novembre, 2011

Brésil: Gaby Amarantos, au feu les pompiers


Attention, avec Gaby Amarantos, abandonnez toute velléité de bon goût. C’est une tornade qui déboule de Belém du Pará et s’apprête à mettre le Brésil à ses pieds avec sa tecnobrega incendiaire.

Par Olivier Cathus

Le vulgaire, elle l’assume et le revendique parce que c’est ainsi qu’a toujours été stigmatisée la musique dont elle se réclame. Gaby Amarantos a déjà été surnommée la “Musa do Tecnobrega”, la “Diva da Tecnomelody”, voire la “Beyoncé du Pará” ! Derrière ces diverses appellations, tecnobrega, tecnomelody, une seule et même source, la musique brega. A l’origine, la musique brega, apparue dans les années soixante-dix, ne désigne pas un style particulier mais les chansons romantiques qu’affectionnaient les couches populaires.

S’il est fréquent que le nom d’un style musical vienne “du dehors”, qu’il soit par exemple inventé par un journaliste, le terme “brega” (ringard, vulgaire, grossier) a carrément été choisi par ceux qui se moquaient des goûts de leurs domestiques, des favelados, en gros des pauvres, le public de cette musique, tous ceux qui étaient touchés par ces chansons à l’eau de rose. Depuis une dizaine d’années, c’est à Belém que l’on assume pleinement la dimension péjorative de la brega et qu’on se l’approprie pour fusionner différents styles locaux (carimbó, lambada, etc…) ou caribéens en les combinant à l’électronique pour lancer la tecnobrega.

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Label: Tri Angle, la quadrature du cercle


Avant de lancer le label Tri-Angle records, Robin Carolan était à l’initiateur du site 20jazzfunkgreats qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est absolument pas dédié au jazz funk. Il s’agit en fait d’une référence explicite à l’album, et au morceau, de Throbbing Gristle. Une manière pour Carolan de nous faire découvrir une sélection de flux vaporeux oscillant entre le dub, l’ambient et l’industriel. Ces choix subtils, fusionnant de manière confondante des productions anciennes et actuelles, lui ont permis de se construire une solide réputation de dénicheur de groupes obscurs.

BALAM ACAB - Oh, Why by TriAngleRecords

L’année passée, l’Anglais de 24 ans décidait d’élargir un peu son registre en lançant son propre label, Tri-Angle Records. oOoOO, Holy Other, Clams Casino ou Balam Acab, les premiers groupes signés par le label perpétuent à réveiller quelques songes d’une nuit d’été. Voix lointaines et éthérées, superpositions de paysages sonores, phrases obsédantes, c’est un peu comme si Vangelis se retrouvait à jammer avec Coil.

Jazz: Kouyaté-Neerman, la cité mystérieuse


Leurs entrelacements organiques de vibraphones, de balafon et de basse nous plongent dans les méandres vaguement dystopiques d’une ville totalement submergée par le règne organique. Les murs austères seraient recouverts d’un tapis végétal confus. Attentif, Kouyaté-Neerman jouent aux archéologues et nous invitent à découvrir les différentes formes de vie, les sonorités et les couleurs qui recomposent l’équilibre subtile et foisonnant de ce microcosme.

Les continents et les temporalités sont brouillés dans cet univers rétrofuturiste, apparemment déserté. À l’instar de cette envoûtante reprise de “Requiem pour un Con”, même les rythmes les plus routiniers se parent de textures mystérieuses. «Skycrapers & Deities» nous fait découvrir les scénarios prospectifs d’un orientalisme dont les contours sont encore à définir.

ALBUM

  • Kouyaté-Neerman, «Skycrapers & Deities» (No Format) 2011


Kouyaté-Neerman - Requiem Pour Un Con by deezer

Film: ATCQ, Luck of Michael


“Beats, Rhymes, Life: The Travels of a Tribe Called Quest” est un documentaire qui retrace la carrière d’ATCQ. Le réalisateur, Michael Rapaport, est un fan de longue date du trio du Queens et il a commencé à travailler sur le projet suite à leur reformation en 2008. À travers les portraits et interviews de Q-Tip, Phife Dawg, Ali Shaheed, Jarobi et de leur entourage, de De la Soul à Mos Def, on comprend un peu mieux les mécanismes qui ont participé à la dissolution du groupe en 1998. Le documentaire “Beats, Rhymes, Life: The Travels of a Tribe Called Quest” sera projeté en avant-première à Paris, au Forum des images, le 5 novembre 2011.

PROJECTION

  • 05.11.11 Forum des images / Paris

Même s’il ne s’agit pas exactement du même sujet, on profite de l’occasion pour évoquer la sortie “White Wash” qui aborde la complexité des problématiques raciales aux États-Unis à travers l’exemple de surfeurs appartenant à des minorités ethniques. On retrouve la voix de Ben Harper en voix off et la bande-son a été réalisée par les incontournables The Roots.

L’étau se resserre autour de Vybz Kartel

Après son arrestation il y a quelques jours, Vybz Kartel est également poursuivi pour le meurtre de Clive “Lizard” Williams. Selon une déclaration d’un porte-parole de la police, rapportée par The Gleaner, le chanteur pourrait être encore impliqué dans d’autres meurtres et fusillades.

Jazz: BADBADNOTGOOD, des lettres capitales


Il y a quelques mois, le compte YouTube d’un jeune trio de jazz de Toronto bénéficiait d’un net regain de trafic grâce à la mise en ligne de “The Odd Future Sessions”, un hommage au collectif Californien très largement relayé. Un succès tel que le groupe en question, qui s’appelle BADBADNOTGOOD, jouissait déjà d’un buzz conséquent sans jamais avoir joué le moindre concert en public.

Les trois chats canadiens ont poussé la déférence en autoproduisant un premier album totalement dédié à l’oeuvre d’ OFWGKTA. Si les puristes du jazz ont certainement quelques retenues vis-à-vis de cette démarche, les rappers d’Odd Future semblent plutôt avoir apprécié ces relectures. Au point que Tyler s’est récemment prêté au jeu en accompagnant le trio pour un Seven dans lequel le Créateur se montre particulièrement explosif.

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Ecouter le dernier Tom Waits

“Bad as Me” de Tom Waits sort aujourd’hui et il est possible de l’écouter en intégralité sur le site de NPR.

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Festival: The Janice Graham Band, reflux d’acid jazz ?


Vers le début des années 90, un son novateur soufflait depuis la Grande-Bretagne avec les premières sorties libellées Acid Jazz. En décidant de faire s’entrechoquer le jazz avec l’énergie héritée des raves parties, Eddie Piller, Gilles Peterson et leur bande invitaient toute une génération de (re)découvrir l’actualité d’un patrimoine qui avait trop rapidement été relégué à la ringardise par un public dévolu aux rythmes synthétiques. De l’autre côté, ils devaient également essuyer les critiques d’un public de spécialistes qui ne voyait pas d’un très bon oeil le traitement auquel les standards étaient soumis. Galiano, Brand New Heavies, Snowboy, Mother Earth ou les compilations “Totally Wired” faisaient s’entrechoquer les traditions musicales et les héritages culturels avec naturel.


Hormis Peterson qui reste un faiseur de goûts hors pair et Jamiroquai qui n’a pas longtemps fait preuve de beaucoup de scrupules, très peu de traces des acteurs de cette période ont profité de cette énergie pour se frayer une place sécure dans les circuits musicaux. Le label Acid Jazz n’a pourtant jamais cessé d’exister et les sorties, plus ou moins discrète, continuent à s’enchaîner ponctuellement. Les choses pourraient changer puisqu’Eddie Piller, seul aux commandes, s’est engagé depuis quelque temps à recruter de nouveaux artistes. C’est le cas notamment des trois Mancuniens de The Janice Graham Band, une formule soluble qu’il sera possible de découvrir bientôt sur scène aux Transmusicales de Rennes.

The Janice Graham Band, Robbery

Mashup: Fela Soul, Me Myself and Him


Que se passe-t-il lorsque vous associez une légende des l’afrobeat avec l’un des groupes de hip-hop les plus influents de ces vingt dernières années ? Le rapper et producteur Amerigo Gazaway apporte sa réponse avec «Fela Soul», huit titres qui proposent le chaînon manquant ultime entre les nuits torrides du Shrine et le trio de Long Island.

Depuis le coup de maître de Danger Mouse, la formule des mashups n’a pas généré que des chefs-d’oeuvre, le genre tendant souvent à sombrer dans la facilité. Amerigo évite cette impasse grâce à ses interventions subtiles et des choix de morceaux judicieux. Stakes Is High, Ooh! ou Breakadawn profitent d’un bain de jouvence grâce à ces grooves africanistes.

Dancehall: Toddla T, retour en Jamaïque


Lorsqu’on les met côte à côte, comme c’était le cas lors du récent ElectrosanneElectron Festival, on ne manque pas d’être frappé par l’étonnante similitude que partage Toddla T et David Rodigan. Alternant avec la même aisance les formules mesurées et les chorégraphies bouffonnent sous leurs airs, les deux incarnent à merveille une attitude so british en matière de musiques populaires. Ils perpétuent surtout un bel exemple de la persistante attraction pour la Jamaïque auprès des rejetons des classes moyennes.

À l’instar de Rodigan qui découvrait la musique aux moments des premiers soubresauts du ska, Toddla T s’est très vite laissé emporté par les rythmes du dancehall. Suite à la sortie compliquée de l’excellent “Watch Me Dance“, une grande partie du stock a brûlé dans l’incendie du dépôt de PIAS et l’album avait également fuité sur Internet, on le retrouve aux côtés du légendaire Wayne Marshall pour un Street So Warm particulièrement efficace. La relève est assurée!

Toddla T, Streets So Warm feat. Wayne Marshall & Skream

Hip-hop: Chief et Moka Only, l’invasion de crickets


Après une première collaboration sur deux titres il y a trois ans, Chief et Moka Only (ex-Swollen Members) se liguent à nouveau pour un projet plus conséquent. Cette collaboration prend la forme d’un album intitulé “Crickets”, dans lequel le rapper canadien pose ses textes conscients sur les beats toujours autant méticuleux du Lausannois.

Ce nouveau projet autoproduit sort sur Feelin’ Music qui continue à creuser son sillon en alignant les sorties de qualité. Récemment Chief a proposé à travers son label un bel hommage à Chick Corea, Drone Beats & Electric Waves ou encore les Zurichois Treelogy de Jazzo & Melodiesinfonie.

ALBUM

  • 08.11.11 Moka Only et Chief, “Crickets” (Feelin’ Music)

Moka Only & Chief - Crickets (Album preview) by Chief_Beatmaker

Brésil: Metá Metá, la métaphysique de São Paulo


Avec “Metá Metá”, Kiko Dinucci, Juçara Marçal et Thiago França nous offrent un plongeon sans retour dans la nouvelle scène afro-samba brésilienne

Par Olivier Cathus, L’Elixir du Dr Funkathus

Quand on pense à São Paulo, ce n’est pas le samba qui nous vient à l’esprit. Même s’il a existé de grandes figures locales en la matière (Adoniran Barbosa, Paulo Vanzolini…), l’industrieuse mégapole est plutôt cet incroyable carrefour cosmopolite où germent les formes métissées-globalisées d’un Brésil moderne, rock et électro. Pourtant, il existe aussi une scène pauliste qui creuse vers ses racines afro-brésiliennes, qui s’imprègne de sa spiritualité et vibre de ses rythmes. Une scène indépendante, qui outre son effervescence artistique, essaie d’inventer un nouveau modèle pour diffuser sa musique. Au centre de cette scène, on trouve Kiko Dinucci, jeune compositeur ayant trouvé son inspiration dans des afro-sambas très personnelles et originales. En compagnie de Juçara Marçal et Thiago França, il vient de signer Metá Metá, un album qui risque fort de figurer parmi les plus beaux de l’année.

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Feist

Les dix disques qu’emporterait Feist sur son île déserte à l’heure où son cinquième album “Metals” connaît un accueil enthousiaste.











Dinosaur Jr Where You Been
À quinze ans, ce disque était très important pour moi. Il l’est encore aujourd’hui. La guitare de Jay Mascis est très forte, mais il chante doucement. Il n’a pas besoin de crier. J’ai dû inconsciemment m’en inspirer, car je chante doucement tout en m’excitant sur ma guitare !

Kevin Drew Spirit If
C’est mon disque préféré de Kevin, le leader du groupe Broken Social Scene pour lequel j’ai été chanteuse, parmi tant d’autres. Je l’aime justement, car il n’y a que lui qui chante, se révélant un conteur passionnant.

The Cure Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me
Les raisons de mon choix sont évidentes : cet art d’empiler la batterie, la basse  est incroyable . Le gâteau est très beau, sans pour autant perdre de la consistance.

Mocky Saskamodie
J’écoute beaucoup les disques de mes amis, pourquoi devrais-je m’en priver ? Et Mocky en fait partie. Ensemble, nous jouons une partie de tennis : je fais un disque, il en fait un, j’en refais un, il en fait un, etc. Bref, j’aime beaucoup son dernier album en date, c’est la quintessence de sa musique.

Gonzales Solo Piano
Un autre ami musicien dont je suis la discographie à la trace. Après des années dans le rap, ce retour au piano fut délicieux - autant pour lui que pour moi. J’en ai profité pour le mettre au piano sur “The Reminder” ! Ce disque est plutôt instrumental, mais quand il chante, c’est de la pop à l’état pur.

Santo & Johnny Santo & Johnny
Ce duo des fifties est assez brillant. Dans l’album, il y a cette chanson très connue, « Sleep Walk », qui est tout simplement parfaite avec seulement une guitare lap-steel et un vibraphone…

Paul Simon Graceland
Un classique. Tout y est, du sens de la découverte de l’ailleurs à celui des mélodies. Je me rappelle encore de la seule fois où j’ai rencontré, furtivement, Paul Simon. C’était lors d’une balance sur un festival américain. Bono était aussi de passage, et Barack Obama aussi ! Un grand moment.

Ravi Shankar & Philip Glass Passages
C’est un album que j’ai découvert adolescente mais il m’a fallu des années pour entendre réellement tous les instruments. L’orchestration est fascinante, autant que les deux personnalités qui l’animent.

Led Zeppelin IV
Je viens de découvrir Led Zeppelin, ce qui peut paraître ridicule… Je suis étrangement toujours passée à côté jusqu’à maintenant, et ma découverte est d’autant plus savoureuse ! C’est rock, rugueux comme j’aime.

Bob Dylan Time Out Of Mind
Une grande influence pour mon nouvel album. On peut entendre les distances entre les musiciens : un organiste joue à 15 minutes et Dylan qui vous souffle juste dans l’oreille, tel un démon ! C’est très visuel. Cet album est une sorte de retour, un véritable acte de bravoure.

Sinéad O’Connor The Lion and The Cobra
C’est la première chanteuse que j’ai vraiment écoutée - après Annie Lennox. Ce disque est son chef-d’œuvre. Sa voix est si puissante, claire, sanguine, féminine et masculine à la fois. Elle me touche beaucoup – me trouble, même. J’aimerais tellement la voir en concert, même si elle a apparemment beaucoup changé. De toute manière, elle mérite tout le respect du monde, pour toujours !

Propos recueillis par Sophie Rosemont

Funk: Bambara Mystic Soul, l’énergie voltaïque


Entre 1974 et 1979, le Burkina Faso, qui s’appelait encore Haute Volta, se situe à mi-chemin de deux périodes historiques importantes. Quinze ans plus tôt, le pays accédait à l’indépendance et se départissait, officiellement, de l’ingérence française. Quinze ans plus tard, Thomas Sankara prenait le pouvoir et insufflera un élan remarquable pour se distancier de cette domination historique.

Malgré toute une série de réformes cruciales et une énorme popularité, on le surnomme quelquefois le Che Guevara africain, son projet de démocratie participative et égalitaire ne lui attire pas que des amis. Suite à un putsch fratricide, il sera renversé puis exécuté par les hommes de main de son compagnon de route, l’actuel président Blaise Campaoré.

Analog Africa nous permet d’écouter quelques-uns des artistes qui écumaient les maquis de Ouaga durant cette période transitoire. Comme dans toute l’Afrique de l’Ouest, le Burkina développe un son distinctif qui combine les musiques sahéliennes avec le funk et les musiques latines. L’Harmonie Voltaique, Amadou Ballaké et l’Orchestre Super Volta, Volta Jazz ou le Club Voltaique du Disque, les groupes et les labels de l’époque n’avaient pas besoin de chercher trop loin pour se trouver des noms branchés.

ALBUM

  • Compilation, “Bambar Mystic Soul, The Raw Sound of Burkina Faso 1974 – 1979″

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Rock: Ray Bartok, le ticket choc


Avec leurs looks d’agents secrets échappés d’un film noir, Tino Ray et Phil Ray B nous font profiter des récentes aventures de Ray Bartok. Petit-fils improbable de Belà, leur personnage ne semble pas avoir d’âge. Une sorte d’hybride de Ray Banana et de Lux Interior dont la verve blindée par de grosses rasades se serait lentement édulcorée dans les basses d’ESG.

En puisant indifféremment dans les registres des musiques classiques ou dans l’art du turntablism et du beatboxing, “Afterworks” génère des rythmes asymétriques étranges. Un cocktail parfait pour satisfaire les pas de danse les plus chaloupés. D’une piste à l’autre, leur website permet d’explorer un peu mieux la dimension ludique de cette esthétique bricolée.

CONCERTS

  • 14.10.11 Café de la Danse / Paris

  • 21.10.11 Lieu Unique / Nantes

ECOUTER

Ray Bartok, Big Land

RAY BARTOK - BIG LAND from RAY BARTOK on Vimeo.

Burial collabore avec Massive Attack

Fact vient de confirmer que Burial et Massive Attack ont collaboré sur deux titres produits par The Vinyl Factory et Inhale Go. Il s’agit d’une version de Paradise Circus et d’un morceau inédit intitulé ‘Four Walls’. Dépêchez-vous car l’objet n’existe qu’en vinyle et il n’y aura que 1000 exemplaires pressés.

Massive Attack vs Burial ‘four walls’

Shakira à la Maison-Blanche

La chanteuse Shakira a été nommée en tant que conseillère du Président Obama au sein de la Commission pour l’excellence dans l’éducation des communautés hispanophones. Elle doit cette reconnaissance aux efforts qu’elle a engagés avec l’association qu’elle a fondée en 1995 et qui a permis de scolariser plus de 6000 enfants en Colombie, en Afrique du Sud et en Haïti. Elle est également ambassadrice de l’UNICEF depuis 2003.

Club: Martyn, les fantômes du garage


Martyn entend réveiller les fantômes des soirées du Paradise Garage, l’époque où Larry Levan électrifiait les foules extatiques tout en posant quelques jalons indépassables à la mythologie du clubbing. À travers onze titres, l’album explore toute une gamme de sonorités et de rythmes aux teintes primaires. Un exercice de remémorisation, vaguement introspectif, qui n’est pas sans évoquer les incursions de Burial dans les univers du UK Garage et de la house.

VIDEO: Martyn, Viper

L’album ouvre d’ailleurs sur la voix de Spaceape qui, sur un ton robotique, nous guide à travers quelques-unes des étapes dans ce paysage de ruines matricielles. En puisant dans les cendres rougeoyantes des pionniers de la club culture, Martyn confirme son aptitude à toujours ouvrir des pistes novatrices. À l’instar de “Great Lengths” (2009), il y a de fortes chances pour que “Ghost People” reste un indicateur précis des nouvelles mutations opérées en matière de bass music.

ALBUM

Martyn - ‘Ghost People’ LP Exclusive Stream by Mixmag

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LUFF: Diamanda Galás, les lois de La Peste


PHOTO: Kristofer Buckle

Diamanda Galás ouvrira la 10e édition du Lausanne Underground Film Festival (LUFF)

Diamanda Galás se nomme au pluriel, force le respect et le trait d’une extase antinomique - parce que genèse d’une addiction à la douleur, ou quand le Beau sublime la Terreur - et impose au regard comme à l’écoute un bouleversement vicéral propre à renverser jusqu’à la génétique des habitudes perceptibles de notre temps.

Des nombreux qualificatifs qu’elle emploie elle-même pour se définir vis-à-vis du monde - dont elle sait arracher la chair odorante, celle qui se gangrène là où les yeux se cachent et les cupides se confondent - c’est celui de Peste qui semble tutoyer le plus honorablement les atours que Diamanda poète, Galás cantatrice, Merde de Dieu en duel avec le genre humain revêt comme un manteau épidermique d’où naît une contagion incontrôlable.

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Money Mark

Dix disques. Ceux que Mark Ramos-Nishita, alias Money Mark, emporterait sur son île déserte. Depuis «Mark’s Keyboard Repair», l’ébéniste et clavier des Beastie Boys a sorti six albums solo et de nombreuses collaborations. Il nous révèle un classement de disques «qui me rappelleront les meilleurs souvenirs de ma vie antérieure aux Etats-Unis, et qui conviendront le mieux à mes nouvelles occupations sur une île inhabitée.»






Pharaoh Sanders Thembi
J’avais souvent entendu parler de Pharaoh Sanders. C’est la fabuleuse pochette de «Thembi» qui m’a décidé à l’acheter il y a très longtemps. J’en connais maintenant tous les recoins. Son ambiance est envoûtante, le premier morceau tout particulièrement. Avant, je n’écoutais pas beaucoup de jazz – d’ailleurs, le jazz, je ne sais pas pas exactement ce que c’est, ça n’a pas de frontières.

The Beastie Boys Paul’s Boutique
Ça remonte à 1989, ce disque m’a immédiatement semblé extrêmement moderne. La façon des Beasties d’utiliser la technologie s’y révèle à la fois très hirsute et très novatrice. Ça fourmille d’idées.

Keith Jarrett The Köln Concert
Surtout pour sa face 2. Encore un disque que je connais par cœur. Sur l’île, il me rappellera une multitude de souvenirs auxquels il est fondamentalement lié. J’adore ses improvisations au piano. Je le mettrai et il m’aidera à improviser ma survie, par exemple à édifier une bicoque très ingénieuse.

The Beatles Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band
Un disque que mes parents passaient tout le temps. Il m’a donc particulièrement marqué, même si j’aime finalement autant le «White Album», «Revolver», «Rubber Soul». Mais «Sgt Pepper» possède en plus un côté épique et abouti qui me permettra de dilater le temps comme je le désire.

De La Soul 3 Feet High and Rising
Pour le fun. Quand la solitude sera trop oppressante, il me remontera le moral. Un disque à la fois intelligent, positif, et extrêmement créatif. Il compile en plus plein de disques que j’adore: ce sera donc pratique de l’emmener. C’est un peu le «Sgt Pepper» du hip hop – «Sgt Pepper» a d’ailleurs été enregistré dans une sorte d’esprit pré-hip hop.

Sly and the Family Stone There’s a Riot Going On
Chaque chanson de cet album possède une ardeur et une témérité impressionnantes. Quand j’étais petit, la radio diffusait énormément de hits soul splendides. J’adorais Al Green, Bobby Womack. Sly Stone parvenait en plus à déborder d’inventivité et de subversion sur la durée d’albums entiers – «Fresh» aussi est particulièrement brillant.

John Coltrane Blue Trane
Je hais l’idée de ne pouvoir prendre qu’un Coltrane avec moi. C’est affreux, inhumain. Il a exploré des terrains si différents, si époustouflants, si gratifiants. Disons «Blue Trane»: c’est le plus évidemment beau.

T.Rex Greatest Hits
Il est important pour moi d’écouter toutes sortes de musiques: mes goûts sont très éclectiques. Il me faudra donc du rock sur cette île déserte. T.Rex me semble un bon choix: ses morceaux dégagent une intensité à la juvénilité particulièrement communicative.

Minnie Ripperton Perfect Angel
Tout simplement parce que c’est le disque qui contient la plus belle chanson d’amour jamais écrite: «Lovin’ You». Aussi puissante que douce.

Billie Holiday Body and Soul
Probablement la voix la plus déchirante que je connaisse. Beaucoup de voix féminines m’émeuvent – Nina Simone, Roberta Flack –, mais celle de Billie provoque des frissons incomparables. L’écouter me rappellera que je suis un être humain.

Toro Y Mos contre les fantômes

Le dernier clip de Jordan Kim pour le titre How I Know de Toro Y Moi est particulièrement réussi.

Toro y Moi - How I Know from Jordan Kim on Vimeo.

Expériences: Jeff Mills, voyage accompagné


De thèmes cryptiques de Sun Ra jusqu’aux récentes références cybernétiques de Janelle Monáe, en passant par le P-Funk de Parliament/Funkadelic ou les délires DIY de Rammelzee, les métaphores liées à la conquête spatiale restent un des sujets les plus récurrents des musiques afro-américaines.

A ce titre, Detroit a toujours constitué un terreau particulièrement propice pour ce type d’extrapolations. En se réappropriant les discours associés aux rêves technologiques, plusieurs générations de musiciens ont été rechercher dans les tréfonds de l’espace toutes les promesses d’émancipation dont ils étaient dépossédés dans leur vie quotidienne.

Parmi les producteurs de Techno encore en activité, Jeff Mills continue à poursuivre cette quête à travers dans des champs toujours plus reculés. C’était le cas notamment en 2000, lorsqu’il composa une nouvelle BO au classique Metropolis. Un décrochage qui lui permettra de propager son utopisme au-delà des cercles restrictifs de la club culture. Après avoir déjà doublé plusieurs films du cinéaste allemand, il renoue cette année avec l’oeuvre de Fritz Lang en proposant son interprétation de “La Femme sur la lune” (1929).

CONCERT

Concours: Ane Brun, une ballade percussive


Originaire de Novège, Ane Brun est désormais une personnalité musicale incontournable de Stockholm où elle réside depuis une dizaine d’années. En regard de l’accueil enthousiaste réservé à son huitième album “It All Starts With One”, il semble que la lune de miel avec le public suédois n’est pas sur le point de se terminer.

Malgré quelques collaborations remarquées, notamment avec le Canadien Ron Sexsmith ou Nico Muhly, ainsi que ses tournées récentes en tant que choriste pour Peter Gabriel, elle reste encore quelque peu inconnue en dehors de Scandinavie.

Si sa musique reste avant tout bercée par un art de la ballade et du lyrisme, comme sur cette belle reprise de Cindy Lauper, ce Do You Remember percussif ne manque pas d’étonner.

CONCERT

CONCOURS

Nous vous offrons quelques places à gagner pour son concert du 15.10.11 au Trianon à Paris. Pour gagner des invitations, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI ANE” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 5 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.

Ane Brun, Do You Remember (2011)

Ane Brun - Do You Remember (Official Video) from Ane Brun on Vimeo.

Vybz Kartel accusé de meurtre

Pas forcément connu pour son caractère doucereux, Vybz Kartel risque de devoir suspendre sa carrière et ses différents petits business. Après avoir été arrêté dans un premier temps pour possession de marijuana, il vient d’être accusé pour la mort de Barrington Burton, un promoteur assassiné en juillet dernier. Les deux autres chefs d’inculpation sont la conspiration d’assassinat et la possession illégale d’une arme à feu. Le chanteur doit être entendu cette et entend déjà faire recours.

Rock: Kourosh Yaghmaei, un K special


À l’instar de nombreux pays du Moyen-Orient, l’Iran a été traversé par les poussées des mouvances occidentales dans le domaine du rock ou du r’n'b. Des artistes tels que Googoosh, Abbas Mehrpouya ou Pourain s’attelèrent à transgresser l’utilisation d’instruments traditionnels afin de donner de nouveaux élans aux musiques populaires persanes.

À cet égard, Kourosh Yaghmaei occupait une place à part et son oeuvre constitue un des incursions les plus marquantes en matière de psychédélisme. Accompagné par Kambiz aux claviers et le guitariste Kamran, le trio était très populaire vers les afin des années 70. Toutefois, leurs productions, essentiellement enregistrées sur des 45t, étaient devenues quasi introuvables.

Une lacune à laquelle l’archéologue Egon a décidé de remédier. Avec l’aide de Kaveh, le fils de Kourosh, il a compilé la première anthologie qui témoigne du groove de Téhéran peu de temps avant que la révolution ne transforme le pays en république islamique. A partir de cette date, 1979, Kourosh a été interdit pendant 17 années.

ALBUM

  • Kourosh Yagmahei, “Back From The Brink” (Now Again)

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Kourosh Yaghmaei, Niyayesh (Veneration) 1977

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Stevie et Janelle

Belle surprise lors du concert de Stevie Wonder à Rock in Rio lorsque Janelle Monáe est montée le rejoindre sur scène pour entamer un duo improvisé sur le classique Superstition.

Stevie Wonder et Janelle Monáe Superstition (Live in Rock in Rio 30.09.2011)





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