
La Rumeur
Il est question de diffamation contre les forces de police… Après avoir gagné devant le tribunal correctionnel, puis en appel le 22 juin 2007, la Cour de cassation vient d’annuler les précédentes décisions de justice, et renvoie Hamé de La Rumeur et le ministère public pour un nouveau procès, devant la Cour de Versailles, sans doute en 2008. Trois questions à Hamé
- Comment avez-vous pris cette décision?
- C’est une très mauvais surprise. Je n’osais pas y croire, pas penser qu’il y aurait une ingérence du politique dans le système judiciaire. Il existe des rapports de force internes qui visiblement nous échappent. C’est comme s’il avait été décidé que nos propos seraient dénaturés pour permettre la cassation des deux relaxes exemplaires et instruire ainsi en diffamation. En clair, il s’agit de réduire mon propos à deux lignes, balayant d’un trait tout le travail historique.
- Cinq ans depuis le début de cette affaire. Fatigué?
- Oui, bien sûr. Mais un tel acharnement veut bien dire qu’au fond, il y a une histoire qu’on ne veut pas sortir du placard. C’est là-dessus qu’on va désormais mettre le paquet: avoir le droit de parler sur la place publique du passif de la police depuis cinquante ans. Le prochain procès sera l’occasion d’éclaircir les pages sombres de la police française. Et tant mieux si ça dure une semaine. Nous appellerons à témoigner des historiens, des intellectuels, des familles de victimes. Manifestement, c’est à cette hauteur-là, et non sur le terrain de la liberté d’expression, que l’on nous attend. Ok, on assume.
- Ça ne se réduit évidemment pas un duel, certes médiatique, Sarkozy/La Rumeur?
- C’est l’enjeu depuis le début. On n’est pas Monsieur R, Ministère AMER ou Alibi Montana. Notre affaire n’est pas caricaturale. C’est pas les méchants avec des gros mots à la bouche. On est sur un autre terrain que la guignolade. On souhaite argumenter nos partis-pris. Parler des grilles de lecture policières qui normalisent de plus en plus l’ensemble de la vie publique, de la culture à l’économie. Cette affaire n’est le révélateur que d’un problème bien plus profond. Mais bon, soyons binaires: il va falloir être pour ou contre la Rumeur.
- La Rumeur, Du cœur à l’outrage (La Rumeur Records/Discograph)
- 20/7: Caen, Le Cargo
- 27/7: Longwy, Festival de Longwy
- 28/7: Saint Martin Boulogne, Centre culturel Georges Brassens
- 16/10: Nancy, Nancy Jazz Pulsations
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