novembre, 2011

Photo: Sophie Bramly, once upon a time in NY


Photo: Sophie Bramly

Au tournant des années 80, Sophie Bramly est photographe à New York en pleine effervescence hip-hop. Elle est d’emblée captivée par l’énergie particulière, et surtout les looks, et s’immerge totalement dans cette sous-culture qui fleurit de manière synchrone aux quatre coins de la ville. “C’est leurs obsessions pour leur goût de paraître que j’ai photographié pendant les quelques années où je ne les ai pas lâchés d’un mètre.” Déclare-t-il à ce sujet. “J’ai étudié leur mise en scène et l’extrême attention qu’ils portaient à la représentation de soi, avec un goût pour l’envers du décor, pour les moments de « nudité » où je les trouvais aussi attendrissants que tout à fait magnifiques et éblouissants.”

Le résultat se présente, d’une part, sous la forme d’une multitude de clichés qui saisissent la spontanéité de ces divers modes d’expression. D’autre part, cette expérience aura un impact décisif sur la carrière de Sophie Bramly qui, en 1987, deviendra productrice de l’émission de hip-hop “Yo!” sur MTV. Désormais reconvertie dans la sexualité féminine, elle produit notamment la série “X Femmes” de Canal +, cette exposition estivale offre une belle occasion pour redécouvrir quelques frasques dans un New York soufflé par l’ère Giuliani.

EXPOSITION

  • 17.06.11 au 02.09.11 Paris / 12MAIL (12 rue du Mail / Vernissage 17.06.11 de 18h à 21h)

Concours: Theophilus London, I (coeur) Paris


Cela fait pas mal de temps que l’on apprécie les petites pépites qu’il dispense généreusement sur le net et nous ne sommes évidemment pas les seuls. En effet, on ne sait pas si c’est dû aux vacances amoureuses qui ont fait l’objet de son premier EP, mais Theophilus London aime Paris.

A moins que ça ne soit Paris qui aime Theophilus London. Dans le fond, peu importe, il doit certainement y avoir un peu des deux. En effet, après son passage en mars dernier, le hipster new-yorkais sera à nouveau dans la place en mai pour un concert exceptionnel à L’Alhambra le 17.05.11.

A cette occasion, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI THEOPHILUS” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 3 x 2 places à gagner et les gagnants seront contactés par email (max. 2 par personne).

Télécharger: Theophilus London, Flying Overseas, “Lovers Holiday” (Warner Bros.)

Télécharger: Theophilus London, Humdrum-Town, “Lovers Holiday”

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Expériences: Helado Negro, sculptures tropicales


Furetant dans les mêmes univers que la chillwave bricolée de Toro Y Moi ou les extrapolations bossa-nova d’Arto Lindsay, les compositions de Helado Negro s’apparentent plus à des sculptures sonores. Roberto Carlos Lange, qui est à l’origine de ce projet solo, a d’ailleurs été passablement impliqué en matière d’installations. On lui doit notamment une pièce composée de machines à écrire qui tape dans les rythmes les paroles de The Message.

Pour son dernier album “Canta Lechuza (Sing Owl)” (en écoute intégrale) il a néanmoins choisi un mode un peu plus conventionnel en allant s’isoler dans une cabane dans le Connecticut avec son home studio. Bien qu’il se retrouve perdu milieu des US, c’est bien l’Amérique latine que ce fils d’immigrés équatoriens vise à retranscrire à travers ce projet.

Même si certaines références sont explicites, comme la reprise du classique Celia de Leo Dan, les ambiances dégagées se rapprochent de bribes sonores qu’on entendrait comme si l’on se trouvait dans un état proche de l’hibernation ou quelques part sous une étendue d’eau.

Télécharger: Helado Negro, Regresa, “Canta Lechuza (Sing Owl)” (Asthmatic Kitty), sortie le 10.05.11

Télécharger: Helado Negro, Deja

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Décès de Poly Styrene

Mauvaise passe pour les égéries punk rock. Après Ari Up il y a quelques mois, c’est au tour de Poly Styrene de quitter la scène suite à un cancer du sein. Elle était âgée de de 53 ans. Durant les années 70, elle était la chanteuse emblématique du groupe X-Ray Spex dont le premier single “Oh Bondage Up Yours!” (1977) était devenu un cri de ralliement pour toute une génération. Souffrant d’un trouble bipolaire, elle avait rapidement mis un terme à sa carrière mais elle venait d’annoncer son comeback avec un album solo intitulé “Generation Indigo”.

Psychédélisme: Gang Gang Dance, entrer en contact


Suite au succès de “Saint Dymphna” et aux déboires rencontrés lors de la tournée qui a suivi, les New-Yorkais sont de retour pour infuser leurs compositions psychotropes. Une prédilection pour les fusions syncrétiques et les visions fusions néo-tribale que Liz Bougatsos et ses acolytes s’appliquent à inspecter depuis leur formation il y a une dizaine d’années. Intitulé “Eye Contact”, leur cinquième album se décline comme une longue modulation d’amplitudes à travers des styles et des traditions musicales qui s’interpénètrent continuellement.

Quelque part entre une chanson pop chinoise, des voix de rock FM et des invitations à des déhanchements de Kuduro, le single Mindkilla donne un avant-goût de cette aptitude à trouver des équilibres de forces en repoussant toujours plus les limites. GGD confirme devrait consolider leur statut de grand ordonnateur de l’inspiration chamanique qui guide actuellement une bonne partie des groupes hipster américains.

Télécharger: Gang Gang Dance, “Eye Contact” (4AD), sortie le 09.05.11

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Festival: Electron, Bienvenue en Kadebostanie!


Pendant le weekend de Pâques, Genève met tous les oeufs dans le même panier grâce au festival Electron qui continue de proposer une programmation musicale variée et toujours aussi convaincante, ainsi que des projections et des expositions. Dimanche soir, on y retrouvera notamment le DJ et producteur Kadebostan qui a su parfaire son univers electro baroquisant en créant The National Fanfare of Kadebostany.

Déjà réputé pour ses sets sur mesure explosifs, le Genevois a su infléchir son penchant electro vers des versants plus orientalistes en s’entourant d’un groupe de musiciens Biélorusses. Après une série de live agités, le premier album du TNFK est sur le point de sortir chez Mental Groove. Même si certains morceaux pogotant pourrait trop facilement nous inviter à faire des rapprochement avec Goran Bregovic ou un Gogol Bordello, “Songs of Kadebostany” envisage cet héritage de manière inédite.

En effet, en bricoleur habile, Kadebostan a retravaillé intégralement le matériel glané durant ses différentes sessions d’enregistrements avec les musiciens. Des musiques funéraires aux ballades déchirantes, en passant par des dubs dignes de Jah Shaka, le résultat se présente comme une vaste parabole qui nous rapproche plus des sphères de l’utopie que de celles de l’émulation. Entouré de ses ministres, le président Kadebostan nous invite ainsi à découvrir les divers hymnes qui rythment les jours et les nuits de son pays chimérique.

CONCERT

  • 04.04.11 Genève / Festival Electron - Usine

ALBUM

  • The National Fanfare of Kadebostany, “Songs of Kadebostany” (Mental Groove), sortie le 05.05.11

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“Untreeleted” de Jazzo & Melodiesinfonie

Feelin’ Music lorgne du côté de la Suisse allemande avec la sortie du EP du duo zurichois Jazzo & Melodiesinfonie. Avec ses rythmiques asynchrones et ses nappes hypnotiques,, “Treeology Ep” s’aventure dans les mêmes flots en suspension suivis par Flying Lotus et tout un escadron de beatmakers cosmiques.

Numbers in Action de Wiley

Wiley continue de surprendre avec ce nouveau single aux beats minimalistes et efficace qui pourrait bien devenir un hymne de fitness!

Wiley ‘Numbers in Action’

Download: Quantic, Cali comme caliente


Will Holland, connu sous le nom de code Quantic, a passé beaucoup de temps en Colombie. C’est à partir de là qu’il a notamment collaboré avec le Combo Bárbaro et initié plusieurs compilations puisant dans l’histoire du funk tropical colombien. Cette fois-ci, il rend hommage à Cali grâce à une mixtape intitulée “Me Gusta Cali” qui dévoile quelques facettes de la ville. Si cet petit avant-goût vous intéresse, voici également l’enregistrement d’un set DJ enregistré au Club Chaleur de Bruxelles au début du mois. Il est également possible de télécharger d’autres sessions sur le site de Holland, qui sera en tournée cet été en tant que DJ.

ECOUTER

Télécharger: Quantic, “Me Gusta Cali Mix”

Télécharger: Quantic DJ Set (club Chaleur / Bruxelles, 01.04.11)

CONCERTS

  • 16.06.11 Jazzpanaz Nimes, (DJ set)

  • 17.06.11 Paris / (DJ set)

  • 01.07.11 Sierre / Festival au Bord de l’Eau

» VOIR LA PLAYLIST DE “ME GUSTA CALI

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Film: The Black Power Mixtape, 1967-1975


L’histoire des revendications afro-américaines des années 60 et 70 a déjà fait l’objet d’un certain nombre de documentaires et, après l’élection d’Obama notamment, la radicalité de cette cause tendrait facilement à se diluer dans les routines langagières de l’idéal démocratique. Ce n’est pas le moindre des qualités de “The Black Power Mixtape 1967-1975″ de rappeler l’intensité et les paradoxes de cette période cruciale pour l’évolution des questions de races aux Etats-Unis.

On y retrouve la verve et le style des grandes figures de l’époque. En particulier le charismatique Stokely Carmichael qui en 1967, avait apporté une pièce importante à la cause en écrivant l’ouvrage Black Power avec Charles V. Hamilton. C’est à lui qu’on doit l’idée de racisme institutionnel et il poursuivra son positionnement pan-africaniste radical en se réfugiant en Guinée avec son épouse de l’époque, Miriam Makeba. Bobby Seale, Huey P. Newton et Eldridge Cleaver, tous les piliers des Blacks Panthers sont aussi présents pour nous rappeler la rhétorique militariste radicale qui avait cours durant cette période.Dans une interview poignante, l’impériale Angela Davis raconte son enfance dans l’Alabama et la peur constante d’être la cible d’aggressions verbales ou physiques. À travers les différentes péripéties qui ont jalonné son inculpation, on comprend très vite l’hermétisme coupable des instances étatiques.

Cet aide-mémoire chronologique aborde également les répercussions tragiques qui ont suivi les vagues de répression. Les assassinats, l’afflux d’héroïne de nombreuses séquences témoignent, quelquefois de manière cruelle, de l’érosion progressive des espoirs et des solidarités tout au long de cette décennie capitale. La grande originalité de ce documentaire tient au fait que l’intégralité des images qui le constituent ont été produites par des journalistes rattachés à la chaîne de télévision nationale Suédoise. Ce regard externe témoigne à quel point la cause des Black Panthers connaissait un écho favorable auprès des certaines franges progressistes européennes et on ne manque pas d’être surpris par ce ton résolument partisan. Si l’ensemble du documentaire de Goran Hugo Olsson est parfaitement réalisé, il faut également noter l’excellente BO signée par Guestlove et Om’mas Keith.

Même si ces extraits télévisés sont exclusivement d’époque, le producteur de ce docuementaire, qui n’est autre que Danny Glover, a demandé à certains porte-paroles actuels de la cause afro-américaine d’émettre des commentaires. Erykah Badu, ?uestlove ou Talib Kweli, donnent ainsi des éclairages extrèmement enrichissant sur l’actualité des questions de race aux Etat-Unis. A ce titre, Talib Kweli révèle cette anectode inquiétante survenue il y a quelques mois. Peu de temps après avoir visionné un discours de Stokely Carmichael sur Internet, il a été arrêté à l’aéroport de Los Angeles par toute une troupe d’agents en costume noir qui l’ont interrogé sur les raisons de cet intérêt pour le leader subversif. Une manière de rappeler que, quarante ans plus tard, il subsiste quelques tabous au pays de la libre-expression.

FILM

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Hommage: Billy Bang range son violon

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Le violoniste et compositeur Billy Bang est mort le 12 avril d’un cancer. Il avait 63 ans. Compagnon de route de Sun Ra, il avait publié ces dernières années deux magnifique albums relatant ses aventures de soldat au Vietnam

Sur la pochette de Vietnam : The Aftermath («Vietnam : les séquelles»), le sergent William Walker pose pour l’objectif, torse nu, mégot vissé aux lèvres, arborant l’expression ambiguë de ceux qui ont vu l’enfer, mais aimerait laisser croire le temps d’un cliché que la jungle a un goût de paradis. Telle une étrange prémonition de sa future vocation, le fusil d’assaut repose sur l’épaule, là où loge précisément le violon bientôt appeler à le remplacer.

L’histoire de Billy Bang, c’est celle, édifiante, d’une communauté afro-américaine qui aura progressivement vécu les années soixante et soixante-dix, un temps promises à être celles de l’émancipation, comme les décennies de tous les désenchantements. C’est une des leçons que l’on retiendra de cet homme chaleureux et incroyablement animé, en compagnie duquel nous avons pris quelques verres un après-midi de juin 2002 dans son quartier new-yorkais de l’Upper East Side.

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Compilation: Psychédélisme, nu-roots et soleil

A travers deux nouvelles compilations, Vibrations vous invite à découvrir le meilleur de l’actualité en matière de nu-roots et de psychédélisme globalisé.

Le reggae roots n’est pas mort avec Bob Marley au début des années 80. Malgré la démocratisation des boîtes à rythmes depuis quelques décennies, les rastas continuent à jouer de la batterie, de la basse, et de la guitare dans les studios de Kingston. La génération « nu-roots » s’affirme en digne héritière d’une tradition acoustique riche et opulente. Au micro, on retrouve des vétérans toujours inspirés comme Horace Andy et de jeunes virtuoses comme Courtney John, Sizzla ou Chezidek. Le reggae se conjugue au présent pour ces talentueux musiciens et chanteurs jamaïquains à découvrir absolument avec ce sampler.

Le psyché n’a jamais été l’apanage exclusif des hippies américains et des rockeurs de Woodstock. Dans les années 60 déjà, un son hallucinogène envahissait la Turquie, l’Inde, plusieurs pays d’Afrique ou d’Asie. Aujourd’hui comme hier, des expériences sonores transcendent les genres tout autour du monde, du dubstep anglais de Four Tet au bricolage acoustique de l’argentin Axel Krygier, des guitares rock en provenance de Zambie aux tribulations jazz de Lloyd Miller en Iran. Le psyché est d’abord mental et spirituel sur cette compilation, un trip dans le temps et l’espace dont on ne sort pas tout à fait indemne. La preuve ici.

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Film: Genesis Breyer P-Orridge, la mélodie du bonheur


Inaugurée le 18 octobre 1976 au ICA, une exposition intitulée “Prostitution” est rentrée dans les annales à cause du tollé qu’elle avait suscité en Grande-Bretagne. La présentation d’images pornographiques, de chaînes, de seringues ou de tampons usagés heurta à tel point les sensibilités que le centre d’art fut contraint de retirer les pièces incriminées. Un député conservateur, présent lors du vernissage, s’insurgea dans la presse people contre cet “outrage maladif, sadique, obscène et diabolique”. Des compliments s’adressaient à Genesis P-Orridge et son collectif COUM Transmissions. Une bande d’agitateurs radicaux qui poseront les jalons de la musique industrielle sous le nom de Throbbing Gristle.

Cet épisode permet de revenir sur l’inclination de P-Orridge pour la performance et l’art contemporain comme des supports pour diffuser son goût prononcé pour explorer les paliers de la déviance. Le documentaire “The Ballad Of Genesis And Lady Jaye”, réalisé par Marie Losier, revient sur le parcours d’un iconoclaste né Neil Andrew Megson en 1950, depuis son enfance à Manchester jusqu’à son projet de fusion “pandogynique” avec Lady Jaye. Alter ego et compagne, subitement décédée en 2007.

Une ballade étonnante dans le quotidien d’une personnalité baroque et subersive qui, depuis plus de 30 ans, a toujours su bousculer les principes du “bon sens” et de la morale avec une remarquable perspicacité. À noter que cette ballade offre également une occasion pour retrouver Peter “Sleazy” Christopherson décédé en novembre dernier. Parallèlement à son projet avec Coil, il était également à l’origine de TB et de Psychic TV.

Marie Losier, “The Ballad of Genesis and Lady Jaye” (2011)

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Concours: Aloe Blacc, maître de cérémonie


Pour son nouveau passage dans l’hexagone, Aloe Blacc se produira à La Bellevilloise lors d’un after-show accompagné de DJ Fab, d’Aline Afanoukoe et d’autres invités. Chanteur ou rapper, cette formule permet de découvrir les multiples facettes dévelopées par le Caliornien depuis ses débuts avec le groupe de hip-hop Emanon. Un rôle de MC plutôt familier, puisqu’il organise depuis quelques années les soirée The Dover, fonctionnant sur le même principe.

A l’occasion du concert d’Aloe Blacc le 24.04.11 au Nouveau Casino, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI ALOE” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 3 x 2 places à gagner et les gagnants seront contactés par email (max. 2 par personne). Pour les moins chanceux, il reste toujours cette option.

CONCERT

  • 24.04.11 La Bellevilloise / Paris

Aloe Blacc, Loving You Is Killing Me (2010)

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Stéphane Belmondo

Pour Stéphane Belmondo, les choses sont claires : partir sur une île déserte avec dix disques serait une catastrophe ! Alors que paraît son premier album sans son frère, “The Same as It Never Was Before”, il s’est néanmoins résolu à rassembler « Les quelques disques qu’il a l’impression d’écouter depuis toujours »


Maurice Ravel “Concerto en sol par François Samson”
J’ai choisi spécifiquement cette version parce que j’adore François Samson. Malheureusement il était alcoolique. Il traînait beaucoup dans les clubs de jazz parisiens à l’époque où Bud Powell et des gens comme lui s’y produisaient. Du coup, il a une façon de jouer Ravel très jazz. Quant à Ravel, c’est un génie de la mélodie, un génie de l’orchestration. Il est hors du temps.

Coltrane La période Impulse…
C’est le musicien qui m’a fait le plus peur. Mon oreille de musicien m’a dit : «Qu’est-ce que c’est que ce truc-là ?». En même temps, mon oreille humaine était vraiment touchée. Ça m’a remué à un point dont je ne peux même pas parler aujourd’hui. Coltrane est mort très jeune. Mais il ne pouvait pas rester plus longtemps. C’était une étoile filante, ce mec-là !

Ellis Regina “Sings Nascimento”
Milton Nascimento m’a avoué avoir écrit toutes ses chansons en pensant à Ellis Regina. C’était sa muse. Elle fait passer une émotion incroyable dans sa voix. Il y a une énorme souffrance. Je la place tout près d’Edith Piaf. Je l’écoute quasiment tout le temps. Même quand je n’écoute pas de musique, elle est là, dans ma tête. Elle me ressource.

Stevie Wonder “Songs in the Key of Life”
Sur chaque disque de Stevie Wonder, il y a des morceaux qui me boulversent et d’autres que je n’écoute pas. «Songs in The Key of Life» est le seul que j’écoute de bout en bout. En 2004, j’ai fait l’album « Wonderland» en sextet qui lui était entièrement dédié. On parle tout le temps de la voix de Stevie Wonder, mais c’est aussi un pianiste et un harmoniciste extraordinaire.

Milton Nascimento “Club da Esquina”
Les deux volumes de «Clube da Esquina» marquent la réunion de quelques amis qui discutaient de ce qui n’allait pas alors au Brésil. On ne le sait pas, mais certaines des chansons de Milton Nascimento ont été censurées par le gouvernement brésilien.

Le Mystère des Voix Bulgares “Volume 1″
Ça pourrait être de la musique brésilienne, même si c’est géographiquement complètement à l’opposé. J’aime les musiques qui prêtent au recueillement. Les harmonies sont extrêmement complexes. Je crois que c’est ça le mystère : les harmonies. Parfois, j’y entends la musique classique du XIXe siècle. Fondamentalement, je suis persuadé que tout se rejoint. Il n’y a qu’une seule musique.

Joni Mitchell “Travelogue”
Je suis fan de la dernière période de Joni Mitchell. Dans ce disque, elle réinterprète son répertoire avec Herbie Hancock, Wayne Shorter, Brian Blade, Billy Preston, Kenny Wheeler et un grand orchestre classique. J’adore parce que cela montre qu’on peut faire le même morceau différemment. Avec en prime aux arrangements Vince Mendoza qui est un génie.

Maurice Durufflé «Requiem»
J’ai grandi avec la musique classique. J’ai joué très tôt dans des orchestres symphoniques, dont celui d’Aix. Beaucoup de requiems qui sont magnifiques, mais ici le travail de composition et des harmonies est génial. Le jazz n’a rien inventé au niveau des harmonies. On a tendance à l’oublier. Et puis dans ce Requiem, il y a bien sûr aussi les voix et la dimension spirituelle.

Bill Evans Trio with Symphony Orchestra
C’est Michel Petrucciani qui m’a fait découvrir ce disque. Mon frère, qui a le même âge que Petrucciani, était copain avec lui. D’ailleurs quand Petrucciani est parti aux Etats-Unis, il nous a laissé sa collection de 500 vinyles. J’écoutais ce disque quand j’avais 13 ans. Je peux me tromper, mais je pense que Bill Evans a été le premier jazzman à s’attaquer au classique. Il m’a beaucoup influencé par son sens de l’improvisation et son sens de la mélodie. Son « son» de piano est comparable à un son de bugle.

Freddie Hubbard “The Love connection”
Freddie Hubbard a une façon très physique de jouer la trompette. Quand je le regardais jouer, sa façon de tenir l’instrument, sa façon de se tenir, tout me semblait couler de source. Je pense que c’est un grand compositeur méconnu. Il y avait en lui les prémisses du jazz que l’on fait aujourd’hui et une « couleur » bien à lui. Il a fait des disques avec les pires accompagnements, mais son jeu est tellement magnifique qu’il fait tout oublier.

Jaco Pastorius “Word of Mouth”
C’est la synthèse de tout. On a toujours parlé du bassiste, mais quel compositeur ! Ce disque est un enregistrement rapiécé, un big band éclaté. Y participent Wayne Shorter, Herbie Hancok, Toots Thielemans et bon nombre d’autres grands musiciens Certains ont enregistré à New York, d’autres à Bruxelles. Et Jaco Pastorius a tout orchestré dans son studio. C’est son « son» de base qui touche en premier. Mais c’est un très très grand orchestrateur. Un génie lui aussi.

ALBUM

  • Stéphane Belmondo The Same as It Never Was Before (Girl In Blue/Verve)

Bandes Sonores, le blog musiques

Nos collaborateurs Philippe Mazzoni (photographe) et Sophie Rosemont (journaliste) ont ouvert un joli blog d’une sobriété exemplaire. Sur Bandes sonores, on trouve des interviews de jeunes groupes ainsi que des très belles photos en grand format.

Clip de Video Delays d’Ikonika

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Expérience: Alice Coltrane, fragrances indiennes


La musique divine possède des vertus curatives, c’est un don de dieu qui apporte chaleur et réconfort à l’âme. Cette musique peut élever l’esprit vers une dimension supérieure d’être qui est empli de paix et de joie. La musique divine restitue le son de la vie authentique, la sagesse et la félicité. Cette musique transcende les frontières géographiques et linguistiques, les distinctions d’âge ou d’éducation. Elle pénètre profondément dans les coeurs et l’âme. Elle est sacrée comme un son glorieux infini s’infiltrant dans le tombeau du Seigneur

Peu de temps après le décès de John Coltrane, Alice a entamé une quête mystique qui l’a amené a transformé radicalement son mode de vie. Suite à une révélation, elle adopte le nom de Swamini Turiyasangitananda (du sanskrit “la chanson la plus élevée de Dieu”) et commence à suivre les préceptes du gourou Sathya Sai Baba. Ce penchant pour les puissances cosmiques fait l’objet de quelques sorties entre la fin des années 60 et les années 70 chez Impulse! et Warner.

On lui doit une dizaine d’albums, dont le classique “Journey in Satchidananda” (1970), qui transfert les explorations cosmiques dans le registre de la philosophie orientale. Une émission entière de Spaceways, le programme de Carlos Nino sur dublab, est d’ailleurs consacrée à cette période de sa vie. Sa discographie officielle s’arrête en 1983, lorsqu’elle se retire dans un ashram qu’elle contribue à fonder dans les montagnes bordant Los Angeles.

Cela ne signifie pas pour autant que son activité musicale était totalement terminée puisqu’elle a continué à enregistrer des chants de dévotion et de prières disponibles uniquement à travers le catalogue du Vedantic Center Sai Anantam Ashram. Les quatre albums, “Turiya Sings” (1982), “Divine Songs” (1987), “Infinite Chants” (1990), “Glorious Chants” (1995) ont été réalisés par Alice Coltrane durant sa retraite, jusqu’à la sortie de “Translinear Light” en 2004.

Des incantations à l’exaltation, percussions cristallines, harpes kaléidoscopiques et drones à cordes, le mix concocté par Frosty, le fondateur du site Dublab, offre un aperçu très planant de la bande-son cosmique de cette quête. Cette philosophie visionnaire est d’ailleurs aujourd’hui largement perpétuée par toute une génération néo-new-age californienne. Son fils Ravi Coltrane et son neveu Flying Lotus occupent une place particulière dans la canonisation de cette grande dame décédée en 2007.

ECOUTER

Télécharger: Frosty, Alice Ashram Tape Mix (”Save from the Fire” Series - RBMA Radio)

» VOIR LA PLAYLIST

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J Dilla fait renaître Detroit

Ma Dukes a annoncé la sorite de “Rebirth of Detroit”, un nouvel album posthume de son fils dans lequel on retrouvera plusieurs des amis et collaborateurs originaires de Detroit.

Un film sur Lee Scratch Perry

“The Upsetter” , le documentaire sur la vie et l’oeuvre de Lee Scratch Perry est sur le point de sortir en DVD.

Expérience: Sublime Frequencies, les 13 tribus d’Ethiopie


Photo: Olivia Wyatt

“Staring Into The Sun”, la prochaine sortie de Sublime Frequencies, se profile comme un projet d’envergure et de longue haleine. En 2009, la réalisatrice et photographe Olivia Wyatt a visité près 13 tribus en Éthiopie qu’elle a documentée de manière exhaustive à l’aide d’enregistrements et de magnifiques polaroïds.

Des extraits de processions rituelles aux clips télévisés, en passant par les cérémonies de mariages tribaux, les formes hétéroclites de ces paysages sont ainsi répertoriées dans un coffret regroupant un CD, un libre et un DVD. A noter également qu’une autre signature du label, le Groupe Doueh, se produira à deux reprises en France durant le mois de mai. Le 28 à Paris (Villette Sonique) et le 29 à l’Aéronef Club de Dijon.

ALBUM

  • Compilation, “Staring Into The Sun” (Sublime Frequencies), sortie le 05.07.11

Olivia Wyatt, “Staring into the Sun”, trailer

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Décès de Calvin Russell

Calvin Russell est décédé le 3 avril 2011 dans sa propriété texane, entouré de ses proches.

Calvin Russel, Crossroads,

Taylor McFerrin, homme à tout faire


Photo et Vidéo: Lysiane Ngoye

Les concerts de Taylor McFerrin à Paris sont toujours très discrètement annoncés. Et pourtant le talentueux producteur, récemment encensé pour la sortie de son EP “Place in My Heart”, continue de remplir de toutes petites salles comme Le Sunset où il s’est produit le 28 mars dernier.

Pas d’entrée en grande pompe pour l’artiste. Il arrive sur scène en traversant le public, les applaudissements sont hésitants et le silence s’installe alors qu’il branche son ordinateur un sourire crispé au lèvres. Taylor est seul derrière ses machines, et il nous avertit dès le début du concert que tout ce que nous entendrons ici sera totalement improvisé. L’idée est de ramener le processus si intime de création en studio sur scène, devant un public.

Et c’est certainement l’exclusivité du set qui rend le public plus attentif; la musique de Taylor vagabonde. Il peut commencer par du beatbox, ajouter une ligne de basse hip-hop, et terminer en électro. Les influences jazz et broken beat sont clairement présentes également. Dans la salle quelques uns bougent la tête les yeux fermés, d’autres lâchent des “ohhh” et des “ahhh” pour exprimer satisfaction ou émerveillement. Mon voisin, plus imaginatif, me confie : “Je verrais bien une voix soulful là”.

Bien qu’on le sente un peu timide, Taylor n’hésite pas à freestyler quelques mots chantés et rappés entre deux claquements de bouche et la sauce prend! Les morceaux créés en direct sont loin d’être mauvais et il ne serait pas étonnant que certains se retrouvent sur un prochain album. “Early Riser” devrait sortir corant 2011 sur Brainfeeder, le label de Flying Lotus.

Taylor McFerrin, Le Sunset (Paris, 28.03.11)

Taylor McFerrin live in Paris from LE BON TEMPO on Vimeo.

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Le dernier concert de LCD Soundsystem en intégralité!

Le dernier concert de LCD Soundsystem, qui s’est déroulé le 02.04.11 au Madison Square Garden est accessible dans son intégralité. Enjoy!





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