
Les trois mecs bestiaux laisseront derrière eux un esprit: le talent mêlé de fun. A leur image, le magazine collector reste pour ses chanceux lecteurs le parfait exemple d’une liberté exploratrice…
Ce fut d’abord un label de disque, et pour finir un site internet; entre les deux, ce fut aussi et surtout un journal, au contenu aussi touffu et délirant qu’était aléatoire sa parution, bref une publication à l’image du groupe, complètement imprévisible et souvent très drôle.
Sauf que si le premier numéro de Grand Royal fut bien l’œuvre collective du trio,
très vite il devint essentiellement le dada de Mike D, au point que son collègue Ad-Rock se crut obligé de prendre publiquement ses distances, exprimant son total désaccord avec certaines des opinions exprimées dans le journal. 
Le contenu de Grand Royal ne prêtait pourtant pas à polémique. S’il y était bien sûr largement question de musique (on se souvient entre autres des dossiers exhaustifs sur Lee “Scratch” Perry, le synthétiseur inventé par Robert Moog ou la Miami bass), ce n’était là que la partie émergée de l’iceberg. 
On y causait avec le même sérieux des “Demolition Derby” (ou “stock cars”, ces compétitions de démolition de véhicules si chères à l’Amérique profonde), des films de Bruce Lee, de l’enseignement du Dalaï Lama, des polaroïds, du commandant Cousteau
ou du retour en grâce des platines disques portatives grâce aux japonais – ainsi que flipper, recettes de cuisine, basket, skateboard ou coupes de cheveux…
Dire que tout ça était toujours passionnant serait très exagéré, mais c’était toujours au minimum décalé et surprenant. Surtout, ça ne ressemblait à rien d’autre. Rien que pour ça, depuis sa disparition en 1997, Grand Royal nous manque.
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C’est clair que ça manque! En même temps les nineties c’est fini