDEO

  • Extrait de Mixtape (taille du fichier: 20.5 Mo): Kanye West voit dans la mixtape une médiocrité artistique à laquelle il ne cède pas, DJ Ty Boogie un ascenseur social, et Chuck D un pouvoir repris par le peuple.

DVD

  • Mixtape, de Walter Bell (2 Good)

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Cat Power remporte le Shortlist Music Prize

C’est l’album The Greatest, de Cat Power, qui s’est vu attribuer le Shortlist Music Prize. Il a devancé les finalistes suivants: Band Of Horses, Beirut, Bonnie Prince Billy, Girl Talk, Hot Chip, Joanna Newsom, Regina Spektor, Spank Rock et Tom Waits. Le disque enregistré à Memphis avec des gloires de la soul rejoint les vainqueurs des années précédentes, Sigur Ros, NER*D, Damien Rice et TV On The Radio. Le jury était composé de Gary Lightbody de Snow Patrol, Ronnie Vannucci de The Killers, Franz Ferdinand, KT Tunstall, Panic At The Disco et Wayne Coyne des Flaming Lips.

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Hommage à John Fahey par Lichens et No Neck Blues Band

Encore un hommage à John Fahey, direz-vous. Mais l’album à paraître le 19 juin chez Table Of Elements ne se confond pas avec les autres compilations. The Great Koonaklaster Speaks: A John Fahey Celebration comprend des chansons non pas reprises, mais inspirées par le guitariste mythique. Les artistes à se prêter au jeu, à célébrer la vie et l’oeuvre de John Fahey: Sir Richard Bishop (de Sun City Girls), Lichens, No Neck Blues Band, Pumice, Jack Rose, Badgerlore, Ben Vida (de Bird Show) et David Daniell (de San Agustin).

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iTunes se lance dans l’organisation, et la diffusion, de live

iTunes faisait savoir hier que son implication dans la musique live est grandissante: l’entreprise de vente de musique online lance un festival gratuit, le iTunes Festival, qui aura lieu à Londres tout le mois de juillet. Parmi les artistes à se produire à l’Institute Of Contemporary Art (ICA), plus de 60 noms, dont Amy Winehouse, Raul Midon, Black Rebel Motorcycle Club, Groove Armada, Crowded House, Travis, Editors, Stereophonics et Beverley Knight. Le mois de festivités sera lancé le 1 juillet avec une performance de Mika. Les billets seront distribués par le biais de concours émis sur le site du festival, site qui sera mis à jour quotidiennement avec des photos, des blogs, des vidéos, des podcasts et des interviews. L’enregistrement de chaque concert sera en outre mis en vente sur iTunes.

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world: Spanish Harlem Orchestra, division d’élite de la salsa dura

PHOTO: JERRY LACAY

Le groupe phare de la salsa dura rend hommage au swing latino new-yorkais. Pour se donner envie de le voir en concert aux festivals Jazz à la Défense et Y Salsa, un titre en download gratuit

Maintenir les danseurs sur la piste au son d’un big band est un pari qui a valu au Spanish Harlem Orchestra de s’imposer en division d’élite de la salsa dura, récompensée par un Grammy en 2004. Hommage à la tradition du swing latino new-yorkais, entre reprises et compositions, cet all stars de quinquas revisite avec une puissance et une précision inédite les différentes expressions qui donnent corps à la salsa.

Mambo du Palladium, bolero-cha échappé de la bodega du quartier, rumba des dimanches après-midi dans Central Park, plena militante des manifs portoricaines, sans oublier les trombones tonitruants de l’époque Fania, exhumée avec la participation de deux arrangeurs mythiques du label, Sonny Bravo et feu José Febles. Le pianiste Oscar Hernández dirige la locomotive avec ses solos incisifs et son phrasé tout en souplesse. Seule surprise au sommet de l’orthodoxie salsera, le morceau final de l’album United We Swing convie Paul Simon pour une version bilingue de “Late In The Evening”, à même de rallier les fans du chanteur aux rythmes latins.

DOWNLOAD

  • “Sacala Bailar”

ALBUM

  • Spanish Harlem Orchestra, United We Swing (Six Degrees/Universal)

CONCERTS

  • 23/6: Lyon, Y Salsa Festival
  • 24/6: La Défense Jazz Festival

SITE

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Prince retrouve ses protégées Wendy & Lisa

Peu de choses encore sur Planet Earth, nouvel album de Prince à paraître le 16 juillet à travers le dit-monde. Mais on apprend que le duo Wendy & Lisa, complices du coup d’éclat Purple Rain, font partie des artistes invités. Planet Earth sort chez Colombia, et le premier single, “Guitar”, est déjà sur les ondes radio…

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film: la Jamaïque sur grand écran

Bunny Wailer

Un réalisateur français plonge dans les scènes reggae et dancehall: gros budget pour musiques en cinémascope. Made In Jamaica sort demain sur les écrans français

Le réalisateur français Jérôme Laperrousaz a mérité sa réputation sur les terres de Marley en 1980, lorsqu’il publia un excellent documentaire sur le groupe Third World sélectionné au festival de Cannes, Prisoner In The Street. Cette fois, il orchestre un projet titanesque intitulé Made In Jamaica, avec 4 millions de dollars de budget. Parrainé par Wim Wenders, le film assume l’étiquette de Buena Vista Social Club de la musique jamaïquaine. Le traitement de l’image y est pourtant bien différent, et Made In Jamaica ne s’applique pas seulement à exhumer les vestiges d’un passé brillant. Le casting rassemble les derniers vétérans du reggae roots comme Gregory Isaacs et aussi la nouvelle génération dancehall comme Vybz Kartel ou Bounty Killer. Il sera soutenu par une B.O. en plusieurs disques composée de titres enregistrés spécialement pour l’occasion. Cet ouragan jamaïquain atteint les côtes bretonnes ce mercredi.

Outre le fait de tourner en 35 mm, en quoi Made In Jamaica se distingue-t-il d’un simple documentaire ?
Jérôme Laperrousaz: Nous l’avons tourné comme un film de fiction, ce qui signifie plusieurs prises, des mouvements de caméras répétés, une lumière extrêmement précise… Le reggae est une musique majeure, donc elle implique une qualité esthétique et formelle. Mais du coup, tout devient compliqué: il faut mettre en place la lumière, les cadres, et le reste. J’avais la même volonté esthétique pour la musique, ce qui veut dire des multipistes, sonoriser des endroits pas évidents… Je voulais un son parfait, mais qui garde la fragilité du “live”, la qualité de l’instant.
Quel est l’objectif du film ?
J’ai sélectionné les artistes comme on choisit des acteurs. J’ai travaillé avec mes filles pour choisir tous les titres avant le tournage, car le fil rouge, l’épine dorsale du film, c’est vraiment la musique, surtout les paroles des chansons. Par exemple, j‘ai écouté trente heures avec Toots Hibbert en studio, soit presque toutes ses bandes des vingt dernières années. C’est un perfectionniste comme moi, et finalement, on n’a gardé seulement trois titres. On a passé toute la nuit du nouvel an 2005 à travailler dans son studio.
Quels sont vos pires et meilleurs souvenirs du tournage?
Quand Bunny Rugs a chanté “Slavery Days” devant la plantation, c’était très émouvant. Il y eu aussi des moments difficiles: quand le danseur Bogle s’est fait assassiner trois jour après notre interview, ce fut un choc très éprouvant. La violence rend les choses compliquées. C’est très difficile de tourner en Jamaïque. L’industrie anglo-saxonne refuse d’y mettre les pieds car cela implique trop de risques. On a dû surmonter de vrais problèmes, mais il y a eu aussi et surtout des instants formidables. Chez la majorité des artistes jamaïquains, il y a une telle générosité, une telle force… Quand Bounty s’est mis à chanter sur le bateau, il est devenu impossible à arrêter. Je lui disais de s’économiser entre les prises, mais il a chauffé la foule pendant deux heures entières avec ses chansons.
Le message social est également essentiel…
Ces artistes sont des rebelles militants, chacun à sa façon. Ils militent pour leur cause, ils insistent sur des sujets qui nous gênent comme la pauvreté, le cloisonnement des classes sociales, et les effets secondaires de la colonisation… Voilà pourquoi il me semblait si important de leur donner enfin la parole.

LE FILM

  • Made In Jamaica, Jérôme Laperrousaz (sortie en salles le 13 juin)

ALBUM

  • Made In Jamaica, double CD (Harmonia Mundi). Avec Toots Hibbert, Gregory Isaacs, Sly Dunbar & Robbie Shakespeare, Beres Hammond, Bounty Killer, Elephant Man, Vybz Kartel, Lady Saw, Tanya Stephens, Capleton…

SITE

VIDEO

  • La bande-annonce (en anglais)

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Jazzmatazz : 15 juin 2007

L’une des plus grandes réussite de la réunion du jazz et du hip hop, on la doit au projet du rapper américain Guru. Une toute grande pointure qui vit sur une aura devenue historique: même si Jazzmatazz n’est pas à la pointe de l’innovation, ses disques comportent toujours quelques trouvailles notables. 8 INVITATIONS A GAGNER SUR NOTRE PAGE CONCOURS

15/6: Lausanne, D! Club

world: “Samamsha”, voyage entre Méditerranée et Inde

Keyvan Chemirani, Prabhu Edouard, Sandip Chatterjee et Stelios Petrakis en répétition

Le festival parisien Climats accueillait ce week-end la création “Samamsha”, rencontre entre les percussions persanes et indiennes de deux virtuoses. Vibrationsmusic.com a laissé traîner ses oreilles pendant la répétition

Mon premier: deux amis percussionnistes, l’un est iranien et joue du zarb et l’autre est indien du sud et joue des tablas, tous deux sont basés Paris. Mon second: un ami du premier qui vient de Crète, joue du luth et de la lyra. Mon troisième a rencontré mon deuxième par mon premier: c’est un musicien indien du Nord joueur de Santoor (caisse trapézoïdale à cordes frappées indienne). Mon tout est un quartet inédit qui veut dire “partage égal” ou “héritage commun” en sanscrit.

Voilà l’énigme de cette nouvelle création, baptisée “Samamsha”, bâtie autour de l’Irano-Parisien Keyvan Chemirani et son complice Prabhu Edouard, deux habitués des compositions musicales à racines multiples, qui ont permis la rencontre improbable de Sandip Chatterjee et de Stelios Petrakis. “Ce chemin n’est peut être pas si saugrenu car le santoor iranien, ancêtre de l’indien, marie souvent son timbre avec celui du kémantché iranien qui ressemble à la lyre”, explique Keyvan Chemirani. C’est par ce voyage musical inédit entre la Méditerranée et l’Inde que s’est ouvert, vendredi, le Festival Climats, qui proposait un regard transversal sur ce pays continent qui enveloppe la musique, la danse, les créations sonores, la gastronomie, les contes pour enfants, la B.D sans oublier le dancefloor…

EN ECOUTE

  • Un extrait de la séance de répétition de la création “Samamsha”, un morceau construit autour du ragga de la mousson (enregistrement et montage: Elodie Maillot)

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Andre 3000 joue Sammy Davis Jr dans un film

Le rapper d’Outkast incarne Sammy Davis Jr dans un film qui retrace la relation de ce dernier avec Kim Novak. Le film, Sammy And Kim, s’intéresse à cet amour entre deux personnes de couleur de peau différente, dans un contexte social hostile qui a failli leur faire perdre leur emploi respectif. L’entertainer légendaire intéresse Hollywood au plus haut point, puisque deux autre biopics sont en travail: Denzel Washington jouera dans In Black And White, et Yes, I Can adapte l’autobiographie du même nom de Sammy Davis Jr.

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électro: Justice est fête ?

PHOTO: CARLOS DESANTOS

Quatre jours avant la sortie de leur album aussi attendu par les clubbers que la machine à courber les bananes, Justice voulait plastiquer une Cigale sold out depuis trois semaines. Incendie de forêt ou pétard mouillé?

Tout commence comme prévu. Les abords de la Cigale sont transformés en impressionnant “branchouille land”, défilé de t-shirts Six Pack, de baskets A Bathing Ape et de jeans slim Cheap Monday. Des bioutifoule pipole venus célébrer un buzz qui monte qui monte depuis quatre ans sur les dancefloors du monde entier. Un binôme baptisé Justice et qu’on ne peut dissocier d’un autre binôme, de dix ans son aîné, Daft Punk. Avec quelques gimmicks efficaces poussés à l’extrême (la saturation toujours et encore), Xavier de Rosnay et Gaspard Augé ont réussi à façonner d’implacables hymnes electro, sur lesquels il est difficile de ne pas agiter son séant transpirant.

Ce soir, il fait très chaud à la Cigale. L’effet est tout aussi redoutable. Notamment dans les quinze premières minutes où les enchaînements imposent une certaine cohérence. Une introduction inspirée : guitares saturées, basses basiques, assaisonnement de rythmes post punk. Une recette barock, à l’image de leur croix, qu’un grand nombre brandissait. Même la version du tubesque “D.A.N.C.E.”, entamée dans un mix d’a-cappella et de piano solo semble aventureuse. Et derrière deux murs d’amplis Marshall, le tandem est concentré sur ses machines.

Malheureusement, le soufflé retombe vite. Temps morts et redites soulignent une évidence: la force des singles de Justice s’apprécie dans un mix qui inclurait des titres d’autres bidouilleurs electro. Et ne manger que du Justice sur près d’une heure donne de perturbants instants étouffe-chrétiens. Mais il en fallait peu pour enflammer un public déjà conquis avant même de pénétrer dans la salle. La transe est donc assez générale chez les nu-ravers, pas rassasiés de s’être fait crever leurs tympans en si peu de temps. Une Justice à deux vitesses?

COLLABORATION: STEPHAN GRAS

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rock: Magma, secte aux dissonances chimériques

Concert du 5 mai à Bonnieux, dans le cadre du festival Jazz En Luberon

C’est au milieu des vieilles pierres de la bourgade de Bonnieux que s’était installé, en mai dernier, le groupe culte. Aperçu en vue de la semaine de concerts donnés dès lundi prochain au Triton, près de Paris

Attendu par une salle presque pleine, le groupe arrive sans fracas. Les membres sont pour la plupart vêtus du t-shirt à l’effigie arachnoïde mythique. Quatre chanteurs, basse, guitare, deux claviers, un vibraphone et, bien sûr, en maître de cérémonie, Christian Vander derrière une batterie jaune poussin aux cymbales saillantes.

Un cri, et c’est l’embardée. Déferlante de toms, ambiance apocalyptique et rythmiques abrasives pour un premier mouvement d’une bonne trentaine de minutes. Parmi les incantations dissonantes gonflées d’effets, la voix cristalline de Stella Vander se détache et amène un répit bienvenu. Les rebondissements inattendus et les recherches harmoniques savantes qui ont fait la gloire du groupe sont de la partie. Sa transe a gardé la couleur de ses tonalités, sa précision d’écriture, son “Kobaïen” (cette drôle de langue inventée), mais l’interprétation globale s’est enlisée dans un lyrisme atonal aux sons somme toute assez kitsch.

J’avoue être sortie un instant pour éviter la migraine, n’en pouvant plus de cet amoncellement de dissonances, et du son en salle qui rendait la chose carrément bourrin. Lors de la deuxième partie, tout aussi atypique mais plus calme, les ouailles musiciennes se mettent en cercle alors que le gourou Vander écarte les bras et donne de la voix, grave, profonde. Une secte au rock chimérique.

Le public s’est clairsemé, mais reste enthousiaste, parsemant la prestation à Jazz En Luberon d’applaudissements tonitruants. On songe que dans les années 70 et sous acide, ça devait faire tout son effet.

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CONCERTS

  • 11-16/6: Les Lilas, Le Triton

  • 21/7: Junas, Les Carrières

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Un livre de photos documente la carrière de Fugazi

Le skater devenu photographe Glen E. Friedman fait paraître Keep Your Eyes Open, une collection de photographies de Fugazi. Le livre sort le 3 septembre chez Burning Flag Press, date anniversaire des 20 ans du premier concert du groupe de Washington DC. Le livre s’ouvre sur une préface de Ian Swenonius. John Lally, le guitariste de la formation culte, en plus de ses activités annexes, met en vente, sur Dischord.com, une série de CD live de Fugazi. Quand les CD seront épuisé, c’est le format digital qui les remplacera.

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Will Oldham en acteur dans un film plébiscité

Le 11 25 juillet sort sur les écrans français le film Old Joy. La fiction, réalisée par Kelly Richardt, adapte une nouvelle de Jonathan Raymond, qui retrace un week-end de camping entre deux amis de longue date. L’un d’entre-eux n’est autre que le musicien merveille Will Oldham. Aux côtés de l’acteur Daniel London, le songwriter, connu sous les noms Palace, Palace Brothers ou encore Bonnie “Prince” Billy, s’attire toutes les louanges de la presse d’outre-Atlantique grâce à son interprétation d’un homme aux prises avec la marginalité. Le film a fait des étincelles au festival de Sundance, et a marqué les esprits dans différents festival européens.

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concours: festival Takk, la scène norvégienne

Tord Gustavsen, photo Jos L Knaepen

La Norvège investit la Maroquinerie durant trois soirs: une scène aussi diversifiée que passionnante. A gagner, 5 fois 2 invitations pour le mercredi 13 juin, et 10 fois 2 invitations pour le jeudi 14

“Merci”, disent les Scandinaves, “Takk”. C’est sous ce petit mot doux que se voit rassembler la jeunesse norvégienne et ses musiques aux contours aussi sinueux que ses fjords. Du jazz tout tendre pour le pianiste Tord Gustavsen, qui vient de sortir Being There, un album remarqué grâce à son agencement du silence, à l’extrême épure de ses mélodies. Un fil rouge lapon pour Nikko Valkepaa, proche de Mari Boine, qui puise dans les traditions de l’extrême Nord et en bigarre son jazz aux sonorités pop. Hommage à la mer, au chant de ses marins pour Julius Winger, à la voix éraillée, à la folk mélodramatique, qui accueille l’accordéoniste Frode Haltli sur son premier disque. Mais aussi le saxophoniste Lars Hornveth, ex-leader de Jagga Jazzist, ou les synthés et sample d’un membre de Wibutee dans Sternklang, Rune Brondbo.

EVENEMENT

Festival Takk, Paris, La Maroquinerie

  • 13/6: Karl Seglem & terje Isungset Duo Tord Gustavsen Trio (20h)
  • 14/6: Rockettothesky, Nikko Valkepaa Group, Julius Winger Group
  • 15/6: Lars Hornveth Group, Sternklank, Kim Hiorthoy DJ set, Joachim Augland DJ set

CONCOURS

Pour gagner une fois deux invitations pour le festival Takk à la Maroquinerie de Paris, envoyez-nous un mail qui précise la soirée qui vous intéresse (mercredi 13 juin ou jeudi 14) avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. Merci de rappeler “Takk” dans l’intitulé du message.

Les gagnants seront avertis par email.

LE CONCOURS EST FERME

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Le producteur de D12 vend ses beats sur le net

Le producteur et rapper de D12 Denaum Porter vend, à moindre prix, ses beats dès le 15 juin sur mrporterbeats.com. Des artistes indépendants, compositeurs, DJ et labels pourront ainsi mettre la main sur des productions du maître, à partir de 50$. Une section, “Exclusive Beats”, propose à l’achat des beats dans leur entier, dans un rapport d’exclusivité. Des prix très accessible pour un artiste, connu encore comme Kon Artis et Mr. Porter, qui a produit des musiques pour 50 Cent, Snoop Dogg, Young Buck, Shakira et Burt Bachrach. Le producteur confie avoir eu l’idée de ce projet lors de son travail pour le prochain album de Dr. Dre, Detox.

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M.I.A sort son premier single sur clé USB

Première sortie à accompagner la parution du second album de la belle Anglaise, “Boyz” sera vendu dès le 11 juin au format habituel, mais aussi sous forme de clé USB. L’album Kala suivra le 20 août chez XL Recordings.

Vidéo, “Bird Flu” tiré de Kala

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world: le boum manele, la gypsy-techno

Nicolae Guta

Nouvelles festivités à l’Est: musique rom, pop orientale, sonorités balkaniques sont baignées dans une vigoureuse techno… Âmes sensibles s’abstenir

En Roumanie et au-delà, la dernière vague s’appelle le manele. Le phénomène évoque le gangsta rap, avec son défilé de bimbos, BMW et gourmettes. Mais en matière d’excès, les roitelets de Bucarest enfoncent les princes de Brooklyn: tout CD de manele comprend au moins 130 chansons compressées en MP3 et livrées au rythme frénétique de plusieurs disques par semaine.

Domaine quasi exclusif des chanteurs tsiganes, le manele est un collage de pop orientale, de musique rom et de sonorités balkaniques. Il emprunte aussi au rap ou à la techno à deux sous et n’hésite pas à plagier les tubes étrangers, ce qui crée régulièrement des procès. Les rois du manele ? Le nain Adrian Copilul Minune, le moustachu Nicolae Guta, le repenti Costi Ionita et une cohorte d’inconnus arborant des surnoms de catcheurs. Certains musiciens roms traditionnels tâtent aussi du manele, ainsi Ionita l’accordéoniste du Taraf de Haïdouks produit avec sa femme Viorica un duo gypsy-techno très Top 50. On peut se boucher les oreilles. Ou relever cette rareté: ces musiciens roms sont seuls maîtres de leur pactole, les maisons de disques traditionnelles refusant de se compromettre avec ce répertoire.

VIDEOS

  • Nicolae Guta

  • Adrian Copilul Minune

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La première vidéo du nouvel album de Manu Chao

Elle est sortie, la première vidéo du premier titre disponible de Manu Chao: “Rainin In Paradize”. Tout en animation, elle permet de goûter à l’ambiance d’un album, Radiolina, à paraître le 4 septembre chez Because. Chronique titre par titre de la première ébauche du projet ici.

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Bettye Lavette revient de Muscle Shoals

L’un des plus grandes chanteuses de soul bluesy, redécouverte en 2005 avec le sublime I’ve Got My Own Hell To Raise, a enregistré à Muscle Shoals son nouvel album, The Scene Of The Crime, à paraître le 25 septembre sur Anti. Bettye Lavette est accompagnée par les grooves rock et deep soul du groupe Drive By Truckers, et voit aussi les vétérans du studio mythique Spooner Oldham, aux claviers, et David Hood, à la basse, accompagner la voix à l’expressivité bouleversante. La diva a choisi son répertoire elle-même, dont un titre écrit par Willie Nelson, et un autre par Elton John.

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jazz: Andrew Hill, hommage

PHOTO: FRANCIS WOLFF

Le pianiste et compositeur est mort le 20 avril dernier. Impressionnismes de la mélodie, polyrythmies d’instinct: l’élégance, la modernité et l’intelligence

Il fallait l’écouter trois secondes. Dans son salon de bois clair, à Jersey City, enfilé dans un lainage à col roulé noir, un clope au bord du bec. On ne comprenait trop bien, au début, cette élocution en rafales, ce bégaiement à rebours. Comme Ornette Coleman, dont la voix semble être aspirée plus que portée, Andrew Hill parlait comme il jouait. Mort le 20 avril à 76 ans d’un cancer des poumons, le pianiste de Chicago appartenait à cette famille de musiciens (Eric Dolphy, Wayne Shorter, Charles Mingus) qui libérait l’espace sans renoncer à la structure.

Sur son piano long, il y avait encore des partitions de Chopin, des choses qui l’occupaient par inadvertance. C’était Earl Hines qui lui avait mis un piano sous les doigts, Paul Hindemith qui l’avait éduqué. Andrew Hill était au carrefour des musiques orale et écrite. Déjà, dans son premier album en 1959 (So in Love), il décalait les angles en trio. Avec son ami Malachi Favors, bientôt dans l’Art Ensemble. Andrew Hill peaufinait des polyrythmies d’instinct, des impressionnismes de la mélodie. Il était un dandy de la note tordue. Ses albums pour Blue Note le disent bien (Point Of Departure ou Black Fire qui s’enfilent insidieusement dans un swing claudicant).

Andrew Hill avait déserté la scène. Il était devenu professeur de composition, avait laissé ses cheveux blanchir devant un tableau noir. Jusqu’à ce retour en ville. A New York, dont il écumait les clubs en auditeur, fasciné par une nouvelle génération d’improvisateurs dont il était devenu le mentor. Le pianiste texan de Harlem Jason Moran prenait chez lui des leçons de style. Et ses récents albums pour Palmetto, puis Blue Note, affirment surtout l’extrême élégance, la parfaite modernité et l’intelligence du son. Andrew Hill, qui se rajeunissait volontiers de quelques années (il était né le 30 juin 1931), avait mis dans son jazz un goût d’aujourd’hui.

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Leonard Cohen et Philip Glass collaborent

22 poèmes de Leonard Cohen, tirés du recueil The Book Of Longing, lus par leur auteur, ont été mis en musique par Philip Glass. L’événement a eu lieu trois soirs de suite au Elgin & Winter Garden Theatre de Toronto, dans le cadre du festival Luminato. La performance de 90 minutes n’a pourtant pas vu les deux légendes se rencontrer sur scène: la voix de Leonard Cohen était enregistrée préalablement. Jusqu’au 10 juin, le festival expose encore une collection de dessins de Leonard Cohen, “Drawn To Words”.

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Emmylou Harris prépare un coffret de 80 titres

Le dernier album de la chanteuse et compositrice country folk travaille à la sortie d’un coffret qui comportera pas moins de 80 titres (sortie le 18 septembre sur Rhino): deux CD de chutes de studio et morceaux orphelins, et deux autres de raretés le plus souvent inédites. Parmi elles, des titres du Trio, qui comprent Dolly Parton et Linda Ronstadt, dont une reprise de la Carter Family, “Palms Of Victory”, enregistrée en 1978. Les premiers CD donnent à écouter des chansons enregistrées pour des albums en hommage à Gram Parsons, Merle Haggard et Townes Van Zandt, et la démo originale de “All I Left Behind” avec Kate et Anna McGarrigle. Les deux soeurs se retrouveront aussi sur le nouvel album studio de Emmylou Harris, tout comme le chanteur de Seldom Scene, John Starling: à paraître sur Nonesuch, la sortie n’est pas encore annoncée.

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Thee, Stranded Horse: tournée : 7 juin 2007 au 16 juin 2007

On aime ou on déteste: reste que le nouveau projet de Yann Tambour ne laisse pas indifférent. Son pop-folk se pare d’une guitare et d’une kora, pour dépeindre du bout des lèvres des paysages poétiques, des pastels qui sans être dépouillés peuvent se targuer d’un beau minimalisme.

7/06: Brest, 8/06: Rennes, 9/06: Niort, 10/06: Bordeaux, 12/06: Toulouse, 13/06: Marseille, 14/06: Grenoble, 15/06: Clermont-Ferrand, 17/06: Nancy

world: Marta Topferova, l’Est tout au Sud

La belle Tchèque a tout pour devenir une reine de la chanson latino-américaine. Le morceau titre de son nouvel album vous est offert en download

Nom: Marta Topferova. Nationalité: Tchèque. Lieu de résidence: New York. Signe particulier: est en passe de devenir l’une des reines de la chanson latino-américaine, au même titre que Susana Baca ou Mercedes Sosa. Comment une jeune femme venue de l’Est réussit-elle à incarner avec autant de naturel et de grâce les splendeurs musicales du Sud?

A priori atypique, son parcours est pourtant marqué du sceau de l’évidence: dès l’âge de six ans, Marta Topferova tombe en pâmoison à l’écoute d’un disque des Chiliens d’Inti-Illimani. Après s’être exilée aux USA en 1987, elle arpente le monde hispanophone, de l’Argentine jusqu’à l’Andalousie. Puis elle franchit un palier décisif en adoptant le cuatro (guitare vénézuélienne à quatre cordes), dont elle devient une virtuose accomplie. Depuis son premier disque, Sueño Verde, sa grande exigence, qui la pousse à soigner autant l’écriture que la production ou les arrangements, a bonifié son art.

Aujourd’hui, dans Flor Nocturna, sa voix mate trône en majesté sur des chansons qui s’inspirent du lyrisme nu des musiques andines – l’Argentin Atahualpa Yupanqui, dont Marta Topferova reprend deux titres, campe ici une bienveillante figure tutélaire. “Comme lui, je veux écrire des classiques qui ne reposent pas sur une simple somme d’effets, confie la chanteuse, et accéder à une forme de beauté qui ne soit pas lisse ni apprêtée. Mes chansons témoignent aussi de la force de mon engagement: il m’a fallu du courage et une grande liberté d’esprit pour suivre un chemin qui n’était pas tracé à l’avance.”

DOWNLOAD

  • “Flor Nocturna”, extrait de Flor Nocturna

ALBUM

  • Marta Topferova, Flor Nocturna (World Village)

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électro: Bonde do Role, le Brésil façon furie

Le baile funk de ces punks ne fait pas dans la dentelle, mais a une énergie on ne peut plus furibarde. Voltimètres à brandir demain à Festi’Neuch

“J’étais à une soirée/ Et j’ai vu une teupu/ J’ai mis ma langue dans son cul/ Et ma langue est sortie toute crade”. Bonde do Role, trio originaire de Curiciba au sud de Sao Paulo, maîtrise ce genre d’imagerie romantique avec une réelle délicatesse, n’est-ce pas? Deux MC (Marina Ribatski et Pedro D’eyrot) et un DJ (Rodrigo Gorky) plastiquant le baile funk à coup de samples de riffs de guitares métaloïdes, d’électro-funk bien old school et de rapping à la Beastie Boys.

“Notre groupe compile symétriquement nos goûts, précise le ventripotent Gorky. D’eyrot adore le disco bien sirupeux, l’électro et des trucs plus hardcore ou punk comme NOFX. Moi j’ai joué dans un groupe de bossa et j’adore la pop comme l’électro. Quant à Marina, c’était la riot grrrrl typique, écoutant du punk, du grunge, du metal.”

Plus punk, tu meurs! Pour preuve lors de l’after du concert parisien de CSS le mois dernier, Marina s’est lavée sur scène les cheveux au jus d’orange, s’arrachant à moitié le soutien-gorge avant d’enchainer des simulations de broutages de minou par son collègue D’eyrot… “Le baile funk parle de cul, de dope et de violence, confirme l’intéressée. On a gardé que le sexe, en en parlant de la façon la plus fun et trash possible.” Il y a du Beastie Boys période License To Ill chez Bonde do Role. Des cascades de samples plus improbables les uns que les autres (Alice In Chains, la B.O. de Grease, Tone-Loc…). Et une énergie furibarde qui en fait bien plus qu’une gentille blague de collégien.

PLAYLISTS

  • Gorky: Pet Sounds des Beach Boys, 69 Love Songs des Magnetic Fields, Homework de Daft Punk, I’ve Seen Everything des Trash Can Sinatras et Samba ‘68 de Marcos Valle.
  • Marina: Celebrity Skin de Hole, Mellon Collie and the Infinite Sadness des Smashing Pumpkins, Doolittle des Pixies, le Concerto n°1 de Tchaïkovski et un album de L7.

ALBUMS

  • Bonde do Role, Bonde do Role With Lasers (Domino) Sortie le 4 juin
  • Bonde do Role, Solta Frango (Domino)

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CONCERTS

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Jacques Schwartz-Bart : 14 juin 2007 au 16 juin 2007

Le saxophoniste marie rythmes gwoka et jazz, touchant au passage soul et afrobeat. Dangelo, Roy Hargrove, Meshell Ndegeocello ou Erykah Badu l’appellent « Brother Jacques » lorsqu’ils le contactent pour une collaboration…

14-16/6: Paris, Sunset

Israël Vibration : 11 juin 2007 au 5 juillet 2007

Leurs racines sont dans le reggae roots, lui-même ancré dans une vie de misère. L’un des plus grands groupe de reggae jamaïcain, en trio devenu duo, s’est formé dans un centre médical par trois pauvres diables atteints de poliomyélite. Mais leur talent allait les tirer vers le haut, eux qui visitent l’Europe presque annuellement pour des concerts qui ouvrent le reggae sur le dub.

11/6: Le Petit Quevilly, 12/6: Murs Erigne, 13/6: Toulouse, 14/6: Mérignac, 15/6: Cergy, 18/6: Lille, 19/6: Nancy, 20/6: Strasbourg, 29/6: Quimper, 30/6: Hyères, 5/7: Istres

Gnawa Diffusion : 1 juin 2007 au 28 juillet 2007

Une Afrique du Nord très relevées: épices chaabi, gnawa, rock et reggae. Une fusion musicale qui mêle dans ses musiques plurielles des paroles de Amazigh Kateb, fils de l’écrivain algérien Kateb Yacine. Le groupe de Grenoble est atypique sans jamais perdre en légitimité.

1/6: Amiens, 2/6: Brainians, 21/6: Bretigny, 22/6: Calais, 29/6: Ramatuel, 30/6: Reignier, 1/7: Aix-en-Provence, 12/7: Châlons-en-Champagne, 15/7: Montmartin, 19/7: Thouars, 21/7: Riberac, 24/7: Vienne, 28/7: Grenoble.

Bebel Gilberto : 1 juin 2007

Dans la famille bossa nova, je demande… La fille de Joao et de la chanteuse Miúcha, et la nièce de Chico Buarque. Dans une veine contemporaine, la belle peut se targuer encore de collaborations avec des noms qui suffisent à assoir sa réputation: Chico Buarque bien sûr, Caetano Veloso, David Byrne… Celle qui a de beaux atouts familiaux se permet pourtant une personnalité propre, en faisant appel à l’électronique pour encadré sa voix de fée.

1/6: Paris, Bataclan

Balkan Beat Box : 1 juin 2007 au 11 juillet 2007

Tamir Muskat et Ori Kaplan, tous deux activistes de la scène underground new-yorkaise (avec Firewater ou Gogol Bordello), sont rejoints en concert par toute une bande de musiciens du Maroc, de Bulgarie, d’Israel, d’Espagne ou d’Iran. Musique, DJing, vidéo, danse… Une performance extrême.

1/6: Pantin, 4/7: Paris (Point Ephémère), 5/7: Rennes, 11/7: Nice

Andy Palacio & The Garifuna Collective : 20 juin 2007

Plongée tout en émotion au Belize, ou l’on frappe des carapaces de tortues, des coquillages et des peaux. Le blues de cette Amérique du Sud peu connue contourne les clichés exotiques pour donner voix à des minorités qui sont en train de disparaître, leur culture avec eux. Un groove bouleversant.

20/6: Paris, New Morning

Africando : 1 juin 2007 au 2 juin 2007

La musique afro-cubaine pour lien entre toutes les diasporas africaines: depuis plus d’une décennie, le groupe réinvente la salsa, mené par une paire hors pair. Le Sénégalais Ibrahim Sylla, producteur majeur des musiques ouest-africaines, et le Malien Boncana Maïga, flûtiste qui a participé à la tournée de Fania All Stars, conduisent la formation sur le chemin tortueux des dancefloors qui touchent à l’histoire de la musique.

1/6: Rouen, 2/6: Paris

Festi’Neuch, Neuchâtel : 1 juin 2007 au 3 juin 2007

Entre la vieille ville et le lac, une grande tente et un terrain aménagé pour recevoir le plus gros festival de la région. Une programmation variée, intéressante. Côté groove: l’énergie indo-anglaise d’Asian Dub Foundation, le gros son des Américains de De La Soul, le flow impressionnant du toaster allemand Gentleman et les virevoltages d’électro-tango du Gotan Project.

1-3/6 Neuchâtel

Le site de Festi’Neuch

Caribana Festival, Crans-sur-Nyon : 7 juin 2007 au 9 juin 2007

Le premier festival totalement en plein air, qui annonce l’été. Trois jours au bord du lac, deux scènes, petits et grands artistes, tous styles confondus. Les vendredi et samedi sont plutôt rock, avec la venue de Piers Faccini ou Patti Smith. Le samedi quant à lui recèle des merveilles avec les douces chansons métissées d’Israel Vibration, la furie festive de la Camérounaise Sally Nyolo, le rap sud-américain de Solo Dos et la soul précieuse de Macy Gray.

7-9/6 Crans-sur-Nyon

Le site du Caribana Festival

Bad Bonn Kilbi, Düdingen : 7 juin 2007 au 9 juin 2007

Un petit festival perdu au milieu d’un champ, qui accueille d’obscurs groupes expérimentaux, tant rock qu’électro, mais aussi des têtes d’affiche, pointues mais accessibles: CocoRosie, The Young Gods, Heidi Happy, What’s Wrong With Us, Fennesz & Mike Patton…

7-9/6 Düdingen (Bad Bonn)

Le site du Bad Bonn Kilbi

CocoRosie, tournée : 27 mai 2007 au 2 juin 2007

Le duo des sœurs américaines dissémine des mélodies grinçantes portées par une voix nasale et des élans lyriques. Une approche de la musique en toute spontanéité, instruments-jouets à l’appui, qui vient se placer sur un pôle plus expérimental qu’il n’y paraît.

27/5 Saint-Brieuc, 28/5 Nantes, 29/5 Bordeaux, 30/5 Toulouse, 31/5 Marseille, 1/6 Lyon, 2/6 Reims

De La Soul, Neuchâtel : 2 juin 2007

Parmi les groupes importants de la décennie passée : loin des tourments rap habituels, le trio puise à des sources éclectiques un hip hop doté d’humour et d’intelligence.

2/6 Neuchâtel (Festi’Neuch)

Balkan Beat Box, Neuchâtel : 2 juin 2007

Tamir Muskat et Ori Kaplan, tous deux activistes de la scène underground new-yorkaise (avec Firewater ou Gogol Bordello), sont rejoints en concert par toute une bande de musiciens du Maroc, de Bulgarie, d’Israel, d’Espagne ou d’Iran. Musique, DJing, vidéo, danse… Une performance extrême.

2/6 Neuchâtel (Festi’Neuch)

CocoRosie, Düdingen : 9 juin 2007

Le duo des sœurs américaines dissémine des mélodies grinçantes portées par une voix nasale et des élans lyriques. Une approche de la musique en toute spontanéité, instruments-jouets à l’appui, qui vient se placer sur un pôle plus expérimental qu’il n’y paraît.

9/6 Düdingen (Bad Bonn Kilbi)

The Young Gods, tournée : 11 mai 2007 au 7 juin 2007

L’électronique des Suisses est teintée d’indus, leur rock nourri à l’expérimental. 20 ans que le trio parvient à éviter les concessions et les compromis avec l’industrie, tout en maintenant une garde fidèle de fans.

11/5 Lausanne (Romandie), 26/5 La Chaux-de-Fonds (Bikini Test), 7/6 Düdingen (Bad Bonn Kilbi)





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