Auteur Vibrations

Programme en hommage à Gregory Isaacs

La chaîne jamaïcaine Onstagetv et son producteur Winford Williams ont concocté un bel hommage au Cool Ruler, une émission à l’américaine (avec un côté “people”), qui inclut des témoignages appuyés de Bunny Wailer, Trevor “Leggo” Douglas (labels Leggo Beast et Cash & Carry), Augustus “Gussie” Clarke, Copeland Forbes (son dernier tour manager) et rien moins que la veuve “officielle”, June Isaacs.

Gregory Isaacs Special from ONSTAGE on Vimeo

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Cully Jazz Festival : rencontres avec Lucien Dubuis et Sylvain Luc

Lucien Dubuis Trio

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Depuis bientôt 20 ans, Lucien Dubuis développe un jazz qui n’appartient qu’à lui. Comment le nommer ? « Alternatif jazz », « Musique improvisée » ? Qu’importe bien l’étiquette pour cet artiste pyromane, résolu à « abolir le sérieux en brouillant perpétuellement les pistes ». Pour ce Biennois d’adoption ennemi déclaré des « puristes », il convient « de tout prendre dans la vie comme dans la musique, plutôt que de ne s’intéresser qu’au vrai jazz des années 50 comme disent certains. » Dont acte, avec un nouvel album ébourrifant (Ultime cosmos) enregistré en trio à New York et sur lequel est invité le guitariste Marc Ribot.

Sylvain Luc

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Il est, avec Biréli Lagrène, l’un des plus célèbres guitaristes jazz français. Arrangeur, compositeur devenu collaborateurs privilégiés de Richard Galliano, Michel Jonaz, Michel Legrand ou Michel Portal, Sylvain Luc aime à graviter entre ces deux mondes qu’on prétend inconciliables : le jazz et la variété. Pour lui « la musique se joue, la musique se vit. La musique est un partage, elle ne doit pas partager les gens ». Une philosophie qu’il applique à un double album institué Standards et dans lequel le « Django d’or 2007 » revisite tour à tour Vinicius de Moraes, Michael Jackson, Miles Davies ou Balavoine. Des extraits annoncés lors de son concert intimiste, puisque donné en solo, à Cully.

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Cully Jazz Festival : rencontres avec Yaron Herman et Lole

Yaron Herman

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La vie de Yaron Herman pourrait donner lieu à un scénario produit par Hollywood. Tout y est rocambolesque. Presque trop beau pour être vrai : abandon du basket professionnel suite à une sévère blessure et entame d’une carrière de pianiste qui devait accidentellement le mener à Paris pour ce qui ne devait initialement être qu’une escale. Là, Herman se fit adopter par la scène jazz locale. La suite de sa trajectoire est une irrésistible envolée vers le succès. Une reconnaissance internationale qui lui valut notamment de se produire dans la Cité interdite de Pékin, d’être comparé à Keith Jarrett ou Brad Meldhau, enfin de parcourir le monde, cette année aux commandes d’un nouveau disque enregistré en trio (Muse). A Cully, cet habitué du jazz festival, sera accompagné de Michel Portal. Une première !

Lole / Olivia Pedroli

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Multi-instrumentiste révélée lors de la 30e édition du Paléo, Olivia Pedroli (autrefois « Lole ») publie dans quelques mois son troisième album : The Den. Un disque imaginé comme un conte brumeux et enregistré en Islande en collaboration avec le producteur Valgeir Sigurdsson (collaborateur de Björk, CocoRosie, Bonnie Prince Billie…). Après son concert remarqué en première partie de Marianne Faithfull en 2007 à Cully, Olivia vient cette année présenter une création réunissant une partie des musiciens qui ont participé à l’enregistrement de son nouveau disque.

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Cully Jazz Festival : rencontre avec Femi Kuti

Femi Kuti

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Héritier naturel du géant Féla dont il apparaît comme l’héritier artistique, musicien de premier plan, bête de scène, figure socialement et politiquement engagée au Nigéria, Fémi est aussi l’homme qui fit entrer l’Afrobeat dans le XXIe siècle grâce à l’emploi d’électroniques et des collaborations avec la scène rap US (Mos Def, Common…). Aux commandes d’un nouvel album (Day by Day), forcement engagé, Fémi vient propager à Cully sa vision d’une Afrique uni face aux injustices.

Prochaines rencontres à la FNAC de Lausanne :
• 17.04.10 Lucien Dubuis, 12h 30 (inter + showcase)
• 17.04.10 Sylvain Luc, 17 h 30 (inter + showcase)

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Cully Jazz Festival : rencontres avec Eric Bibb et André Manoukian

Prochaine rencontre : Femi Kuti le mercredi 14 avril à 17 h 30, à la FNAC de Lausanne

Eric Bibb

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Enfant, Eric Bibb voyait défiler dans la maison familiale les titans Pete Seeger ou Odetta. La musique, il en était déjà pétrie, suivant d’un œil les carrières de son père (Léon Bibb), son oncle (John Lewis) ou de son parrain (Paul Robertson). A 7 ans, il reçut sa première guitare, puis quelques années plus tard un conseil de Bob Dylan en personne (« joue simplement et oublie les trucs sophistiqués »), conseil dont il fit jusqu’à ce jour son crédo. Quatre décennies plus tard, Bibb est le précieux représentant d’un blues puisant ses racines dans la tradition (écouter à cet effet son récent album hommage au pionnier Bukka White, Booker’s guitar), mais qui emprunte volontiers aux tendances plus contemporaines.


André Manoukian

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Le grand public le connaît principalement pour son rôle de jury au sein du TV crochet « La Nouvelle Star ». Mais André Manoukian est surtout – et avant tout – un musicien confirmé, formé sur les bancs de la prestigieuse Berklee School of music de Boston. Pianiste, auteur-compositeur, arrangeur, découvreur de voix (Liane Foly, Malia, etc.), animateur de l’émission téléviséde Tété ou Dédé où il explore les styles urbains qui ont fait la musique populaire du XXe siècle, cet esthète visite Cully à l’aune de son nouvel album : So in love, un disque de collaborations (Helena Noguera, Tété, etc.) à travers lequel il revisite les standards jazz qui ont marqué sa vie.

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Hommage: Joe Gibbs est mort

Joe Gibbs dans son propre rôle pour le film Rockers, en 1979

Joe Gibbs, sans être sur le devant de la scène, fut l’un des moteurs les plus efficaces de la révolution reggae

Né en 1943, Joel A. Gibson fut de la seconde génération de producteurs, celle qui entra en compétition avec les fondateurs historiques, ceux qui avaient gagné leur notoriété avec les sound-systems. Electricien de formation, il tenait un magasin de vente et de réparation de télévisions, où il vendait également quelques disques. Bientôt davantage intéressé par ce domaine en pleine expansion, il installa un studio d’enregistrement à deux pistes derrière sa boutique, et dès 1967 commença à produire des artistes locaux.

Lee Perry fut pendant cette période l’un des assistants qui l’aidèrent à s’établir. Encouragé par Bunny Lee, sa carrière démarra alors en flèche et les hits se succédèrent. Au tournant de la décade, il enregistrait désormais au studio Randy’s, mieux équipé, où il travailla avec l’ingénieur du son Errol Thompson.

En 1975, il monta son propre studio à 16 pistes, et débaucha Errol Thompson de chez Randy’s, qui ne s’en remit pas. Les deux devinrent bientôt les Mighty Two, Errol Thompson assumant également le rôle de producteur. En pleine période roots, des albums comme Visions (Dennis Brown), Two Sevens Clash (Culture) s’affirmèrent instantanément comme des classiques.

Entouré des meilleurs musiciens, dont les incontournables Sly & Robbie, il produisit de nombreux chanteurs et DJs, ainsi qu’une série d’albums de dubs, dont le African Dub Chapter 3, qui marqua les esprits par une utilisation massive de bruitages et autres collages sonores. Producteur éclectique, attentif aux tendances, il n’occultait aucun domaine, que ce soit le reggae plus rural de Leo Graham, le lovers, le dancehall, sachant parfaitement à l’instar de Channel One recycler les standards Studio One et Treasure Isle, et même revisiter le dub King Tubby meets Rockers Uptown à sa manière (Chapter Three). Il a su toucher un public international avec plusieurs hits planétaires, dont “Money In My Pocket” (Dennis Brown) et “Uptown Top Ranking” (Althea & Donna).

En 1984, sa reprise non autorisée de “Someone Loves You Honey” par JC Lodge le confronta aux avocats du compositeur, ce qui le mit sur la paille et le contraint à se retirer du business.

Son fils “Rocky” Gibbs reprit une partie des affaires en rééditant au fil des ans son catalogue, et, plus récemment, Joe Gibbs lui-même sortait de sa semi-retraite avec la volonté d’équiper un nouveau studio d’enregistrement. Le sous-label 17 North Parade de VP Records a tout récemment entrepris de rééditer ses productions, en commençant par la série des African Dub.

Joe Gibbs est décédé le 21 février dernier à l’University Hospital of the West Indies, peu après être admis pour une attaque cardiaque. Il laisse derrière lui onze enfants et un héritage musical riche et varié.

reggae: rééditions à foison, le choix du spécialiste

Sous la poussière accumulée peuvent se cacher des sillons peu fréquentés. Entre rééditions récentes et autres compilations qui le sont un peu moins, aperçu choisi parmi une discographie reggae pléthorique

Delroy Wilson Better Must Come - The Anthology (2CD, Trojan, 2004). Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas de la réédition de l’abum Better Must Come augmenté de quelques bonus, mais d’une excellente compilation d’enregistrements pour la plupart peu disponibles, éparpillés sur la période 1968-1978, et enregistrés pour de nombreux producteurs (même si celles de Bunny “Striker” Lee y abondent).

Keith Hudson and Friends The Hudson Affair (2CD, Trojan, 2004). Un gars sacrément culotté, ce Keith Hudson. En organisant une session avec U Roy, il le propulse sur orbite. Peu après, en rachetant des rythmes rocksteady enregistrés en 1968 par Karl Bryan (l’histoire est peu documentée, mais un passionné a retrouvé les disques originaux ici), il persiste dans la production. Malgré une voix peu gratifiante, quand il s’agit d’évoquer les grands sentiments, il ne laisse pas indifférent.

Joe Mansano and Friends Joe The Boss (2CD, Trojan, 2006). Trinidadien débarqué à Londres en 1963, Joel Mansano commença à organiser des sessions d’enregistrements qui devinrent en bonne partie des références en matière de reggae skinhead anglais. Cette compilation reprend nombre de titres parus en singles entre 1968 et 1970, certains devenus vraiment rares, comme “Bad Day At Black Rock”, résumé sonore saisissant du western du même nom, avec quelques répliques directement tirées du film.

Rebel Music Vol. 2 (Trojan, 2007). 27 ans après la collection “Rebel Music”, un double vinyle d’anthologie, voici donc une suite par le même compilateur, Dave Hendley. Certes, l’impact sera moins sensationnel, mais la sélection impeccable comprend quelques vraies raretés.

Big Youth Screaming Target (Trojan, 2006). Cette réédition propose en supplément de découvrir la plupart des versions vocales (ou instrumentales) des titres utilisés par Big Youth sur ce premier et classique album de 1972. Avec comme producteur Augustus “Gussie” Clarke, âgé alors d’à peine 20 ans, c’est toute une génération de jeunes talents qui venait bousculer un peu plus les vétérans.

Toots and The Maytals Roots Reggae : The Classic Jamaican Albums (Trojan, 2005). Une réédition qui pourrait passer inaperçue. Pourtant on a là 6 albums dans leur forme originale (sans bonus), avec une excellente qualité de son. De “The Sensational Maytals” (la période ska, 1965, en pure mono non trafiquée) à “Roots Reggae” (1974), peut-être le meilleur de Toots, jusqu’à la reconnaissance internationale avec des titres comme “Pressure Drop” ou “54 46 That’s My Number”.

pull up selecta

Haul And Pull Up Selecta Heavy Weight Dancehall 1979-1982 (2CD, Trojan, 2003). Une excellente introduction à l’ambiance lourde et menaçante des sound systems au tournant de la décennie 1980. Le dub est largement présent puisqu’il s’agit surtout de discomixes, avec souvent Prince Jammy aux manettes. Ou comment le son, sous-tendu par une basse puissante, à la fois effraie et réjouit.

Head Shot (Heartbeat, 2002). Cette compilation montre à quel point Winston “Niney the Observer” peut être comparé aux plus grands magiciens du reggae, à savoir Lee Perry et King Tubby. L’imagination et l’excentricité sont ici de mise, comme en témoigne une reprise du générique du feuilleton télé Zorro (”Zorro”), ainsi qu’une kyrielle de versions dub ou instrumentales des plus grands classiques du producteur.

Jackie Opel & Ferdie Nelson Réédité en 1997 par le label Westside qui généralement se contente de compilations à partir des catalogues Trojan ou autres, ce disque inclut un album original de Jackie Opel (A Love To Share, paru en 1965 sur le label Top Deck), dix ballades et skas emmenés par la voix fiévreuse d’Opel, augmentés de quelques titres plus anodins de Ferdie Nelson. Opel laissa à la Jamaïque une floppée de chansons incandescentes enregistrées surtout pour Studio One, avant de retourner dans son île où son destin fut moins heureux.

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Jimi Tenor

jimi tenor

Pour son prochain album Joystone, dont la sortie est prévue le 16 avril, le musicien finlandais s’est entouré de plusieurs sidemen de Fela Kuti. Voici une sélection de ses disques favoris, réalisée il y a quelques années

Sun Ra Space is the Place. Je suis tombé dessus il y a cinq ans. Un choc, quelle pureté! Il date du début des années 70. J’en ai d’autres presque aussi beau, comme «Cosmic Equation». Je les aborde comme des B.O, je peux les écouter partout et ne m’en cache pas. Leur influence sur mon nouvel album est évidente.

Neil Young Live Rust. Je l’avais acheté à sa sortie en 1979. Neil Young était relativement populaire en Finlande. Le son de ce live et de ses guitares distordues me plaisait beaucoup… J’adorais la chanson «My, My, Hey, Hey», je l’ai réécoutée la semaine dernière, c’est toujours aussi bon.

Sweet Exorcist CCCD. Ce n’est qu’un EP mais il possède la consistance d’un album. Le nom abrite l’ex-Cabaret Voltaire Richard H. Kirk, c’est une des premières productions Warp, en 1990. A cette époque, je m’étais mis à écouter énormément de techno et de musique électronique. Ce disque reste ce qu’il y a de mieux dans ce domaine.

Rick James Street Songs. Il m’a marqué pour sa super pochette: on le voit dans la rue, avec sa basse clinquante, ses grosses chaussures rouges et, derrière lui, des prostituées. En tournant la pochette, on voit des flics embarquer les dames… Mais c’est secondaire car la musique est phénoménale. Du funk pur jus, idéal pour danser. Rick est sorti de prison l’année dernière, un copain qui l’a vu sur scène m’a assuré que c’était encore mieux qu’à l’époque de Street Songs… Je doute…

Pharoah Sanders Tauhid. Sur Impulse. C’est rigolo car il y a dessus un passage qui sonne comme de la musique finlandaise. Ce disque doit avoir presque trente ans mais il reste son meilleur. Je n’ai même pas écouté son dernier. Je sais que Bill Laswell l’a produit mais même si je suis censé dire que Laswell est un visionnaire, son travail m’ennuie!

Iggy Pop Kill City. Avec James Williamson. Sans Bowie alors qu’il date d’à-peu-près la même période que les albums berlinois d’Iggy Pop – on a dit à ce propos que mon disque «Intervision» sonnait comme «The Passengers»… Kill City suit la dissolution des Stooges. Ce disque a mauvaise réputation, ça doit être pour ça que je l’aime.

Gummo Bande originale du film. C’est bien d’avoir une compilation sur une île déserte. Sur cette B.O du film de Harmony Korine, il y a un peu de tout, avec une nette proéminence black-métal. Des groupes comme Mortician, Burzum… Autrement, j’écoute peu de B.O. Juste «La guerre des étoiles» de John Williams.

Menchoir Screamers. Un disque de 1996. Ce groupe est formé de cinquante Finlandais qui ne font que crier. Ils sont très stricts à ce sujet: pas d’instrument, ne pas chanter, juste crier. Des hymnes nationaux, par exemple.

Johnny Cash Greatest Hits. «Ring of Fire» m’a marqué de façon indélébile quand j’étais gamin. «The Ballad of Ira Hayes» aussi. Je n’aime pas vraiment la country & western, je préfère quand Johnny Cash était davantage rockabilly. Mon copain Mika, de Pansonic, adore l’hillbilly, c’est peut être pour ça que j’y suis allergique.

Aquarius First dub album. Un groupe jamaïcain du début des années 70 auquel participait Augusto Pablo. Sur une île, un album de ce style sera super. Il l’est déjà à Barcelone.

Propos recueillis par Benoît Sabatier

Publié en mars 1999 dans le numéro 12 de Vibrations.

ALBUM

  • Jimi Tenor, Joystone (Sähko/Differ-ant)

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