Auteur Vibrations

Live: Hamelmal Abate & Imperial Tiger Orchestra


Lorsqu’un beau jour de 2007, le Genevois Raphaël Anker décide de se lancer dans un projet autour des musiques éthiopiennes, il ne se doute pas que cette résolution l’amènera à réaliser quatre ans plus tard une création suivie d’une tournée européenne avec l’une des grandes dames de la chanson éthiopienne, Hamelmal Abaté. Une collaboration à (re)découvrir sur scène le jeudi 15 septembre au Point Ephémère.

Raphaël Anker est trompettiste de son état. Depuis toujours - peut-être parce que son père résida un temps au Cameroun -, il est amateur et collectionneur de musiques africaines. Depuis 1995, il écoute et se passionne pour les chansons de l’âge d’or éthiopien (1965-1975). En 2007, il décide de faire le pas et de se lancer dans une réinterprétation de ce répertoire.

Il convoque les potes musiciens qu’il sait assez fous pour se lancer dans ce pari audacieux. Certains viennent du free jazz, d’autres du rock progressif, d’autres de la soul et du funk. Et comme ils ne se prennent pas trop au sérieux, ils décident de prendre pour nom Imperial Tiger Orchestra, un double clin d’œil au lion, symbole de la culture éthiopienne et au roi de la musique éthiopienne, Mahmoud Ahmed qui fit ses débuts au sein de l’Imperial Bodyguard Band.

Le groupe se prend au jeu, répète, se perfectionne et attire l’attention du grand manitou des musiques éthiopiennes en France, Francis Falceto. En 2009, ce-dernier les invite au festival qu’il organise chaque année à Addis Abeba. Imperial Tiger Orchestra joue dans plusieurs salles, de l’Alliance française à un club de la banlieue de Bolé en passant par l’hôtel Sheraton. Mais surtout, il passe une nuit à jammer au club Fendika avec des musiciens Asmari. Parmi eux, le joueur de massenqo (violon à une corde): Endress Hassan.

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Concours: Swiss Vibes à votre porte…

Depuis deux ans, Vibrations s’active de plus en plus au sein de Swiss Vibes. Swiss Vibes ce fut d’abord une simple compilation gratuite envoyée aux abonnés du mag. Un CD, sous titré from jazz to pop, pour sortir la Suisse et sa musique des clichés. Fort des retours et réactions positives, de plus en plus impressionnés par cette scène qui ne cesse de se développer artistiquement, Swiss Vibes a pris de l’ampleur en 2011.

Une nouvelle compilation a vu le jour. En complément à cette plage sonore, un blog swissvibes.org a été lancé. On peut y trouver des infos sur le projet, une mixtape, des extraits audios et des interviews. Mais surtout des contributions des artistes eux-mêmes dont une excellente vidéo de l’Imperial Tiger Orchestra, adeptes de musiques éthiopiennes, en mini-tournée en France. Quelques minutes brutes de décoffrage qui enlèvent pas mal de glamour au mythe des « musiciens on the road ».

Également intéressant une démonstration de sampling de la chanteuse helvetico-nigérianne, Oy. Allez-y jetez un œil et envoyez-nous un mail à e.stoudmann@gmail.com en indiquant « Merci Swiss Vibes » ainsi que votre nom, prénom et adresse postale pour gagner une des 20 compilations mise au concours par vibrationsmusic.com!

www.swissvibes.org

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Stéphane Belmondo

Pour Stéphane Belmondo, les choses sont claires : partir sur une île déserte avec dix disques serait une catastrophe ! Alors que paraît son premier album sans son frère, “The Same as It Never Was Before”, il s’est néanmoins résolu à rassembler « Les quelques disques qu’il a l’impression d’écouter depuis toujours »


Maurice Ravel “Concerto en sol par François Samson”
J’ai choisi spécifiquement cette version parce que j’adore François Samson. Malheureusement il était alcoolique. Il traînait beaucoup dans les clubs de jazz parisiens à l’époque où Bud Powell et des gens comme lui s’y produisaient. Du coup, il a une façon de jouer Ravel très jazz. Quant à Ravel, c’est un génie de la mélodie, un génie de l’orchestration. Il est hors du temps.

Coltrane La période Impulse…
C’est le musicien qui m’a fait le plus peur. Mon oreille de musicien m’a dit : «Qu’est-ce que c’est que ce truc-là ?». En même temps, mon oreille humaine était vraiment touchée. Ça m’a remué à un point dont je ne peux même pas parler aujourd’hui. Coltrane est mort très jeune. Mais il ne pouvait pas rester plus longtemps. C’était une étoile filante, ce mec-là !

Ellis Regina “Sings Nascimento”
Milton Nascimento m’a avoué avoir écrit toutes ses chansons en pensant à Ellis Regina. C’était sa muse. Elle fait passer une émotion incroyable dans sa voix. Il y a une énorme souffrance. Je la place tout près d’Edith Piaf. Je l’écoute quasiment tout le temps. Même quand je n’écoute pas de musique, elle est là, dans ma tête. Elle me ressource.

Stevie Wonder “Songs in the Key of Life”
Sur chaque disque de Stevie Wonder, il y a des morceaux qui me boulversent et d’autres que je n’écoute pas. «Songs in The Key of Life» est le seul que j’écoute de bout en bout. En 2004, j’ai fait l’album « Wonderland» en sextet qui lui était entièrement dédié. On parle tout le temps de la voix de Stevie Wonder, mais c’est aussi un pianiste et un harmoniciste extraordinaire.

Milton Nascimento “Club da Esquina”
Les deux volumes de «Clube da Esquina» marquent la réunion de quelques amis qui discutaient de ce qui n’allait pas alors au Brésil. On ne le sait pas, mais certaines des chansons de Milton Nascimento ont été censurées par le gouvernement brésilien.

Le Mystère des Voix Bulgares “Volume 1″
Ça pourrait être de la musique brésilienne, même si c’est géographiquement complètement à l’opposé. J’aime les musiques qui prêtent au recueillement. Les harmonies sont extrêmement complexes. Je crois que c’est ça le mystère : les harmonies. Parfois, j’y entends la musique classique du XIXe siècle. Fondamentalement, je suis persuadé que tout se rejoint. Il n’y a qu’une seule musique.

Joni Mitchell “Travelogue”
Je suis fan de la dernière période de Joni Mitchell. Dans ce disque, elle réinterprète son répertoire avec Herbie Hancock, Wayne Shorter, Brian Blade, Billy Preston, Kenny Wheeler et un grand orchestre classique. J’adore parce que cela montre qu’on peut faire le même morceau différemment. Avec en prime aux arrangements Vince Mendoza qui est un génie.

Maurice Durufflé «Requiem»
J’ai grandi avec la musique classique. J’ai joué très tôt dans des orchestres symphoniques, dont celui d’Aix. Beaucoup de requiems qui sont magnifiques, mais ici le travail de composition et des harmonies est génial. Le jazz n’a rien inventé au niveau des harmonies. On a tendance à l’oublier. Et puis dans ce Requiem, il y a bien sûr aussi les voix et la dimension spirituelle.

Bill Evans Trio with Symphony Orchestra
C’est Michel Petrucciani qui m’a fait découvrir ce disque. Mon frère, qui a le même âge que Petrucciani, était copain avec lui. D’ailleurs quand Petrucciani est parti aux Etats-Unis, il nous a laissé sa collection de 500 vinyles. J’écoutais ce disque quand j’avais 13 ans. Je peux me tromper, mais je pense que Bill Evans a été le premier jazzman à s’attaquer au classique. Il m’a beaucoup influencé par son sens de l’improvisation et son sens de la mélodie. Son « son» de piano est comparable à un son de bugle.

Freddie Hubbard “The Love connection”
Freddie Hubbard a une façon très physique de jouer la trompette. Quand je le regardais jouer, sa façon de tenir l’instrument, sa façon de se tenir, tout me semblait couler de source. Je pense que c’est un grand compositeur méconnu. Il y avait en lui les prémisses du jazz que l’on fait aujourd’hui et une « couleur » bien à lui. Il a fait des disques avec les pires accompagnements, mais son jeu est tellement magnifique qu’il fait tout oublier.

Jaco Pastorius “Word of Mouth”
C’est la synthèse de tout. On a toujours parlé du bassiste, mais quel compositeur ! Ce disque est un enregistrement rapiécé, un big band éclaté. Y participent Wayne Shorter, Herbie Hancok, Toots Thielemans et bon nombre d’autres grands musiciens Certains ont enregistré à New York, d’autres à Bruxelles. Et Jaco Pastorius a tout orchestré dans son studio. C’est son « son» de base qui touche en premier. Mais c’est un très très grand orchestrateur. Un génie lui aussi.

ALBUM

  • Stéphane Belmondo The Same as It Never Was Before (Girl In Blue/Verve)

Festival: Nantes, la ville métisse

Lokua Kanza © Edgar Cabrita

Le temps d’une nuit, la très sérieuse Cité des Congrès de Nantes se part des atours des cultures des quatre coins du monde

Il fallait oser : investir la très sérieuse Cité des Congrès de Nantes et la transformer le temps d’une soirée – le 11 décembre 2010 - en vaste lieu de création artistique, musicale et engagée. Depuis 18 ans, Tissé Métisse ose et remporte ce Paris. Dans les frimas d’avant-Noël, elle rassemble plus de quinze mille personnes autour de son action engagée. Regroupant beaucoup d’associations d’immigrés de Nantes, elle leur donne un lieu éphémère pour s’exprimer, échanger, festoyer.

L’après-midi, les différentes salles de la Cité sont investies pour des débats filmés sur des thèmes comme les sans papiers ou les gens du voyage. Le soir: place à la musique avec des artistes aussi militants qu’intéressants : Mouss & Hakim, Zaz, la fanfare angevine La Zikabilo ou encore Lokua Kanza dont les ballades polyphoniques et conviviales ont ravi les oreilles des spectateurs du Grand Auditorium.

Grâce à un système bien étudié de contremarques, Tissé Métisse ne tombe pas dans le piège du grand raout world ou les gens ne font que passer, écoutant sans grande attention une multitude d’artistes. Ce qui a permis à Lokua Kanza de convier 1500 personnes dans son univers intimiste et humaniste. Les couloirs et galeries qui relient les salles ont quant à elles permis de découvrir des expositions de photos, de s’amuser avec les sculptures sonores du collectif PhiléMoi ou de se sustenter dans la diversité. Tissé Métisse est une manifestation citoyenne à saluer et à partager!

Festival Tissé Métisse Sculpture sonore © Phil Journé

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World: Lokua Kanza, tendre vers l’universel


Lokua Kanza se produira lors du festival Afro-Pfingsten

On ne peut plus vraiment qualifier la musique de Lokua Kanza de musique africaine. Certes notre homme est Congolais, a fait ses classes chez Abeti puis Ray Lema. En près de vingt ans de carrière il n’a enregistré « que» six disques, mais est un compositeur que les plus personnalités artistiques les plus variées s’arrachent. Sous son nom, il s’impose par une approche très personnelle, qui tend pourtant à l’universel.

Depuis un peu plus d’une année, Lokua Kanza ne vit plus seulement entre Kinshasa et Paris, mais a aussi élu un domicile à Rio. De quoi s’enrichir encore. Son dernier album «Nkolo» (qui signifie «Dieu») en est la preuve. D’abord il y a la voix : intime et ouverte, elle est en lien direct avec le cœur autour duquel elle enroule ses polyphonies. Accords de guitares ou de piano, percussions légères, ondes Martinot: avec assez peu de moyens, Lokua Kanza semble construire une musique pour grand orchestre.

Un titre en français, un autre en portugais manifestent de son utilisation de la langue comme d’un instrument. Les entrées dans l’univers musical de Lokua Kanza sont multiples et toujours riches. Deux duos – l’un avec la nouvelle star congolaise Fally Ipupa, l’autre avec le chanteur brésilien Vander Lee – viennent compléter ce tableau en douze touches. «Nkolo» est l’album le plus ample de Lokua Kanza à ce jour. Un coup de maître, tout simplement.

Le 23.05.10, Lokua Kanza sera la tête d’affiche de la soirée Acoustic Africa, où se produiront également Bassekou Kouyaté et Blick Bassy, lors de la 21e édition du Festival Afro-Pfingsten.

FESTIVAL

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Festival: Factory, Retour vers le futur


PHOTO: Joël Sunier © Montreux Jazz Festival Fondation

En quatre sessions musicales, la série Factory du Festival d’île de France a généré les rencontres et les échanges musicaux les plus osés.

Par Elisabeth Stoudmann

Les photos étaient explicites. RV (Hervé Salters) joue des synthés, chante et fait des sauts d’acrobates comme si le bas de son corps s’était dissocié de ses bras rivés aux touches du clavier. General Electriks a pris d’assaut la scène de la Cigale. Trois claviers, un vibraphone et une rythmique trépidante pour décliner ce mélange de funk, pop et beats inédits et une onde de choc vibratoire qui laisse le public pantois, en transe. Un peu plus tard, Tony Allen, impérial dans son costume africain, dirige du haut de sa batterie son groupe dont les musiciens sont originaires de tous les horizons. Avec en prime, une nouvelle voix de Lagos, Ayo, venue tout exprès pour l’occasion. Son chant soul mène la danse pendant la petite heure de concert, malheureusement trop court pour vraiment décoller.

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World: Musiques métisses, quand les femmes s’en mêlent…

Susheela Raman et Rokia Traoré furent les deux concerts événements de l’édition 2008 du Festival Musiques Métisses d’Angoulême

Susheela Raman, en tunique noire, en trio, affronte en toute simplicité les 4000 spectateurs venus en masse en ce vendredi 9 mai à cette soirée consacrée aux voix de femmes. Arpentant la scène, accrochée à son micro, elle hulule, elle feule. À ses côtés, complice, son guitariste développe un paysage sonore fait de riffs, d’arpèges et de boucles rythmiques qu’il actionne à l’aide de ses pédales. En contrepoint, un joueur de tablas donne la tonalité indienne indispensable à cet univers. Quand Susheela Raman est sur scène, elle se donne complètement, son corps frissonnant aux vibrations musicales, son pied battant fermement la scène. Et elle peut aussi bien invoquer un Dieu tamoul traditionnel que faire état du cosmopolitisme londonien, tout se fond dans son univers personnel, intense. Après un final en transe, elle s’en va à bout de souffle.

Hors scène, quelques minutes plus tard, elle explique : «Les gens veulent toujours me mettre dans une catégorie. Aujourd’hui je travaille sur un projet de plate-forme Internet qui rassemblerait tous les musiciens indiens, ceux qui résident sur place comme ceux de la diaspora. Il faut absolument élargir la vision que l’on a de la musique indienne, qui reste celle de la musique classique ou de Bollywood». Son nouveau disque, à paraître début 2009, ne prendra pas la même forme que son concert. Ce serait trop simple. Susheela explique qu’il sera plus dubstep, plus électronique, en un mot plus Susheela Raman…

À sa suite, Rokia Traoré entre sous le grand chapiteau de Musiques Métisses. Nouveau disque, nouvelle direction musicale qui affirmait déjà un léger penchant pour la guitare rock. Sur scène, ce penchant devient une nouvelle formation où tous les instruments traditionnels ont disparu au profit d’une rythmique française et deux guitaristes maliens. Si «Tchamanché» est calme, contrôlé, la prestation scénique de Rokia Traoré est digne d’une rockeuse. Sa silhouette ultra-fine ondule aux rythmes de ses musiciens. Le spectacle est carré, bien foutu, efficace. Rokia Traoré s’enflamme et séduit aussi par ses déclarations entre les morceaux, par son espoir irréductible en une Afrique unie, apaisée. Le public l’ovationne : la carrière de star de Rokia Traoré ne fait que commencer.

Dommage qu’Asa, en ouverture de la soirée n’ait pas été à la hauteur de ces deux grandes chanteuses. Le groupe de requins de studios qui l’entoure malmène durement son concept pop-soul et sa voix pourtant magnifique. Reste à espérer que la prestation de ses deux consoeurs l’inspire à avancer.

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VIDEO: Rokia Traore, Dounia, Live au Festival Musiques Métisses 2008

Afrique: La leçon de Toumani Diabaté

Toumani Diabateling©malik sidibé

Toumani Diabaté photographié par Malick Sidibé

Le célébrissime griot s’offre un album de kora puissant qui marie virtuosité, émotion et spiritualité. Découvrez son talent en images

Toujours désireux de surprendre et d’avancer, Toumani Diabaté fait paraître son album le plus ambitieux et abouti à ce jour, “The Mandé Variations”. Ce qui n’est pas peu dire pour ce griot prêt à relever tous les défis musicaux depuis des lustres. Björk, Damon Albarn, Taj Mahal, Ali Farka Touré, pour ne citer que les plus célèbres, ont eu recours à ses services. Aujourd’hui Toumani Diabaté revient à l’essentiel: sa kora et ses 21 cordes magiques. “The Mandé Variations” va à l’encontre de toutes les idées reçues sur la musique africaine. Enregistré en quelques nuits dans un studio londonien, il s’impose comme un manifeste d’inspiration, de talent et de spiritualité. Démonstration technique et interview express du jeune maestro dans les quelques minutes de vidéo ci-jointes. Avec en prime une improvisation autour d’un classique de la musique d’Afrique de l’Ouest. Que demander de plus?

VIDEO

CONCERT

  • 25/04 Paris, Théâtre des Bouffes du Nord

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MySpace de l’artiste

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Hommage: Andy Palacio, martyre garifuna

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Emporté à 47 ans par une attaque cérébrale, Andy Palacio était sur le point d’inscrire le Bélize sur la carte des musiques du monde. Comme en son temps Cesaria Evora l’a fait avec le Cap Vert.

Injuste: voilà le premier mot qui vint à l’esprit le 19 janvier 2008 à l’annonce de l’attaque cérébrale puis du décès de Andy Palacio chanteur garifuna et haut diplomate au Bélize. L’année passée, Andy Palacio nous avait envoûtés avec Watina. Voix vibrantes, rythmes aux confluents de l’Amérique latine et de l’Afrique, mélodies viscéralement nostalgiques et esprit funky ont fait de ce disque un incontournable qui s’écoutait en boucle.

Watina c’était aussi l’aboutissement d’un travail acharné pour faire connaître au reste du monde la culture garifuna. Les ancêtres des Garifunas étaient des esclaves ouest-africains qui, sur le point d’achever leur triste traversée de l’Atlantique tentèrent la rébellion. A l’approche de l’Amérique, leurs navires firent naufrage. Les Garifunas parvinrent ainsi à établir leurs colonies le long des côtes d’Amérique centrale en se mêlant à la population locale indienne et caraïbe. Irréductibles défenseurs de leur identité, les Garifunas sont aujourd’hui 250 000 et ont su préserver leur musique, leur danse, leur langue à tavers les siècles.

Depuis plus de dix ans, Andy Palacio et son ami et producteur, Ivan Duran, essayaient par tous les moyens de diffuser la musique garifuna, sous sa forme traditionnelle, comme dans ses derniers avatars hautement sexy du punta rock. Chaleureux, joyeux, empreint de spiritualité, Andy Palacio, était le meilleur ambassadeur de cette musique en devenir. Watina, unaniment salué par la critique, lui ouvrait enfin la clef de la sène internationale. Une tournée était prévue en mai. Coupé dans son envol, Andy Palacio n’aura pas eu le temps de savourer son succès. Il aura toutefois entrouvert une porte. A d’autres, comme le talentueux Aurelio Martinez, de prendre le relais et de l’ouvrir toute grande.

Prophète en son pays, Andy Palacio a reçu des funérailles nationales. Le 25 janvier un hommage en musique lui sera rendu dans la ville de Bélize. Amis, fans ou simples auditeurs sont invités à écrire leurs commentaires sur les blogs référencés ci-dessous.

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Rap: MC Solaar parle de son comeback


Le pionnier emblématique du hip hop français parle de la scène actuelle et de ses aspirations musicales, tout en posant une regard lucide sur notre société

INTERVIEW (15 min)


Interview réalisée par Elisabeth Stoudmann pour l’émission Radio Paradiso de la RSR1

CONCERTS

02/12 Centre culturel / St-Marcel de Vernon
03/12 Salle Jacques Brel / Gonesse
06/12 Bataclan /Paris
07/12 Bataclan /Paris
08/12 Bataclan /Paris
09/12 Bataclan /Paris
11/12 Bataclan /Paris
12/12 Bataclan /Paris
14/12 Salle Aragon / Saint-Dizier
16/12 Aeronef / Lille
19/12 Auditorium Stravinski / Montreux

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ALBUM

Chapitre 7, MC Solaar, (Warner)

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Youssou N’Dour marche en faveur du Darfour

Depuis son magistral opus Egypt qui défendait les valeurs de l’Islam, depuis qu’il a été nommé ambassadeur de l’UNESCO, on savait Youssou N’Dour artiste engagé. Alors qu’il vient à Montreux dans le cadre du projet “Gorée”, un film et une rencontre qui remonte la route de l’esclavagisme, Youssou N’Dour organise vendredi 6 une marche de sensibilisation pour le Darfour. Alors que cette partie du Soudan vit une des plus grandes crises humanitaires du monde, l’opinion internationale semble indifférente ou uniquement intéressées à mettre la main sur les ressources pétrolières du pays. Rendez-vous donc à la Place du Marché de Montreux à 18 h pour cette marche en direction du Palais des Congrès qui ouvre les portes du 41ème Montreux Jazz Festival.

film: Wijdan, les transes africaines

Rencontre filmée, qui paraît en DVD, entre deux maîtres de la transe: le Gnawa Brahim El Belkani et le Malien Sibiri Samaké. Inédit et impressionnant, comme le montre un extrait de Wijdan

Que tous ceux à qui le mot transe fait peur jettent un œil à ce film! Wijdan démontre à merveille le naturel de ces cérémonies, la simplicité des acteurs qui les animent et leur ouverture d’esprit. Avec dans les rôles principaux Brahim El Belkani, grand joueur de guembri gnawa, et Sibiri Samaké, musicien et chasseur malien.

Ces deux-là se sont rencontrés, il y a quelques années. D’emblée des points communs sont trouvés: gnawa et chasseur pratiquent tous deux des musiques de transe aux pouvoirs guérisseurs. Les Gnawas sont des descendants d’esclaves d’Afrique de l’Ouest et chantent en bambara. Brahim, comme Sibiri, est à la tête d’un ensemble familial. Passé ce préambule, les deux auteurs de ce documentaire, John Allen et Bella le Nestour, retracent la trajectoire hors norme de chacune de ces personnalités.

Images d’archive, souvenirs de Brahim El Belkani et répétitions en famille offrent une vision inédite de ces musiques, qu’on croit à tort diaboliques parce que secrètes. Au-delà de cette évocation, ce documentaire pose également la question de l’appartenance à une culture ainsi que celle des racines. A l’heure où, en Afrique comme en Europe, les liens sociaux et familiaux sont de plus en plus complexes, cette “rencontre des âmes” (traduction littérale de “Widjan”) nous donne quelques clefs et une raison supplémentaire de visionner ce film.

VIDEO

  • Extrait du DVD Wijdan, avec une interview de Brahim El Belkani et des images d’une lila, cérémonie de possession qui dure toute la nuit (taille du fichier: 19.8 Mo).

DVD

  • Wijdan, Le mystère de la musique de transe des Gnawas. De John Allen et Bella Le Nestour (Possible Pictures/Harmonia Mundi)

PROJECTION

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festival: Musiques Métisses, le retour des doyens

DEBASHISH BHATTASHARYA

Sur son nouveau site moins convivial, Musiques Métisses confirme avec une programmation impeccable qu’il est l’un des meilleurs festivals de musiques d’ailleurs

Jeudi 19 mai, 15 h: une pluie fine tombe sur l’immense bâtisse rouge et grise de l’Espace Carat, la nouvelle grande salle du festival Musiques Métisses, en banlieues d’Angoulême. L’espace du festival se déploie autour des deux autres scènes gratuites et du pavillon consacré aux Littératures Métisses. Au ciel des statues éphémères attachées à des perches suscitent les commentaires les plus variés. On fait ce qu’on peut pour remplacer l’ambiance de l’ancien site sur l’Ile de Bourgine, au bord de l’eau… Au bistrot des Rives de la Charente, on se plaint et l’on s’interroge sur la météo. Un spectateur s’arrête et demande où se trouve le marché africain. “Il n’existe plus”, lui répond-on, la nouvelle commune n’ayant pas voulu s’en occuper. Heureusement le vin rouge, délicieux, remonte le moral des plus déçus. Et quand les premières notes de musique africaine s’échappent d’un chapiteau, impossible de continuer à maugréer. Musiques Métisses reste le rendez-vous incontournable des musiciens authentiques et inspirés des quatre coins du monde.

Cette année, les représentants les plus intéressants de la nouvelle génération auront été Motion Trio, Mayra Andrade, l’enfant prodige du Cap Vert et Debashish Bhattacharya. Ce musicien indien, sacré maître à 40 ans, s’est créé son propre instrument entre cithare et slide guitar, soit 20 cordes et un boîtier finement ciselé. En un mot: une œuvre d’art. Trois doigts de sa main droite coiffés de dés argentés s’agitent à tout allure sur ces cordes et en tirent des arpèges hypnotiques. Saisissant. Du côté des vétérans – des doyens – la reformation de l’Orchestre des Bantous de la Capitale était sans conteste l’événement de cette édition. Véritable institution de la musique congolaise, les Bantous, dont les premiers pas musicaux remontent à 1959, ont connu moult bouleversements, pauses et reprises. La guerre semblait avoir mis un point définitif à leur carrière. Mais 48 ans plus tard, quatre des membres historiques ont à nouveau fait appel à de jeunes musiciens pour recréer un big band. Sur scène, les inventeurs du cha cha cha “made in Africa” font chalouper le public avec leurs vieux tubes surannés, improvisent un titre “Festival d’Angoulême” et philosophent. Les Congolais de l’audience, jeunes et moins jeunes, sont émus à l’écoute de ces classiques de leur enfance alors que les autres s’amusent du charme de ces cabotins professionnels.

Pendant ce temps, dans la salle Carat, ce sont les concerts les plus émotionnels qui ont fait l’unanimité. Abd Al Malik et ses histoires humaines, Les Congos dont les voix n’ont rien perdu de leur pouvoir de séduction, Lo’Jo et ses chansons du monde, Rachid Taha en pleine forme galvanisant le public de ses harangues ou Terakaft, nouvelle formation touarègue prometteuse.

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film: le festival documentaire Visions du Réel en musique

Magic Radio, film sur les radios libres au Niger, présenté au festival du documentaire Vision du Réel (Nyon, Suisse), est à nouveau projeté au Bourg de Lausanne demain et sera suivi de la performance de deux rappers: ZM et Fan Flex.

S’intéressant à l’explosion des radios libres au Niger, Magic Radio montre leur importance dans un pays où la majeure partie de la population est illettrée. Luc Peters et Stéphanie Barbey, les deux réalisateurs suisses, s’en donnent à cœur joie. Conseils de beauté ou d’hygiène de vie, discussion conjugale hebdomadaire par un groupe d’hommes hilarants, émissions éducatives pour enfants: chaque émission montre à quel point l’approche africaine est radicalement différente de l’occidentale, qu’elle soit touchante, drôle ou tragique.

Conséquence de cette libéralisation des ondes nigériennes, un mouvement de rap (on parle de près de 300 groupes) s’est constitué. Parmi eux Fan Flex et surtout ZM, première femme rappeuse d’Afrique de l’Ouest. Le flow fluide, sereine, ZM a une mission: parler aux femmes et pour les femmes, histoire de faire avancer les mentalités… Son morceau “Femme rurale” justifie à lui seul d’aller voir le film et de l’écouter en concert ce mardi au Bourg à Lausanne.

Autre genre, autre ambiance, le réalisateur Mika Kaurismäki a choisi pour interprète principal de son documentaire Sonic Mirror le batteur de jazz Billy Cobham. Son postulat: démontrer en passant du Brésil à un centre pour autistes en Suisse et concert symphonique en Finlande que la musique est le véhicule d’une puissance supérieure, un outil de communication possible même lorsqu’on est en présence d’un traumatisme psychologique, ou d’une situation sociale sans issue. Un projet ambitieux dans lequel Kaurismäki se perd, mais qui vaut qu’on s’y arrête pour une scène finale d’anthologie. Images et sons d’un défilé de tambourinaires brésiliens alternent avec des extraits d’un concert de Billy Cobham devant un parterre d’autistes. Peu à peu la bande son de l’école de samba devient l’unique fond sonore des deux scènes et les mouvements des autistes dansant sur cette musique qu’ils n’entendent pas bouleversent.

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PROJECTION ET CONCERT

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slam: Souleymane Diamanka, le griot de la rue

Quand le slam de cette voix grave, posée, s’inspire de la tradition des griots de l’Ouest africain, le genre explose. En tournée en France: des places à gagner à Paris et Bordeaux

« Je ne suis qu’un pauvre griot assis au pied d’un baobab en béton… » Souleymane Diamanka, griot de la rue, slamer de Bordeaux à Paris, apparaît comme un mirage, une fulgurance. Sorti de nulle part, il accouche d’un album mature sous toutes ses coutures. Textes, musiques, état d’esprit, chanteuses invitées (Kayna Samet, les Nubians), tout colle. Au point qu’on se demande ce qui pourra bien être dit ensuite. Mais ça, c’est une autre histoire.

L’Hiver Peul est la photographie d’un homme héritier d’une tradition africaine (les Peuls du Sénégal) et bien ancré dans la vie française actuelle. Cela donne une poésie mystérieuse sur des musiques soul, jazz, chanson française ou africaine. Un album d’émotion pure qui s’écoute d’une traite et laisse des bribes de phrases pêle-mêle dans la tête. Mais derrière l’apparente décontraction se cache un travail de titan pour celui qui écrit son premier texte en 1994 et ne sort son premier disque que treize ans plus tard.

Entre-temps, Souleymane Diamanka a mis sa verve poétique au service des Nubians, participé au Slam Opéra et collaboré à l’écriture du livre J’Ecris en Français Dans Une Langue Etrangère. Pour ce disque, il s’est associé au « concepteur musical » Woodini, posant ses textes a cappella, lui laissant ensuite le soin de les habiller. Un travail auquel son complice s’attelle en gardant toujours à l’esprit de mettre en valeur la voix, les voix … Dont celles du père de Souleymane Diamanka ou du grand griot peul Sana Seydi.

CONCOURS - LE CONCOURS EST FERME

Pour gagner une invitation au concert de Souleymane Diamanka, indiquez la ville et date de votre choix en mentionnant encore vos nom, prénom, adresse postale et email à concours@vibrations.ch. Merci de rappeler “Diamanka” dans l’intitulé du message. - 4 fois 1 invitation pour le 24/5: Paris, Lavoir Moderne
- 2 fois 1 invitation pour le 2/5: Bordeaux, Son’Art

Les gagnants seront avertis par email.

A VOIR

  • des petits clips vidéo de la maison de disques qui donnent à connaître mieux l’artiste selon des angles différents

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ALBUM

  • Souleymane Diamanka, L’hiver Peul (Barclay)

CONCERTS

  • 24/4: Paris, Lavoir Moderne, 25-26/4: Toulouse, 27/4: Aix les Thermes, 28/4: Carcassonne, 2/5: Bordeaux, 3/5: Rennes, 4/5: Laval, 5/5: Cholet, 15/5: Lille, 22/5: Amiens, 23/5: Lyon, 24/5: Marseille, 6/6: St Etienne, 7/6: Clermond Ferrant, 8/6: Lyon, 9/6: Avignon

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chanson du monde: les voyages de Lo’Jo

Le groupe Lo’Jo fête ses 25 ans d’existence avec une double compilation et 3 cartes blanches à la Maroquinerie où se croiseront amis musiciens, DJs et créateurs de performances visuelles. Un univers foisonnant à découvrir de toute urgence. 20 albums à gagner. Répondez à la question du concours à la fin de l’interview!

C’est la première fois que vous fêtez un anniversaire. Pourquoi celui-là et pas celui des 10, 15 ou 20 ans ?
Denis Péan. C’est un prétexte. Un prétexte qui permet de clore symboliquement une étape. Sur un disque, on a compilé des anciennes chansons et sur l’autre celles d’amis qu’on a rencontrés en route qui raconte aussi notre histoire.
Richard Bourreau. Pour moi Lo’jo est une école. On a appris la vie ensemble. La musique fait partie de ça, mais c’est un tout. Par rapport à d’autres groupes, notre évolution a été très très lente. Mais, petit à petit, on a gravi des marches. Dès que quelque chose d’un tant soit peu merveilleux nous arrive, on est excités comme des gamins. Je crois que c’est notre côté « campagnard» qui nous sauve, qui nous empêche d’être blasés !
Avez-vous aimé réécouter vos vieux morceaux?
Denis Péan. Cela m’a fait penser à une construction du facteur Cheval plus qu’à une œuvre musicale.
C’est-à-dire?
Denis Péan. Le facteur Cheval est un facteur de la Drôme qui a passé sa vie a récolté des cailloux. En s’inspirant de timbres étrangers qui venaient d’Inde, de Turquie ou d’Amérique latine, il a construit son palais idéal. Se retourner sur son chemin pour récupérer ce qu’on a trouvé et, à partir de là, façonner un monde inédit: Lo’Jo c’est ça.
Vous vous êtes faits tout seuls, en autodidactes?
Denis Péan. J’ai appris la musique comme on apprend une langue étrangère, quand j’avais 16 ans. J’ai donc balbutié pendant longtemps. Que ce soit dans la pratique de mes instruments, dans la composition, dans l’écriture de la musique, dans le chant et dans l’organisation sociale. Mais on a immédiatement voulu faire quelque chose qui était nous-mêmes, sculpter notre propre matière, trouver le style. On ne s’est pas mis dans le chemin du reggae, du jazz ou de la musique tzigane.
Est-ce que vos objectifs initiaux ont beaucoup changé par rapport à aujourd’hui ?
Denis Péan. Au départ c’était un projet complètement confus qui n’était même pas formulé. C’est le nom qui lui a donné un sens. Parfois, le projet n’existait quasiment plus parce que les gens avaient fui, parce qu’il n’y avait pas de concerts ou de perspectives professionnelles. Il y avait juste le nom qui était un fil. C’est d’ailleurs le nom Lo’Jo qui fête ses 25 ans. Le mot de Lo’Jo peut se traduire en musique, en image, en philosophie de vie. C’est un mot inventé qui n’a aucune signification et qui nous laisse toute liberté.
On vous qualifie maintenant volontiers de passeurs puisque vous avez initié les carrières du Gangbé Brass Band ou de Tinariwen. Comment vous situez-vous par rapport à ce rôle?
Denis Péan. Nous avons indéniablement joué ce rôle. C’est une autre improvisation générale en dehors de la musique en fonction des circonstances.
Vous vivez dans une maison communautaire et vous êtes également très actifs à Angers et dans toute votre région?
Denis Péan. On a toujours été très actif et militant dans toute la région, que ce soit auprès des écoles, des hospices, des centres pour handicapés, ou de toute autre institution qui fait appel à nous. On a arpenté partout. On fait toutes «les brousses» d’ici. Ce n’est donc pas un hasard si le maire de Mûrs-Erigné nous a offert la jouissance de la maison de la Fontaine du Mont.
La deuxième compilation «Chants d’amis» que vous faites paraître dans ce coffret anniversaire rassemble des musiques très variées et pourtant il s’en dégage une certaine unité, une cohérence. Quel en est le fil conducteur?
Nadia Nid El Mourid. Nous avons choisi uniquement des artistes amis, des gens avec qui l’on a partagé quelque chose, qu’on a côtoyé. Il y a une histoire avec chaque personne de ce disque. Denis Péan. Cela nous a aussi permis de revendiquer certaines choses musicalement. Par exemple en y mettant un titre de Scott Taylor qui est un musicien tellement inspiré, tellement original, mais tellement peu reconnu. De cette façon Lo’Jo peut aussi être un label pour certaines personnes. On voit bien ce qui relie tous ces gens-là. Qu’ils viennent de très loin comme Tinariwen ou d’à côté de chez nous comme Gérard Piéron. Ce disque rassemble toutes nos influences, des cultures très anciennes à des formes très actuelles comme le groupe Ez3kiel.
Quelle est l’histoire du morceau d’ouverture de ce disque, ce rap de Bamako bourré d’énergie?
Nadia Nid El Mourid. Le groupe s’appelle Guérébou Kounkan (myspace). Ce sont des enfants de rue de Bamako. En en public, c’est incroyablement fort et c’est un gamin de 13 ans qui chante ! Cette chanson est un appel au Président malien pour lui dire qu’il y a une urgence à s’occuper de la jeunesse. On les a rencontrés lorsqu’ils sont venus travailler chez nous avec le rapper Kwal (myspace)
Parallèlement paraît le recueil de poésie de Denis Péan «Musée de la Parole» ?
Denis Péan. Ça c’est un projet personnel. J’aime la poésie parce que c’est quelque chose de tout à fait invendable. Il est impossible d’en vivre, ce qui épure le nombre des concurrents… C’est un artisanat très précis, comme celui d’un tailleur de pierres. Dans ma poésie, il y a le son des créoles, des Africains, des touarègues, des anciens. J’ai illustré ces textes avec des images que des artistes côtoyés m’ont données comme le photographe Bogdan Konopka ou la peintre Jo Pinture qui signe aussi la pochette du coffret.

CONCOURS:

Question: De quelle région vient le groupe Lo’Jo?

  • Paris
  • Marseille
  • Angers

Pour gagner un des 20 albums de Lo’ Jo, envoyez votre réponse avec vos nom, prénom, adresse postale et email à:

concours@vibrations.ch LE CONCOURS EST FERME

La liste des gagnants sera affichée sur le site.

Références :

ALBUM

  • “Tu connais Lo’Jo?” (double CD collector, Emma Productions/AZ)

CONCERTS

  • Paris, La Maroquinerie, les 4 , 5 et 6 avril. Invités : Beau Catcheur (le 4) Tinariwen (le 5), Frank Vaillant et René Lacaille (le 6). Les 3 soirs, performances du groupe ZUR www.groupe-zur.com. Musée Lo’JO avec objets et instruments insolites dans la cour de la Maroquinerie.

LIVRE

  • Musée de la Parole : 45 textes poétiques, chroniques de voyages avec 15 illustrations d’artistes. (Editions Almarita)

SITE DU GROUPE

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the office: Talvin Singh en visite à Vibrations

TALVIN SINGH DANS LES BUREAUX DE VIBRATIONS LE 17 MARS 2007

PHOTO: ALEX POINTET

Le joueur de tabla indien basé à Londres est passé dans les bureaux de Vibrations nous donner de ses nouvelles

Lausanne, 17 mars 2007. Talvin Singh est de passage en Suisse. Son manager Vinod Gadher s’est installé dans la capitale vaudoise il y a trois ans où il vient de créer son propre label, Chilly Records, avec Singh. J’ai rencontré Talvin Singh pour la première fois à Londres, il y a plus de dix ans, alors que le jeune joueur de tabla était en passe de devenir un véritable phénomène. Élevé à la musique classique de son continent, mais passionné de musiques expérimentales, de techno et de drum’n'bass, Talvin Singh était l’icône d’une nouvelle génération, celle des enfants des immigrés Indiens de Londres qui revendiquaient le droit d’être branchés. Il enregistrait alors avec Björk, Massive Attack, Bill Laswell ou Zakir Hussain, et il frimait sur des mobylettes sixties aux couleurs de l’Union Jack.

Lorsque Talvin Singh franchit la porte de la rédaction de Vibrations, la dégaine est toujours la même, mais la démarche est plus assurée et l’attitude moins posée. L’homme a mûri. “Je me suis réveillé un beau matin à Londres il y a trois ans et je me suis dit: il faut que je retourne voir mon maître en Inde. Je sentais que je n’étais plus en accord avec moi-même que je commençais à faire n’importe quoi. Un artiste doit toujours avancer, nourrir son âme”, explique-t-il en jetant des coups d’œil aux couvertures du magazine qui ornent les murs du bureau. “J’ignorais que la rédaction du magazine Vibrations était en Suisse. C’est cool, les bureaux de mon label sont à 100 mètres !” s’exclame-t-il plusieurs fois.

Vinod Ghaner a trouvé un charmant hôtel dans la vieille ville où Talvin Singh pourra s’installer durant un mois cet été pour recevoir les journalistes du monde entier en prévision de la sortie de son nouvel album. Lausanne peut être fière d’être la nouvelle terre d’accueil de ce musicien nomade armé de ses tablas et ordinateurs. Pour patienter, vous pouvez écouter quelques titres sur myspace. Un lieu que Talvin affectionne tout particulièrement: “Je passe beaucoup de temps à écouter la musique que font les jeunes musiciens sur myspace. En fait, je n’écoute que ça et de la musique classique indienne.”

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musique africaine : le retour de Ray Lema

Le pianiste d’origine congolaise sort «Paradox». Un flux spontané de 11 morceaux chaleureux à l’image de ce jeune homme de 60 ans.

Vous dédiez ce disque à Ali Farka Touré et à Claude Nougaro. Quelles étaient vos rapports avec eux ?
C’étaient mes amis. Tous les deux étaient tellement trempés dans leur culture. Claude, c’est la langue française, il m’a appris à l’aimer. Je suis allé chez Ali Farka Touré et il m’a beaucoup appris sur sa culture, sa région. Qu’ils partent les deux à si peu de temps d’intervalle a fait que je devais leur rendre hommage.
Pourquoi ce titre Paradox ?
On vit dans une époque paradoxale. Par exemple, j’adore lire. Je peux passer des heures dans les petites librairies à fouiller dans les rayonnages. Il n’y pas ça en Afrique et je pense que c’est une des choses qui me garde en Occident. Quand je vais dans ces librairies, je vois qu’il y a des livres sur chaque sujet. Chacun fait ses prévisions sur l’avenir, sur ce qu’il faudrait faire pour améliorer la situation. Et en même temps, on a tout le temps l’impression d’être dans un train lancé à toute vitesse. Actuellement, c’est l’écologie qui est à la mode: tout le monde en parle, tout le monde est écolo. Mais on continue de polluer plus qu’on a jamais pollué. Idem pour les OGM, pour le tabac. On n’arrête pas de parler des dangers du tabac, mais tout le monde continue de fumer. Notre société est un paradoxe. Dès qu’on essaie de toucher à quelque chose, on est freiné par les gens en place, en position de pouvoir. Si on avait un minimum de sages a notre tête, on pourrait faire tellement de choses.
Selon vous, la société occidentale est en perdition ?
Je me mets dans mes souliers de vieil Africain. Chez nous quand il y a un mec qui fait quelque chose de mal, la première réaction est de demander: c’est l’enfant de qui ? D’où vient ce comportement ? En Europe, on perçoit chaque personne comme quelqu’un de mature et de développé. Si tel était le cas, il n’y aurait pas autant de gens en prison. C’est une société ultra-intelligente, mais exaltée et infantile. Son individualisation acharnée a fait qu’elle a perdu le contrôle. On n’arrive plus à arrêter personne. En Afrique, n’importe qui peut entrer chez toi, il n’y a pas d’intimité, c’est une forme d’auto-contrôle. Ça permet à la communauté d’être plus en lien.
Vous remerciez le Dalaï-Lama dans les notes de pochettes. Pourquoi ?
Le morceau «Paradox» m’est venu après avoir lu le Dalaï-Lama. Il voit et décrit avec simplicité des choses évidentes dans notre société mais que nous ne parvenons plus à voir. Il est d’une telle justesse qu’il me rappelle les prophètes.
Vous avez fait 19 disques en 25 ans de carrière. Vous avez touché au jazz, à la musique classique, à la chanson française et à beaucoup d’autres gens musicaux. Comment expliquez-vous cette prolixité?
Mon travail n’est pas si énorme. Je suis croyant mais je n’ai pas de religion. Toute ma religiosité, je la mets dans la musique. Dieu est le grand compositeur. Et quand je pense à Dieu, je pense “amour”. Ou que j’aille, dans chaque domaine musical où je me plonge, j’y vais avec un regard amoureux. Ça me fait penser à cette phrase d’un compositeur russe : “La musique est comme une montagne. Plus vous montez, plus vous avez une vision claire sur ce qui vous reste à faire.”
Cela fait quatre ans que vous travaillez à ce projet d’Université Musicale Africaine (UMA). De quoi s’agit-il exactement ?
Quand on demande aux gens de citer des musiciens africains, ils citent immanquablement des chanteurs. Ce n’est pas normal. En France, on fait très clairement la distinction entre chanteur-interprète et musicien. Il est clair que Johnny est un chanteur et qu’il demande à des musiciens de faire sa musique. Lorsqu’il s’agit de musique africaine, on ne sait pas qui fait la musique. Le musicien africain n’a pas de statut. Il est donc de moins en moins motivé et ne fait plus beaucoup d’efforts. L’arrivée des synthétiseurs n’a pas amélioré la chose. L’autre constat part de l’opposé. Les musiciens africains qui ont atteint un très bon niveau musical en Europe ont tendance à s’éloigner des bases traditionnelles. Je pense à des gens comme Manu Dibango, Etienne Mbappé, Richard Bona… Moi-même j’ai plus de faciliter à jouer du jazz qu’à collaborer avec un musicien de n’goni. Ça m’a troublé. Il faut garder le rapport à notre base. C’est pourquoi j’ai voulu ramener au pays des artistes de préférence africains et vivant en Europe.

SITES

DISQUE

  • Ray Lema, Paradox (Laborie/Naïve)

CONCERTS

  • Montpellier. Au Jam. Ve 23 mars

  • Rouen.Theatre Duchamp Villon. Ma 15 mai.

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