
Dix disques. Ceux qu’emporterait Robert Wyatt, œil espiègle et sourire vif, comme le prouve son drôle de “Comicopera”, où il invite quelques vieux complices dont Brian Eno, « essentiel dans sa discrétion». « Je n’ai pas mis un de ses disques. Il est trop proche. »
Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Max Roach, Charles Mingus, Bud Powell “Jazz At Massey Hall”
Après le be bop, la beauté pure de cette musique. C’est avec ce disque, que je n’ai pas écouté depuis longtemps, que j’ai appris à comprendre et aimer le be bop, sa rapidité. Et puis, il y a Max Roach, un grand monsieur que j’ai essayé d’imiter à partir de cet enregistrement.
Paul Haines/Carla Bley, “Escalator Over The Hill”
Paul Haines fut un ami, un vrai poète du jazz. Et Carla Bley, avec qui j’ai eu la chance de travailler, est aussi une proche, même si nous ne voyons pas souvent. Ils font partie de la même famille. Et cet opéra jazz est un monument.
Miles Davis, “Ascenseur pour l’échafaud”
J’ai vu le film tout jeune à Paris. Mais comme je ne comprenais rien aux mots, j’ai été embarqué par la musique. La manière de phrasé de Miles et de Barney Willen m’a marqué en tant que chanteur. Et puis il y a le batteur Kenny Clarke, au sommet de son art !
Charles Mingus, Bande-son de “Shadows”
Ce film de Cassavetes, je l’ai compris. Une longue improvisation, sans doute le film le plus jazz que j’ai pu voir, et qui a exercé une grosse influence sur moi. Adolescent, j’étais amoureux de l’actrice, Leila Goldoni… et c’est peut-être elle qui m’a fait aimé cette musique.
Duke Ellington, “Such Sweet Thunder”
L’écriture d’Ellington s’inspire de celle de Shakespeare. Voilà sans doute pourquoi mon père, féru de musique classique, m’a approuvé dans ce choix-là. Ce fut même le dernier album que nous ayions apprécié ensemble… Et j’en conserve une nostalgie intime.
Sly and The Family Stone, “Stand !”
Le seul album qui ait survécu de tous ceux que j’avais rapportés de mon aventure américaine, à la fin des années 60. Comme la meilleure réponse de la musique noire au rock. Tout est fantastique et en concert, quelle claque !
Ornette Coleman, “Free Jazz”
Le passé le plus primitif du jazz remis à jour. Il aurait d’ailleurs dû s’appeler : “Free Swing”. Ce disque, jusque dans ses moindres détails, me surprend toujours. Les musiciens qu’Ornette a choisis sont obligés de se réinventer, vue la situation. Et leurs réponses en deviennent d’autant plus pertinentes. Unique.
Dionne Warwick, “Make Way For”
L’une des chanteuses que j’admire le plus, qui m’a donné envie de chanter, reprend les écrins de Burt Bacharach. La combinaison des deux aboutit au meilleur album pop de tous les temps.
Monica Vasconcelos et Nois 4, “Gente”
Je suis très intéressé par l’idée du duo, j’en ai fait récemment dont avec cette chanteuse brésilienne. Ici, elle s’inspire de la période classique de la bossa nova, mais en donne une version moins touristique que la plupart.
Ray Charles & Betty Carter, “Dedicated To You”
Un énorme moment d’élévation sexuelle de la musique, ou bien d’élévation musicale du sexe. Moi, j’y ai trouvé une belle musique et la beauté du sexe. Après tout, nous ne sommes pas que des auditeurs abstraits, mais aussi de vrais animaux !
ALBUM
- Robert Wyatt, “Comicopera” (Domino/PIAS) sortira le 8 octobre
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