Le premier week-end de décembre à Rennes, ce n’est pas seulement le Téléthon où les Jeunes Agriculteurs d’Ille-et-Vilaine vendent un calendrier pour lequel ils posent avec un porcelet, un poussin ou un poireau en guise de cache-sexe. Ce sont aussi les Trans Musicales où, sexe toujours, les artistes se mettent à nu dans l’espoir de décrocher le pompon qui fera clignoter au-dessus de leur tête le mot magique : révélation.
Par Eric Delhaye
Sur le marché des Lices, la galette andouille-fromage est tendance, mais on ne vend ni heures de sommeil ni don d’ubiquité. Réduit au renoncement et à la frustration face à une programmation pléthorique de quasi-inconnus, le festivalier est donc condamné à errer pendant trois jours dans l’espoir de ne pas passer à côté de la révélation en question. Heureusement, quelques indices indiquent le chemin du Graal aux chevaliers les plus rompus. Depuis plusieurs années, on note ainsi que le programmateur Jean-Louis Brossard soigne particulièrement la soirée du vendredi dans la salle de la Cité. On pariait donc sur Maylee Todd et on y reviendra.
Mais c’est une autre jeune femme qui lui a soufflé le jackpot sous le nez : Sallie Ford (22 ans) & The Sound Outside. Frimousse ronde et lunettes du même cercle, cheveu fleuri et robe champêtre, Sallie Ford possède une voix épaissie par le blues mais gracile dans les aigus, un don du ciel au service d’un rock’n’roll promotion fifties. Débarqué de Portland avec son album Dirty Radio (Fargo), le quartette semble exhumé des studios Sun et maîtrise la généalogie du genre, du bluegrass aux éclats de noise dans la guitare de Jeff Munger. Rétro, mais pas trop, Sallie Ford n’est pas seulement talentueuse (auteure-compositrice), elle est aussi joviale comme mille et le bonheur s’échappe d’elle par petits rires contagieux. Public conquis, ovation de gala et envies de hug avec cette nouvelle copine.














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