
A l’heure où sort sa relecture de la “10th Symphony de Malher” pour Deutsche Grammophon’s Recomposed, Matthew Herbert présente neuf disques et un livre qu’il emporterait sur son île déserte. Une sélection à l’image de la musique de ce touche-à-tout, un rien bucolique, un brin drôle, souvent minimale, entre tour de piste numérique et culture plus classique, une mise en sons propice aux atmosphères décalées.
John Cage Silence (le livre)
Dans la version anglaise de l’Ile déserte, on est autorisé à désigner un livre. Celui-ci est le bouquin le plus incroyable que j’aie jamais lu! Lisez-le et ne samplez plus jamais un disque de disco.
Sly and Robbie “A Dub Experience”
Tout est excellent dans ce chef-d’œuvre de 1981. Electronique mais encore humain, sombre mais tout de même mélodique, expérimental mais toujours funky.
Mahler “La Cinquième Symphonie”
Oui, l’adagio! C’est un vrai cliché de la musique classique, mais cela reste une immense pièce musicale qui n’a jamais cessé de me toucher ou de m’émerveiller avec sa structure mélodique qui s’effiloche.
Les McCann “Django”
Là encore, aucun des thèmes de ce LP n’est un mauvais compagnon pour cette vie dans le désert. De chaleureux standards jazz interprétés si lentement que vous oubliez quelles notes le guitariste a jouées quatre mesures plus tôt.
Tom Waits “The Ghost Of Saturday Night”
Un prodigieux songwriter avec des textes parmi les plus brillants, les mieux écrits que l’on connaisse. Sa production est toujours originale, généralement parce qu’il fabrique la majeure partie de ses instruments lui-même à partir d’un vieux vélo.
Steve Reich “Come Out”
Minimal, brillant, mystérieux et politique. En somme, beaucoup de choses requises pour créer de la musique. C’est une composition de musique expérimentale écrite dans les années 60 qui dépasse la plupart des choses soi-disant plus actuelles. Et ce n’est pas très long, ce qui est toujours bon signe.
De La Soul “3 Feet High And Rising”
Je prendrai l’album dans son entier parce que je ne peux pas imaginer la plupart de ces sélections sans songer au plaisir que me donnera la suivante. Complètement original, imparfait, drôle, funky et presque sans égal dans le hip hop pour cette excentricité.
Arto Lindsay “O Corpo Subtil”
Ces dernières années, Arto a enregistré quelques disques incroyables. En dépit de ses débuts il y a plus de vingt ans quand il était plutôt versé dans le rock noisy, son nouveau truc est les chansons d’amour brésiliennes produites avec bruits voilés et cœurs brisés.
Bob Dylan “A Simple Twist Of Fate”
C’est triste mais bon.
Une quelconque compilation Ibiza
Cela me rappellera la maison quand on entendait cette merde 24 heures sur 24. Je trouve qu’il est plus facile d’être inspiré par des saloperies que par de bonnes choses. (Ecouter Miles Davis ne vous pousse pas à jouer de la trompette). En outre, j’ai besoin de quelque chose de merdique et qui sonne un peu années 80 pour danser autour de l’île quand je sauterai à pieds joints sur du jus de singe.
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