octobre, 2011

Radio: Pan African Space Station


The Pan African Space Station (PASS) est un projet d’un mois diffusé dont la plupart des événements sont diffusés sont diffusés à travers le site du projet. Initié à Cape Town par le journaliste Ntone Edjabe et le musicien Neo Muyanga, le PASS entend explorer le futur de la diaspora africaine en matière de créations.

En réactivant la thématique du l’exode chère au mouvement panafricain, c’est dans un vaisseau spatial inspiré par les visions interstellaires de Sun Ra que les deux capitaines nous embarquent. Au fil des enregistrements, on retrouvera ainsi des invités aussi divers que le chorégraphe Faustin Linyekula, Xuly Bët ou le poète Antoine Vumilia Muhindo se succéderont dans un programme de tables rondes ou de conférences.

La musique occupe une place prépondérante dans cette mission et le PASS entend proposer une programmation qui offre un aperçu global des dernières tendances prospectives dans le domaine. On peut ainsi entendre Doctor Philip Tabane & Malombo, Kyle Sheperd Trio, Brice Wassy, Georgia Anne Muldrow et Declaime, Theo Parrish et Mbuso T, même la Suisse est du voyage avec Imperial Tiger Orchestra qui collabore pour l’occasion avec la chanteuse Endress Hassen.

En guise d’avant-goût, une compilation de titres enregistrés lors des sessions précédentes dans laquelle on retrouve Bibi Tanga et le Professeur Inclassable, Blk Jks ou le Hypnotic Brass Ensemble,

SITE

Télécharger: PASS MIX 2008-2009

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Psychédélisme: Prince Rama, la mystérieuse cité d’or


Prince Rama s’inscrit dans le revival psychédélique new yorkais popularisé grâce à des groupes tels que Animal Collective ou Gang Gang Dance. Le trio de Brooklyn, qui collabore d’ailleurs régulièrement avec Avey Tare and Josh Deakin, a quelques atouts pour se singulariser. Tout d’abord, ils ont teinté leurs compositions d’une influence largement inspirée par le krautrock. Notamment Amon Düül qui était réputé pour le projet social et communautariste associé à leur musique.

Comme le groupe allemand, Prince Rama aime également jouer sur les références ésotériques à travers le titre de leurs morceaux, Aeolian Divine ou Land of the Apocalypse Transcended, ou des anectodes intrigantes, comme par exemple de faire des enregistrements dans une église hantée. Enrobé le tout dans une esthétique qui recombine les clichés mystiques ou paganistes de sectes new age et on obtient un quatrième album bien barré. Une gamme de référence pas tout à fait anodine si l’on considère que Michael Collins, Nimai et Taraka Larson Larson ont grandi dans une communauté Hare Krishna de Floride.

CONCERT

  • 27.11.10 Grrnd Zero / Lyon

Télécharger: Prince Rama, Lightening Fossil, “Shadow Temple” (2010)

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Hip-Hop: KRS-One, cours ex cathedra


Si Robert de Niro devait faire une version d’”Il était une fois dans le Bronx” se situant durant les années 80 et 90, il ne fait aucun doute que KRS-One serait crédité au générique. Enfant des rues et autodidacte révolté, il s’est servi du hip-hop pour construire la BO de New York juste juste avant les remaniements hygiénistes opérés par Rudolph Giulani.

Sous les pseudos de The Teacha, de The Philosopher et finalement de KRS-One, pour “Knowledge Reigns Supreme Over Nearly Everyone”, il s’est d’emblée servi du hip-hop pour diffuser un discours engagé et dissident. Après 25 ans de carrière, il fait partie des rares pionniers en activité qui continuent à faire des performances qui dégagent toujours la même véhémence.

CONCOURS

- Gagner des places pour les concerts de Paris et Lyon

CONCERTS

  • 29.09.10 Le Cargö / Caen
  • 30.09.10 Elysée Montmartre / Paris
  • 14.10.10 Le Confort Moderne / Poitiers
  • 20.10.10 - La Laiterie / Strasbourg
  • 29.10.10 Ninkasi Kao / Lyon

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Patti Smith à Paris

Patti Smith sera en concert à Paris du 17 au 22 janvier pour une série de concerts, de conférence et de projections répartis entre la Cité de la Musique et la Salle Pleyel.

Lundi 17 janvier, 20h, Cité de la musique
“Patti Smith: Dream of Life”
Film de Steven Sebring
USA, 2008, 109 minutes.
Projection suivie d’une rencontre avec Patti Smith.

Mardi 18 janvier, 20h, Cité de la musique
Patti Smith’s Reading

Jeudi 20 janvier, 20h, Cité de la musique
Patti Smith Acoustic Trio

Vendredi 21 janvier, 20h, Salle Pleyel Hommage à Allen Ginsberg
Patti Smith, voix, guitare
Philip Glass, piano
Lenny Kaye, guitare

Samedi 22 janvier, 20h, Salle Pleyel
Patti Smith joue « Horses »

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Expériences: Bachar Mar-Khalifé, les marées de l’âme


Né à Beyrouth dans une famille de musiciens, Bachar Mar-Khalifé vit en France depuis l’âge de six ans. Après une formation classique au Conservatoire de Boulogne, il a enchaîné diverses collaborations oscillant entre le jazz, la world musique et les expérimentations électroniques. De l’Orchestre National de France à Bojan Z, en passant par les projets live expérimentaux de Francesco Tristano, on retrouve ces influences multiples dans son premier album, “Oil Slick”

Entre la relecture d’une comptine d’enfance ou la récitation métallique d’une lettre de repentance, Bachar Mar-Khalifé explore les flux et les reflux de l’âme, sans chercher à en esquiver les plus sombres. Six petites chroniques délicates qui déroulent une narration à tel point homogène qu’il est difficile d’en distinguer les parties. On repense à “L’Homme à Tête de Choux” ou à d’autres projets qui possèdent un pouvoir d’évocation à tel point remarquable qu’ils troublent en permanence les barrières entre le conte, le film et la résurgence de souvenirs très personnels.

ALBUM

  • Bachar Mar-Khalifé, Distance, “Oil Slick” (2010)

Bachar Mar-Khalifé, Distance, “Oil Slick” (2010)

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Dub: Mount Kimbie, post-clubbing memories


À l’instar d’un film super8 usé ou d’un polaroïd aux tons délavés, les compositions de Mount Kimbie sont rythmées par une quantité de petits éléments accidentels qui, de prime abord, en perturbent la réception. Avec leur premier album “Crooks and Lovers” (2010), Dom Maker et Kai Campos ont ainsi privilégié de travailler sur la matérialité et la texture de sons a priori banals. Bien qu’ils soient généralement affiliés à la scène dubstep, voire à la techno, leur approche peut tout aussi bien être associée à l’electronica des années 90 ou aux expérimentations électro-acoustiques.

“Nous avons enregistré 2 ou 3 heures de sons d’ambiances, de chants, de guitares ou encore de bruits de pierres lancées contre des murs dans un long tunnel”, explique Maker. “J’ai samplé cinq minutes de ces enregistrements et j’ai fait deux morceaux à partir ce ça!”. Réarrangées dans des ensembles finement organisés, ces bribes sonores dégagent des atmosphères qui se situent quelque part entre le groove étouffé de Burial (Would Know) ou celui rafistolé d’Herbert (Move) ou de Four Tet. Avec ce mix, le duo donne un aperçu des points de convergence actuels entre qui s’opère entre le dub et la techno minimale. Une tendance déjà qualifiée par certains de “post-dubstep”.

Télécharger: Mount Kimbie, “XLR8 Podcast 09.10″ (2010)

CONCERTS

  • 17.11.10 La Laiterie / Strasbourg (première partie de Caribou)
  • 18.10.10 La Cartonnerie / Reims (première partie de Caribou)

Mount Kimbie, Would Know, “Crooks and Lovers” (2010)

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Le concert de Cee-Lo Green est reporté

Le concert de Cee-Lo Green qui devait avoir lieu ce soir au Trabendo a été reporté à une date ultérieure.

Club: Technobrega, le cheap c’est chic


Si vous avez vu le documentaire Good Copy Bad Copy, qui retrace les transfigurations des droits d’auteur à l’heure des réseaux P2P, il ne fait aucun doute que vous vous souvenez de la Tecnobrega. Après les interviews de quelques rois du bootleg, tels que Girl Talk ou Danger Mouse, on est soudainement plongé dans l’univers de ce genre sans prétention, issus des quartiers populaires de Belèm, une ville estuaire situées au nord du Brésil.

Au milieu de gerbes de fumigènes et des effets pyrotechniques, les DJ’s balancent des relectures clinquantes de rythmes techno frelatés. Dans la plupart des cas, ceux-ci ont été enregistrées le jour même sur un CD gravable par quelques producteurs locaux. En règle générale, toutes les parties d’instruments acoustiques sont supprimées afin de conserver uniquement les voix et des orchestrations électroniques aux effets de sonneries perçantes. Le tout emporté par quelques rythmes inspirés par les musiques populaires caribéennes. Un ensemble au kitsch revendiqué puisque Tecnobrega signifie littéralement cheesy techno.

Blitzkrieg Bop (Dj Cremoso Remix) by Dj Cremoso

A propos de son activité DJ Cremoso ne manque d’ailleurs pas d’humilité: “C’est très facile de produire une chanson. Il n’est pas nécessaire de savoir comment jouer d’un instrument ni même de savoir commment chanter et il est déjà possible de mettre tout ensemble pour finir avec un morceau. La Technobrega est facile et bon marché à produire et c’est pourquoi, il y autant de nouvelle chanson chaque jour”. Evidemment, tous les morceaux sont composés à partir de fichiers puisés illégalement sur le net.

Apparemment, ce n’est pas grâce à leur dexterité à la table de mixage que les producteurs de Technobrega se retrouve à évoquer leurs pratiques. L’intérêt découle surtout de l’industrie qu’ils ont participés à mettre en place. En effet, l’une des particularités de ce courant tient surtout au fait que les producteurs ne gagnent rien de leur remix. Ils les offrent à des vendeurs de rues qui se chargent eux-mêmes de faire de copies destinées à la revente. Dans la logique commerciale de la technobrega, les producteurs sont avant tout des promoteurs de soirées. Comme l’explique l’interviewé de ce petit extrait, les personnes impliquées dans cette scène ont déjà compris que le CD n’était pas un bon modèle économique et ils s’en servent uniquement pour promouvoir leurs soirées qui rassemblent près de 5000 personnes.

Extrait du documentaire, Good Copy Bad Copy, Andreas Johnsen, Ralf Christensen et Henrik Moltke (2007)

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Hip-hop: Das Racist, Mixtape Academy


Das Racist est un projet initié en 2008 par Himanshu Suri et Victor Vazquez, deux anciens étudiants de la Wesleyan University, rejoints un peu plus tard par Ashok Kondabolu. Le groupe a provoqué un petit buzz avec la sortie du single, “Combination Pizza Hut and Taco Bell”, encensé par de nombreux blogs.

Outre quelques vagues résonances orientales, l’approche de Das Racist nous informe également sur le recours désormais inévitable à la mixtape pour se faire remarquer. Après “Shut Up, Dude” sorti en début d’année, il enchaîne aussitôt avec un “Sit Down, Man” derrière lequel on retrouve le label Mad Decent qui se positionne de plus en plus comme un mécène en matière de mixtapes.

En plus de Diplo, Das Racist s’est entouré de Vijay Iyer, Boi-1da, Scoop DeVille, Teengirl Fantasy, Keepaway et Sabzi à la production ainsi que de El-P et Despot de Chairlift aux voix. Le résultat se présente comme un hip-hop périphérique et cultivé qui s’adapte parfaitement aux préoccupations des hipsters de Brooklyn. Même si la forme et le fond diffèrent totalement, leur approche très smart ne manque pas d’établir quelques parallèles avec un groupe tel quel les Vampire Weekend qui avaient maîtriser à merveille l’art promotionnel fondé sur d’une mixtape.

TELECHARGER

Das Racist, “Shut Up, Man”, Mixtape (2010) Das Racist - Sit Down, Man Mixtape by Hypetrak

Das Racist - Rainbow in the Dark, “Sit Down, Man” (2010)

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Expériences: OK Go, vidéos sous haute tension


Depuis leurs exercices de jogging pour Here it Goes Again et leur expérimentations fanfaronnantes pour peinturlurées pour This Too Shall Pass, OK Go ne cesse de surenchérir en matière de performances à haut degrés de probabilité. Toujours tournés en une seule prise de vue, ces enchaînements de causalités se situent au croisement de projets artistiques, comme “Der Lauf der Dinge” de Fishli et Weiss, ou de la danse contemporaine. A ce titre, les premières vidéos ont été chorégraphiées par Trish Sie, soeur du chanteur et chorégraphe reconnue.

Pour White Knuckles, les quatre acolytes défient toujours plus le genre humain, en s’accompagnant d’une troupe de cascadeurs canins. A l’heure actuelle, on ignore encore le nombre de crise de nerfs et de chiens renvoyés à la SPA pour cause de maltraitement. Une chose est sûre, les regards crispés des musiciens donnent à eux seuls un aperçu des heures et de la tension nécessaires pour réussir finalement à faire cette foutue prise sans anicroche. Cette patience veut bien la peine, car sans cela, on peut légitimement se demander si leur musique s’inscrirait dans la postérité.

OK Go, White Knuckles

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Club: Dominique Young Unique, …’nique ‘nique


Avec son goût pour la provocation et son flow de fly girl teigneuse, Dominique Young Unique avait fait pas mal de remous il y a quelques mois grâce à sa mixtape “Domination” (téléchargeable sur son MySpace). Une collection de 12 titres construits autour de samples ennervés et de finitions subtilement négligées.

Une énergie brute particulièrement bien retranscrite dans le titre The World is Mine dans lequel le Part Time Lover de Stevie Wonder et le morceau de David Guetta sont rafraîchit dans un bleep sautillant efficace. Derrière cette énergie punkoïde en talons aiguilles, on retrouve le duo de Tempa, Yo Majesty!, qui consolide encore un peu plus son influence en matière de hip-hop engagé.

Télécharger: Dominique Young Unique, The World Is Mine, “Dominion Mixtape” (2010)

Télécharger: Dominique Young Unique, Pussy Popping, “Dominion Mixtape” (2010)

Télécharger: Dominique Young Unique, War Talk, “Dominion Mixtape” (2010)

CONCERT

  • 11.12.10 Transmusicals Festival / Rennes

Dominique Young Unique, Show My Ass

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Funk: Dâm-Funk, les années collège

dam Photo: Joël Vacheron

Stones Throw est sur le point de sortir une compilation de morceaux produits par Dam-Funk entre 1988 et 1992. Justement titrée “Adolescent Funk”, c’est une occasion pour retourner aux origines du son indémodable et potache du funkster, comme c’est le cas de ce premier single I Love Your Big Azz (Girl) originellement enregistré sur une cassette.

Parallèlement à ce retour dans le passé, il offre également un EP de nouveaux titres, “Hood Pass Intact”, dont est extrait le single All I Wanna Do is Get Away (Demo). Une bonne manière de prendre conscience de l’étonnnante constance avec laquelle Damon Riddick a su faire évoluer sa carrière.

Télécharger: Dâm-Funk, I Like Your Big Azz, «Adolescent Funk» (Stones Throw), sortie 26 octobre 2010

Télécharger: Dâm-Funk, All I Wanna Do is Get Away, (Unrealeased)

Dans le même temps, le premier clip de sa collaboration avec Fatima vient d’être réalisé et surfe sur les même fragrances 90’s. Sorti sur Eglo, le jeune label prospectif de Floating Points, ce premier EP réunissait également deux producteurs prometteurs Funkineven et Veebeeo. 2010, aura constitué ainsi une année décisive pour la jeune chanteuse anglaise que l’on retrouve également sur l’album “En A-Free-Ka” de Shafiq Husayn.

Fatima, Warm Eyes (prod. Dam-Funk)

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Live : Cee-Lo Green, le retour de la soul machine


Après avoir cartonné aux côtés de son acolyte Danger Mouse au sein du duo pop Gnarls Barkley, le plus hip hop des chanteurs de soul repart en solo. Ancien membre du groupe de rap sudiste Goodie Mob, Cee-Lo Green avait enterré sa carrière de MC en sortant deux albums à tendance soul-funk : Cee-Lo Green and His Perfect Imperfections (2002) et Cee-Lo Green… Is the Soul Machine (2004).

Cet été, “Stray Bullets”, une mixtape en téléchargement libre sur le net, annoncait la sortie prochaine de The Lady Killer attendu dans les bacs pour le 7 décembre. En guise de premier single, le crooner extravagant a choisi le morceau “Fuck You”, une “anti-love song” qui surfe sur la vague revival soul des années 60.

A l’occasion du concert de Bilal le 23 septembre au Trabendo, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI CEE-LO” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 2×2 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.

CONCERT

  • 23.09.10 Paris / Trabendo CONCERT REPORTE

MIXTAPE

Cee-Lo Green, Fuck You, “The Lady Killer” (2010)

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Rock: Jimi Hendrix, la légende de Jimi


Le 18 septembre 1970, Jimi Hendrix meurt à Londres à l’âge de 28 27 ans. Quarante ans plus tard, cet ouvrage célèbre le chanteur, compositeur et guitariste électrique dont l’étoile n’a jamais faibli à travers les décennies. Son influence dépasse largement le cadre de la musique rock : la plupart des styles musicaux qui se développèrent dans les années 1970 reprirent des éléments de sa musique. En 2003, le magazine américain Rolling Stone le classe premier dans le classement des 100 meilleurs guitaristes de tous les temps.

A travers un livre collector, Vibrations propose de couvrir la vie et la carrière de Hendrix, de ses débuts à Seattle dans des groupes de rhythm’n’blues jusqu’à ses dernières œuvres où il ouvrait sa musique au jazz et à l’improvisation. Des entretiens avec ses producteurs et musiciens, des photos rares, le témoignage des plus grands guitaristes ainsi que la dernière interview qu’il ait accordé donnent à cet ouvrage son caractère exceptionnel.

- VOIR LA PUBLICATION

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Expérience: Martin Rev, de Vega à M.I.A


Un jour après son concert aux Docks de Lausanne, lors d’une petite discussion informelle dans les locaux de Circuit, Martin Rev revenait sur quelques passages marquants de sa carrière. Lunettes de soleil profilées et chemise sans manche, le sexagénaire sort en parfaite condition de sa longue pérégrination dans les marges de l’industrie musicale.

En particulier, il évoque quelques souvenirs liés à son premier voyage en Europe. C’était l’été 1978, peu de temps après la sortie du premier album de Suicide. The Clash, au sommet de l’aristocratie punk britannique, les avait invités à faire la première partie de leur tournée. “Tous ces kids étaient totalement déments”, se souvient Martin. Après chaque concert les salles étaient détruites.” Puis il ajoute, avec le ton nostalgique de l’ancien combattant, “On devait amener nos vêtements tous les jours au pressing… Car ils étaient recouverts de crachats!”.

Si les témoignages de gratitude du public ont quelque peu changé avec les années, la réputation sulfureuse de Suicide continue à générer des émules au sein des nouvelles générations. La dernière en date reste sans aucun doute M.I.A qui s’est largement inspiré sur Ghost Rider pour apporter du contenu au single Born Free.

“Je n’avais jamais entendu parler d’elle quand elle m’a contacté pour la première fois”, précise-t-il à propos de son passage dans le show de David Letterman. C’est quelqu’un de très intelligent, qui sait exactement où elle veut aller et j’ai été vraiment très impressionné par sa décontraction et celle de son entourage. Tout s’est passé de manière très naturelle. Je lui suis reconnaissant de m’avoir invité, car je n’aurais jamais imaginé me retrouver un jour dans ce show!”. Même si on aurait bien aimé voir également son compère Vega, la présence bruitiste du clavier de Suicide est un vrai plaisir.

M.I.A feat. Martin Rev, David Letterman (13.07.10)

Expérience: Chris Watson, voyage au bout de l’ouïe


Depuis quelques années, Chris Watson est plongé dans des environnements qui tranchent radicalement avec les ambiances enfumées des salles de concert de Manchester au temps où il opérait encore au sein de Cabaret Voltaire. Reconverti dans les installations sonores et la sonorisation de documentaires, en particulier pour la série magistrale de Sir David Attenborough, ce sont désormais les sons naturels les plus inouïs qu’il traque aux quatre coins du globe. Son but consiste en effet de placer son micro là où les oreilles ne peuvent pas aller.

Avec son installation “Whispering in the Leaves”, il s’offrait un décor acoustique particulièrement adapté à son activité de chasseurs de sons. Plantée au milieu du Royal Botanic Garden de Kew , la Palm House se profile à l’horizon tel un immense sous-marin futuriste. Au-delà du spectacle de cette construction historique, c’est surtout le choc thermique qui frappe d’emblée les visiteurs une fois le seuil franchi. Bouffées d’air saturées d’humidité, il est nécessaire de marquer un petit temps d’acclimatation, en particulier de nettoyer la buée recouvrant les lunettes, avant de pouvoir pleinement se plonger dans la végétation luxuriante qui submerge cet univers de verres et de fer forgé.


La pièce n’a pas encore commencé et l’attention ne manque pas d’être attirée par les différents bruits occasionnés par les visiteurs déambulant dans les allées, les cris d’enfants ou les directives de quelques employés. Le sifflement lointain d’un oiseau s’élève. D’abord presque imperceptible, il se fait toujours plus animé. La serre est progressivement envahie par un bouillonnement invisible composé de bruissements de feuilles, de piaillements ou de bourdonnements qui semblent surgir de toutes parts.

Comme un réflexe, on scrute les arbres et les recoins pour tenter de découvrir d’où peuvent provenir ces signes de vie animale d’une qualité exceptionnelle. Une situation incertaine qui génère un regard totalement différent de cet environnement. Les sons furtifs se répartissent de manière particulièrement harmonieuse. Ils soumettent le lieu tout en entier aux battements impromptus de la jungle. Un orage menaçant éclate, et même encapsulé et ordonné dans cette serre, l’imminence des pluies tropicales s’impose avec un réalisme confondant.

Après une vingtaine de minutes, le brouhaha se fait moindre. On entend encore quelques bourdonnements d’insectes, toujours plus épars, avant d’être replonger l’espace acoustique routinier de cet endroit qui, d’un seul coup, apparaît beaucoup plus terne.

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Blues: Lobi Traoré, à l’abri des orages


Il arrive quelquefois que la sortie d’un disque encapsule une histoire qui nous transporte instantanément au-delà des messages et des rythmes qu’il véhicule. “Rainy Season Blues” est de ceux-là. Enregistré lors d’une session de quatre heures, il constitue le dernier témoignage sonore offert par Lobi Traoré, décédé en juin dernier à l’âge de 49 ans.

À travers ces dix dialogues, entre une guitare acoustique obnubilante et des intonations vernaculaires profondes, Lobi continue d’explorer les pourtours de son blues bambara. Un style largement inspiré par le rock des années 60 et 70, qui avait inspiré le nom d’un premier album en 1991.

Une approche singulière et une ouverture qui l’ont imposé comme une des figures majeures de la musique malienne. Dépouillé jusqu’aux fondements de la tradition Bambara, “Rainy Season Blues” nous propose un abri sûr pour se protéger des pluies battantes de Bamako.

ALBUM

  • Lobi Troaré, “Rainy Season Blues” (Glitterhouse) sortie le 28.09.10

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Reggae: Noble Society, the kings of New York


Grand artisan de la fusion entre reggae et hip-hop depuis plus d’une décennie, Jahdan Blaakamore continue à galvaniser Brooklyn de ses incantations rastafari. Associé à Dan Fuego et Delie, il a su réunir une si belle fratrie d’arastacrates que le groupe à même été honoré du titre de Roi du Reggae en 2008. Variante East Coast du dancehall et du dubstep, Noble Society apporte une touche singulière aux mutations actuelles de l’héritage jamaïcain.

  • 23.09.10 Zoo l’usine / Genève
  • 24.09.10 Doors 72 / Bienne
  • 30.09.10 Festival Potos Carrées Le Fil / Saint-Etienne
  • 01.10.10 Ebullition / Bulle
  • 07.10.10 Les Docks /Lausanne

Noble Society, Rip Off

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Rock: Lonelady, c’est quoi les années huitantes ?


En début d’année, à l’heure où la Factory était sur le point de renaître de ses cendres, Julie Campbell ravivait la flamme de Madchester avec la sortie de son album “Nerve Up”. Même si le spectre de Joy Division ou de A Certain Ratio n’est jamais très loin, elle a su trouver sa propre voie balance à travers la floraison d’hommages ou de redites plus ou moins inspirés et il ne fait aucun doute que Lonelady constitue l’une des contributions les plus convaincantes de l’actuel revival 80’s.

Ce n’est par conséquent pas un hasard si ce sont les éminents Wire qui ont largement participé à lancer sa carrière en l’invitant à faire les premières parties de leur tournée anglaise. Dans la foulée, Julie monte son propre home studio et autoproduit “Nerve Up” en s’entourant de quelques collaborateurs. On ne manque pas d’être séduit par cette aptitude à réactiver l’héritage post-punk d’une Anne Clark ou d’une Siouxsie Sioux.

CONCERT

  • 15.09.10 Point Ephémère Nouveau Casino / Paris
  • 16.09.10 Scopitones / Nantes
  • 17.09.10 Coopérative de Mai / Clermont-Ferrand
  • 02.10.10 Le Bourg / Lausanne

Lonelady, Nerve Up, “Nerve Up” (2010)

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Digging: New York, les bacs de la la Grosse Pomme


J’ai peu de principes, mais j’essaye de m’y tenir. S’agissant de ramener des disques de chaque expédition estivale, lorsque celle-ci se déroule à New York, l’éthique ne se fait pas trop prier. Suivent quelques adresses à l’attention des mélomanes se nourrissant principalement de vinyles.

Academy Records : Plus qu’une académie, une véritable institution comprenant deux shops sur Manhattan et un à Brooklyn (Williamsburg). À peine entré, le rythme cardiaque s’accélère : on tient une piste. Un choix abondant quelle que soit la section et des tentations au-delà du raisonnable, mais heureusement les prix le restent. Ici, on vient chercher de la galette, et pas de celle qui sort juste du four. Les rares nouveautés sont souvent des rééditions d’occasion à 8$, on trouve aussi des classiques funk, soul, rock et jazz pour encore moins : de quoi repartir les bras lourds, mais le compte bancaire plus léger. Outre disposer de plusieurs heures devant soi, il est vivement conseillé de se concentrer d’abord sur les bacs New Arrivals, histoire de tâter la marchandise fraîche. Bonnes pioches : beaucoup mais notamment Carolyn Franklin « If You Want Me », Jean-Jacques Perrey/Gershon Kingsley « In Sound From Way Out !”, Alton Ellis “Mr Soul of Jamaica”.

Big City Records: Situé deux blocs au-dessous du folklorique Tompkins Square Park à Manhattan, une adresse toute en longueur qui intéressera les diggers. Des raretés et de la réédition se cantonnant essentiellement à la musique noire américaine. Comme on a vu meilleurs prix ailleurs, la séance de rattrapage se fait dans les nombreux bacs Clearance (disques soldés entre 2 et 5$) avec une bonne dose de Fania et de maxis disco. Bonne pioche : incontestablement l’édition originale de « Surrealistic Pillow » du Jefferson Airplane, au prix d’un hot dog.

Bleecker Street Records : Difficile d’éviter ce disquaire situé dans l’une des rues les plus passantes de Greenwich Village. Compact disques au rez-de-chaussée avec un excellent choix de rééditions à des prix toutefois refroidissant. Pas de quoi faire un malaise au sous-sol où se trouvent les vinyles. Au mieux, on assiste en direct à la rupture amoureuse du vendeur post-pubère accroché à son téléphone, répandant sanglots et jurons aux quatre coins de la pièce, le tout au son d’une ballade déchirante d’Hall & Oates.
Bonne pioche quand même : Charles Tolliver « Paper Man ».

Other Music : Une autre bonne adresse pour les dépourvus de platine et autres asthmatiques : le cd est roi et le vinyle neuf. Des compilations jamais vues en world, une sélection pointue en rock et electro, des showcase de temps à autre.
Mauvaise pioche : les horribles samplers d’obscurs groupes dubstep distribués gratuitement à l’entrée.

Good Records NYC : Chose inhabituelle, il faut descendre quelques marches pour pousser la porte du magasin, mais le mince effort est vite récompensé. Là aussi, un must pour l’amateur de rare groove, lequel travaille de l’index sous l’œil bienveillant de William Onyeabor, dont trois pochettes sont fixées au mur, pendant que tourne le dernier Big Boi.
Bonne pioche : le premier album de Rasputin’s Stash.

Tropicalia in Furs : On termine avec un lieu qui affiche haut et fort la couleur : Brazil ! En plus d’une devanture de grande classe et d’une décoration intérieure digne de ce nom, le gardien des clefs n’est autre que Joel « Stones » Oliveira, charismatique allumé à la réputation bien établie. Si la musique brésilienne fait vibrer le bonhomme, elle n’occupe pas davantage de place que la soul, le rock ou encore le jazz. Ce qui suffit néanmoins à en faire le disquaire spécialisé du genre.
Bonne pioche : la compilation-maison concoctée par Joel lui-même, à partir de 45 tours psychédéliques triés sur le volet.

Télécharger: Banda De 7 Leguas, Dia De Chuva, «Brazilian Guitar Fuzz Bananas » (Tropicalia In Furs Records/World Psychedelic Funk Classics) 2010

Festival: Maroc Urbain, la nouvelle vague


De leur musique, on ne connaît guère que le raï, les mélodies arabo-andalouses, le gnawa ou le folklore traditionnel. Les Marocains produisent pourtant du rock, du punk et du rap, et non des moindres. Leurs arts plastiques vivent aussi une effervescence insoupçonnable dans le pays de Mohamed V. Grâce aux Genevois de Mozaik productions, un échantillon de choix de cette scène musicale et visuelle investit l’Usine de fond en comble dans le cadre du festival de la bâtie le 11.09.10.

Parmi les étoiles de cette délégation, le groupe punk Haoussa, le hip-hopper Mobydick, Orioxy et son jazz bleuté, le graphiste Molokov et les organisateurs du Festival L’Boulevard de Casablanca. Tous ont en commun le souhait de proposer des alternatives aux dérives “obscurantistes” qui peuvent s’offrir à la jeunesse de leur pays. Entre concerts, discussions et projections, une immersion totale ponctuée par un brûlant set DJ genevo-marocain.

- GAGNER DES PLACES POUR LA SOIREE MAROC URBAIN - LA BÂTIE 11.09.10

Extrait de ARTE Metropolis

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Photo: Lee Perry, là-haut sur la montagne


PHOTO: Horst Diekgerdes

De l’incendie de son studio à l’apologie des pum pum, la longue carrière de Lee Scratch Perry est jalonnée d’une multitude d’événements baroques. Un caractère et une destinée fantasque qui lui a valu d’être considéré comme un “Salvador Dali jamaïcain” par l’historien du reggae Lloyd Bradley.

“Je retourne au sommet de l’univers en revenant des bords de l’oubli,” expliquait-il à David Katz dans le numéro 124 de Vibrations. Son établissement dans une banlieue montagneuse aux abords de Zurich en 1989 ne constitue pas le moindre des paradoxes de cette carrière à rebondissement. Rescapé des mauvais sorts et de la folie qui prédominait à bord du Black Ark, c’est depuis la cave d’une villa résidentielle qu’il a ressuscité le légendaire studio de Kingston.

Le White Ark est devenu son laboratoire secret. Un vaisseau aux pouvoirs catalytiques dans lequel il a tout le loisir de fignoler son univers syncrétique. Au-delà des productions musicales, c’est le lieu d’origine de toute une gamme d’objets bariolés, de miroirs brisés et de slogans cabalistiques qui parsèment son jardin ou l’accompagnent sur scène. Nowness présente cette série du photographe Horst Diekgerdes et nous invite à faire une brève incursion dans ce paradis doucement décalé.

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