
PHOTO: Joël Sunier © Montreux Jazz Festival Fondation
En quatre sessions musicales, la série Factory du Festival d’île de France a généré les rencontres et les échanges musicaux les plus osés.
Par Elisabeth Stoudmann
Les photos étaient explicites. RV (Hervé Salters) joue des synthés, chante et fait des sauts d’acrobates comme si le bas de son corps s’était dissocié de ses bras rivés aux touches du clavier. General Electriks a pris d’assaut la scène de la Cigale. Trois claviers, un vibraphone et une rythmique trépidante pour décliner ce mélange de funk, pop et beats inédits et une onde de choc vibratoire qui laisse le public pantois, en transe. Un peu plus tard, Tony Allen, impérial dans son costume africain, dirige du haut de sa batterie son groupe dont les musiciens sont originaires de tous les horizons. Avec en prime, une nouvelle voix de Lagos, Ayo, venue tout exprès pour l’occasion. Son chant soul mène la danse pendant la petite heure de concert, malheureusement trop court pour vraiment décoller.
Lorsque, soudain réapparaissent en rappel RV, le vibraphoniste de General ElectriKs, Napoléon Maddox (du groupe Is What ?!) et tout le band de Tony Allen. Des musiciens excités en diable pour une jam de quinze minutes avec soli de saxophone, de claviers, de vibraphone et human beat box en cascade. L’esprit de Fela n’est pas loin. Et c’est bien là la marque de fabrique réjouissante de la série Factory du Festival d’île de France créée il y a onze ans pour être un laboratoire de sons permettant de programmer, confronter et mélanger les musiques expérimentales les plus diverses.
La Cigale a ainsi également accueilli une soirée jazz futuriste avec Julien Loureau Quartet à la rencontre de David Lynx et Patricia de Assis. Un concert suivi d’un set de Dj Shalom associé à la vidéaste Susie One. Même lieu, mais ambiance radicalement différente avec l’opéra-rap de Spleen sur la peine de mort en Amérique et l’univers carcéral. S’y sont croisés comédiens et musiciens dont Yael Naïm. Factory s’est clôturé aux sons de l’électro-rock-house de Rinôcerôse et consorts.
En quatre soirées, dans une déferlante de décibels et vibrations positives, ces sessions dessinent les contours d’une musique résolument moderne, mais fortement ancrée dans le respect de ce qui s’est fait avant eux. Le rendez-vous incontournable des amateurs de musique en mutation.










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