octobre, 2011

Club: Zombie Disco Squad, un air de tropicalisme


Même s’ils se définissent eux-mêmes comme étant affiliés à la scène house, le duo londonien du Zombie Disco Squad en élargit les délimitations de manière élastiques. Pionniers dans l’introduction du baile funk en Europe, ils continuent de prospecter en matière de nouvelles fusions tropicales.

Pour preuve, ce Danca do Zumbi (non, pas la mouche), qui se présente comme une variante de UK funky réhaussée à coups de steel drums. ZDS y est associé avec le MC brésilien Oscar et le titre a été produit pour une compilation fêtant le 5e anniversaire du label Man Recordings.

Télécharger: Zombie Disco Squad feat. MC Oscar, Dança Do Zumbi , “Valeu: Celebrating 5 years of Man Recordings” (2010) sortie le 06.09.10

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Soul: Bilal, rouge passion


photo et vidéo: Lysiane Ngoye

Deux mois avant la sortie de son prochain album, « Airtight’s Revenge » prévue pour septembre, l’enfant prodige de feu le courant nu-soul a offert à ses fans européens le privilège de découvrir ses tout nouveaux morceaux. Pour les Français, c’est à La Bellevilloise le 13 juillet dernier qu’était fixé le rendez-vous. La dernière fois qu’on avait vu Bilal c’était en 2008 à l’EMB à Sannois où soutenu par le Robert Glasper trio, il avait réussi à séduire les uns et à faire fuir les autres. Bilal, sur scène, on aime ou on aime pas.

Deux ans plus tard, même scénario. Alors que certains sortaient émerveillés de ce concert de deux heures, poignant et authentique, d’autres faisaient la gueule. En effet, Bilal, on pourrait s’amuser à le rebaptiser « not your average soul brother » tant sur scène il est surprenant au niveau du choix de ses arrangements. Caché derrière une paire de lunettes noires, c’est avec verve que Bilal interprète les morceaux de ses trois albums. Le début du set commence toutefois sans bousculade avec « Free », « Something to hold on to » puis « Reminisce » et « For You » reprenant le riff de guitare de « Look of Love » de Slum Village font office d’hommage discret à Jay Dee. Les têtes bougent mais on sent que le public n’est pas encore véritablement captivé.

Il faudra attendre que les musiciens dévoilent les extraits du prochain album « Cake and Eat It Too » et « Robots », morceaux plutôt dansants à tendance électro-groove, pour créer une vague d’intérêt dans la salle. Puis total changement d’ambiance, Bilal et son quartet deviennent plus agressifs et électrisent l’atmosphère avec une bonne demi-heure de rock alternatif. Dans le lot, « Restart » le potentiel single, une version progressive de « All Matter » (à l’origine un featuring avec Robert Glasper) et surtout « Gotsa Be Cool » et son outro galvanisante.

Et ça continue avec la reprise de « Since I’ve Been Lovin You » de Led Zeppelin, et « Make Me Over » durant lequel on croirait entendre Prince. Cette voix d’ailleurs parlons-en, hypnotisante et fluide. Bilal doit être l’un des rares artistes à sonner comme une chanteuse de gospel, la minute d’après comme un crooner de jazz ou encore comme le leader d’un groupe de rock des années 70. Le concert se clôt avec le classique Soul Sista, que l’on croyait passé à la trappe, les musiciens improvisent une version longue comme s’ils ne voulaient pas quitter la scène et il faut se l’avouer, nous non plus, on ne voulait pas quitter la salle.

Bilal Live in Paris from LE BON TEMPO on Vimeo.

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Hiplife: Appietus, secousses ghanéennes


Le label équitable Akwaaba continue de prospecter dans les nouveaux territoires de la musique world. Cette fois-ci c’est le Ghana qui est à l’honneur avec la sortie de l’album d’Appietus, certainement l’un des producteurs de hiplife le plus influent du pays. Intitulé “The Revolution”, on y retrouve plusieurs figures nationales importantes, telles 4X4, Tinny & Kofi B. Dans le même esprit, Akwaaba propose également un mix explosif d’Anna and Sebastian, deux pensionnaires du Highlife Stockholm. Un collectif de DJ’s suédois spécialisés dans les musiques tropicales.

Télécharger: Appietus, Ghana Lady , «The Revolution» (2010) sortie le 27.07.10

Tracklist:

  1. Combination (Swedish Palms Re-edit) – Jali Bakary Konteh
  2. Filaw (Chief Boima Remix) – Issa Bagayogo
  3. Nigeria What? – dÉbruit
  4. Som do Zoca – Zoca Zoca
  5. Tchoukou Tchoukou – Kedjevara
  6. Django – DJ Bonano
  7. Messe Messe – Gregor Salto & Mokoomba
  8. Mamela – Skeat
  9. Ya Yo Se - Chico Mann
  10. Uko Mbele – Just a Band

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Hip-hop: Jay Electronica, le succès peut attendre


Photo: Dan Wilton

Avant tout connu comme le compagnon d’Erykah Badu et quelques titres épars, notamment The Pledge pour la BO du film “Eternal Sunshine” (2007) et Queens Get the Money pour le “Untitled” de Nas (2008), il n’aura fallu que quelques mois pour que le nom de Jay Electronica devienne synonyme de renouveau en matière de hip-hop. C’est surtout grâce à “Exhibit C”, réalisé en collaboration avec le producteur Just Blaze, que le chanteur originaire de la Nouvelle-Orléans devait imposer son style fluide et ses textes sincères.

Signe des temps appréciable, il n’aura jamais eu à compter sur les grosses machines promotionnelles pour s’imposer et, au contraire, c’est certainement sa présence extrêmement furtive qui a contribué à accroître le crédit accordé à sa démarche. Plus récemment, la sortie de “The Ghost of Christopher Wallace” où on retrouve son pote P. Diddy, démontrait qu’en plus du succès d’estime, il pouvait toujours compter sur des appuis solides pour continuer une carrière à retardement.

A l’occasion du concert de Bilal le 08.08.10 au Casino de Paris, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI JAY” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 4 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.

CONCERT

  • 08.08.10 Nouveau Casino / Paris

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Expériences: Oval, Popp ne tourne pas rond


Au début des années 90, un groupe signé sur le label expérimental mille plateaux se distinguait par une approche radicale du médium CD. Markus Popp, Sebastian Oschatz et Frank Metzger, ces derniers quittèrent le groupe en 1995, proposaient d’explorer les potentialités esthétiques des bruits, fragmentation et autres formes de disruptions sonores rattachées aux équipements électroniques, et plus particulièrement des disques compact. Photo: Sebastian Mayer

Quelquefois à l’aide d’un simple lecteur comme instrument, ils ont contribué à repousser les frontières esthétiques de l’electronica et contribuèrent à façonner le courant glitch. Une variante contemporaine des traditions initiées par les bruitistes et la musique concrète.

Neuf ans après leur dernier album d’Oval, Markus Popp a annoncé la sortie imminente de “O”. Dans une interview pour le magazine Fact, il déclare que cet album devrait se distinguer quelque peu des productions des années 90. Même s’il continue à offrir un regard vis-à-vis des musiques électroniques, Popp y propose 70 productions finement ciselées qui reposent plus sur des harmonies et des mélodies que sur les discours théoriques qui nourrissaient leur approche auparavant.

Après des années de dissection et de déni, je voulais essayer de faire de la « vraie» musique pour changer. Mes objectifs pour les courtes de la face B étaient de m’approcher des sons familiers et des sonneries de téléphone.”

Télécharger: Oval, Ah!, «O» (2010)

ALBUM

  • Oval, “O” (Thrill Jockey) 07.09.10

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Pascal Comelade

Dix disques, ceux que le Catalan Pascal Comelade emporterait sur son île déserte, une liste dont il ne semble guère convaincu de l’utilité. «Pourquoi pas un “Gravest Hits” des Cramps ou le “Teenage Head” des Flamin groovies?».

Syd Barrett “Barrett”
Le second album de 1970. C’est avec le «Taking Tiger Mountain (By Strategy)» de Brian Eno, «Village Green» des Kinks et «Sail Away» de Randy Newman, une des apothéoses de l’architecture populaire.

Gavin Bryars “Jesus Blood Never Failed Me Yet”
La première version sur le LP Obscure n°1. Si influences il y a, ce disque restera comme un traumatisme. Il faudra un jour se pencher sur l’histoire psychopathologique du principe de répétition dans la musique de jeunes (en Occident crétin).

Tete Montoliu “En concert à l’Odéon”
Un concert intégral de piano solo à l’Odéon de Canet, salle mythique de la côte, fin des années 70. Un pianiste qui écoutait via oreillette de transistor les retransmissions de football tout en concertisant, voilà qui peut me réconcilier avec le jâââzz.

Adriano Celentano “Salutation”
Eh oui…

Jac Berrocal “Parallèles”
Pour l’original de «Rock And Roll Station» avec Pierre Bastien et Vince Taylor. Et puis parce que Jac est le seul musicien épidermiquement intègre de la périphérie. Amen.

Ennio Morricone “Et pour quelques dollars de plus”
Pour la séquence de la montre musicale et parce que c’est le seul musicien de cinématographe. Mille heures de nos petites merdes ne tiennent même pas dans quatre secondes de musique de ce type. Mon rêve de musicien est de tenir le triangle dans son orchestre. Un exemple pour la jeunesse – salauds de jeunes! Un héros du peuple.

Captain Beefheart & Magic Band “Trout Mask Replica”
Pour le Magic Band et pour enfoncer le clou: dans cette histoire – et jusqu’à la fin de la belle époque d’avant le Tragic Band – les individus de l’orchestre (Zorn Hot Rollo, Antennae Jimmy Semens, Drumbo, Rockette Morton, The Mascara Snake…) sont les réels maîtres d’œuvre. Il faut bémoliser Beefheart et surélever le rôle du Magic Band. Et ce n’est pas l’excellent bouquin de Mike Barnes (Quartet Book) qui me contredira.

Soft Machine “Third”
Pour la face «Moon In June» de Robert Wyatt. L’anti-décervelage absolu, messieurs dames. Sans trucage.

Faust “So Far”
Ces histoires de remix, de nos jours, que la branlette soit manuelle ou électronique, que la techno soit de la néo-muzak ou non, on s’en fout, on écoute toujours Faust, Suicide, les Residents et on se contente de ces accélérateurs. La technologie avance. L’actualité bégaye, hygiénise et misérabilise. Il faudra se pencher un jour sur l’histoire merveilleuse des poubelles de l’histoire de la musique.

MC5 “Back In The USA”
Inutile de revenir sur l’alchimie Sonic Smith / Wayne Kramer.

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Médias: Boombox, une histoire inouïe


Photo: Jamel Shabazz, 1983

Avant que l’iPod n’impose définitivement la prépondérance d’une consommation solitaire des musiques dans les villes, les boombox ou autres Ghetto Blasters étaient les emblèmes ultimes des cultures urbaines. Particulièrement prisés à partir du milieu des années 70, c’est surtout le hip-hop qui a profité de la puissance des ses haut-parleurs pour faire entendre des voix et des sons jusqu’alors dissidents.

À l’instar du break et des graffiti, cela permettait aux franges les plus invisibilisées d’imposer leur présence dans le paysage urbain. Comme le souligne le collectionneur Clive Owerko, il s’agissait de dire aux autres: “Vous allez pouvoir écouter ce que je veux vous dire et je vais vous le dire à travers la musique. Et si vous n’aimez pas cette musique, je vais la jouer encore plus fort”.

Dans ce petit documentaire proposé par NPR Music, Fab 5 Freddy se souvient également que son “box” lui donnait l’impression de voler continuellement en première classe. De LL Cool J, en passant par “Do The Right Thing”, les références à ces totems acoustiques ont parsemé les productions liées aux cultures urbaines de ces trente dernières années.

Parallèlement à ces nouvelles formes de mobilité et d’autonomie, le grand avantage de ces systèmes résidait dans la possibilité de partager quasi instantanément des expériences musicales. Des titres inédits entendus à la radio, des concerts, des sessions d’enregistrements improvisées, tout pouvait être rejoué avec la puissance nécessaire grâce à cet intermédiaire.

Au même moment où la propagande reaganiste prônait les vertus de l’individualisme, des lois furent progressivement ratifiées pour sanctionner sévèrement les nuisances causées par l’usage des Boxes. Cette situation favorisa largement la diffusion du Walkman et allait modifier de manière décisive les expériences musicales en milieu urbain. Avec la généralisation des casques d’écoute, la musique était progressivement dissociée de son support collectif.

The History of the Boombox (NPR Music)

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Rock: Seu Jorge, au-delà de la samba


Pour l’occasion Seu Jorge s’associe avec le groupe Almaz, formé par le batteur Pupillo, le guitariste Lucio Maia (deux membres de Nacao Zumbi), Mario Caldato et l’arrangeur Antonio Pinto. Le projet est né suite à l’enregistrement d’un titre pour la bande-son d’un film. Même si l’influence brésilienne est prépondérante, notamment à travers les nombreuses reprises de chansons populaires qui jalonnent l’album, l’ambiance générale se dégage singulièrement des albums précédents de Seu Jorge.

Tout d’abord grâce à une production qui fait la part belle à un son rock originel, porté par des lignes de basses puissantes, comme sur “Errare Humanum”, nourris par une bonne dose d’envolés psychédéliques. On y retrouve également de très belles reprises qui, du Das Rebel de Kraftwerk à Rock With You de Michael Jackson, ratissent très large en matière d’influences.

Télécharger: Seu Jorge & Almaz, Everybody Loves The Sunshine, «Seu Jorge & Almaz» (Now Again - 20.09.2010)

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Un documentaire sur P.I.L

Dans une interview pour le Guardian, John Lydon annonce que LCD Soundsystem a financé la réalisation d’un documentaire sur la tournée américaine de P.I.L.

La rentrée des classes à la Funk University

Boots Collins a officiellement ouvert la Bootsy Collins Funk University, à travers laquelle il entend dispenser ses bons conseils aux bassistes du monde entier. D’autres intervenants, tels que John B. Williams, Frankie “Kash” Waddy, Meshell Ndegeocello ou Norwood Fisher, viendront également diffuser leurs connaissances en matière de groove.

Mixed Race de Tricky

Tricky a annoncé la sortie d’un nouvel album intitulé “Mixed Race”. L’enregistrement s’est déroulé à Paris et le chanteur a fait appel à Franky Riley, Bobby Gillespie, Terry Lynn, Hakim Hamadouche, Blackman, ainsi qu’à son frère Marlon Thaws. Sortie prévue le 27.09.10

Beat: Daedelus, Portrait de l’artiste


Avec ses gilets et ses pardessus, Daedelus réveille les souvenirs surannés d’un Beau Brummel ou d’un Dorian Gray. Bien qu’il témoigne d’une inclinaison apparente pour le classicisme en matière de style vestimentaire et de référence littéraires, il n’en va pas de même pour ses productions.

Alfred Weisberg-Roberts a eu sa première révélation musicale lors d’un voyage en Grande-Bretagne, lorsqu’il a entendu pour la première le son de rave au début des années 90. Depuis, il n’a cessé d’explorer les régions les plus expérimentales des musiques électroniques, mettant à profit sa technique experte au monome pour satisfaire ses goûts en matière de déstructuration et de sélections improbables.

Également à l’origine de l’excellente station dublab.com, résident au soirée du Low End Theory et membre du collectif Brainfeeder, le dandy est une des figures incontournables de la beat scene de Los Angeles.

Télécharger Daedelus, DJ Set à I LOVE LA, 19.02.08

CONCERT

  • 31.07.10 La Machine Du Moulin Rouge / Paris

  • 25.09.10 Marsatac Festival / Marseille

Daedelus, live au Free Funk Festival - Venlo (05.07.09)

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Livre: Untitled Tracks, un portrait alternatif de Beyrouth


Photos: Tanya Traboulsi

Cela fait trop longtemps que Beyrouth est déchirée par les aberrations hégémoniques qui taraudent le Moyen-Orient. Une chape pesante, obsédante, qui a largement contribué à occulter les diverses mouvances musicales qui, parallèlement aux canons de l’actualité, se sont répandues dans la ville durant ces dernières années. En se concentrant essentiellement sur les dix dernières années, “Untitled Tracks: On Alternative Music in Beirut” constitue une contribution essentielle pour pérenniser ce pan d’histoire interstitiel. On y retrouve toute une gamme d’échappatoires, aussi bien physiques que symboliques, qui ont agis comme des sas de décompression nécessaires pour infléchir l’imminence des diktats géo-politiques.

Cette publication se présente sous la forme d’une collection de textes, réunis par Ziad Nawfal et Ghalya Saadawi, et d’une sélection de photographies de Tanya Traboulsi extraites de son abondante série “Music is Life”. Comme saisie par l’urgence qui guide les situations transitoires, la photographe semble être encouragée par le désir de documenter le plus exhaustivement possible les lieux, les protagonistes et les divers moments qui ont contribué à façonner les scènes de la ville. On y découvre des figures aussi diverses que l’expérimental Tarek Atoui, le rapper RGB, les chanteuses Youmna Saba, Nadie Khouri ou Rima Ksheish.


Une place particulière est accordée au groupe de trip-hop The Soapkills dont les mélodies mélancoliques hantaient le paysage sonore libanais de l’après-guerre. Initié en 1996 autour du producteur Zeid Hamdan et de la chanteuse Yasmine Hamdan, le groupe s’est fait connaître au début des années 2000 grâce aux succès rencontrés par “Bater” et “Cheftak” et s’est rapidement imposé comme une pierre angulaire de la scène alternative. Le groupe se sépare en 2006 après le départ de Yasmine pour la France. Zeid Hamdan participa à la formation de nombreux projets, en particulier de l’influent trio The New Government aux côtés de Jérémie et Timothé Régnier. De son côté, Yasmine a récemment collaboré avec Mirwais sur le projet “Arabölogy” (2009). Toutefois, l’influence de The Soapkills ne cesse de se faire ressentir. En grande partie car, comme le souligne Rayya Badran, “leur musique fluctuait en fonction des perpétuelles destructions et reconstructions, tout en présentant un inévitable sentiment d’étrangeté. Ils captaient dans un même moment les mutations musicales et urbaines, tout en injectant du chaos dans leur console”.

S’il est difficile de ressortir une esthétique spécifique à cette présentation bigarrée, il s’en dégage néanmoins une atmosphère particulière qui retranscrit les expectations et les questions polymorphes qui taraudent cette génération intermédiaire. De manière subtile et intelligente, ces contributions variées se présentent comme autant de réponses aux interrogations posées par Ghalya Saadawi en introduction: “De quelles manières est-il possible de témoigner des guerres et des traumas ? Comment considérer différentes notions associées à des lieux ou à la géographie et qu’est-ce que des terminologies telles que Liban ou Moyen-Orient signifient ?”. Une manière, peut-être, d’entendre sous des formes métaphorisées les échos de la guerre civile. “Untitled Tracks: On Alternative Music in Beirut” constitue ainsi un témoignage particulièrement éloquent du potentiel actuel des sons, organisés ou non, en tant que vecteurs de résistance.

LIVRE

  • Tanya Traboulsi, “Untitled Tracks: On Alternative Music in Beirut”, Edité par Ziad Nawfal et Ghalya Saadawi, Amers Editions

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RIP: Sugar Minott, we’ve lost it


Chanteur, producteur et promoteur de soirée, Sugar Minott était une des figures majeures de la musique jamaïcaine des années 80. Il est décédé le 10 juillet 2010 à l’Hôpital universitaire de West Indies à St. Andrew suite à des problèmes cardiaques.

Après avoir joué dans quelques groupes de jeunesse, notamment au sein de The African Brothers aux côtés de Tony Tuff, la carrière de Lincoln Barrington “Sugar” Minott prend de l’ampleur lorsqu’il rejoint les rangs de Studio One en tant qu’apprenti de Clement “Dodd” Coxsone. Initialement engagé en tant que musicien de studio, il démontre rapidement ses compétences pour écrire des paroles sur des rythmes existants. Bien que cette technique était déjà commune lors des performances live, Minott sera l’un des premiers à l’introduire dans les sessions d’enregistrements.

Après avoir enregistré quelques titres, notamment son premier succès Vanity, il quitte Studio One en 1978 et rencontre le succès en Grande-Bretagne où ses albums “Ghetto-ology” (1979), “Roots Lovers” ou “Hard Time Pressure” (1980) génèrent quelques hits. C’est à cette période que le chanteur décide de s’installer à Londres pendant quelques années.

De retour en Jamaïque, il s’associe à à Sly & Robbie pour le titre “Rub a Dub Sound Style” (1984) qui constitue un avant-goût visionnaire de la déferlante ragga, puis dancehall, qui allait balayé l’île tout au long des années 90. A travers ses labels, Black Roots et Youth Promotion, qui était destiné à la découverte de jeunes talents, il a signé des artistes aussi incontournables que Ranking Joe, Barry Brown, Tenor Saw, Little John, Tony Tuff, Barrington Levy, Horace Andy, Nitty Gritty, Junior Reid, Yami Bolo, Daddy Freddy ou encore Garnett Silk.

Sugar Minott, Rough Ole Life (Babylon), Reggae Sunsplash 1983

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Herbert

matthew-herbert
A l’heure où sort sa relecture de la “10th Symphony de Malher” pour Deutsche Grammophon’s Recomposed, Matthew Herbert présente neuf disques et un livre qu’il emporterait sur son île déserte. Une sélection à l’image de la musique de ce touche-à-tout, un rien bucolique, un brin drôle, souvent minimale, entre tour de piste numérique et culture plus classique, une mise en sons propice aux atmosphères décalées.

John Cage Silence (le livre)
Dans la version anglaise de l’Ile déserte, on est autorisé à désigner un livre. Celui-ci est le bouquin le plus incroyable que j’aie jamais lu! Lisez-le et ne samplez plus jamais un disque de disco.

Sly and Robbie “A Dub Experience”
Tout est excellent dans ce chef-d’œuvre de 1981. Electronique mais encore humain, sombre mais tout de même mélodique, expérimental mais toujours funky.

Mahler “La Cinquième Symphonie”
Oui, l’adagio! C’est un vrai cliché de la musique classique, mais cela reste une immense pièce musicale qui n’a jamais cessé de me toucher ou de m’émerveiller avec sa structure mélodique qui s’effiloche.

Les McCann “Django”
Là encore, aucun des thèmes de ce LP n’est un mauvais compagnon pour cette vie dans le désert. De chaleureux standards jazz interprétés si lentement que vous oubliez quelles notes le guitariste a jouées quatre mesures plus tôt.

Tom Waits “The Ghost Of Saturday Night”
Un prodigieux songwriter avec des textes parmi les plus brillants, les mieux écrits que l’on connaisse. Sa production est toujours originale, généralement parce qu’il fabrique la majeure partie de ses instruments lui-même à partir d’un vieux vélo.

Steve Reich “Come Out”
Minimal, brillant, mystérieux et politique. En somme, beaucoup de choses requises pour créer de la musique. C’est une composition de musique expérimentale écrite dans les années 60 qui dépasse la plupart des choses soi-disant plus actuelles. Et ce n’est pas très long, ce qui est toujours bon signe.

De La Soul “3 Feet High And Rising”
Je prendrai l’album dans son entier parce que je ne peux pas imaginer la plupart de ces sélections sans songer au plaisir que me donnera la suivante. Complètement original, imparfait, drôle, funky et presque sans égal dans le hip hop pour cette excentricité.

Arto Lindsay “O Corpo Subtil”
Ces dernières années, Arto a enregistré quelques disques incroyables. En dépit de ses débuts il y a plus de vingt ans quand il était plutôt versé dans le rock noisy, son nouveau truc est les chansons d’amour brésiliennes produites avec bruits voilés et cœurs brisés.

Bob Dylan “A Simple Twist Of Fate”
C’est triste mais bon.

Une quelconque compilation Ibiza
Cela me rappellera la maison quand on entendait cette merde 24 heures sur 24. Je trouve qu’il est plus facile d’être inspiré par des saloperies que par de bonnes choses. (Ecouter Miles Davis ne vous pousse pas à jouer de la trompette). En outre, j’ai besoin de quelque chose de merdique et qui sonne un peu années 80 pour danser autour de l’île quand je sauterai à pieds joints sur du jus de singe.

ALBUM

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Live: Janelle Monáe, Entrez dans la danse

janelle Photo: Lysiane Ngoye

Les places étaient vite parties pour le premier concert de Janelle Monáe à Paris. Ce lundi 5 juillet, on jouera à guichet fermé. Venue promouvoir « The Archandroid », la chanteuse de 24 ans, auteur du single funky Tightrope, allait offrir un show de taille au public de la toute petite salle qu’est La Maroquinerie.

Début du spectacle. Un maître de cérémonie en veste à queue de pie et chapeau haut de forme vient annoncer l’arrivée de Janelle et ses musiciens. Alors que ces derniers se placent derrière leurs instruments respectifs (guitare, batterie et clavier), les premières notes de Dance or Die se font entendre. Quatres silhouettes noires drapées de capes à capuches s’agitent en rythme, dos au public. Un refrain plus tard, l’une d’entre elles se dévoile et Janelle Monáe, coiffée de son emblématique chignon banane, apparaît enfin. Saul Williams, qui avait chauffé la salle en première partie, est également présent.

D’emblée, la foule est émerveillée et comme saisie par l’énergie dégagée par la chanteuse. Sur Locked Inside, elle groove comme Michael Jackson période Off The Wall. Dans la salle, les mains n’hésitent pas à se lever, les corps à danser, les bouches à chanter. Sur scène, deux danseuses masquées et vêtues de noir, viennent comme des ombres se dandiner aux côtés de la chanteuse. Très théâtrale, Janelle est pleine de mimiques et sa gestuelle est celle d’une diva déjantée qui oscille entre sérieux et burlesque.

Une interprétation personnelle guitare-voix pleine d’émotion de Smile de Charlie Chaplin sera le seul véritable moment où Miss Monae se montrera vulnérable, avant de repartir de plus belle avec le fameux Tightrope et sa mise en scène Jamesbrown-esque avec pas de danses fluides et fin de plateau à genoux, cape sur le dos. Il faut reconnaître qu’en plus de posséder une voix de rossignol, la demoiselle a un sens du rythme implacable.

Court mais efficace (60 minutes montre en main), le show se termine dans une explosion rock, où l’interprétation totalement survoltée de Many Moons sera le clou du spectacle. Janelle Monáe est sans conteste une showgirl, qui derrière ses grimaces, reste très professionnelle en témoigne la surprenante annonce du maître de cérémonie en fin de concert : ceux qui voudront prolonger l’expérience et rencontrer l’artiste n’auront qu’à faire la queue à l’extérieur de la salle et verser dix euros… Comme dirait l’autre « business is business ».

Janelle Monáe, concert de La Bellevilloise 05.07.10

Janelle Monae in Paris from LE BON TEMPO on Vimeo.

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Concours: Bilal, un air de revanche

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Promu wonder boy de la nu-soul grâce à “1st Born Second” (2002), Bilal aura attendu près de huit années avant de revenir officiellement dans les bacs. Une longue attente dûe en grande partie au fait que son second album, “Love For Sale” produit avec les Sa-Ra Creative Partners, n’avait pas été distribué suite à une fuite. Avec l’annonce de la sortie de “Airtight’s Revenge”, dans lequel on retrouve des productions de Shafiq Husayn, 88 Keys et surtout de Nottz, 2010 marque ainsi le retour très attendu de Bilal Sayeed Oliver.

Un petit avant-goût très prometteur avec Free, le single issu de son prochain album, la sortie est annoncée pour 14.09.10 sur le label californien Plug Research. A l’occasion du concert de Bilal le 13 juillet à La Bellevilloise, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI BILAL” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 5 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.

Télécharger: Bilal, Free, “Airtight’s Revenge” (2010)

CONCERT

  • 13.07.10 La Bellevilloise / Paris

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Concert: Charlotte Gainsbourg, filer à l’anglaise


Un dimanche soir moite à Montreux. Miles Davis Hall, Charlotte Gainsbourg arrive sur scène. Toute simple, tout elle : longiligne, à la mode, timide et touchante. Premier tempo et l’intégralité la salle tape dans les mains. C’est beau un tel capital sympathie. Quant à nous, on est curieux de voir ce que cela peut donner. L’aura Gainsbourg raconte plein d’histoires, de « la fille de » (forcément) à « l’actrice qui », et nous aussi, on l’aime déjà.

Premier morceau : poussif. On serre un peu les dents. Le son n’aide pas : la voix est trop en avant, et… le trac certainement. « C’est ma première tournée en Europe, merci d’être là » dira-t-elle, adorable. Tonnerre d’applaudissements. Tiens, on jurerait Françoise Sagan à la guitare. Enchaînement de petits morceaux pop très anglais. Charlotte Gainsbourg a un pad devant elle et un clavier, elle envoie des petits sons, bats le rythme de temps à autre. Tout se passe ainsi, morceau après morceau. On attend un peu pour voir si le manque d’énergie global est uniquement la faute de l’ingénieur du son.

Pendant ce temps, on se rappelle avoir lu une interview, il y a un bon moment, où Charlotte disait avoir finalement désobéi à son papa, lequel lui avait toujours déconseillé de prendre des cours de chant afin de garder sa voix si particulière et imparfaite. Du coup, on se remémore « Lemon Incest », ses chuchotis malhabiles, mais plein de charme, qui n’ont plus rien à voir avec ce qu’on entend là. Et on repense à son album précédent aussi, moins pop, plus atmosphérique, qu’on aimait mieux. On se dit encore que, globalement, sur ce coup-là, c’est un peu dommage d’avoir pris la route de la bonne élève. Au rayon des comédiennes qui chantent, nous penchons plutôt pour ce que nous nommerons « la méthode Scarlett Johansson », qui consiste à abuser d’effets tout en jetant un voile arty sur une voix approximative.

Tiens, ça s’améliore un peu, et l’on assiste à un étonnant mouvement de foule lorsque le groupe entonne le tube d’IRM (2009) d’ordinaire interprété avec Beck, « Heaven Can Wait ». Joli. Huit, dix chansons, ne voyant plus rien venir, je sors. Mal m’en a pris. Bien plus tard je rencontre quelqu’un sur les quais qui a les yeux qui brillent : « J’étais au concert de Charlotte Gainsbourg, c’était tellement beau la fin, elle a fait monter son fils sur scène et ils ont chanté ensemble “Couleur Café” ».

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Jazz: Portico Quartet, au-delà des conventions


Sous la véranda lumineuse, quelques bouteilles résiduelles parsemant une longue table conviviale trahissent une soirée bien animée.« C’était notre première soirée à Londres après plusieurs semaines de tournée, justifie Jack en préparant une solution effervescente, on avait vraiment hâte de pouvoir retrouver nos amis ». Cela fait plusieurs années que Jack Wyllie (saxophone), Duncan Bellamy (batterie), Milo Fitzpatrick (contrebasse) et Nick Mulvey (hang et percussions) vivent sous le même toit.

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Rock: The Dead Weather, une leçon de rock’n'roll


PHOTOS: Tim Norris

Pas jazz, ni véritablement dans la ligne éditoriale de Vibrations, il y avait pourtant beaucoup de « black music » lors du concert ce samedi des Dead Weather au Miles Davis Hall de Montreux. Leur excellent album “Sea of Cowards” “Horehound” sorti en 2010, puis l’un peu plus faible “Horehound” “Sea of Cowards” sorti cette année suintaient déjà un blues sombre et lancinant. Un groupe formé à Nashville, forcément… On connaissait aussi la recherche méticuleuse autour du son qui suit tous les projets de Jack White (The White Stripes, The Raconteurs), mais on était loin de s’imaginer l’ampleur de la claque musicale qu’on allait se prendre.

Le groupe fait une entrée fracassante sur une scène plongée dans le noir et le bleu sur un air de delta blues désuet, qui se terminera en larsen avant d’entonner l’excellent 60 Feet Tall. Très vite, le groupe nous prouve sa puissance rythmique, son talent pour imposer de superbes silences, et nous envoie un son à la fois lourd et aérien d’une perfection ahurissante. Ébouriffée et ébouriffante, Alison Mosshart (qui tient aussi le micro dans The Kills) a l’envergure des grandes rockeuses, de celles - si rares - qui osent laisser de côté la séduction pour entrer totalement dans la musique.

L’unité du groupe est remarquable, les sons choisis inventifs, entre nappes saturées et essais électroniques. La basse et les claviers vintage se posent sur le jeu de batterie de Jack White, dont le groove imparable nous fait penser très fort que nous sommes en face d’un véritable Questlove du rock’n’roll. Lors du 4e morceau, tout chapeau à plumes et teint porcelaine dehors, Jack White vient au-devant de la scène entonner « une chanson qu’il aurait voulu écrire » (« You just can’t win » de Them) d’une façon si théâtrale et maîtrisée que l’on se croirait un instant dans un cabaret allemand des années 30.

Lors du dernier morceau, avant les rappels, Jack White prend cette fois sa guitare, la faisant pleurer et grincer comme rarement nous n’avions entendu, en nous rappelant au passage l’immense guitariste qu’il est également. La grande leçon d’un rock’n’roll qui prend racines dans la soul, le blues, et qui envoie au tapis tous les groupes actuels du même genre, sympathiques mais éphémères.

The Dead Weathers, 60 Feet Tall (Terminal 5 - New York, 16.07.09)

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Concours: Gonjasufi & The Gaslamp Killer


Lorsque les aspirations au recueillement post-new-age de Gonjasufi sont contrecarrées par les secousses électriques et désordonnées de The Gaslamp Killer, ça donne quelque chose comme “A Sufi and a Killer”. Les deux musiciens aux styles et aux tempéraments vaguement borderline pourraient servir de variantes contemporaines aux différents tricksters qui parsèment la littérature beatniks. Deux freaks dont les voyages polymorphes, fragiles et bringuebalant ont été synthétisés dans ce qui constitue d’ores et déjà l’une des sorties les plus étonnantes de cette année.

A l’occasion du concert des deux compères le 12 juillet au Nouveau Casino, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI GONJASUFI” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 3 x 2 places à gagner et les gagnants seront contactés par email (max. 2 par personne).

CONCERT

  • 12.07.10 Paris / Nouveau Casino

Gonjasufi, Stardustin

-Stardustin’- from Lico on Vimeo.

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hip-hop: Rammellzee, le futur n’attend plus


Né dans le Queens en 1960, Rammellzee s’est tout d’abord fait connaître comme l’un des pionniers du graffiti à New York à partir du milieu des années 70. À l’instar des autres membres du Death Comet Crew, - Dondi, OU3, Doctor Revolt -, il commença rapidement à présenter ses travaux dans des galeries d’art contemporain et des musées. On retrouve également ses dessins sur certaines pochettes du label Mo’Wax.

Sa pratique l’a incité à développer la théorie du Gothic Futurism, à travers laquelle il envisageait l’art du graffiti comme une machine de guerre dans laquelle les lettres et leur force symbolique se battent contre les effets de standardisation. Rammelzee préconisait un programme anarchique, dénommé “Iconic Panzerism”, qui permettait de réformer le rôle et la dispersion du langage dans la société.

Rammellzee prônait des relectures idyosyncratiques qui combinaient aussi bien le dessin, la sculpture, les performances artistiques, la littérature, la poésie, les théoriques scientifiques, etc. Ce fonctionnement chaotique formait des “horreurs intellectuelles”, un horizon schizophrénique qui, selon lui, devait procurer des “stocks de futurs”, largement déterminés par des stratégies militaires.

Dans le film “Wild Style” (1982), il apparaît en tant que MC avec un style nasal, qu’il dénomme le “Gangsta Duck”, qui aurait par la suite inspiré les The Beastie Boys et Cypress Hill. En 1983, il enregistre un maxi intitulé “Beat Bop”, produit par un certain Jean-Michel Basquiat, qui sera largement popularisé à travers le film “Wild Style”.

Rammelzee est décédé le 29 juin 2010, les causes de sa mort ne sont pas encore déterminées.

Rammelzee vs K Rob “beat bop” (1982)

Rammellzee, on the evolution of the letter (Style Wars)


Death Comet Crew au festival Electrochoc
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