
Dix disques. Ceux que Kevin Saunderson emporterait sur son île déserte. Un des fondateurs de la techno compositeur de «Funky, Funk, Funk» nous révèle les disques qui l’ont marqué. «Surtout ces morceaux que j’écoutais quand j’étais ado, de façon épidermique, sans me soucier de leur provenance ou même de leur auteur.»
Funkadelic, One Nation Under A Groove
Pour le titre «(Not Just) Knee Deep» qui me trottera toujours dans la tête. J’adore aussi des morceaux de Parliament, surtout «Aqua Boogie»: je ne fais pas trop de différences entre les deux projets de Clinton. Je constate juste que sa musique groove d’une façon incroyablement jouissive.
Kraftwerk, Computer World
C’est le premier Kraftwerk que j’ai écouté juste quand il est sorti en 81. Aucune faiblesse dans cet album. Leur approche sonore, froide et technologique, m’a immédiatement captivé. Je reconnais clairement que ce disque a stimulé mon envie de me lancer dans la musique électronique. J’attends leur nouvel album avec impatience: quelle direction auront-ils prise?
Prince, Prince
C’est un de ses deux premiers albums. Sa façon de mixer funk, rock et dance y était alors unique, très novatrice, provocante. Après «1999», je trouve que c’est devenu moins frais.
Earth Wind & Fire, Greatest Hits
Je les ai vus sur scène quand j’étais jeune, c’est une expérience qui marque forcément. Leur côté pétulant, euphorique est vraiment stimulant. Et contrairement à certaines idées reçues, j’accorde beaucoup d’importance aux mélodies: celles des hits de Earth Wind & Fire sont toujours très fortes.
Gap Band, Gap Band
J’aime ce groupe surtout pour ses slows qui sont toujours délicieux. Il se dégage de leur suavité une émotion qui est trop souvent absente des productions électroniques actuelles. L’influence du Gap Band peut se retrouver chez moi sur «Power of Passion», un morceau de mon premier album.
Eddie Grant, Do you Feel my Love
Là aussi, c’est le côté ensoleillé de sa musique que j’apprécie. La saveur reggae, quelque chose à la fois dance et très cool.
Colonel Abrams, Colonel Abrams
Un disque plus récent, avec deux bombes: «Trapped» et «Music Is The Answer». Leurs arrangements m’ont toujours enchanté, je n’arrive pas exactement à analyser pourquoi.
Evelyn «Champagne» King, Smooth Talk
Son timbre me colle des frissons de plaisir. Surtout sur «Shame» où elle déploie une puissance subtile, accrocheuse, à la fois classe et coquine. Pas le même style que Paris Grey, mais un feeling parallèle: j’ai ressenti les mêmes frissons quand la voix de Paris a illuminé mes compositions. C’est sûrement pour ça que je l’ai choisie.
Chaka Khan, Greatest Hits
Sa première période, qui va du milieu des 70’s au début des années 80, avec des hits comme «You Got the Love» ou «Ain’t Nobody». Sa voix y est d’une intensité saisissante. Chaka Khan, c’était le retour à un esprit plus soul, plus R&B.
Stephanie Mills, Watcha Gonna Do With my Lovin’
Avec «Put Your Body In It», «Feel The Fire», «Watcha Gonna Do With my Lovin’»… J’ai d’ailleurs repris cette dernière chanson en 89, c’est dire combien elle m’est chère! Ce sont des morceaux qui m’ont marqué, pour leur voix, leur son, leur mélodie. Mais honnêtement, sur une île déserte au lieu d’albums, j’emmènerais plutôt des compilations que je me serais confectionnées!
Propos recueillis par Benoît Sabatier



























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