Expériences: The Tapeworm, la musique par la bande


Sculpture de Brian Dettmer

Un label réactive les vertus de la cassette culture

À l’heure de la numérisation à outrance et des discussions sur le futur de la musique, il n’est pas surprenant que les propriétés culturelles et esthétiques de supports de reproduction sonore obsolètes soient remises au goût du jour. Avec la sortie en 2005 de son ouvrage “Mixtape: The Art of the Cassette Culture”, Thurston Moore payait un hommage indexé aux diverses formes culturelles véhiculées grâce à ces petits rectangles de plastique pour bandes magnétiques.

Les cassettes audio (compact cassette) furent lancées sur le marché vers le milieu des années 60 par Philips. Fait rare, c’est la même firme hollandaise qui, 20 ans plus tard, révolutionnera une nouvelle fois les modes d’écoute en inventant le disque compact. Avant ce basculement numérique, les cassettes constituaient le média privilégié pour écouter, et surtout recopier, des productions musicales. Un monopole d’autant plus long que les dispositifs CD-R, qui existaient déjà vers la fin des années 80, sont gardé très longtemps des prix prohibitifs. Du punk au hip-hop, plusieurs générations de courants musicaux ont ainsi profité de ces vertus reproductives pour promouvoir des esthétiques DIY.

Même si le CD et les fichiers Mp3 semblent les avoir rendus caducs dans les habitudes musicales, les cassettes n’ont cependant pas totalement fini de se débobiner. Dans un premier temps, la plupart des zones non occidentales continuent de profiter en masse des avantages apportés par cette technologie analogique. Ensuite, il existe toute une frange d’artistes ou de nostalgiques qui, à l’instar de Thurston Moore avec son livre “Mix Tape: The Art of Cassette Culture”, participent à canoniser les apports culturels et esthétiques déterminants de ce medium.

Enfin, à l’heure actuelle, toute une nouvelle vague d’artistes, de musiciens ou de labels semblent redécouvrir le charme désuet de la bande magnétique sous des formes. C’est le cas notamment de The Tapeworm, un label proche de Touch, dont le catalogue est constitué exclusivement de cassettes audio. Souvent produites en nombre très limité, on y trouve des pièces musicales, mais également des conférences ou des interviews d’artistes et d’intellectuels. À ce titre, la première édition du label fait office de manifeste. Il s’agit l’adaptation d’un texte de Jean Baudrillard, Xerox et l’Infini, dans lequel le philosophe interroge les questions touchant aux technologies de reproduction.

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1 Réponse à “Expériences: The Tapeworm, la musique par la bande”


  1. 1 Alexis Malbert jan 10th, 2010 à 14:48

    Le label The Tapeworm est de toute beauté, il faut préciser que l’adaptation de J.Baudrillard a été réealisé par Vicki Bennett (People Like Us), passionnant! J’en profite aussi pour vous présenter Tapetronic, mon projet cassette live mené depuis 1999, sur www.alexismalbert.com et sur myspace.com/tapetronic

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