Après la fausse alerte causée par son hospitalisation il y a quelques jours, King Stitt est décédé hier chez lui, à Kingston, à l’âge de 72 ans.
Auteur Vibrations

Depuis vingt et un ans, l’hiver est moins froid à Paris. Ou plutôt dans le Val-de-Marne, en banlieue, où le festival Sons d’hiver tient ses quartiers, en suivant une ligne à laquelle il n’a jamais dérogé : élargir le champ du jazz aux musiques créatives d’aujourd’hui. Rencontre avec son directeur artistique Fabien Barontini.
Dans quelles circonstances a été créé Sons d’hiver, il y a vingt et un ans ?
Fabien Barontini : C’est un festival qui s’est créé en fédérant un certain nombre de théâtres et de villes du Val-de-Marne pour proposer un moment de rencontres autour des musiques d’aujourd’hui. Avec le jazz comme fil conducteur, mais en tenant compte du champ plus général qu’il recouvre, là où il influence le hip hop, le rock : montrer en permanence comment les musiques d’aujourd’hui issues des musiques afro-américaines participent à notre modernité.
Sons d’hiver n’a jamais été étiqueté « Festival de jazz » ?
Non. J’ai l’impression que si on utilise uniquement ce terme-là, il y a une connotation qui enferme le champ musical alors que le jazz est une musique qui a toujours vécu en se nourrissant d’évolutions. Petit à petit, je me suis aperçu que ce qui paraissait inclassable était de proposer des artistes créatifs ou inventifs. Souvent, quand on utilise des vocables « classables », c’est simplement parce que l’on programme des artistes dont le langage a déjà été assimilé. Dès lors qu’on est dans des zones où les gens sont en train de créer, on a l’impression que c’est inclassable, alors que c’est la vie. La vie, c’est inclassable…

Après la bonne surprise créee par “Bad Bad Things”, Max Guiguet est de retour avec son projet Blundetto. La sortie de “Warm My Soul” est annoncée pour le mi-février mais, en attendant, il nous offre un aperçu des tonalités qui l’ont inspiré grâce à un premier single intitulé Cali ainsi que cette mixtape roots et languissante.
Blundetto ‘Cali’ by heavenlysweetness
Une sélection de classiques traversée par la voix de Courtney John, qui fait partie des invités de “Warm My Soul”, et de Hindi Zahra qui s’essaye au re-dub-a-dub. Aux dernières nouvelles Guiguet envisagerait d’apporter une dimension live à Blundetto.
ALBUM
- Blundetto “Warm My Soul” (Heavenly Sweetness), 13 févbrier 2012

En marge des disruptions diverses qui ont traversé Oakland ces derniers mois, Merrill Garbus continuait sa révolution pacifiste avec la sortie, entre autres, de son deuxième album W H O K I L L (4AD). Quelquefois comparée à Bjork ou a M.I.A, elle fait preuve d’un même penchant pour les expérimentations audacieuses et ludiques. Un talent brut à découvrir sur scène lors d’une des dates agendées dans le cadre de son retour en Europe.
CONCERTS
- 16.02.12 Tourcoing / Grand Mix
- 17.02.12 Rennes/ Ubu
- 18.02.12 Rennes / Maroquinerie
- 19.02.12 Grenoble / Le Ciel
- 20.02.12 Düdingen / Bad Bonn
- 22.02.12 Bruxelles / Botanique
tUnE-yArDs, Bizness (2011)
Parmi les titres joués durant le concert parisien, D’Angeloa a gratifié le public de l’inédit Sugar Daddy.
Le producteur Rick Rubin a appliqué un programme minceur pour son remix du On’n'On de Justice.

Leonard Cohen est de retour pour promulguer quelques pensées introspectives à travers son douzième album. Le Guardian couvre cette sortie de manière extensive avec, dans un premier temps, un long article qui revient sur quelques anecdotes qui ont jalonné sa carrière de sa retraite curative dans un monastère bouddhiste à l’affabilité de Janis Joplin au Chelsea Hotel.
Dans un deuxième temps, en plus du single Darkness, le journal offre une opportunité pour écouter en avant-première toute la volupté de “Old Ideas”. Cohen, qui cela dit en passant est contemporain d’Elvis Presley, démontre que son phrasé mélancolique ne cesse de se bonifier avec les années.

Il aime sa vie paisible à Udine, dans le Frioul du nord-est de l’Italie. Lorsqu’il n’enseigne pas les mathématiques, Piero Sidoti écrit, chante et joue pour le théâtre. La sortie de son premier recueil de chansons, “Genteinattesa” lui a donné l’opportunité d’ouvrir récemment pour Gianmaria Testa. Ses refrains acoustiques sont ceux d’un artisan, interprétés d’une voix souvent profonde, ébréchée, charismatique, avec une brise de jazz sur quelques morceaux ou une chaleur brésilienne sur d’autres.
Comment avez-vous commencé la musique?
La musique a rempli ma vie depuis tout petit. Je crois avoir tout écouté, classique, moderne, contemporain, chanson, etc. Cependant, j’ai commencé à jouer de la guitare seulement après mes vingt ans, au moment où tous les autres arrêtaient. Avant j’écrivais beaucoup poésies, textes, nouvelles. Je sentais le besoin d’exprimer quelques choses, de communiquer et donc de partager avec les autres pour rentrer dans une sorte de résonance émotive. Je crois avoir commencé à jouer à l’âge auquel un homme n’a plus aucun charme avec la guitare à la main, ce n’est plus l’adolescent qui joue des chansons d’amour sur la plage, mais juste un traînard qui ne sait pas encore ce qu’il veut faire de sa vie.
Quels ont été vos modèles pour la voix et pour la guitare?
La liste pourrait être très longue puisque je suis un grand consommateur de musique, du classique au pop, en passant par le heavy metal, le rap. J’écoute toujours en silence et je déteste écouter de la musique en fond sonore, tout en faisant autre chose. Les références italiennes sont Fabrizio De André, Paolo Conte, Lucio Dalla, Francesco De Gregori, Gianmaria Testa, Giorgio Gaber, Roberto Vecchioni, Ivano Fossati, Luigi Tenco. Les premiers qui me viennent à l’esprit pour les étrangers sont Jacques Brel, George Brassens, Yves Montand, Edith Piaf, Serge Gainsbourg, Leo Ferré mais aussi Carlos Jobin, Toquinho, Vinicius de Moraes, Leonard Cohen, Sting, Nick Drake, Tom Waits, Peter Gabriel, Ben Harper. Un des albums que je connais le mieux, et qui m’a changé la vie, ne contient pas de mots. C’est “Koln Concert” de Keith Jarrett.
Etta James est décédée à l’âge de 73 ans. Le chanteuse avait été hospitalisée il y a quelques pour une leucémie en phase terminale.

Un EP de quatre titres distribués via Bandcamp, dont le déjà classique Hold On, une chanteuse au timbre charismatique et un talent naturel pour mélanger des influences très diverses, Alabama Shakes n’aura pas eu besoin de beaucoup plus pour s’attirer une grande visibilité.
En matière de secousse, ça fonctionne plutôt bien et pas seulement en Alabama. En particulier, lorsqu’il s’agit de cogiter sur les références que le quatuor ne manque d’évoquer. En effet, si Janis Joplin, Sharon Jones, Robert Plant et Otis Redding devaient un jour se retrouver dans un supergroupe, il y a de fortes chances pour que Alabama Shakes se charge de la première partie. “Boys & Girls” (ATO) est prévu pour le 10 avril.

Diplo a toujours eu beaucoup de peine à tenir en place et il restera, aux côtés de M.I.A qui s’est bien calmée dans l’intervalle, le prototype du raver-jetsetter de ce début de XXIe siècle. Du baile funk au moombahton, en passant par le reggaeton et le kuduro, il a passé au mixer tout ce que le globe a pu générer d’efficace pour se bouger l’arrière-train.
Non content d’être un usager frénétique des réseaux sociaux, il nous offre un petit compte-rendu de ses pérégrinations sous la forme d’un livre de photographies. “128 Beats Per Minute” présente ainsi un aperçu du quotidien du globe-trotter mis en image par le photographe Shane McCauley. On imagine aisément que cet ancien assistant d’Annie Leibovitz a dû réaliser des mandats beaucoup plus ennuyeux dans sa carrière.
Le livre est divisé par continent et par pays et intègre des playlists, ainsi que les impressions de Diplo à propos des différents pays qu’il traverse. Afin de mettre une couche VIP supplémentaire, la préface est signée par le styliste Alexander Wang.
- 128 Beats Per Minute: Diplo’s Visual Guide to Music, Culture, and Everything in Between (Rizzoli), sortie le 2012.

Photo: Benoit Peverelli
Amadou & Mariam ont annoncé que leur troisième album présentera une belle brochette d’invités. Nick Zinner de Yeah Yeah Yeahs, Santigold, Theophilus London, TV On The Radio, Bassekou Kouyate et Bertrand Cantat.
Download Amadou & Mariam Dougou Badia (Feat. Santigold)
Amadou & Mariam présenteront également le projet Eclipse, des concerts joués dans des salles plongées dans l’obscurité totale, en France. Malheureusement, les trois dates, à Laval et à Paris, sont déjà complètes.
Amadou & Mariam feat. Bertrand Cantat - Oh… by amadouetmariam

Même Sinkane, le projet initié par Ahmed Gallab, reste relativement anonyme, il y a de fortes chances que vous ayez déjà croisé le chemin de ce multi-instrumentiste via ses collaborations avec Caribou, Born Ruffians, Of Montreal ou Yeasayer. Porté par des riffs de guitares afropsychédéliques, une ligne de basse sautillante et des plages de synthé, Jeeper Creeper ne manque d’ailleurs pas de rappeler les aspirations astrales du groupe de Brooklyn, en particulier sur des titres comme 2080.
Le site Okayafrica nous gratifie également de la mixtape “Africa: In Your Earbuds #2″ à travers laquelle Gallab se remémore l’Afrique avant son exil pour les États-Unis suite au coup d’État qui a frappé le Soudan en 1989. En attendant la sortie de “Mars”, on peut également apprécier ses diverses influences à travers son blog.

ERRATUM: King Stitt a été hospitalisé mais l’annonce de sa mort est une rumeur.
Mise à jour: King Stitt est décédé le 31 janvier 2012
Décédé durant le weekend, King Stitt était un des derniers rescapés de l’ère des deejays jamaïcains oribinels. Aucune histoire du reggae ne peut faire l’impasse sur celui qui s’était autoproclamé, en raison d’une sévère déformation faciale et en référence au film de Sergio Leone, The Ugly One.
Né en 1940 à Kingston, Winston Sparkes avait débuté sa carrière en 1957 dans le Dowmbeat Sound de Sir Coxsone Dodd, après avoir été repéré par Count Machuki. Bien qu’il se produise régulièrement sur scène, ce n’est que vers la fin des années 60, lorsqu’il entame une collaboration avec Clancy Eccles et son groupe The Dynamites, qu’il enregistre ses premiers titres à succès.
King Stitt, Herbsman Shuffle (1969)
Fire Corner, Herbsman Shuffle ou Dance Beat lui valent une reconnaissance en Jamaïque et en Grande-Bretagne. Stitt réapparaissait ponctuellement et on le retrouve notamment dans une interprétation des Des Laids Des Laids sur la compilation “Aux armes et cætera - Dub Style”.
King Stitt, The Original Ugly Man (reprise de “Des Laids Des Laids” de Serge Gainsbourg”, 2003)



Shabazz Palaces - Swerve… by subpop

- Kouyate / Neerman - Skyscrapers & Deities (No Format / Universal)
- Shabazz Palaces - Black Up (Sub Pop / Pias)
- The Stepkids - s/t (Stones Throw / Differ Ant)
- Stranded Horse - Humbling tides (Talitres / Differ Ant)
- Wires.Under.Tension - Light Science (Western Vinyl / Differ Ant)
- Beastie Boys - Hot Sauce Committee Part 2 (Capitol / EMI)
- La Canaille - Par temps de rage (La Canaille / L’autre Distribution)
- Esmerine - La Lechuza (Constellation / Differ Ant)
- Jef Gilson – s/t (Jazzman Records / Import)
- Marijata - This is Marijata (Academy LP / Import)
- V/A - Brand New Wayo (Comb & Razor Sound / Differ Ant)



Toro Y Moi - Underneath the Pine

- Osunlade, Pyrography (Defected)
- SBTRKT, SBTRKT (Young Turks)
- Kendrick Lamar, Section 80
- Toro Y Moi, Underneath The Pine (Carpark Records)
- Little Dragon, Ritual Union (Peacefrog)
- Thundercat, The Golden Age of Apocalypse (Brainfeeder)
- James Blake, James Blake (Atlas)
- TV on The Radio, Nine Types of Light (Interscope Records)
- Boom Clap Bachelors, Mellem Dine Læber (Plug Research)
- Emily King, Seven
- KING, The Story



Ghostpoet - Liiines by ghostpoet

- Connan Mockasin, Forever Dolphin Love (Because Music)
- Kouyaté/Neerman, Skycrapers and Deities (No Format)
- Sven Kacirek, The Kenya Sessions (Pingipung)
- SBTRKT, SBTRKT (Young Turks)
- Ghostpoet, Peanut Butter Blues and Melancholy Jam (Brownswood)
- Jill Scott, Light of the Sun (Warner Bros)
- Helado Negro, Canta Lechuza (Asthmatic Kitty)
- Nicolas Jaar, Space Is Only Noise (Circus Company)
- Raphaël, Stop, Look, Listen (Heaveny Sweetness)
- Benny Maupin, Slow Traffic To The Right (Vocalion)
- Jürgen Müller, Science Of The Sea (Digitalis)



The Black Keys: El Camino by -gaga

- The Stepkids, The Stepkids (Stones Throw)
- The Black Keys, El Camino (Nonesuch)
- The Original 7ven, Condensate (Saguaro Road Records)
- The Big Ol’Nasty Getdown, Volume 1 (Getdown Entertainment)
- Randy Newman, Songbook Vol. 2 (Nonesuch)
- Primal Scream, Screamadelica (Sony)
- The Beach Boys, The Smile Sessions (Capitol)
- Paul McCartney, McCartney II (Hear Music)



The Caretaker: An Empty Bliss Beyond This World by alteredzones

- PJ Harvey, Let England Shake (Vagrant)
- My Brightest Diamond, All Things Will Unwind (Asthmatic Kitty)
- Sandro Perri, Impossible Spaces (Constellation)
- Gaspar Claus & Pedro Soler, Barlande (Infine)
- Joe Henry, Rêverie (Anti-)
- The Caretaker, An Empty Bliss Beyond This World (V/Vm Test Records)
- Piers Faccini, My Wilderness (Tôt ou Tard)
- The Antlers, Burst Apart (French Kiss Records)
- Leonard Cohen, Complete Studio Albums Collection (Columbia/Sony)
- The Beach Boys, The Smile Sessions Box Set (Capitol)
- Mickey Newbury, An American Trilogy (101 Distribution)
- Shenandoah & The Night, Shenandoah & The Night.
- Baxter Dury, Happy Soup (Regal)
- Anthony Joseph, Rubber Orchestra (Heavenly Sweetness)
- Ambrose Akinmusire, When the heart emerges Glistening (Blue Note Records)
- Maison Neuve, Joan (Talitres Records)
- Laura Cantrell, Kitty Wells Dresses (Indie Europe/Zoom)
- Hanni el Khatib, Will the guns come out (Innovative Leisure)
- Fink, Perfect Darkness (Ninja Tune)
- Keren Ann, 101 (Blue Note Records)
- Michael Chapman (Light in the Attic)
- Syl Johnson, l’intégrale (Numero Group)
- Bristol Sessions (Bear Family)
- Mayer Hawthorne, No String (Stones Throw)
- Lana del Rey, Video Games (Stranger Records)



Nicolas Jaar - Space Is Only Noise

- James Blake, James Blake (Atlas)
- Zomby, Dedication (4AD)
- SBTRKT, SBTRKT (Young Turks)
- Bon Iver, Bon Iver (4AD / Jagjaguwar)
- Nicolas Jaar, Space is the only Noise (Circus Company)
- Jonti, Twirligig (Stones Throw)
- Jay Z & Kanye West, Watch the Throne (Roc-A-Fella Records)
- Florence & The Machine (Ceremonials” Island Records / Universal)
- Kourosh Yaghmaei, Back from the Brink (Stones Throw)
- Pink Floyd, réédition de l’intégrale (EMI)
- Shapes 11:01 - Compiled by Robert Luis (Tru Thoughts Recordings)
- Jai Paul, BTSTU (XL Recordings)
- Liz Green, Devotion Song EP (Pias)
- Tokimonsta, Creature Dreams EP (Brainfeeder)



Justin Adams & Juldeh Camara - Fulani Coochie Man

- Anthony Joseph & The Spasm Band, Rubber Orchestras (Heavenly Sweetness)
- Kouyaté-Neerman, Skyscrapers & Deities (No Format)
- Justin Adams & Juldeh Camara, In Trance (Real World Records)
- Monty Alexander, Harlem-Kingston Express Live ! (Motema Music)
- Ry Cooder, Pull Up Some Dust And Sit Down (Nonesuch)
- Jimi Hendrix, Winterland (Sony Legacy)
- Ronnie Hawkins, The Hawk/Ronnie Hawkins (Wounded Bird Records)
- Willie Wright, Telling The Truth (Numero)
- Seu Jorge, Musicas para churrasco (Sony)
- James Blake, James Blake (Universal/Polydor)
- Paul Simon, So Beautiful or So What (Hear Music)
- Tigran Hamasyan, A Fable (Verve Records)
- Jamie Woon, Mirrorwriting (Candent Songs / Polydor)
- Piers Faccini, My Wilderness (Tôt ou Tard)
- Beirut, The Rip Tide (Pompeii Records)
- Action Bronson, Dr Lecter (Fine Fabric Delegates)
- Motown’s Mowest Story 1971-1973: Our Lives Are Shaped By What We Love (Light in the Attic)
- Norman Jay, Good Times 30th Anthology (Strut Records)
- Bon Iver, Bon Iver (4AD)
- Wu Lyf, Take Fire To The Mountain (Wu Lyf Recordings)
- Jamie Woon, Mirrorwriting (Polydor)
- Terious Nash, 1977 (Radio Killa)
- The Weeknd, House of Balloons (The Weeknd)
- Anthony Joseph and the Spasm Band, Rubber Orchestras (Heavenly Sweetness)
- Maïa Vidal, God is my Bike (Crammed Discs)
- Beirut, The Rip Tide (Pompeii Records)
- Candi Staton, Evidence – The Complete Fame Masters (Kent / Ace Records)
- Kourosh Yaghmaei, Back from the brink (Now Again Records)
- Phil Spector Presents the Philles Album Collection (Sony Legacy)
- Timothy Bloom, Budding Rose EP (Mosley Records)
- T.I. Feat Pharrell, Here Ye, Hear Ye (Grand Hustle)
- Action Bronson, Blue Chips (Fine Fabric Delegates)
- Avishai Cohen, Seven Seas, (Blue Note /EMI)
- Camille, Ilo Veyou (Emi)
- El Hijo de la Cumbia (Ya Basta/Discograph)
- Ibrahim Maalouf, Diagnostic (MaMi’ster Prod)
- Danay Suarez Havana, Cultura Sessions (Brownswood)
- Abblaye Thiossane (Discograph)
- Lansiné Kouyaté et David Neerman, Skyscrapers and Deities (No Format/Universal Jazz)
- Anthony Joseph and The Spasm Band, Rubber Orchestras (Heavenly Sweetness)
- Tropical Discothèque (Sofrito/Strut)
- Kourosh Yaghmaei, Back From the Brink (Now Again/Discograph)
- Afrique Enchantée, Ticket d’Entrée (RCA Sony Music)
- Omar Souleyman & Bjork The Crystalline Series
- Quantic, Hip Hop in Cumbia (Tru Thoughts)
- Isdeen Adjohoun (Nou229)
- Kiko Dinucci, Juçara Marçal et Thiago França, Metá Metá
- Criolo, Nó Na Orelha
- Lucas Santtana, Sem Nostalgia (Mais Um Discos / Differ-ant)
- Thundercat, The Golden Age of Apocalypse (Brainfeeder)
- Anthony Joseph & The Spasm Band, Rubber Orchestras (Heavenly Sweetness)
- Camille, Ilo Veyou (Virgin/EMI)
- The Dø, Both Ways Open Jaws (Village Green)
- Cartagena ! Curro Fuentes & The Big Band Cumbia and Descarga Sound of Colombia 1962-1972 (Soundway)
- Franco: Guitar Hero, (Cantos!) - Brazil Bossa Beat! Bossa Nova and the Story of Elenco Records (Soul Jazz Records)



Frente Cumbiero Meets Mad Professor by Frente Cumbiero

- Lucas Santtana, Sem Nostalgia (Mais Um Discos / Differ-ant)
- Frente Cumbiero, Meets Mad Professor (Vampisoul / Differ-Ant)
- Bio Ritmo, La Verdad (Electric Cowbell / Fat Beats)
- Miguel Zenon, Alma Adentro: The Puerto Rican Songbook (Marsalis Music / Emarcy / Universal)
- Baloji, Kinshasa Succursale (Crammed)
- Gilles Peterson Presents Havana Cultura, The Search Continues (Brownswood Rec. / La Baleine)
- Anoushka Shankar, Traveller (D.G. / Universal)
- Juju, In Trance (Real World / Harmonia Mundi)
- Cartagena! Curro Fuentes & The Big Band Cumbia and Descarga Sound of Colombia 1962-72 (Soundway / Differ-ant)
- Cult Cargo, Salsa Boricua de Chicago (Numero Group / Differ-ant)
- Sofrito, Tropical Discotheque (Strut / La Baleine)
- Quantic, Hip Hop en Cumbia (Tru Thoughts)
- Owiny Sigoma Band, Tafsiri Sound (Broownswood Recordings)
- Bio Ritmo, Dina’s Mambo (NYC Trust Remix) (Electric Cowbell)



requiem pour un con by Kouyaté & Neerman

- Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou, Cotonou Club (Sons d’Ailleurs)
- Aziz Sahmaoui, University of Gnawa (Socadisc)
- Kouyaté & Neerman, Skyscrapers and Deities (No Format)
- Melingo, Corazon & Huero, (World Village)
- Imany, The Shape of a Broken Heart (Think Zik)
- Tinariwen, Tassali (V2 Music)
- Trio Joubran, AsFar (World Village
- Fatoumata Diawara, Fatou (World Circuit)
- Edmond Mondésir, Emosion Bèlè (Awimusic/L’Autre Distribution)
- Salif Keita, Anthology (Universal)
- Carlos Nunez, Alborado do Brazil (RCA Victor)
- Kip Hanrahan, At Home With Anger (American Clavé)
- Tom Waits, Bad As Me (Anti)
- Zomby, Dedication (4AD)
- Gregory Porter, Water (Motema)
- Saul Williams, Volcanic Sunlights (Columbia)
- James Blake (Atlas)
- Meshel Ndegeocello, Weather (Naïve)
- Tinariwen, Tassili (Anti)
- Ahmad Jamal, Poinciana Revisited / Freeflight (Impulse!)
- Pheeroan AkLaff, House Of Spirit: Mirth (Universal Sound)
- Bill LaBounty, Time Starts Now – The Definitive Anthology 1975-2011 (Rhino)

TOUTE L’EQUIPE DE VIBRATIONS VOUS SOUHAITE D’EXCELLENTES FETES DE FIN D’ANNEE !

Sur la route depuis la sortie de leur second album Both Ways Open Jaws au printemps dernier, The Dø s’est arrêté de tourner pendant une seconde pour nous révéler les dix disques qu’ils emporteraient sur une île désertée. Les cinq premiers sont ceux d’Olivia Merilahti, et les cinq suivants, ceux de Dan Levy.
Steve Reich Drumming
J’ai écouté ce disque en boucle pendant l’écriture du deuxième album et c’est une découverte sans fin. C’est une musique illusoire, hypnotique, qui fait oublier le temps. J’aime le mouvement organique, le développement du rythme par accumulation et élimination, comme des lianes, comme des cellules qui apparaissent, disparaissent, et renaissent.
Beck The Information
J’écoute cet album inlassablement, autant pour les chansons que pour le son. Il n’a pas pris une ride et à chaque fois, j’entends de nouvelles pépites sonores.
Thelonious Monk Monk’s music
J’aime le morceau d’ouverture de cet album, qui est la reprise d’un hymne de moins d’une minute par la section de cuivres uniquement. Ce qui me plaît chez Monk, c’est qu’on oublie la virtuosité qui peut par moments étouffer la musique, surtout dans le jazz. J’aime les envolées de Coltrane, l’espace et la maladresse feinte qui caractérisent le génie de Monk.
Debussy Oeuvres pour orchestre
« La Mer », « Nocturnes » ou « Prélude à l’après-midi d’une Faune » sont des oeuvres qui me nourrissent. Cette grâce me donne toujours envie d’écrire.
Micachu & the Shapes Jewellery
Absolument fan… Je ne me suis pas encore lassé de cet album, je pense que je pourrais l’emmener sur une île déserte et continuer à l’écouter sans relâche. On les avait vues en première partie d’Arcade Fire à Helsinki, et on avait pris une claque. Il y a peu de groupes aussi inventifs, autant en studio que sur scène. J’ai hâte d’entendre la suite.
Captain Beefheart Mirror Man Sessions
J’ai découvert Captain Beefheart avec Zappa, dans l’album “Hot rats” (autre album que je pourrais amener), je suis absolument fan, je suis obligé d’écouter 1000 fois chaque album parce qu’il y a des choses qui m’échappent…
Ebony Concerto Igor Stravinsky avec l’orchestre de Woody Herman
Le Sacre du Printemps avait déjà changé ma perception de la musique, et avec cette oeuvre il faisait un lien avec le jazz. C’est vraiment une musique que j’aurais voulu écrire…!
Radiohead Kid A
Une amie m’avait offert ce disque, je ne connaissais rien de Radiohead et rien de la pop. Je suis resté bloqué du début à la fin. Depuis je ne m’en lasse pas je l’écoute régulièrement.
Danyel Waro Oeuvre complète
On a découvert Danyel Waro lors de nos concerts à la Réunion. C’est magnifique… J’aimerais me faire une dose de Waro, n’écouter que ça pendant des semaines. J’adore aussi le son de ses disques.
John Coltrane & Duke Ellington
L’album que j’ai le plus écouté, je crois. J’aime tout. C’est une source sans fin pour moi. Chaque note me parle.

Elle possédait une voix qui fait naître le frisson et rend belle la tristesse. Cesaria Evora ou le charme ineffable de la musique lusophone*.
Par Patrick Labesse
Discret petit bout d’Afrique mise en miettes par une vieille colère volcanique à 500 kms au large de Dakar, méconnu, ignoré, pour un peu on l’aurait cru muet cet archipel battu par les vents. Et puis un jour, à la faveur du Festival des Musiques Métisses d’Angoulême, une divine surprise: Cesaria Evora. Grâce à cette noble chanteuse à la cinquantaine meurtrie, le Cap-Vert fait enfin résonner le chant de ses terres arides.
Ecouter Cesaria, c’est entendre l’âme qui pleure. Ailleurs on appellerait cela le blues. Ici c’est la «morna», une exquise métisse née d’un mariage de déraison entre le fado du colonisateur portugais et des tempos d’Afrique. Cette musique, empreinte d’une sérénité douloureuse, depuis bien des lunes elle coule dans les veines de celle que les îliens ont consacrée reine du genre. Une distinction strictement symbolique pour Cesaria Evora, qui, jusqu’à une époque toute récente encore, vivait dans un extrême dénuement.

Lana Del Rey, Video Games
Emporté par les tourments de l’accélération, tout le monde semble trépigner d’impatience de pouvoir s’immerger pleinement dans le glamour policé de la lolita. Avec Lana, 2012 s’annonce nostalgique.Freestyle Fellowship, 7th Seal
Au début des 90’s, un quatuor de Los Angeles proposait une fusion de hip-hop et de jazz qui allait graver une empreinte déterminante dans l’évolution du son West Coast.Modeselektor, German Clap
Extrait de “Monkeytown, la dernière sortie du producteur berlinois German Clap résonne comme une partie de ping-pong enregistrée lors d’une plongée à bord du nautilus.Jonti, Hornets Nest
Producteur et multiinstrumentaliste largement influencée par le réalisateur Norman McLaren, Jonti est une des dernières recrues de l’écurie Stones Throw.Da Cruz, Boom Boom Boom
Da Cruz est le résultat de l’association de la Brésilienne Mariana Da Cruz et de la productrice Ane H, cocktail énergétique dans la veine de Buraka.Sebastian Sturm, Get Going
Chef de file de la scène reggae roots allemande, Sebastian Sturm pousse affirme toujours plus son style unique avec “Get Up & Get Going”.Mirel Wagner, No Death
Catégorie: hors du temps.

Après du hip-hop dans le Bronx retracé par Sophie Bramly, c’est au tour d’une autre française de nous faire découvrir les dessous l’émergence d’une sous-culture new-yorkaise.Entre 1989 et 1992, la photographe a en effet largement fréquenté les House Ballrooms de Harlem offrant une vaste documentation de l’âge d’or voguing. Initié par des prisonniers, qui s’inspiraient des pochettes de Vogue magazine pour créer leurs chorégraphies, ce courant s’inscrit dans une longue tradition afro-américaine en matière de concours de danse.
Mode d’expression privilégié au sein des communautés gay afro-américaines et latinos tout au long des années 80, cette tendance connaîtra une énorme visibilité suite au succès du titre éponyme de Madonna en 1990. Ce n’est cependant pas l’impact de cette relecture intelligente que retrace la publication “Voguing: Voguing and the House Balloroom Scene of New York City 1989-92“. Elle offre plutôt un répertoire de langage corporels qui ont largement participé à construire les chorégraphies du r’n'b.

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Laurence Jacottet, Philippe Cuendet et Ivan Liechti, le trio formant //DIY, sont des véritables passionnés de musique. DJ’s, producteurs, collectionneurs, programmateurs ou compileurs, ils ont cumulés les activités dans le domaine depuis quelques années. A ce titre, c’est surtout à travers le graphisme que les Lausannois ont poussé le plus loin cette sensibilité. Des pochettes aux vidéos, en passant par des myriades de flyers et de posters, //DIY a toujours su mettre les sons en image avec une rare originalité.
À travers cette exposition intitulée “FM”, ils poussent toujours plus cette exploration des points de convergences entre phénomènes sonores et visuels, notamment grâce à l’utilisation de quelques dispositifs expérimentaux. C’est le cas par exemple des séries inspirées par les figures de Chladni. Une manière de démontrer par la forme à quel point la musique, et les rythmes, sont à l’origine de toutes formes d’univers. Un catalogue tirée à 500 exemplaires a également été publiée à cette occasion.
EXPOSITION
- jusqu’au 27.01.12 12mail/Red Bull Space - Paris (12, Rue du Mail)
Vitalic, See The Sea (2009), réalisation //DIY
Vitalic - See The Sea (Red) by Differentrecordings

Stevie Wonder a 12 ans quand il enregistre son premier disque Little Stevie Wonder pour le label Tamla Motown. L’année est 1962. Dix ans plus tard, en 1972, il renégocie son contrat avec le label de Berry Gordy et commence sa période la plus créative avec la parution de “Music In My Mind”. 2012 marque ainsi une double célébration, celle des 50 ans de ses débuts dans le show-business et les 40 ans de ce qu’on a appelé à raison « la période des classiques ».
Rien ne prédestinait Steveland Morris, aveugle depuis sa petite enfance, à devenir un tel génie musical. Découvert par le label de Berry Gordy Tamla Motown, « Little Stevie » s’est rapidement émancipé pour devenir un créateur à part entière, marquant la musique noire et la pop music comme aucun autre artiste afro-américain avant lui, à part peut-être Ray Charles.
Les Éditions Consart consacrent le dernier numéro de sa collection “Vibrations” à Stevie Wonder. Richement illustré, il retrace par décennies et par thématiques le parcours d’une carrière qui s’étale sur plus d’un demi-siècle.
Stevie Wonder, For Once in my Life

hip hop spa by Fatima Al Qadiri
Naissance au Sénégal, enfance passée au Koweit et adolescence à Brooklyn, Fatima Al Qadiri semble désormais évoluer dans des matrices algorithmiques semblables à celles de James Ferraro. À grands renforts de nappes synthétiques et de choeurs réverbérés, elle compose les cantates apocryphes destinées aux temples de Second Life. Avec son mini-LP “Genre-Specific Xperience” (UNO NYC), elle propose de réinterpréter le hip-hop, le dubstep ou le tropicalia.
Fatima Al Qadiri, Corpcore
Avant de sortir un nouvel album, le groupe Black Star débarquera prochainement avec une mixtape baptisée “Aretha”. Pour le faire savoir aux fans, Talib Kweli et Yasiin Bey (Mos Def) ont récemment offert un nouveau single, le titre en question se nomme You Already Knew.

Numero Group a été fondé en 2003 par trois passionnés, Tom Lunt, Rob Sevier et Ken Shipley, qui se sont fixé comme mission de remettre au goût du jour les trésors enfouis de l’industrie cinématographique et discographique. En regard du rythme des sorties qui se sont succédé en quelques années, on se rend vite compte que cette activité relève plus d’un sacerdoce quasi maniaque que d’un passe-temps de quarantenaires mélancoliques. A ce titre, en lisant leur présentation donne l’impression d’un véritable manifeste éthique en matière de réédition. Remastérisés à la perfection et abondamment documentés, la soixantaine de titres de leur catalogue perpétuent cette ligne drastique.
À certains égards, “Boddie Recording Company: Cleveland Ohio” est un cas particulier puisque le projet a débuté avec la création du label. Une belle manière de rendre hommage à Thomas Boddie et sa femme Louise, les créateurs n’auront jamais parvenu à placer un seul hit au top des charts américains après quarante années d’activités. Pour Savier, cette ténacité est en grande partie due au tempérament très geek de Boodie qui, à travers la musique, nourrissait sa passion pour l’électronique. Autodidacte, il construisait déjà du matériel d’enregistrement durant son adolescence et il ne cessera jamais de perfectionner cet amour pour la technologie.
A ce titre, Savier ajoute qu’il “est une sorte d’anti Berry Gordy en ce sens qu’il n’avait pas le côté beau parleur du dandy urbain. Il est issu d’un autre monde, où l’on travaille dur. C’est comme l’éthique protestante qui promet la délivrance lorsqu’on travaille dur”. Rare groove, doo-wop ou gospel, l’inventaire semble infini et Numero Group a rassemblé un aperçu très convaincant dans un coffret exhaustif.

L’association Face Z continue de réciter l’alphabet musical de Genève Face G, qui correspond à la sixième édition de son festival intimiste, se dérouleral tout au long du weekend à Genève. Au programme, trois soirées placées sous le signe de la découverte et du métissage sonore avec des groupes issus de scènes très variées.
Le festival change de nom à chaque édition, ceci pour se référer à la volonté qu’ont certains amateurs de musique de toujours chercher les groupes les plus souterrains, de fouiller pour trouver la face inconnue que tout le monde recherche. Au bout du compte, le but est de mener l’alphabet à son terme. A savoir jusqu’à Face Z, en 2031.
vendredi 2 décembre
RM Hubbert (UK)
Eténèsh Wassié - Mathieu Sourisseau (F - ETH)
Mary Hampton Cotillion (UK)
Les Frères Souchet (CH)
samedi 3 décembre
Zea (NL)
Orchestre tout puissant Marcel Duchamp (CH)
Orchestra of Spheres (NZ)
Awesome tapes from Africa (USA)
dimanche 4 décembre - en collaboration avec la Cave 12
Dorothy Brown (CH)
Usurper (UK)
Gregaldur (F)

Même s’il n’est plus très actif avec son projet μ-Ziq, Mike Paradinas n’a jamais cessé d’être un élément très influent dans les franges expérimentales de la club culture. En particulier à travers son label Planet Mu qu’il a fondé en 1995.
L’année passée, il avait attiré nos oreilles du côté de Chicago où des producteurs et DJ’s participent à l’évolution du footwork. Une première compilation et quelques tournées en Europe ont accentué la dispersion et la popularité de ce courant.
Moment propice pour revenir à la charge avec ce deuxième volume qui continue de défricher dans ces productions combinant dubstep et de hip-hop, bande-son idéale pour les danseurs locaux. L’album est en écoute intégrale ici.
COMPILATION
- Divers, “Bangs & Works Vol.2: The Best Of Chicago Footwork” (Planet Mu), 2011
DJ Earl - Hit Da Bootz

En 2007, le producteur français Onra, Arnaud Bernard, sortait une première anthologie de beats et de boucles en provenance du Viet Nam, le pays d’origine de ses grands-parents, et de Chine.
Stay With Me by Onra
“Chinoiseries” (Favorite Recordings, 2007) se présentait comme une trentaine de petits cadavres exquis autoproduits oscillant entre des ritournelles d’Asie de l’Est et des routines de Wu-Tang. Le parisien rempile avec ce “Chinoiseries pt 2″ qui démontrent à quel point il a encore su affiner son art, déjà bien consommé, du séquenceur. 32 titres brefs qui s’enchaînent comme autant de Bánh Phu Thê au moment du dessert.
- Onra “Chinoiseries pt 2″ (All City)
CONCERT
10.12.11 La Bellevilloise / Paris

Il n’a pas fallu beaucoup pour que Maria Minerva glisse sa grande silhouette balte dans les roulis psychédélisme du revival synth-pop. Des sons comme des images. Des images comme des sons. Elle appose avec une désinvolture, précise et érudite, des films qui brouillent nos perceptions comme autant de bouffées au Valium.
Maria Minerva - Gloria by notodo
Une vague de fraîcheur léthargique et antispectaculaire qui caractérise d’ailleurs toute une génération de producteurs contemporains qui, à l’instar de John Maus ou des Nite Jewels, semble avoir concentré leurs quêtes introspectives dans les dilutions réverbérantes numériques d’une discothèque.
A l’heure où sort son premier album chez 100% Silk, Maria Minerva se produira avec LA Vampires dans le cadre de la soirée que le festival des Urbaines va dédier au label Not Not Fun.
CONCERT
- 03.11.11 Les Urbaines / Lausanne
ALBUM
- Maria Minerva, Sacred & Profane Love (100% Silk)

À travers ce mix d’une heure, Charity Queen propose un retour chronologique et compressé sur l’évolution des musiques électroniques. En partant des pères fondateurs de l’électroacoustique, cette sélection se déroule en fonction des nombreuses innovations qui ont marqué principalement la musique concrète.
Dans le commentaire qui accompagnant sa sélection, Charity Queen réclame un peu d’indulgence pour n’avoir intégrer aucune femme et nous rappelle que Laurie Spiegel, Maryanne Amacher, Daphne Oram, Pauline Oliveros, Éliane Radigue ou Johanna Beyer ont également joué un rôle déterminant dans cette évolution. La même remarque peut également être appliquée à cette plus vaste sélection accessible via ubuweb.
Quant à Pierre Henry, qui n’est pas non plus dans ce petit mix, on peut le découvrir de manière extensive grâce à ce documentaire intitulé “The Art of Sounds” (2007), produit par Éric Darmon et Franck Mallet.

Photo: Amandine Paulandré
En parsemant ses compositions de rimes à consonances génitales, la rappeuse Azealia Banks ne fait pas dans la fausse pudeur. C’est en particulier le cas de 212, qui tourne déjà depuis quelques mois, dans lequel la Lolita évoque avec verve son penchant pour les richesses de la langue.
Son style, qu’elle qualifie elle-même de “rap-bitch shit”, n’a pas tardé à en dégourdir certains et, s’il l’on en croit les rumeurs, la New-Yorkaise serait sur le point de signer avec une major. Il est probable que Paul Epworth, qui a récemment collaboré avec Florence + Machine et Adele, soit de la partie. Aucun doute, on va faire parler d’elle en 2012.
Le batteur et compositeur Paul Motian est décédé à l’âge de 80. Il avait débuté sa carrière dans le trio de Bill Evans vers la fin des année 50. Par la suite, on le retrouvera souvent aux côtés de Keith Jarrett, Charlie Haden, Bill Frisell ou Joe Lovano. Il est également l’auteur de l’obsédeante bande-son du toujours actuel “Punishment Park” (1971).

Ari Up, l’égérie récemment disparue de The Slits, avait l’habitude de dire que la mouvance punk reggae formait une sorte de dynastie. Une nouvelle classe de sang bleu dont les discours subversifs ne devaient cesser d’irriguer les musiques populaires.
Hollie Cook constitue la parfaite incarnation de cette intuition généalogique. Descendante directe du batteur des Sex Pistols, Paul Cook, et de la chanteuse de The Belle Stars, Jennie Mathias, elle n’a pas eu besoin d’aller très loin pour tomber dans le chaudron.
Un premier album chez Mr Bango produit par Prince Fatty et il n’en fallait pas plus pour donner un nouveau souffle à la tradition reggae britannique. Hollie Cook se produira en compagnie de Souleance, SBTRKT, et tant d’autres, dans le cadre de la 33e édition des Trans.
CONCERT
- 02.12.11 Parc Expo Hall 9 / Rennes

Photo: Matthias Guenter
Il était une fois… un producteur suisse dont le troisième album était, une nouvelle fois, signé chez Now Again. Après “Prismic Tops” (2009) et “My Human Wears Acedia Shreads” (2010), Dimitri Grimm joue du calembour et on ne sait pas trop bien si ce “Grimm Reality” renvoie à un récit autobiographique alimenter d’humour noir ou aux contes légendaires des deux frères.
Peu importe. Dimlite réussit une fois de plus à composer une exploration sans concession qui nous rappelle que, comme dans les mythes, le merveilleux va souvent de pair avec le lugubre.

Si le retour de Speech Debelle n’est pas une grande surprise, la bonne nouvelle tient également au fait qu’elle se soit réconciliée avec Big Dada suite aux déconvenues qui avaient suivi sa victoire au Mercury Prize en 2009.
Argumentant que le label n’avait pas su faire preuve de suffisamment de perspicacité pour promouvoir son album, la chanteuse avait décidé de faire cavalière seule. N’hésitant pas, au passage, de débiner de manière un peu trop franche sur compte FB. Comme le dit le proverbe, erreur n’est pas compte.
Speech Debelle - Studio Backpack Rap (FREE DOWNLOAD) by Big Dada Sound
Pour “Freedom of Speech”, dont la sortie est prévue pour février 2012, Speech a collaboré avec le producteur londonien Kwes qui, de son côté, vient de signer chez Warp. De The XX à Micachu, en passant par Damon Albarn, la liste de ses collaborations récentes laisse augurer qu’il sera une figure à suivre de près en 2012.
Kwes - Get Up (download MP3 at http://emailunlock.com/kwes/get-up ) by kwes
Le nouveau numéro de So Jazz est en kiosque avec Ornette Coleman en couverture
Ornette Coleman se produit rarement sur scène, et son dernier album Sound Grammar date de 2005. Une apparition à Montreux en 2006, une à Nice en 2010 : c’est peu, et il nous manque. Au moment où nous bouclons ce numéro, nous apprenons qu’il viendra clore le Festival de Jazz de Londres le 20 novembre prochain. À l’heure de l’Eurostar et des vols low-cost, gageons que nous serons plus d’un à envisager le déplacement.
Ornette Coleman en une de So Jazz, donc. L’auteur de cette interview, John Kruth, en plus d’être un excellent journaliste et écrivain (on lui doit une biographie de « Rashaan » Roland Kirk), est également musicien, et élève de Coleman. C’est ainsi qu’il a pu approcher le compositeur et lui poser des questions précises auxquelles le saxophoniste texan répond à sa manière : celle d’un musicien-philosophe davantage intéressé par les concepts métaphysiques que par les petites histoires de la musique – y compris les siennes.
Qu’est-ce que le son ? Comment se déplace-t-il ? Peut-on dompter les rythmes ? Faut-il expliquer la musique ? Autant d’interrogations au cœur de l’être humain Ornette que l’on retrouve dans sa musique.
Egalement au sommaire du numéro de décembre-janvier: William Parker, Giovanni Mirabassi, Rudresh Mahantappa, Le Festival Sons D’hiver, Keith Jarrett, Serge Gainsbourg, Richard Galliano, Miles Espanol, les disques du mois et l’agenda des concerts

Spécialisé dans les 45t, Electric Cowbell Records a aligné durant tout l’été une très belle série de titres rendant hommage au continent africain. C’est l’occasion de découvrir l’ethio-funk explosif de Debo, un groupe de 15 musiciens dans lequel officiait le chanteur Ayalew Mesfin et Bruck Tesfaye. On se laisse également facilement emporter par les coulées de lave tribales de Karthala 72, le bien nommé “Dans Le Coeur Du Feu” mettant littéralement le feu au plancher.
Karthala 72 7″ 45rpm by Electric Cowbell
On retrouve la belle collaboration de Sway Machinery avec la chanteuse Khaira Arby ou encore les relectures subtilement électroniques du patrimoine malien de Cheick Hamala Diabate. Une manière d’offrir une plateforme aux musiciens actuels qui ont choisi, sous une forme ou une autre, de rester au plus proche des enseignements originaux.
A l’écoute des titres accessibles via le compte Soundcloud, on se rend vite compte que le label new yorkais ne cherche pas à rester cantonné dans les musiques africaines. Leurs diverses explorations de l’Amérique du Sud ou du Moyen-Orient sont tout autant enrichissantes.

A La Nouvelle-Orléans, les brass bands se régénèrent aux sons du hip hop et de la soul. The Soul Rebels sont les nouveaux princes de Congo Square. Ils passent en concert ce samedi au Duc des Lombards de Paris
C’est un rituel : tous les jeudis, The Soul Rebels donnent rendez-vous à leurs fans au Bon Temps Roulé, leur quartier général. Autour de minuit, le club uptown commence à être sévèrement blindé. Il est temps de se masser devant la mince estrade. Et voilà, c’est parti, pieds au plancher, pour trois heures de grooves telluriques. À ce rythme, le dancefloor finira essoré, lessivé par ce son sale qui vous colle aux semelles et vous happe vers la transe. Bienvenue à La nouvelle Orléans, la ville où le jazz se saoule à la funk, avec de bonnes rasades tropicalisées. Un cocktail typique pour la plus caraïbe des villes nord-américaines.

Dwight Arrington Myers, qui a fait carrière derrière le pseudonyme de Heavy D, est décédé à l’âge de 44 ans. Entouré par son groupe The Boyz, il avait su faire de son embonpoint un atout central dès ses débuts. “The Overweight Lover’s In The House” ou “Mr. Big Stuff”, les singles de son premier album “Living Large” (1987) laissaient entrevoir qu’il allait peser de tout son poids dans l’histoire du hip-hop.
Parfaitement synchrone avec la vague New Jack qui allait déferler durant la fin des années 80. Il accentua encore son influence au sein de la scène en reprenant les commandes du label Uptown Records et se retrouve notamment à rapper aux côtés de Michael Jackson sur Jam. Il entame également une carrière d’acteurs et, ces derniers temps, il était surtout connu pour ses apparitions de plus en plus régulier dans des séries télévisées ou des films.

Vingt ans après la mort de Serge, son fils lui rend hommage avec un album où Johnny Depp, Iggy Pop ou Scarlett Johansson revisitent les classiques de l’homme à tête de chou. Pianiste talentueux, fraîchement diplômé du prestigieux Berklee Music College, Lulu se dévoile à travers dix albums minutieusement choisis.
Queen A Night at the Opera
J’adore l’ambiance de cet album, mélange incroyable entre l’opéra et le rock rehaussé par la voix unique de Freddie Mercury. Et « Bohemian Rhapsody » est un titre exceptionnel !
Michael Jackson Thriller
Je suis un fan absolu de Michael. Thriller, c’est la dernière époque avant qu’il passe à un style plus « blanc ». C’est aussi avec cet album qu’il a révolutionné le clip en inventant un style hors du commun. Il n’y a que des tubes : « Wanna be Startin’ Something », « Billie Jean », « Beat it », « Human Nature »… 100 millions d’exemplaires vendus, c’est du jamais vu, mais ce disque les mérite amplement.
Debussy Suite Bergamasque
Debussy est l’un de mes compositeurs préférés du mouvement romantique, car il marque une vraie rupture tout en restant classique. Son Clair de Lune est un chef-d’œuvre.
Django Reinhardt Intégrale
L’inventeur du manouche ! Sans parler du personnage, qui fait mieux avec trois doigts que tous les autres guitaristes… D’ailleurs, Angelo DeBarre, qui intervient sur mon album (« Le Poinçonneur des Lilas ») est l’un de ses meilleurs héritiers.
Mozart Symphonie n°40
J’ai une formation classique, et c’est ce que j’écoute le plus et j’ai découvert les Beatles il n’y a pas si longtemps que ça ! J’ai choisi cette sublime symphonie, mais j’aime aussi beaucoup son Requiem. Ses mélodies, ses arrangements… C’est un génie.
Radiohead Kid A
Il y en a beaucoup que j’aime, mais celui-ci a quelque chose de spécial, tout simplement.
Keith Jarret The Köln Concert
Keith Jarrett m’a fait découvrir le jazz. Il sait mélanger comme personne le classique, le jazz et la musique contemporaine. Quand on pense que ce concert est une heure et demie de pure improvisation, c’est presque inhumain !
John Williams 40 years of Music Film
Non seulement c’est un compositeur incontournable du point de vue cinématographique, mais j’ai grandi avec ses bandes originales de films: Les Dents de la Mer, Indiana Jones, Star Wars, La Liste de Schindler, Superman…
David Grey White Ladder
J’y suis très personnellement attaché : un ami de longue date de ma mère aujourd’hui décédé m’a fait découvrir cet album. Surtout la chanson « This Years Love », très expressive avec seulement trois accords de piano. Et puis il y a quelque chose de Tracy Chapman dans ce disque…
Serge Gainsbourg L’Homme à Tête de Choux
J’ai beaucoup plus écouté le Zénith de Gainsbourg ou L’Histoire de Melody Nelson que L’Homme à Tête de Choux, qui est un concept album très complexe… je ne comprends pas tout ! Mais si je devais en choisir un pour partir sur une île déserte, ce serait celui-ci, car j’aurais tout le temps de m’y plonger… et peut-être d’en saisir tout le sens !
Propos recueillis par Sophie Rosemont
Surnommé le “Doyen de la musique ivoirienne” ou, plus communément, “le Dopé National”, Amédée Pierre est décédé à l’âge de 74 ans des suites d’une longue maladie. Tout au long de sa carrière, il a été une figure centrale de la musique ivoirienne aussi bien en tant que compositeur-interprète qu’en tant que défenseur des droits d’auteur. Un récent article lui rend un bel hommage dans L’Intelligent d’Abidjan.

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte El-P. Le boss de Def Jux, membre du mythique Company Flow et fan de science-fiction, propose une sélection de quelques classiques éclectiques.
Prince Under the Cherry Moon
Sur une île déserte, je serais seul et Prince me fait penser au sexe. J’ai tellement baisé sur ce disque. C’est pas son meilleur album mais je l’écoute toujours car je suis impressionné par la production. Il n’y a aucune boîte à rythmes par exemple. Du coup, c’est assez différent de ce qu’il fait habituellement.
Fat Boys Premier Album
Quand je les écoute, j’ai l’impression de redevenir un gamin qui découvre le hip hop et c’est un sentiment assez agréable. «Jailhouse Rap» est sûrement l’une des meilleures chansons rap jamais écrites.
EPMD Business as Usual
Ce qui me manque quelque part, c’est cet esprit hardcore B-Boy. Avec EPMD, je m’y frotte un peu. J’aimerais bien être plus sur la brèche, partager ce danger du hip hop, le sentir venir vers moi.
Nine Inch Nails The Fragile
C’est un très beau disque, très bien produit et aussi incroyablement triste. Je me sentirais tellement mal sur mon île déserte que j’aurais envie de m’apitoyer sans arrêt sur mon sort. C’est, je crois, l’album parfait pour extérioriser sa souffrance.
Talking Heads Stop Making Sense
Là par contre, c’est un disque plutôt joyeux qui dégage une certaine bonne humeur. Un album que j’écoutais souvent quand j’étais petit.
Funkadelic Maggot Brain
C’est le disque qui accompagne toutes les émotions et j’espère bien en avoir sur cette île. Ce serait l’album qui me ferait apprendre des choses sur moi-même, sur cette expérience de la solitude complète.
Public Enemy Yo! Bum Rush The Show
Je l’amènerais avec moi simplement parce que c’est un classique absolu et que je ne pourrais pas m’en passer pendant une trop longue période.
The Beatles Sergent’s Pepper
Je pense vraiment qu’il s’agit d’un album parfait. Il est tellement incroyable, tellement riche. Il figure en bonne place dans ma discothèque personnelle.
Jimi Hendrix Voodoo Child
Je suis fan. Hendrix c’est le côté sombre de l’âme. Quelque chose qui apparaît parfois dans ma personnalité et qui apparaîtrait encore plus souvent sur une île déserte.
DEVO Q: Are We Not Men ?
Encore un album que j’adorais étant gamin. Rien que le titre, c’était déjà tout un programme, on sent d’avance qu’il s’agira d’un truc plutôt amusant.

Leurs entrelacements organiques de vibraphones, de balafon et de basse nous plongent dans les méandres vaguement dystopiques d’une ville totalement submergée par le règne organique. Les murs austères seraient recouverts d’un tapis végétal confus. Attentif, Kouyaté-Neerman jouent aux archéologues et nous invitent à découvrir les différentes formes de vie, les sonorités et les couleurs qui recomposent l’équilibre subtile et foisonnant de ce microcosme.
Les continents et les temporalités sont brouillés dans cet univers rétrofuturiste, apparemment déserté. À l’instar de cette envoûtante reprise de “Requiem pour un Con”, même les rythmes les plus routiniers se parent de textures mystérieuses. «Skycrapers & Deities» nous fait découvrir les scénarios prospectifs d’un orientalisme dont les contours sont encore à définir.
ALBUM
- Kouyaté-Neerman, «Skycrapers & Deities» (No Format) 2011

“Beats, Rhymes, Life: The Travels of a Tribe Called Quest” est un documentaire qui retrace la carrière d’ATCQ. Le réalisateur, Michael Rapaport, est un fan de longue date du trio du Queens et il a commencé à travailler sur le projet suite à leur reformation en 2008. À travers les portraits et interviews de Q-Tip, Phife Dawg, Ali Shaheed, Jarobi et de leur entourage, de De la Soul à Mos Def, on comprend un peu mieux les mécanismes qui ont participé à la dissolution du groupe en 1998. Le documentaire “Beats, Rhymes, Life: The Travels of a Tribe Called Quest” sera projeté en avant-première à Paris, au Forum des images, le 5 novembre 2011.
PROJECTION
- 05.11.11 Forum des images / Paris
Même s’il ne s’agit pas exactement du même sujet, on profite de l’occasion pour évoquer la sortie “White Wash” qui aborde la complexité des problématiques raciales aux États-Unis à travers l’exemple de surfeurs appartenant à des minorités ethniques. On retrouve la voix de Ben Harper en voix off et la bande-son a été réalisée par les incontournables The Roots.
Après son arrestation il y a quelques jours, Vybz Kartel est également poursuivi pour le meurtre de Clive “Lizard” Williams. Selon une déclaration d’un porte-parole de la police, rapportée par The Gleaner, le chanteur pourrait être encore impliqué dans d’autres meurtres et fusillades.
“Bad as Me” de Tom Waits sort aujourd’hui et il est possible de l’écouter en intégralité sur le site de NPR.

Que se passe-t-il lorsque vous associez une légende des l’afrobeat avec l’un des groupes de hip-hop les plus influents de ces vingt dernières années ? Le rapper et producteur Amerigo Gazaway apporte sa réponse avec «Fela Soul», huit titres qui proposent le chaînon manquant ultime entre les nuits torrides du Shrine et le trio de Long Island.
Depuis le coup de maître de Danger Mouse, la formule des mashups n’a pas généré que des chefs-d’oeuvre, le genre tendant souvent à sombrer dans la facilité. Amerigo évite cette impasse grâce à ses interventions subtiles et des choix de morceaux judicieux. Stakes Is High, Ooh! ou Breakadawn profitent d’un bain de jouvence grâce à ces grooves africanistes.

Lorsqu’on les met côte à côte, comme c’était le cas lors du récent ElectrosanneElectron Festival, on ne manque pas d’être frappé par l’étonnante similitude que partage Toddla T et David Rodigan. Alternant avec la même aisance les formules mesurées et les chorégraphies bouffonnent sous leurs airs, les deux incarnent à merveille une attitude so british en matière de musiques populaires. Ils perpétuent surtout un bel exemple de la persistante attraction pour la Jamaïque auprès des rejetons des classes moyennes.
À l’instar de Rodigan qui découvrait la musique aux moments des premiers soubresauts du ska, Toddla T s’est très vite laissé emporté par les rythmes du dancehall. Suite à la sortie compliquée de l’excellent “Watch Me Dance“, une grande partie du stock a brûlé dans l’incendie du dépôt de PIAS et l’album avait également fuité sur Internet, on le retrouve aux côtés du légendaire Wayne Marshall pour un Street So Warm particulièrement efficace. La relève est assurée!
Toddla T, Streets So Warm feat. Wayne Marshall & Skream

Après une première collaboration sur deux titres il y a trois ans, Chief et Moka Only (ex-Swollen Members) se liguent à nouveau pour un projet plus conséquent. Cette collaboration prend la forme d’un album intitulé “Crickets”, dans lequel le rapper canadien pose ses textes conscients sur les beats toujours autant méticuleux du Lausannois.
Ce nouveau projet autoproduit sort sur Feelin’ Music qui continue à creuser son sillon en alignant les sorties de qualité. Récemment Chief a proposé à travers son label un bel hommage à Chick Corea, Drone Beats & Electric Waves ou encore les Zurichois Treelogy de Jazzo & Melodiesinfonie.
ALBUM
- 08.11.11 Moka Only et Chief, “Crickets” (Feelin’ Music)
Moka Only & Chief - Crickets (Album preview) by Chief_Beatmaker

Les dix disques qu’emporterait Feist sur son île déserte à l’heure où son cinquième album “Metals” connaît un accueil enthousiaste.
Dinosaur Jr Where You Been
À quinze ans, ce disque était très important pour moi. Il l’est encore aujourd’hui. La guitare de Jay Mascis est très forte, mais il chante doucement. Il n’a pas besoin de crier. J’ai dû inconsciemment m’en inspirer, car je chante doucement tout en m’excitant sur ma guitare !
Kevin Drew Spirit If
C’est mon disque préféré de Kevin, le leader du groupe Broken Social Scene pour lequel j’ai été chanteuse, parmi tant d’autres. Je l’aime justement, car il n’y a que lui qui chante, se révélant un conteur passionnant.
The Cure Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me
Les raisons de mon choix sont évidentes : cet art d’empiler la batterie, la basse est incroyable . Le gâteau est très beau, sans pour autant perdre de la consistance.
Mocky Saskamodie
J’écoute beaucoup les disques de mes amis, pourquoi devrais-je m’en priver ? Et Mocky en fait partie. Ensemble, nous jouons une partie de tennis : je fais un disque, il en fait un, j’en refais un, il en fait un, etc. Bref, j’aime beaucoup son dernier album en date, c’est la quintessence de sa musique.
Gonzales Solo Piano
Un autre ami musicien dont je suis la discographie à la trace. Après des années dans le rap, ce retour au piano fut délicieux - autant pour lui que pour moi. J’en ai profité pour le mettre au piano sur “The Reminder” ! Ce disque est plutôt instrumental, mais quand il chante, c’est de la pop à l’état pur.
Santo & Johnny Santo & Johnny
Ce duo des fifties est assez brillant. Dans l’album, il y a cette chanson très connue, « Sleep Walk », qui est tout simplement parfaite avec seulement une guitare lap-steel et un vibraphone…
Paul Simon Graceland
Un classique. Tout y est, du sens de la découverte de l’ailleurs à celui des mélodies. Je me rappelle encore de la seule fois où j’ai rencontré, furtivement, Paul Simon. C’était lors d’une balance sur un festival américain. Bono était aussi de passage, et Barack Obama aussi ! Un grand moment.
Ravi Shankar & Philip Glass Passages
C’est un album que j’ai découvert adolescente mais il m’a fallu des années pour entendre réellement tous les instruments. L’orchestration est fascinante, autant que les deux personnalités qui l’animent.
Led Zeppelin IV
Je viens de découvrir Led Zeppelin, ce qui peut paraître ridicule… Je suis étrangement toujours passée à côté jusqu’à maintenant, et ma découverte est d’autant plus savoureuse ! C’est rock, rugueux comme j’aime.
Bob Dylan Time Out Of Mind
Une grande influence pour mon nouvel album. On peut entendre les distances entre les musiciens : un organiste joue à 15 minutes et Dylan qui vous souffle juste dans l’oreille, tel un démon ! C’est très visuel. Cet album est une sorte de retour, un véritable acte de bravoure.
Sinéad O’Connor The Lion and The Cobra
C’est la première chanteuse que j’ai vraiment écoutée - après Annie Lennox. Ce disque est son chef-d’œuvre. Sa voix est si puissante, claire, sanguine, féminine et masculine à la fois. Elle me touche beaucoup – me trouble, même. J’aimerais tellement la voir en concert, même si elle a apparemment beaucoup changé. De toute manière, elle mérite tout le respect du monde, pour toujours !
Propos recueillis par Sophie Rosemont

Avec leurs looks d’agents secrets échappés d’un film noir, Tino Ray et Phil Ray B nous font profiter des récentes aventures de Ray Bartok. Petit-fils improbable de Belà, leur personnage ne semble pas avoir d’âge. Une sorte d’hybride de Ray Banana et de Lux Interior dont la verve blindée par de grosses rasades se serait lentement édulcorée dans les basses d’ESG.
En puisant indifféremment dans les registres des musiques classiques ou dans l’art du turntablism et du beatboxing, “Afterworks” génère des rythmes asymétriques étranges. Un cocktail parfait pour satisfaire les pas de danse les plus chaloupés. D’une piste à l’autre, leur website permet d’explorer un peu mieux la dimension ludique de cette esthétique bricolée.
CONCERTS
14.10.11 Café de la Danse / Paris
21.10.11 Lieu Unique / Nantes
ECOUTER
Ray Bartok, Big Land
RAY BARTOK - BIG LAND from RAY BARTOK on Vimeo.
Fact vient de confirmer que Burial et Massive Attack ont collaboré sur deux titres produits par The Vinyl Factory et Inhale Go. Il s’agit d’une version de Paradise Circus et d’un morceau inédit intitulé ‘Four Walls’. Dépêchez-vous car l’objet n’existe qu’en vinyle et il n’y aura que 1000 exemplaires pressés.
Massive Attack vs Burial ‘four walls’
La chanteuse Shakira a été nommée en tant que conseillère du Président Obama au sein de la Commission pour l’excellence dans l’éducation des communautés hispanophones. Elle doit cette reconnaissance aux efforts qu’elle a engagés avec l’association qu’elle a fondée en 1995 et qui a permis de scolariser plus de 6000 enfants en Colombie, en Afrique du Sud et en Haïti. Elle est également ambassadrice de l’UNICEF depuis 2003.

Martyn entend réveiller les fantômes des soirées du Paradise Garage, l’époque où Larry Levan électrifiait les foules extatiques tout en posant quelques jalons indépassables à la mythologie du clubbing. À travers onze titres, l’album explore toute une gamme de sonorités et de rythmes aux teintes primaires. Un exercice de remémorisation, vaguement introspectif, qui n’est pas sans évoquer les incursions de Burial dans les univers du UK Garage et de la house.
VIDEO: Martyn, Viper
L’album ouvre d’ailleurs sur la voix de Spaceape qui, sur un ton robotique, nous guide à travers quelques-unes des étapes dans ce paysage de ruines matricielles. En puisant dans les cendres rougeoyantes des pionniers de la club culture, Martyn confirme son aptitude à toujours ouvrir des pistes novatrices. À l’instar de “Great Lengths” (2009), il y a de fortes chances pour que “Ghost People” reste un indicateur précis des nouvelles mutations opérées en matière de bass music.
ALBUM

Dix disques. Ceux que Mark Ramos-Nishita, alias Money Mark, emporterait sur son île déserte. Depuis «Mark’s Keyboard Repair», l’ébéniste et clavier des Beastie Boys a sorti six albums solo et de nombreuses collaborations. Il nous révèle un classement de disques «qui me rappelleront les meilleurs souvenirs de ma vie antérieure aux Etats-Unis, et qui conviendront le mieux à mes nouvelles occupations sur une île inhabitée.»
Pharaoh Sanders Thembi
J’avais souvent entendu parler de Pharaoh Sanders. C’est la fabuleuse pochette de «Thembi» qui m’a décidé à l’acheter il y a très longtemps. J’en connais maintenant tous les recoins. Son ambiance est envoûtante, le premier morceau tout particulièrement. Avant, je n’écoutais pas beaucoup de jazz – d’ailleurs, le jazz, je ne sais pas pas exactement ce que c’est, ça n’a pas de frontières.
The Beastie Boys Paul’s Boutique
Ça remonte à 1989, ce disque m’a immédiatement semblé extrêmement moderne. La façon des Beasties d’utiliser la technologie s’y révèle à la fois très hirsute et très novatrice. Ça fourmille d’idées.
Keith Jarrett The Köln Concert
Surtout pour sa face 2. Encore un disque que je connais par cœur. Sur l’île, il me rappellera une multitude de souvenirs auxquels il est fondamentalement lié. J’adore ses improvisations au piano. Je le mettrai et il m’aidera à improviser ma survie, par exemple à édifier une bicoque très ingénieuse.
The Beatles Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band
Un disque que mes parents passaient tout le temps. Il m’a donc particulièrement marqué, même si j’aime finalement autant le «White Album», «Revolver», «Rubber Soul». Mais «Sgt Pepper» possède en plus un côté épique et abouti qui me permettra de dilater le temps comme je le désire.
De La Soul 3 Feet High and Rising
Pour le fun. Quand la solitude sera trop oppressante, il me remontera le moral. Un disque à la fois intelligent, positif, et extrêmement créatif. Il compile en plus plein de disques que j’adore: ce sera donc pratique de l’emmener. C’est un peu le «Sgt Pepper» du hip hop – «Sgt Pepper» a d’ailleurs été enregistré dans une sorte d’esprit pré-hip hop.
Sly and the Family Stone There’s a Riot Going On
Chaque chanson de cet album possède une ardeur et une témérité impressionnantes. Quand j’étais petit, la radio diffusait énormément de hits soul splendides. J’adorais Al Green, Bobby Womack. Sly Stone parvenait en plus à déborder d’inventivité et de subversion sur la durée d’albums entiers – «Fresh» aussi est particulièrement brillant.
John Coltrane Blue Trane
Je hais l’idée de ne pouvoir prendre qu’un Coltrane avec moi. C’est affreux, inhumain. Il a exploré des terrains si différents, si époustouflants, si gratifiants. Disons «Blue Trane»: c’est le plus évidemment beau.
T.Rex Greatest Hits
Il est important pour moi d’écouter toutes sortes de musiques: mes goûts sont très éclectiques. Il me faudra donc du rock sur cette île déserte. T.Rex me semble un bon choix: ses morceaux dégagent une intensité à la juvénilité particulièrement communicative.
Minnie Ripperton Perfect Angel
Tout simplement parce que c’est le disque qui contient la plus belle chanson d’amour jamais écrite: «Lovin’ You». Aussi puissante que douce.
Billie Holiday Body and Soul
Probablement la voix la plus déchirante que je connaisse. Beaucoup de voix féminines m’émeuvent – Nina Simone, Roberta Flack –, mais celle de Billie provoque des frissons incomparables. L’écouter me rappellera que je suis un être humain.
Le dernier clip de Jordan Kim pour le titre How I Know de Toro Y Moi est particulièrement réussi.
Toro y Moi - How I Know from Jordan Kim on Vimeo.

Originaire de Novège, Ane Brun est désormais une personnalité musicale incontournable de Stockholm où elle réside depuis une dizaine d’années. En regard de l’accueil enthousiaste réservé à son huitième album “It All Starts With One”, il semble que la lune de miel avec le public suédois n’est pas sur le point de se terminer.
Malgré quelques collaborations remarquées, notamment avec le Canadien Ron Sexsmith ou Nico Muhly, ainsi que ses tournées récentes en tant que choriste pour Peter Gabriel, elle reste encore quelque peu inconnue en dehors de Scandinavie.
Si sa musique reste avant tout bercée par un art de la ballade et du lyrisme, comme sur cette belle reprise de Cindy Lauper, ce Do You Remember percussif ne manque pas d’étonner.
CONCERT
- 15.10.11 Paris / Le Trianon
CONCOURS
Nous vous offrons quelques places à gagner pour son concert du 15.10.11 au Trianon à Paris. Pour gagner des invitations, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI ANE” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 5 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.
Ane Brun, Do You Remember (2011)
Ane Brun - Do You Remember (Official Video) from Ane Brun on Vimeo.
Pas forcément connu pour son caractère doucereux, Vybz Kartel risque de devoir suspendre sa carrière et ses différents petits business. Après avoir été arrêté dans un premier temps pour possession de marijuana, il vient d’être accusé pour la mort de Barrington Burton, un promoteur assassiné en juillet dernier. Les deux autres chefs d’inculpation sont la conspiration d’assassinat et la possession illégale d’une arme à feu. Le chanteur doit être entendu cette et entend déjà faire recours.

À l’instar de nombreux pays du Moyen-Orient, l’Iran a été traversé par les poussées des mouvances occidentales dans le domaine du rock ou du r’n'b. Des artistes tels que Googoosh, Abbas Mehrpouya ou Pourain s’attelèrent à transgresser l’utilisation d’instruments traditionnels afin de donner de nouveaux élans aux musiques populaires persanes.
À cet égard, Kourosh Yaghmaei occupait une place à part et son oeuvre constitue un des incursions les plus marquantes en matière de psychédélisme. Accompagné par Kambiz aux claviers et le guitariste Kamran, le trio était très populaire vers les afin des années 70. Toutefois, leurs productions, essentiellement enregistrées sur des 45t, étaient devenues quasi introuvables.
Une lacune à laquelle l’archéologue Egon a décidé de remédier. Avec l’aide de Kaveh, le fils de Kourosh, il a compilé la première anthologie qui témoigne du groove de Téhéran peu de temps avant que la révolution ne transforme le pays en république islamique. A partir de cette date, 1979, Kourosh a été interdit pendant 17 années.
ALBUM
- Kourosh Yagmahei, “Back From The Brink” (Now Again)
ECOUTER
Kourosh Yaghmaei, Niyayesh (Veneration) 1977
Belle surprise lors du concert de Stevie Wonder à Rock in Rio lorsque Janelle Monáe est montée le rejoindre sur scène pour entamer un duo improvisé sur le classique Superstition.
Stevie Wonder et Janelle Monáe Superstition (Live in Rock in Rio 30.09.2011)

Dix disques. Ceux que le saxophoniste David Murray emporterait sur son île déserte («mais ce genre de play-list change tous les jours, selon l’humeur»). Depuis plus de trente ans, le Californien aujourd’hui installé à Europe traverse l’histoire du jazz grâce à son souffle continu, un pied dans la tradition, une oreille vers l’innovation. Une collection de sons dont on retrouve des traces dans cette sélection peuplée de ténors du saxophone et de classiques de la great black music.
Duke Ellington et Louis Armstrong Together For The First Time
Un classique avec une très belle pochette originale! C’est la rencontre de deux styles fondateurs du jazz en 1961. J’écoutais ça quand j’étais adolescent, surtout cette chanson «Azalea», et je prends toujours autant de plaisir aujourd’hui.
Marvin Gaye What’s Goin’ On
Tout le monde connaît cet album, parce que Marvin Gaye savait toucher le grand public sans céder à la facilité. Et puis ce titre et les chansons qu’il contient correspondent parfaitement aux préoccupations d’alors: l’écologie, la guerre, le racisme.
Marvin Gaye Here My Dear
C’est un album plus mature de Marvin sur lequel il raconte l’histoire de son divorce avec la fille de Berry Gordy. Il y a beaucoup de passions dedans et surtout il analyse les différentes phases de cette relation. C’est une belle leçon de vie tout comme «What’s Goin’ On» est une formidable analyse sociale.
Jimi Hendrix Band Of Gypsies
Encore un classique. C’est la bande-son de ma jeunesse – je vivais sur la côte Ouest à l’époque – et puis le batteur est Buddy Miles! Jimi Hendrix a écrit des chansons pour toute une génération qui voulait que ça change. Son message reste d’actualité.
John Coltrane Live In Seattle
Difficile de choisir dans la discographie de Coltrane, mais je retiendrais celui-ci pour la présence d’Eric Dolphy. J’aime la partie exploratoire de l’œuvre de Coltrane, quand il est à la fois dedans et dehors, quand il regarde devant et derrière. C’est ce que j’ai toujours essayé de réaliser: concilier la tradition et l’innovation.
Ben Webster et Coleman Hawkins Blue Saxophones
Il y a deux thèmes incroyables: «Roswita Dance» et «You’ve Been So Nice To Come Home Too», une ballade géniale. C’est le meilleur album entre deux saxophonistes que j’ai pu entendre. Coleman Hawkins est le fondateur d’une lignée de saxophonistes ténor qui passe par Webster et Rollins. C’est mon école aussi.
Ornette Coleman Science Fiction
Un de mes mentors figure sur cet album: le trompettiste Bobby Bradford, un complice des débuts d’Ornette. J’ai beaucoup appris de lui. Et puis ces sessions témoignent de l’une des périodes les riches et créatives de la musique de Coleman, en tout cas celle que je préfère.
John Coltrane Interstellar Space
Le duo avec Rashied Ali est d’une intensité rarement entendue. Jouer à deux exige beaucoup d’entente, mais en même temps cela ouvre des possibilités inouïes pour chacun. J’ai eu maintes fois l’occasion de toucher cette sensation de totale liberté et d’espace avec Sunny Murray. Avec une bonne batterie, vous pouvez partir où vous voulez.
Sonny Rollins Blowin’ In The Yard
Je ne suis plus sûr du titre de cet album sur Milestone: playin ou blowin’. Sonny est le roi sur l’instrument! J’ai eu l’occasion de jouer une fois avec lui et j’ai pu apprendre beaucoup.
Duke Ellington Live At Newport
Que dire si ce n’est que j’adorerai toute ma vie Paul Gonsalves. C’est lui qui a ouvert la voie pour tous les saxophonistes avec ce solo insensé sur «Diminuendo and Crescendo In Blue» sur ce Live de Duke. 27 chorus pour entrer dans l’histoire! Le public de Newport était déchaîné! C’était en 1956 et ça n’a pas pris une ride.
CONCERT
- 01.10 L’odéon / Théâtre de Nîmes

Hervé Salters, aka General Elektriks, n’est pas du genre à faire les choses à moitié. Il y a une dizaine d’années, il décidait sur un coup de tête de s’installer à Berkeley. Un choix largement influencé par le passé musical exceptionnel de la baie de San Francisco, “en particulier, Sly Stone et sa volonté de rassembler des genres musicaux et des personnes variées. Il a eu une très grande influence sur mon approche”, admet-il à ce propos.
Son home studio de Parker Street laisse transparaître le groove et les textures singulières qui caractérisent les productions d’Hervé. Installée dans le vaste jardin bordé par les feuilles volumineuses d’un palmier, une annexe aux teintes tropicales abrite une belle collection de synthétiseurs vintage accumulés au fil des années.
Un antre confortable qui semble imperméable aux aléas du temps. Un amalgame oscillant sans cesse entre des renvois aux maîtres du passé et une anticipation sur le futur du funk. Un groove ensoleillé et optimiste qui inonde la production impeccable de ce second album qui renvoie avec déférence à ces années californiennes. C’est le moment de tourner la page et le futur proche se déroulera en partie sur les routes, pour une longue tournée.
ALBUM
- General Elektriks, “Parker Street” (Audio Kitchen / Discograph), sortie le 10 octobre
General Elektriks “Summer is Here” from Arno Salters on Vimeo.

Certaines de ses productions avaient déjà suinté sur le net, en particulier son remix récent du Robot de Bilal. Remy LBO est de retour avec un nouvel album qu’il met à disposition gracieusement. À la différence des productions digitales déstructurées filtrant du Low End Theory, le producteur de LA s’inspire plutôt des contrées calmes et bleutées.
04 Robots (Remy LBO Remix feat Blu) by Plug Research
Charrié par des phrases de pianos impromptus, “Exceptionalism” s’étire comme une longue BO aux consonante nostalgique qui réveille quelques fantômes du genre. Entre le son de hammond millésimé de Money Mark, les élans grandiloquents de Goldfrapp ou l’univers confiné d’un home studio, Remy LBO nous invite à revisiter cette arrière-salle de club de jazz qui traîne quelque part dans l’arrière-salle de notre mémoire.
TELECHARGER
Suite à des problèmes de santé, la chanteuse capverdienne avait déjà dû interrompre sa tournée l’an passé et c’est avec regret qu’elle est contrainte de prendre sa retraite à l’âge de 70 ans. Très affaiblie, elle tire sa révérence après une carrière exemplaire.

Après s’être fait remarquer après le buzz provoqué par leur mixtape “Sit Down, Man”, le trio orientalisant est de retour avec un premier album. Quelque part entre De La Soul, Dead Prez ou les Beastie Boys, ils sillonnent dans les franges d’un rap qui s’est être conscient sans pour autant se prendre trop au sérieux. On retrouve d’ailleurs ce côté railleur dans “Booty In The Air” ou “Girl” qui singe l’air du temps avec humour.
Compos obsédantes et paroles hallucinantes, des titres comme Middle Of The Cake ou Brand New Dance ouvrent la voie à des forme de psychédélisme plutôt audacieuses, tandis que d’autres, Punjabi Song, posent un voile menaçant sur des rythmiques enjouées de pop indienne. Même relaxé et bien entouré, Anand Wilder de Yeasayer et Rostam Batmanglij des Vampire Weekend sont également de la partie, Das Racist n’a perdu ni son mordant, ni sa hype.
Das Racist, Relax, “Relax” (2011)

Originaire de Cape Town et actif depuis le milieu des années 90, Michael Martin produit ses lignes de basse grâce à un didgeridoo et cette résurgence tribale lui a permis de développer un son inhabituel. C’est le cas de “Sofa Surfer” réalisé par le biais de son projet Indidginus.Tout en gardant en gardant le son brut du dubstep, les productions lorgnent du côté des nappes apaisantes de l’electronica ou de la pop globalisée.
Arrivé un peu à l’improviste avec ce nom à coucher dehors, essayez seulement de vous souvenir de son orthographe dans deux jours, Michael a récemment généré une émulation conséquente aussi bien auprès des jeunes amateurs de dancehall que chez des vétérans comme The Orb.

Après avoir fait ses armes en tant que DJ au légendaire Limelight, Dub Gabriel s’est fait très rapidement distinguer par son désir à faire évoluer sa pratique. Ses performances originales lui ont rapidement valu de collaborer avec de nombreux artistes sillonnant dans les franges les plus caverneuse de la pop culture.
Entre des sessions avec Bomb Squad ou d’anciens membres Bauhaus, il a également réalisé un projet avec U-Roy qui est sorti l’an passé. Pour son dernier EP, il rend un hommage discret à Gil Scott-Heron. “Is This Revolution” questionne le zeitgeist du moment porté par le phrasé subversif d’un Spaceape qui nous rappelle, plus que jamais, qu’il est certainement l’épigone le plus abouti de Linton Kwesi Johnson.
Dub Gabriel feat. The Spaceape - “Is This Revolution” (Destroy All Concept) Dub Gabriel feat. The Spaceape & Mighty Dub Killerz by Destroy All Concepts

20 ans. Cela fait 20 ans que Miles Davis est parti rejoindre le Duc, le Comte, le Président et tous les autres seigneurs du jazz au ciel… bleu évidemment. Le 28 septembre 1991, le monde de la musique n’a pas seulement perdu une étoile du jazz, mais un des compositeurs et interprètes les plus influents du siècle. Les catégories, Miles Davis ne les a pas suivies, il les a créés. Be-bop. Cool jazz, hard bop, modal jazz, funk, fusion, hip hop…
Le trompettiste aura été de toutes les aventures, devançant le plus souvent les attentes du public et des musiciens, montrant la route, quitte à prendre des voies de traverse, quitte à choquer ou à être incompris. Ce numéro ambitionne de révéler un musicien qui dépasse le monde du jazz où la critique l’a souvent relégué.
Comme dans les précédentes sorties de Vibrations Collector, la trajectoire personnelle et artistique du musicien est traitée à partir d’une riche iconographie accompagnée de textes aidant le lecteur à se repérer dans les époques et les styles abordés. Des essais originaux par des auteurs et des spécialistes de l’œuvre ainsi que des interviews inédites complètent ce numéro.
Kano délivre deux singles extrait de sa mixtape “Not for the A-List” et l’ambiance s’annonce plutôt ennervée.
Mikey J and Kano - “Random Antics” (Explicit) by TheRealKano

Dix disques. Ceux que a «diva aux pieds nus» emporterait sur son île déserte.
Angelica Maria Box Set
Le coffret regroupant ses quatre meilleurs albums. Nous nous connaissons depuis un petit moment. Nous sommes vraiment devenues amies en 1994 lors d’un concert à Sao Paulo où nous avons chanté ensemble avec en plus Caetano Veloso. Angelica est vraiment une grande dame de la chanson brésilienne. Sa voix est magnifique, et la femme merveilleuse.
Marisa Monte A Great Noise
Je n’ai découvert sa musique que récemment et j’ai tout de suite été emballée. C’est pour ça que je lui ai demandé de venir faire un duo sur mon nouvel album. Nous nous sommes rencontrées lors d’une de mes tournées au Brésil: Marisa voulait me voir, elle est venue à un de mes concerts. Nous nous sommes ensuite retrouvées lors de l’Exposition Universelle de Lisbonne où nous avons chanté ensemble.
Caetano Veloso Prenda, Minha
Lui, je connais ses chansons depuis plus de vingt ans! Notre première rencontre, c’était pour la compilation «Red Hot & Rio» en 1986 où nous chantions en duo sur «E Precisco Perdoar». Il était temps qu’on se rencontre: chacun était fan de l’autre! Nous sommes devenus de très bons amis. J’aime beaucoup ce disque qui doit dater de 1996 parce que Caetano y chante en espagnol des standards et des boléros.
Edith Piaf Edith Piaf
Un disque regroupant tous ses grands succès. Quelles sont mes chansons préférées? C’est difficile à dire: je ne retiens aucun titre… Mais je connais bien Edith Piaf. Elle passe souvent à la radio au Cap Vert. Ce qui m’a captivée chez elle, c’est sa voix. Elle arrive à y faire passer des émotions universelles. J’ai été dans un bar à Paris, Porte de Bagnolet, qui lui est complètement dévolu. Ça m’a particulièrement touchée.
Charles Aznavour Autobiographie
Chez lui, c’est l’orchestration des morceaux qui m’éblouit. Il n’est pas étonnant que je connaisse sa musique: Aznavour est populaire à travers le monde entier.
Amalia Rodriguez Fado Portugese
Elle était venue chanter au Cap Vert s’arrêtant juste au port où j’habite. Mais comme c’était au temps du régime colonial, je n’ai pas pu l’approcher: la police ne nous laissait pas passer. Il y a des similitudes entre ma morna et son fado mais également une différence de taille: la morna se danse!
The Beatles The 20 Greatest Hits
J’aime la pop music, eux ou Elton John. Les Beatles, on n’entendait que ça au Cap Vert à la fin des années 60. C’est comme aujourd’hui avec les Spice Girls.
Salif Keita Seydou Bathili
Il y a des similitudes entre sa musique malienne et la mienne dans le sens où les instruments et les rythmes africains sont souvent identiques à ceux du Cap Vert. Ce qui différencie les deux musiques, ce sont les paroles et le chant. Comme autres Africains, j’aime aussi beaucoup Youssou N’Dour, Manu Dibango et Bonga.
Bonga Angola
Nous sommes amis depuis longtemps. Bonga est un chanteur angolais qui est très attiré par la musique cap-verdienne. Ça vient de Louvain: dans cette ville belge cosmopolite, tout le monde se mélangeait. Et moi, je connais pas mal l’Afrique puisque j’ai déjà fait quatre tournées là-bas.
Michael Jackson Thriller
Comme Prince, pour son énergie sur scène! En fait, je ne l’ai jamais vu en concert, mais à la télévision. Il faut dire que quand je voyage aux Etats-Unis, je ne rencontre pas vraiment ces gens-là. Par contre, Madonna, que j’aime beaucoup aussi, est venue me voir en concert: elle dit qu’elle est fan de moi!
CONCERTS
15.10.11 Fiesta des Suds / Marseille 27.10.11 Nuit en Champagne / Troyes

Batteur pour Quantic, DJ Shadow ou Madlib, producteur des somptueuses rencontres des Heliocentrics avec Mulatu Astatké ou Lloyd Miller, réalisateur du dernier album d’Anthony Joseph, le brillant Malcolm Catto livre les trésors de sa discothèque psychée. Incorrigible dissident par nature, l’Anglais n’a pu s’en tenir à dix références.
John Peel Archive Things
Une collection extrêmement diverse d’enregistrements de la BBC, contenant des musiques traditionnelles du monde entier sélectionné par le grand John Peel. Mention spéciale pour les percussions de Malaisie.
Okay Temiz & Johnny Dyani Witchdoctor’s Son
Un si bon disque à tout niveau, qui atteint parfois l’équilibre parfait entre le minimalisme, la simplicité et la production.
Bjorn J:Son Lindh Fran Storstad Til Grodspad
J’ai longtemps cherché ce disque et je l’ai finalement déniché à Stockholm lors d’une tournée avec Mulatu et les Heliocentrics. Avec l’aide de la technologie moderne, il est possible de créer une musique qui n’aurait pas pu exister avant, comme la drum & bass, etc…Pour les musiciens modernes, c’est notre croix à porter d’essayer de rivaliser en termes d’idées, de son et de savoir-faire.
Friendsound Joyride
J’ai découvert récemment que c’était Paul Revere qui invitait une tripotée d’amis pour une « mental jam-session ». Un peu comme un trip au LSD de psyché desgarga. Une véritable expérience psychédélique qui promet un délire musical désarticulé, grâce à une terrible interprétation des musiciens et un mix simultané sur une console qui sonne un peu comme celle de King Tubby (et qui enterre presque la plupart des pros du Pro Tools ).
Faust The Faust Tapes
Comme celui de Friendsound, ce disque a eu une grande influence sur moi et sur les autres membres d’Heliocentrics. En l’écoutant, il paraît difficile de croire que Virgin ait pu espérer que Faust allait toucher le grand public et devenir l’étendard de ce nouveau genre de l’époque, le « Kraut Rock ». Les manipulations sonores sont à la limite de la musique concrète, et le groupe balance des sons hasardeux et désorientant pour intriguer l’auditeur.
Musique Kabiye Togo
Sûrement le truc le plus proche de ce qu’est la musique à l’autre bout de l’univers
Eric Framond Univers 2000
Un personnage très intéressant qui, je crois, a débuté par le swing dans les années 40 ou 50, et qui n’a jamais été immobile musicalement. Il a ensuite tenté l’expérimental et presque l’electro. Il commence à être enfin reconnu sous le nom de Framond et aussi de Camille Sauvage. Ce disque sonne presque aussi actuel aujourd’hui que lorsqu’il fut composé dans les 70’s, avec ses superbes arrangements. Un vrai génie.
Silver Apples Silver Apples
Je suis toujours subjugué par la modernité du son de ce groupe, spécialement sur ce disque dont la production sert parfaitement les compositions. Un bon exemple de la façon dont la technologie et la musique d’une même époque doivent se refléter d’une certaine façon.
Sun Ra Out There A Minute
Une compilation de Sun Ra à travers les années par Sun Ra lui-même. Il était un vrai novateur qui n’a jamais compromis sa vision musicale, et dont la pureté brille depuis des décennies.
Toto Bissainthe Chante Haïti
Un ami m’a fait connaître ce disque traditionnel fantastique d’un chanteur haïtien contemporain. Frais, simple, et soulfull.
Fifty Foot Hose Cauldron
Un autre classique psyché qui vient d’être réédité. Le groupe utilise divers instruments électroniques, qu’il ajoute a une formation plus classique pour créer son propre son, enregistré « live » en studio.

À partir des années 90, le duo de Drexciya explorait les nouvelles frontières de l’afrofuturisme grâce aux univers fantastiques d’un peuple imaginaire, les Drexciyans.”Deep Sea Dweller”, “Bubble Metropolis”, “Molecular Enhancement”, “The Unknown Aquazone” et “Aquatic Invasion”, les titres d’album, enregistrés dans les conditions du live, narrait un épisode dans la saga de cette Atlantide Noire.
Malgré une reconnaissance très relative durant leur période d’activité, le projet de James Stinson et Gerald Donald, qui lancera par la suite Dopplereffekt, génère actuellement un véritable culte auprès des amateurs de techno. Du Drexciya Research Lab au film de Otolith Group, en passant par plusieurs générations de producteurs et de collectionneurs, le mythe de cette tribu aquatique ne cesse de se perpétuer.
Le label hollandais Clone Records ne va pas manquer d’en rajouter une couche en annonçant la réédition de toute la discographie du duo de Detroit. Les masters sont en cours de restauration et les albums devraient être disponibles d’ici la fin de l’année.
Drexciya, Jazzy Fluids, “Neptune’s Lair” (1999)

Suite de l’article paru dans l’édition de Septembre du magazine Vibrations, le poète trinidadien Anthony Joseph dévoile ses adresses préférées de Londres, sa ville d’adoption.
Ritzy Cafe, Brixton Station
« Un café situé dans le quartier historique de Brixton, avec une scène pour du live, et une terrasse avec une jolie vue sur le quartier. J’aime donner mes rendez-vous ici, je m’y sens bien, car il y a beaucoup de caribéens et c’est un des centres culturels de la ville, tout près de la bibliothèque de Brixton. »
Rich Mix Club, Brick Lane
« Un centre artistique, avec un cinéma, un restaurant, et une scène qui accueille souvent des poètes. J’y ai vu récemment une expo photo sur la genèse du grime et du dubstep à Londres. »
The Crypt, Camberwell Church Street
« Un club de jazz situé dans la partie basse de l’église St Giles, à quelques pâtés de maisons de chez moi. La programmation vaut parfois le détour. »
Portobello Road Market
« C’est un classique mais ça vaut toujours le coup de visiter les antiquaires du marché de Portobello le samedi. »
TK Maxx, Saint John’s Road
« Une chaîne de boutiques de fringues, il y en a plusieurs dans Londres. Je vais parfois fouiller dans leurs bacs, on peut y dénicher des chemises dessinées par des couturiers à bons prix. »
Selectors Music Emporium, Brixton Hill
« Mon disquaire pour le reggae, situé au cœur de Brixton, évidemment. »
Southbank Centre, Southbank
« Dans ce grand complexe culturel, on trouve des cinémas, des galeries, et même une librairie spécialisée dans la poésie, ce qui est assez rare.J’y fais mes rendez-vous, je viens d’y voir une belle exposition photo intitulé «The Elders » sur la première génération de caribéens immigrés en Angleterre dans les années 40. Très impressionnant. »
Eldica, vynils & retro, Dalston
« Cette petite boutique fait office d’antiquaire : Ils achètent et ils vendent de vieux objets de décoration, des trucs vintage. Dans le fond, il y a des bacs de vinyles, avec du calypso, du reggae, du funk… On peut tomber sur des galettes assez rares. »
Rat Records, Camberwell
” Le disquaire ou j’ai travaillé.On y déniche beaucoup de vinyles et de Cd d’occasion, mais le patron connaît la musique, il n’accepte pas n’importe quoi dans ses rayons. »
ALBUM
- Anthony Joseph, “Rubber Orchestras” (Heavenly Sweetness/Naïve)

Après avoir été un des pionniers de la scène hip-hop mexicaine avec Español Pioneers Control Machete, Toy Selectah a progressivement laissé plus de place pour les bidouillages.En combinant musiques traditionnelles et technologies actuelles, il s’est rapidement retrouvé aux avant-postes du regain d’intérêt pour la cumbia et les autres rythmes en provenance d’Afrique latine.
Un style qui n’échappe pas à l’incontournable trendsetter Diplo qui le signe sur Mad Decent. Sorti en début d’année, “Mex Machine” offre un aperçu des directions prises par Toy qui se produira dans le cadre du festival Electrosanne.
CONCERT
- 08.09.11 Lausanne / Place Centrale - RBMA Dôme
Vampire Weekend, Contra, Toy Selecta Remix
Les dix disques qu’Étienne de Crécy emporterait sur son île déserte. Chef de projet de «Superdiscount», moitié de Motorbass, fondateur du label Solid (avec Alex Gopher et Levallois), il reste une figure centrale de la french touch. A propos de sa sélection, il précisait qu’il ne s’agit «pas vraiment des dix albums que j’estime les meilleurs, plutôt les disques-jalons qui progressivement ont formé mes goûts .»
The Cure Three Imaginary Boys
C’est Pierre-Michel Levallois qui m’a fait découvrir ce disque – j’avais vers les quinze ans. A l’époque, je n’étais pas encore branché new wave, c’est l’aspect pop-punk de cet album qui m’a séduit.
The Doors L.A. Woman
Mon éducation musicale s’est un peu faite à reculons: c’est par la new wave que je suis venu aux Doors. J’aimais le côté ténébreux de «Riders on the Storm». Attention, j’étais pas du style «j’ai voulu mourir dans une poubelle», pas du tout branché expériences psychotropes. L’aspect déglingué de Morrison ne me fascine pas. En régle général, ça a toujours été la musique qui m’a intéressé, pas les délires de leur auteur.
Jimi Hendrix Electric Ladyland
Au lycée tout le monde en parlait, personne n’avait les disques. A la première écoute, j’ai trouvé ça indigeste: trop de notes. Ce qui m’a finalement magnétisé, ce n’est pas la performance du guitariste, mais le côté blues,et le son, fabuleux, brut et beau. A trois, ils font un boucan impressionnant.
Public Enemy Fear of a Black Planet
C’est Laurent Collobert (le Mr Learn de «Superdiscount») qui me l’a fait écouter quand il est sorti. Ça a été un disque de transition entre le rock que j’écoutais – «Fear of a Black Planet» dégage une énergie super rock – et l’univers du hip hop vers lequel je me suis alors plongé.
A Tribe Called Quest People’s Instinctive Travels
Un album qui a révolutionné ma vie. Ma façon d’écouter la musique a été totalement chamboulée à partir de ce disque. Il est à la fois assez tranquille et énergique, et sur la fin assez dance, avec ce sample de Roy Ayers, particulièrement hypnotique.
Gangstarr Step in the Arena
La voix de Guru m’a envouté. Premier fait toujours la même chose et c’est toujours trés bien: il a un truc magique dans les mains. Je vais acheter le nouveau, mais je serai moins impressionné: j’ai un peu décroché au niveau hip hop, je suis même passé à côté du Wu Tang.
John Coltrane Blue Trane
Un copain m’a passé un disque de jazz: j’ai identifié un sample que je connaissais sur un morceau hip hop. J’ai alors compris que le jazz, ce n’était pas Adler, quelque chose de ringard, mais la base du hip hop. J’ai maintenant plein de Coltrane, j’aime son côté free, mais encore plus ses thèmes mélodieux.
Sly and the Family Stone Fresh Avant, le funk pour moi c’était «Sex Machine», c’est tout. Une chanson comme «Somebody’s Watching you» vous touche forcément. J’ai alors acheté tous les Sly Stone. Les derniers possédent encore tous les ingrédients, ils ne fonctionnent pourtant plus. Le meilleur, c’est probablement «There’s a Riot Going On».
Stevie Wonder Music On My Mind
Je l’ai découvert il n’y a pas longtemps. J’en avais l’image d’un artiste commercial, dégoulinant. Maintenant, c’est un dieu vivant pour moi. Un des meilleurs mélodistes au monde, l’auteur de chansons sublimes.
Romanthony Romanworld
Ses maxis sont mieux, mais c’est un des rares albums de house qui tient superbement la route. Les chansons sont belles, la voix magnifique, et l’instrumentation house minimaliste impeccable. Sur dix, ce sera le seul album de house. Par contre, si j’avais dû sélectionner des maxis, il y en aurait beaucoup plus.
Sélection publiée dans le magazine Vibrations en 2000.

En 1996, DJ Shadow sortait un premier album dont le nom exprimait à lui seul la posture de toute une génération piochant dans la archives acoustiques des États-Unis. Couche après couche, segment après segment, “Endtroducing…” poussait l’art du sampling et du DJing vers des seuils jamais atteint. Au moment même où Internet devait changer en profondeur nos manières d’écouter la musique, il s’imposait comme un des albums les plus marquants des années 90.
Depuis ce coup de maître, le DJ californien a été relativement discret et la sortie de son quatrième album “The Less You Know, the Better” (27.09.11) constitue un indicateur important. Le premier single “I’m Excited”, dans lequel on retrouve le MC londonien Afrikan Boy, on a l’impression que Shadow s’est laissé emporter par les pulsions globalisantes célébrées par Diplo ou M.I.A.
DJ Shadow Ft. Afrikan Boy - I’m Excited from Ian Pons Jewell on Vimeo.

En 1999, Quentin Dupieux faisait rigoler la planète entière avec sa peluche Flat Eric. Il en a profité, sous le nom de Mr Oizo, pour écouler plus de trois millions de singles. En 2011, il est toujours en compétition avec “Stade 2″, un quatrième album sur le point de sortir chez Ed Banger. En nous livrant sa liste des dix disques qu’il emmènerait sur une île déserte, voici un peu plus de sa vision artistique.
Herbie Hancock Sextant
C’est incroyable comme ce disque, qui date pourtant du début des années 70, est gavé d’électronique ! Un album pas du tout conventionnel, à la fois très hard dans sa texture, et deep au niveau du déroulement. J’ai mis beaucoup de temps à le découvrir - avant, je connaissais surtout la période electro-funk de Hancock. 8000 écoutes ne suffiront pas à me lasser. Il faudra une vie entière pour l’explorer.
Miles Davis Big Fun
Là, c’est la période électrique de Miles Davis que j’affectionne. “ On the Corner ” et celui-ci, qui date de 1974 : l’année où je suis né - il se trouve que c’est également une année musicalement incroyablement prolifique.
Beastie Boys Check your Head
Pour l’énergie, mais également pour la richesse musicale : il se passe plein de choses dans ce disque, ils peuvent enchaîner un morceau de rock alternatif avec un morceau de pur hip hop avec un passage jazzy… Et quand ils font du funk, c’est pas à la Jamiroquaï, ça remue vraiment. J’ai encore beaucoup aimé leur dernier album, mais j’y vois surtout une transition : on sent malgré tout qu’ils n’y croient plus à 100%, ils devraient passer à autre chose.
Portishead Dummy
Je l’écoute inlassablement depuis cinq ans. Je me sens énormément d’affinités au niveau de la vision sonore, et j’adore la voix de la nana. Je pense que ma démarche est semblable à la leur, même si eux sont mélancoliques. Mon disque est plus brutal, plus sec.
Q-Bert Wave Twisters
Sa virtuosité est impressionnante. Et d’un autre côté, en incluant à sa technique tout le côté accidentel des scratches, il parvient à rendre ses platines humaines. Rien qu’avec ses doigts, il rend un son long court, et inversement. J’aime le côté solo du scratch, c’est pour ça qu’il y a un DJ qui participe à mon album. La platine, c’est la guitare de l’an 2000 !
The Meters Funkify your Life
Pour le son brut, le côté bricolé, comme ça venait du garage d’à côté, et pour l’énergie rock. Et quelle chaleur !
Motorbass Pansoul
Avec un sampleur, ils mélangent plein de textures variées, ce qui donne une richesse d’ensemble impressionnante, à la fois harmonieuse et belle. J’ai rencontré Etienne de Crécy sur le tournage du clip d’Alex Gopher, puisque je le réalisais. Ces gars de Solid sont extrêmement sincères. Autrement, je n’écoute pas de house…
James Brown The Payback
Je voyais toujours ce disque chez plein de gens, et comme il a été samplé par une multitude de groupes, je le connaissais par petits bouts. Dès que je l’ai acheté, récemment, j’ai été accro. C’est du brut, le genre de funk que Sinclair ne pourra jamais faire : ici, il n’y a pas de pose ni de branlette, c’est du direct. Ca me fait regretter de travailler seul quand j’entends le son des JB’s.
Lyn Collins Check Me Out If You Don’t Know Me By Now
Un disque universel, beau, avec une voix sublime. Ici, le funk vient des tripes, ce ne sont pas des vibrations en plastiques comme en délivre Ophélie Winter.
Raekwon Only Built 4 Cuban Linx
Pour le côté sombre, brut, fourmillant. Un mélange de Portishead et de Meters, versant hip hop. 80% de ce que j’écoute, c’est du rap. Mais actuellement, le genre est en perdition, complètement bouffé par le blé. Et le rap français, je n’y vois aucune originalité : personne ici n’a la personnalité de Raekwon.

À l’heure où Rhino s’apprête à sortir un coffret à tirage limité regroupant l’intégrale de The Smiths, totalement remastérisées à partir des bandes originales, un documentaire rare a refait surface récemment. En un peu moins de 20 minutes qui retracent l’histoire et l’impact extraordinaire du groupe de Morrissey sur le paysage musical anglais des années 80. Bien que les images soient essentiellement extraites de vidéos et de documents déjà existants, on retrouve un certain nombre de séquences inédites, en concert ou prises dans les rues de Manchester. La manière idéale pour avoir un cours accéléré sur la discographie de ce groupe exceptionnel.

Le 1er août 1981, la chaîne MTV ouvrait ses programmes avec le clip de “Video Killed the Radio Star”, une manière de prononcer l’oraison funèbre du programmateur musical. Trente ans plus tard, presque jour pour jour, le DJ est pourtant de retour sous une forme rafraîchie sous la forme de Denise.
C’est le nom donné à un programme, développé par le Guile 3D Studio, capable d’interagir avec des humains de manière extrêmement convaincante. Capable de parler, par exemple de répondre au téléphone, ce bot est principalement destiné à assister des utilisateurs ou répondre à des mails.
KROV, une radio basée à San Antonio, s’est offert les services de cette collaboratrice virtuelle dont la tache sera principalement d’animé un show chaque semaine sur la station. Pour la décision de KROV, cette décision répond avant tout à des raisons économiques puisqu’il permet de réduire les effectifs, tout en se faisant un petit coup de pub.
Bien qu’elle ne puisse que réciter un texte écrit par une personne physique, son intelligence artificielle adaptable lui permet d’adapter son discours et ses actions en fonction des contextes et de son apprentissage. Tout comme Paris Hilton, elle peut placer une petite blague sur demande ou annoncer les prévisions météorologiques.
Ce n’est bien entendu pas la première fois que des bots remplacent des présentateurs. On se souvient notamment du célèbre Max Headroom, qui est devenu une figure emblématique des 80’s. Plus récemment, plusieurs chanteuses hologrames ont fleuri au Japon et on peut se demander qu’est-ce qu’une rencontre entre Hatsune Miku et Denise peut engendrer.

Après quelques escales en Asie et en Amérique latine, Soundway fait de retour en force en Afrique de l’Ouest avec la sortie simultanée de trois albums du multiinstrumentaliste nigérian Joni Haastrup et de son groupe MonoMono.Dans la foulée de “Nigeria Special”, Nigeria Rock Special”, “Nigeria Disco Funk Special” ainsi que de l’étonnante compilation “The World Ends: Afro Rock & Psychedelia in 1970s”, Miles Cleret continue à nous faire découvrir la richesse de l’héritage nigérian.
Même s’il n’a pas atteint la renommée d’un Fela ou d’un Tony Allen, Joni Haastrup reste une des références majeures de la période qui a suivi le highlife. De son énergie charismatique jusqu’à son nom, il a très souvent été comparé à Jimi Hendrix et ne il manque pas d’impressionner certains musiciens occidentaux. Au début des années 70, il se lie notamment d’amitié avec Ginger Baker. Il intégrera Air Force lors d’une tournée en 1971 et le projet SALT à la guitare et aux claviers.
Cette rencontre est d’ailleurs assez rocambolesque puisque Baker l’a engagé comme instrumentiste alors que Joni n’avait jamais joué de ces instruments. Du jour au lendemain, il s’est retrouvé ainsi catapulté sur scène sans aucune répétition. Un épisode qui a contribué à consolider le mythe de son talent inné. Par la suite, il fondera MonoMono avec qui il sortira deux albums qui font également partie des rééditions qui sortiront 26 septembre 2011.
ALBUMS
- Joni Haastrup, “Wake Up Your Mind” (Soundway)
- MonoMono, “The Dawn of Awareness” (Soundway)
- MonoMono, “Give The Beggar a Chance” (Soundway)

Vers le milieu des années 2000, CSS endossait le rôle de porte-parole sud-américain de la scène New Rave avec “Cansei de Ser Sexy”. Trois albums plus tard, la formule reste toujours la même. Adriano Cintra continue d’avoir la moustache qui frétille au milieu de son groupe d’Amazones furieusement sexy et, avec “La Liberacion”, CSS continue à proposer des ballades aussi agréables qu’un mojito parfaitement.
Avec leur premier single intitulé Hit Me Like Rock, Lovefoxxx se retrouve en duo avec le séminal Bobby Gillespie. Une manière de se rendre la pareille puisque la chanteuse apparaît sur le dernier album en date de Primal Scream. Bref, quelque part entre Eli & Jacno et Peaches, CSS n’a pas fini de brandir l’étendard de la coolitude, avec un indéniable talent. Une mixtape produite par le groupe est également disponible ici.
ALBUM
- CSS, “La Liberación” (V2), sortie le 29.08.11

Dix disques. Ceux qu’emporterait Mathieu Chedid sur son île déserte. Un choix qui puise largement dans les classiques à partir desquels le multi-instrumentistes à poser ses premiers accords.
Jimi Hendrix “Are You Experienced ?”
Je devais avoir quatorze ans. C’est le premier vinyle que j’ai acheté, sans doute pour l’objet. Ce n’est sans doute pas mon album préféré d’Hendrix - j’écoute aujourd’hui les faces plus mélodiques -, mais c’est celui qui est le plus important dans mon histoire personnelle.
The Beatles “Sergeant Pepper’s”
Avec son côté psyché et circus, sa pochette m’a vraiment nourri : cela a inspiré mon costume et mon personnage. C’est un disque symbole pour moi et en même temps, là encore, je préfère aujourd’hui Revolver… De toute façon, chez les Beatles, j’aime tout !
Paul McCartney “Ram”
Le deuxième disque solo, que j’ai découvert grâce à mon père qui est très «beatlesifié». Le comble de la mélodie et des arrangements.
Serge Gainsbourg “Aux armes et caetera”
Pour éviter de dire L’Homme à la tête de chou ou Melody Nelson. Et surtout pour la production, fascinante. Un tel aboutissement est très rare en France. Gainsbourg est une référence récurrente, j’admire et j’écoute toutes les époques, même les années 80.
Louis Chedid “Balbutiements”
Son premier album. Le public connaît mal cette époque de mon père, très marquée par les seventies où il a une voix très aiguë.
Django Reinhardt “Pêche à la mouche”
Le jour, la nuit, l’humeur est toujours là… Ça marche tout le temps. Cette musique m’a beaucoup accompagné. La vieille école du jazz, une certaine générosité et un vrai sens de la mélodie.
Charlie Christian “Swing To Bop”
Le guitariste à la racine de beaucoup de choses.
David Bowie “Aladdin Sane”
Un personnage, un univers. C’est comme Gainsbourg : il s’inspire des autres pour synthétiser une idée et l’amener vraiment plus loin. En plus, il a plutôt bien vieilli et continue malgré tout de chercher.
White Stripes “Elephant” On pressent une vraie nouveauté dans ce côté passéiste, et puis j’aime bien l’idée des règles du jeu qu’ils se sont imposées. Ils sont deux - une fille à la batterie et un gars aux guitare et chant -, ils enregistrent sur un huit-pistes, à l’ancienne, sans re-re.
Radiohead “Kid A” Comme le Grace de Jeff Buckley, ça me fait un effet terrible ! Je suis à la fois très impressionné et très dérouté, par cette faculté de mêler le gracieux et l’expérimental. Mais surtout il y a une voix derrière tout ça, il y a une âme qui, comme toujours en musique, fait la différence.

Sorti il y a déjà quelques mois sur le label français Cartillage, ”Play That Beat Mr. Raja #1: Selected Oddities From The Tamil Film Industry (1984 - 1991)” explore, comme son nom l’indique, les BO des productions tamoules de la fin des années 80. Le cinéma tamoul, également dénommé Kollywood, est très réputé pour la qualité de ses producteurs et un bon nombre d’entre eux jouissent d’une grande reconnaissance dans tout le pays. Arrangements grandiloquents, polyphonies saisissantes et pastiches tous azimuts, on ne manque pas d’être instantanément transportés par la liberté et l’audace de ses univers composites. À noter que le site de Cartillage offre également une sélection de vidéos qui sont des petits bijoux de théâtralité et de surenchère d’effets.
COMPILATION
- Kid Creole & The Coconuts, “Play That Beat Mr. Raja #1: Selected Oddities From The Tamil Film Industry (1984 - 1991)” (Cartillage)
BO de Anjali (1990)

Même si Kid Creole and the Coconuts a fait quelques remous ces derniers temps, notamment grâce à la très bonne compilation “Going Places: The August Darnell Years 1976-1983″ (2008), cela faisait plus de dix ans qu’August Darnell n’était pas revenu avec un album studio. La sortie de “I Wake Up Screaming” constitue par conséquent une très belle surprise pour les amateurs de ce crooner au style atemporel.
Toujours porté par le même melting pot entre l’esthétique du film noir et une vision tropicale futuriste, l’ensemble de son univers conserve la justesse décalée et le groove qui rend ce Kid tellement unique. C’est en tout cas ce que laisse présager cette préécoute partielle de l’album que nous vous offrons de découvrir en exclusivité.
Kid Creole & The Coconuts, “I Wake Up Screaming” (minimix)
ALBUM
- Kid Creole & The Coconuts, “I Wake Up Screaming” (Strut), sortie le 12.09.11
CONCERTS
14.10.11 La Fiesta des Suds / Marseille
15.10.11 Nancy Jazz Pulsations / Nancy
Kid Creole & The Coconuts, I Do Believe (Faze Action Dub)
Strut a annoncé la sortie de “Fac. Dance: Factory Records 12: Mixes And Rarities 1980 - 1987″, une compilation de reprises, de remixes et de raretés mijotée par Bill Brewster.
CD 1
Section 25 – Looking From A Hilltop (Megamix) (8:12)
A Certain Ratio – Wild Party (4:17)
Quando Quango – Love Tempo (7:49)
52nd Street – Express (5:00)
Swamp Children – Little Voices (7:10)
Biting Tongues – Boss Toyota Trouble (5:30)
The Durutti Column – For Belgian Friends (Valuable Passages version) (5:22)
Royal Family & The Poor – Art On 45 (4:49)
A Certain Ratio – Knife Slits Water (12-inch version) (9:44)
Section 25 – Dirty Disco
Blurt – Puppeteer (3:22)
X-O-Dus – See Them-A-Come (8.28)
CD 2
New Order – Confusion (Original 12” mix) 8.13
Shark Vegas – Pretenders Of Love (5:08)
52nd Street – Cool As Ice (Jellybean Mix) (7:29)
Streetlife – Act On Instinct (Hot Swedish Mix) (5:32)
The Hood – Salvation! (Nitromix) (12:05)
Abecedarians – Smiling Monarchs (6:47)
Quando Quango – Atom Rock (Mark Kamins Mix) (7:27)
Marcel King – Reach For Love (New York Remix) (5:26)
52nd Street – Look Into My Eyes (6:55)
Quando Quango – Genius (6:22)
Swamp Children – You’ve Got Me Beat (4:55)
The Durutti Column – Madeleine (3:00)
Digital only
Minny Pops – Time (3.44)
Kalima – Black Water (6.35)
Royal Family & The Poor – Motherland (5:42)
Parmi les nombreux effets collatéraux des émeutes de Londres, l’incendie du centre de distribution de SonyDADC de Enfield a engendré des répercussions importantes pour les amateurs de musiques. Le bâtiment servait en effet de dépôt à PIAS Distribution, pierre angulaire de nombreux labels et d’artistes indépendants, qui a vu une grosse partie de son stock partir en fumée. De nombreuses initiatives ont été lancées pour soutenir les labels touchés.

Anthony Joseph est de retour avec un troisième album intitulé “Rubber Orchestras”, dont la sortie est annoncée à la fin du mois. Avec ce premier single, intitulé Money Satan, le musicien et poète tisse le fil de sa narration dans des registres qui rendent hommage aux cuivres de Fela et aux rythmiques de Tony Allen.
Télécharger: Anthony Joseph, Money Satan, “Rubber Orchestras”
Un rendu authentique que l’on doit en grande partie à Malcolm Catto, batteur et membre de The Heliocentrics et de The, Quantic & His Combo Bárbaro, qui démontrent ici ses compétences de producteurs. Dans le même temps, on peut également apprécier les vers de Joseph grâce à la mise en ligne du livre audio “Bird Head Son” publié en 2009 chez Salt Publishing.

L’activité sur le site reprend le 8 août

En août, le meilleur du reggae débarque dans le Médoc. Le Reggae Sun Ska est désormais un géant.
Pour cette quatorzième édition, sa programmation rivalise pleinement avec les festivals importants en Europe. Le public pourra y découvrir de légendaires vétérans tels Big Youth, LKJ, Toots Hibbert ou The Heptones. Mais également de nouveaux talents jamaïquains comme Romain Virgo, des stars anglaises en devenir comme Hollie Cook, des francophones comme Admiral T ou Dub Inc. et enfin des soundsystems internationaux tels les excellents Sentinels.
Tout cela entre Pauillac et Saint-Sauveur, dans la magnifique région du Médoc, le long de la côte atlantique. Inutile d’ailleurs d’essayer de nager jusqu’à la Jamaïque, c’est elle qui se déplace. Soixante-dix euros pour trois jours et baignade salée gratuite à toute heure. Mais où sont mes espadrilles ? D.C.
Gappy Ranks, Luciano, Stephen & Ky-mani Marley, Patrice, Etana, Channel One Sound, Katchafire, Takana Zion, Danakil, Harrison Stafford, Winston McAnuff, Richie Spice…
5-7.08.11

Théâtre, danse, musique, DJ, ateliers… La 35e édition du festival réserve une fois encore de belles surprises…
La force du festival de la Bâtie réside, entre autres, dans la qualité de ses créations et la présentation de projets atypiques et inattendus. Rares sont les manifestations qui offrent tant de liberté aux artistes et favorisent l’audace, la prise de risques, l’exploration. Toujours à l’écoute des nouvelles tendances, curieux, le festival entretient une réelle atmosphère créative et incite les artistes à se surpasser. Pour cette édition 2011, la catégorie médias mixtes réserve de jolies surprises, notamment le projet de la chanteuse japonaise Mami Chan, Le Village des Petites Boucles.
Ce village est un monde féerique composé d’ombres chinoises évoquant les dessins de Miyazaki, peuplé d’animaux de compagnie attachants et traversé de mélodies sautillantes. Une délicieuse tranche de fantaisie. Dans un registre plus sombre et feutré, signalons également le ciné-concert des Tindersticks, qui viendront interpréter sur scène les thèmes composés pour les films de Claire Denis. De Nénette et Boni jusqu’à White Material en passant par l’inoubliable Trouble Every Day, ambiance trouble garantie. C.B.
Carl Barât, Cascadeur, Raphelson, Imperial Tiger Orchestra & Hamelmal Abaté, Jerrycan, Jack Is Dead & Son Orchestre Iranien, Christian Garcia…
2-17.09.2011
www.batie.ch

Une fois encore, l’un des plus petits festivals de l’été en met plein la vue et célèbre la musique indépendante
Voilà une affiche qui risque fort d’attirer bon nombre de hipsters de tout poil (et barbe) ainsi que les amoureux des musiques sans fard. La crème de la musique indépendante viendra fouler la pelouse de Pully, avec en tête les mélodies tourbillonnantes des Anglais de Wild Beasts, dont l’élégance innée séduit dès la première écoute.
Les New-Yorkais cultes de Blonde Redhead, eux, ne sont par contre pas du genre à faire dans la dentelle. Voilà plus de vingt ans que le trio met le feu aux poudres à coup de guitares tour à tour noisy ou mélodiques et que la voix de sa chanteuse Kazu Makino envoûte l’audience. Et pour terminer le cortège, signalons encore la présence de The Antlers, Trentemøller et Twin Shadow. Bref, que du beau monde. C.B.
Saul Williams, Death In Vegas, Chapter, Crookers, Honey For Petzi, Peter Kernel, Oy, The Golden…
18-20.08.2011
www.fornoise.ch

Photo: Joël Vacheron
Des lieux enchanteurs et un thème qui promet de nous emmener loin de notre quotidien : l’Île de France a de la chance…
Le monde ne tient pas ses promesses ? Et le monde de la musique ? Pas toujours, non plus. Ainsi, sous l’intitulé « D’un monde à l’autre », le Festival d’Île de France nous emmène dans ces zones de féerie, de transe ou d’au-delà où s’inventent, en marge des genres et des courants, d’autres possibles. C’est entre ces lignes qu’il faut comprendre la venue, dans les lieux splendides et rares, de ces étonnants voyageurs musiciens.
Venus du classique, des musiques du monde ou de la scène électro, leurs propositions ne manqueront pas d’étonner. De Goran Bregovic investissant le Cirque Bouglione au Catalan Pascal Comelade et son Cabaret Cosmique, du trompettiste Ibrahim Maalouf recréant en compagnie du rapper Oxmo Puccino Alice Au Pays Des Merveilles au Quatrième Monde du trompettiste Jon Hassel, c’est en tout 29 lieux qui vont vibrer d’un monde à l’autre. P.-J.C.
Tomatito, Carl Craig, Erik Marchand, Front 242 & Arnaud Rebotini, Poly Rythmo de Cotonou…
4/9-9/10 / Paris
www.festival-idf.fr

Après une longue absence, des prestations en public chaotiques et l’annonce d’un éventuel retour en studio, la chanteuse Amy Winehouse a été retrouvée sans vie dans son appartement londonien cet après-midi. Les causes du décès n’ont pas encore été clairement identifiées, mais l’hypothèse d’une overdose semble la plus probable.
De manière troublante, Winehouse disparaît dans sa 27ème année et elle rejoint du même coup la liste des rock stars célèbres, Brian Jones, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Janis Joplin et Kurt Cobain, tristement disparues au même âge. De toutes parts, les commentaires fusent pour rendre hommage à une chanteuse exceptionelle, devenue icône en seulement deux albums. Nous allons revenir prochainement sur cette disparition.
Amy Winehouse, Back to Black

La nouvelle réunion des musiciens du monde dans le fabuleux cadre du Théâtre de la Mer à Sète sera un rendez-vous essentiel de l’été
Lorsqu’on a vécu un concert au Théâtre de la Mer de Sète, on s’en souvient forcément. Rien ne vaut cette vue imprenable du haut des gradins, avec le soleil qui se couche à l’horizon, et, au premier plan, les musiciens qui accompagnent le crépuscule. Cette année, pour la quinzième édition de Fiest’À Sète, une belle délégation africaine aura pour mission d’allumer la nuit : Seun Kuti et le batteur légendaire Ebo Taylor, l’incontournable Staff Benda Bilili, et les all-stars d’Afrocubism.
En provenance des quatre coins du monde, on pourra aussi y apprécier le talent de Chucho Valdés, Goran Bregovic, Danyel Waro, Juan De Marcos, et Maceo Parker. Peu importe l’origine, seul le plaisir et la fête compte. À peine plus loin, dans le centre ville, d’autres trublions promettent un peu de swing : DJ RKK jouera à la plage, Féloche sur le port, et enfin le bidouilleur argentin Axel Krygier, notre outsider favori, se produira devant la coopérative. D.C.
Betty Harris, Da Cruz, Lou Dalfin, Rona Hartner, The Afro-Cuban Allstars, Cesaria Evora, Rokia Traoré, Rachid Taha…
25.7.11 – 2.8.11 Sète
Le DJ anglais, qui vient de boucler son Worldwide Festival à Sète, sera à Paris le 22 juillet pour un DJ set special: 4 heures de mix, à l’invitation du collectif Free Your Funk. Ça se passe le 22 juillet, de 22h à l’aube sur le Bateau Concorde Atlantique. Préventes à la FNAC.

Chaque année, Saint-Nazaire retrouve de belles couleurs musicales mondialistes à travers son festival Les Escales. Si le magnifique estuaire de cette cité ouvrière en est le cœur, Patrice Bulting, son directeur artistique, en est l’âme. Rencontre.
Patrice Bulting, chef d’escales musicales, a beaucoup de chaleur dans la voix, mais aussi de l’émotion quand il évoque Les Escales, ce festival qu’il porte à bout de bras depuis une vingtaine d’années. Agitateur d’idées depuis des lustres et militant inlassable de la cause des musiques du monde, Patrice sillonne le monde, attentif au moindre son émanant des villages et des villes les plus reculés, hante divers lieux dédiés aux mélodies des peuples et n’oublie jamais d’être en phase avec son époque. Les Escales, bien que soumises parfois à une concurrence féroce, enregistrent, avec une régularité de métronome, un succès phénoménal et affichent un bilan plutôt flatteur et enviable.
Patrice Bulting : Avec chaque année près de 40 000 spectateurs et 250 artistes réunis pour deux jours sur cinq scènes, le festival s’inscrit désormais au palmarès européen dans sa catégorie. Pour autant il est confronté aujourd’hui aux mêmes difficultés que les autres festivals dans sa recherche d’attractivité à travers la présence essentielle de « têtes d’affiche ».
Est-ce à dire qu’il y aurait plus que jamais la loi des goûts du public, du moins ceux qu’on leur impose ?
P.B. : Depuis son lancement, le festival défend une certaine idée des musiques du monde qui s’appuie sur un humanisme et des valeurs qui honorent la cité portuaire de Saint-Nazaire en la plaçant comme un nouveau carrefour d’échanges des musiques des cinq continents. Car c’est bien le pari assumé du festival que de s’exprimer à travers l’excellence de la musique d’ailleurs : de l’altérité, de l’intergénérationnel, de la curiosité de la richesse de l’autre. Cependant, il doit faire face à la loi du marché qui, cette année, s’est montrée particulièrement sévère dans l’inflation des cachets et dans la rareté des tournées européennes, la crise du disque n’y étant pas pour rien également. C’est dans ce contexte que cette vingtième édition a dû faire preuve d’originalité et d’audace en s’appuyant à la fois sur ses valeurs, sa singularité et son expérience. Ainsi, l’invitation faite au brésilien Gilberto Gil, au Cubain Chucho Valdés, à l’Américain Archie Shepp, au Nigérian Femi Kuti ou au Camerounais Manu Dibango s’inscrit dans une actualité musicale, une notoriété, mais aussi dans des valeurs de fraternité revendiquées et partagées qui font sens. De même, la programmation de Gotan Project, Danyel Waro ou Christine Salem témoigne de notre expérience et de notre volonté de prendre régulièrement des risques, car si ces artistes, qui jouissent aujourd’hui d’une belle reconnaissance internationale, ont accepté de participer vingtième anniversaire, c’est aussi parce que nous leur avions offert leurs premières grandes scènes il y a dix ou quinze ans.
Mais le festival ne dédaigne ni l’ouverture sur de styles pas forcément « sono mondiale » ni la création, non ?
P.B. : Bomba Estereo, Axel Krygier et d’autres traduisent notre souhait d’ouvrir et de proposer aux jeunes générations une nouvelle vision des musiques du monde. Enfin les invitations faites à Faiz Ali Faiz, Titi Robin ou Le Bagad et les Gnawas d’Agadir s’inscrivent dans une politique de création à laquelle je suis particulièrement attaché. Je pense que cette mission est vitale car de notre soutien à la création dépend l’avenir de la diversité culturelle. Nous ne saurions afficher nos valeurs, parler de relations nord-sud, de diversité ou de richesse des cultures si nous limitions notre action à la seule diffusion.
Alors, Saint-Nazaire ou le port de l’extase ?
P.B. : Dans le monde entier, les ports sont des lieux magiques où se révèlent en transit les plus beaux sons de la planète. Baudelaire ne dit pas autre chose lorsqu’il sublime les ciels d’Estuaire et unit la musique et la mer. Le festival Les Escales est l’une des clefs de compréhension de la ville, car il met en valeur ses vertus et ses valeurs que sa pudeur lui commande de ne pas exhiber : son ouverture au monde et à l’autre, son hospitalité méconnue, sa curiosité, son goût de l’excellence, son sens aigu du collectif et de la solidarité. Tout cela constitue une belle cohérence de sens à laquelle se rallie toute une ville en effervescence.
Gilbert Gil, Gotan Project, Manu Dibango, Mexican Institute Of Sound, Titi Robin & Faiz Ali Faiz, Axel Krygier, Danyel Waro, Chucho Valdés & Archie Shepp…
DATE
5-6.08.2011 Les Escales de Saint Nazaire
Propos recueillis par Rabah Mezouane

Il y a plus de 30 ans que Norman Jay faisait danser les foules du Notting Hill festival, le quartier où il a vu le jour, avec des mixes de rare groove qui allaient participé à plonger tout l’ouest dans son ère funky. Cette année marque le 30e anniversaire de son Good Times Sound System.
Pour l’occasion, Strut propose une compilation qui recense quelques-unes des facettes de cette personnalité incontournable du paysage musical britannique. Nous vous offrons de l’écouter intégralement en exclusivité avant sa sortie officielle le 19 juillet 2011.
ALBUM
Norman Jay MBE presents GOOD TIMES 30th Anniversary Edition by Strut

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île le saxophoniste Julien Lourau. Concoctée à l’heure du thé, sa sélection ressemble à son parcours depuis dix ans. Du hard bop au funk, du groove balkanique aux boucles synthétiques… pour finir par un classique bien classe du jazz. Quoi de plus normal pour celui qui vient de signer avec «The Rise» un retour gagnant en la matière.
Wayne Shorter Speak No Evil
Bon, ça c’est la base, du Blue Note. C’est mon disque de chevet depuis que je l’ai découvert quand j’avais seize ans. Dès que je veux me replonger dans le répertoire, je recommence par là.
Stanley Turrentine The Baddest Turrentine
Un son bien roots, des phrasés longs et développés, avec des orchestrations et des arrangements mortels d’Eumir Deodato, et une rythmique pur CTI – Keith Jarrett, Ron Carter, Billy Cobham et George Benson! – et par-dessus le plus soulful et le premier ténor qui m’ait marqué.
Ivo Papasov Balkanology
Son disque de référence. C’est juste le meilleur clarinettiste du monde, de l’univers et du reste. J’y ai chopé des rythmiques bulgares, des phrasés typiques, un tas d’idées originales. C’est vraiment la bible dans le genre… En espérant qu’il y ait une distillerie sur cette île, parce qu’attention, cette musique fait boire!
James Brown Motherlode
Pour se filer la pêche le matin quand il faut aller réparer la pirogue! Ça groove méchamment. De toute façon, il faut toujours du James dans une île enchantée.
Milton Nascimento Courage
Encore la touche Deodato, encore une équipe de fous, encore des compositions et des couleurs incroyables…Et par-dessus, la saudade qui te prend.
Jeff Sharel Jeff Sharel
Dans les disques électro, je ne m’en lasse pas. Ce qui n’est pas si fréquent. C’est peut-être pour ça que je bosse avec lui depuis si longtemps. Il faudrait juste que les gens sachent.
Björk Homogenic
Une voix féminine, indispensable dans les grands moments de solitude. C’est un disque que j’ai beaucoup écouté quand j’habitais à Londres.
Leila Courtesy of Choice
Un univers bien fantasmagorique, très personnel, tout comme sa manière d’utiliser les machines. Avec des phases de programmation qui s’enchaînent, avec une idée du mouvement plus fluide. C’est à écouter, pas forcément à danser.
Orlando Maraca Descarga Total
Un bon disque de salsa. Pour l’île, il faut aussi cette couleur-là et en ce moment, c’est Maraca que j’écoute…
Wayne Shorter Atlantis
J’aurais enfin le temps de tout relever et de comprendre les secrets de l’écriture de monsieur Shorter.

Voici la liste que le percussionniste portoricain, figure incontournable des grandes heures du latin jazz, proposait pour son îles déserte quelques mois avant son décès en 2006. « Mon nouveau disque consiste en un mix éclectique entre le répertoire latin, des spirituals et des interprétations contemporaines, à l’image de mon sextet new-yorkais. »
Charlie Parker “Live At Rockland Palace”
Parker est la figure la plus importante de la musique populaire du XXe siècle après Armstrong. Je l’ai rencontré lors d’une jam à l’Apollo : j’ai eu la chance de commencer ma carrière avec un génie.
Dizzy Gillespie “Live At Pasadena”
Le premier témoignage du mariage avec Chano Pozzo : les congas avec le be-bop. Cet enregistrement a changé ma vie !
Frank Sinatra “Part Of Return”
Le meilleur interprète des chansons américaines avec lesquelles il a grandi. Imbattable !
Debussy “Arabesques”
Une humanité, une élégance, une musique qui dépasse les questions de performance. Lorsque je l’écoute, je retombe en enfance.
Ray Charles
Il reprend le répertoire de Stevie Wonder. Avec Sinatra, l’autre face de l’Amérique : une version du malheur exceptionnelle.
Machito Afro-Cuban “Jazz Suite”
Le premier grand orchestre de musique latine dont j’ai pensé qu’il était de la valeur du big band de Count Basie pour le jazz.
Tito Puente “Dancemania”
La session de 1957 : je suis entré dans le groupe en remplacement de Mongo Santamaria. Un disque de pure musique de danse.
Maurice Ravel “Le Tombeau de Couperin”
Un compositeur exceptionnel que les Américains ont beaucoup utilisé pour ses trouvailles harmoniques.
Igor Stravinsky “Le Sacre du printemps”
Beaucoup de versions exceptionnelles. Une musique de mon enfance : je l’ai découverte avec Fantasia.
Ray Barretto “Time Was Time Is”
Mon nouvel album… A mon âge, je peux bien me permettre un petit peu d’ego trip. A chaque fois je me dis que c’est peut-être la dernière.

Comme Damon Riddick nous l’annonçait en il y a déjà une année, sa prochaine contribution prendre la forme d’une collaboration avec le chanteur et batteur Steve Arrington. Une manière pour Dam-Funk de continuer à son travail historique de colmatage avec la tradition funk 80s.
Le nom de Steve Arrington est indissociable du groupe Slave dans lequel il officiait en tant que batteur et chanteur jusqu’à sa retraite anticipée au début des années 90, suite notamment à sa conversion religieuse. Il aura attendu plus de 20 ans pour qu’il refasse surface et il semble que ses prêches hebdomadaires lui ont permis de continuer à travailler sa voix.
Ceci n’a pas échappé à Damon qui l’a contacté pour lui proposer de collaborer sur son prochain album. À l’écoute des morceaux du duo déjà disponibles du duo, il semble que cette fusion intergénérationnelle a particulière bien pris. La suite est attendue dans le courant de l’année chez Stones Throw.
DAM-FUNK EN CONCERT
DaM-FunK + Master Blazter / Bateau Concorde Atlantique - Paris
DaM-FunK + Master Blazter / Worldwide Festival - Séte
Erykah Badu est sur le point de sortir une mixtape sous le nom de Lo Down Loretta Brown. Le projet, plutôt orienté dance music, va selon elle faire fondre n’importe quel DJ.
Lee Scratch Perry nous offre un remixe de Mindkilla dans lequel il avoue une petite faiblesse pour le canibalisme lorsqu’il rencontre un policier dodu.
Gang Gang Dance, “MindKilla (Lee Scratch Perry Remix)” by The FADER
Cette année, c’est Portishead qui se colle à la propgramation du ATP, qui se déroulera le 23 et 24 juillet à Londres. Histoire de donner un avant-goût, ils nous offrent cette très belle mixtape de deux heures.
ATP I’ll Be Your Mirror London Mixtape by All Tomorrows Parties
Tracklist:
00.00 “…They Don’t Sleep Anymore on the Beach…” / Monheim – Godspeed You! Black Emperor
13.19 We Carry On – Portishead
19.44 A Cold Freezin’ Night – The Books
23.04 Gazzillion Ear – Doom
27.15 You Fucking People Make Me Sick – Swans
32.20 Yang Yang – Anika
35.11 Real Love – Factory Floor
42.32 Infinity Skull Cube – DD/MM/YYYY
45.51 Untilted – Helen Money
51.42 “Four Spirits In A Room” Excerpt – Alan Moore & Stephen O’Malley
56.50 Plaster Casts Of Everything – Liars
60.43 8 Steps To Perfection – Company Flow
65.23 Written On The Forehead – PJ Harvey
68.49 Arabic Emotions – The London Snorkeling Team
71.27 Wulfstan – BEAK>
77.28 When My Baby Comes – Grinderman
84.09 Paris Signals – S.C.U.M.
88.30 Lovers With Iraqis – Foot Village
92.18 Gratitude – Acoustic Ladyland
96.29 Violence – The Telescopes
100.01 Hannibal – Caribou
106.15 Walk In The Park – Beach House
Un petit avant-goût de “Biophilia” le prochain projet multimédia de Björk avec ce remixe d’Omar Souleyman.

Dix disques, ceux qu’emporterait sur son île déserte Squarepusher. Dans la vie, il parle vite, très vite. En musique, il joue fort, très fort. Bassiste de formation et raver de déformation, Tom Jenkinson joue avec les limites, entre musiques mécaniques et jazz rauque, entre bruit et splendeur. Une radicalité qu’il cultive depuis près de vingt ans sur le label Warp.
Miles Davis “Circle In The Round”
La plupart de ses disques sont importants, particulièrement entre 1955 et 1970. Cela correspond à un moment très important dans ma connaissance de la musique. Le thème-titre est l’un de mes favoris, un chef-d’oeuvre qui met en valeur le quintet, une équipe qui tourne alors à plein régime, surtout le drumming de Tony Williams, à la fois libre et très tenu.
Iannis Xenakis “La légende d’Eer”
C’est un disque extrêmement brutal, agressif mais plus encore pervers, parce que le public était supposé le recevoir assis tranquillement. Xenakis est un pionnier dans l’assemblage de centaines de sons, pour créer des parasites et du bruit. Il y a là un traitement du son d’une modernité incroyable !
Augustus Pablo “Rockers Meets King Tubby”
Le dub est la première musique que j’ai vraiment écoutée. Cette conception de l’espace et de la diffusion m’a impressionné. C’est un archéo-mix qui sonne encore terrible, avec des effets garantis !
Derrick May “The Innovator”
Jusqu’en 1990, je n’ai pas particulièrement écouté de musique électronique, juste du hip hop et de l’electro à la radio. Et puis, j’ai eu ce disque, qui m’a procuré une sensation inédite! C’est une musique simple et humble, mais en même temps visionnaire et belle. J’aime ce mélange de froideur et de sensualité.
Yes “Yes Album”
C’est un retour à mon enfance, quand j’ai vu cette couverture chez mes parents! Je n’ai jamais été versé dans le prog-rock, mais cet album m’a servi à jouer de la basse. Quoiqu’en fait, de ce point de vue, le «Led Zeppelin 2» est sans doute plus important?
Pita “Get Out”
Des héritiers autrichiens de Xenakis. J’aime cette conception dans la musique électronique, des sons chaotiques. Du bruit, très agressif, mais surtout une volonté de destruction pour susciter une autre création. C’est un album qui m’a beaucoup inspiré, qui m’a invité à oublier la mélodie pour ne me consacrer qu’aux sons.
Jimi Hendrix “Isle Of Wight”
Tous les albums d’Hendrix, mais celui-ci pour le film. Quelle claque! Il ouvre des portes, et surtout il invite tous les musiciens à se lâcher, à oublier les questions d’instrument, les trucs de virtuosité. Il faut juste y aller!
Herbie Hancock “Headhunters”
Ce n’est pas que la musique, mais la production de ce disque. Peu d’effets pour beaucoup d’effets! Comme un retour de trip de «Bitches Brew». Et puis la batterie est tellement funky, tellement au-delà aussi, plus sale. Je ne l’ai toujours pas épuisé!
Nightmares On Wax “Word Of Science”
Un disque très spécial, daté de 1991 qui a changé la façon de faire de la musique en Angleterre. Des putains de collages dans tous les sens.
John Coltrane “Ascension2
Mon disque préféré de musique improvisée. Ils ont atteint une telle intensité qu’il leur est naturel de briser les conventions formelles du jazz. D’autres l’avaient déjà fait, mais après celui-là, tout est possible. Je n’étais pas né, mais je peux imaginer l’impact de ce disque sur les musiciens à l’époque.

Depuis quelques années, Diplo déploie une énergie peu commune pour parcourir le globe, envoyer des twitts toutes les 20 minutes, s’occuper de son label Mad Decent, monter une ONG ou encore produire des morceaux à une cadence métronomique.
Cette jours-ci, il revient sur presque tous les fronts en même temps. Tout d’abord, il vient de mettre en circulation une nouvelle mixtape, intitulée Moombahton 2k11, dans laquelle on peut apprécier son art du mashup, ainsi que sa collaboration avec Skrillex sur l’infectieux “Amplifire”.
MDWWR #67 Diplo’s Moombahton 2k11 Mix by diplomaddecent
Diplo & Skrillex - Amplifire [NEW] NO FAKE by Sellex
Ensuite, il est de retour avec le projet bodybuildé Major Lazer, le laboratoire dans lequel il expérimente les cadences jamaïcaines avec son compère Diplo. Le duo a d’ailleurs passé passablement de temps au Gee Jam Studios de Port Antonio afin de terminer “Major Lazer in Jamaica” qui est attendu incessamment, le clip du premier single devant sortir cette semaine.
Enfin, toujours avec Switch, ils ont profité de ce séjour dans les Caraïbes pour sortir une remixe dancehall du Don’t Play No Game That I Can’t Win, extrait de “Hot Sauce Committee Pt. 2″ des Beastie Boys, dans lequel on retrouve également Santigold. Même si la formule reste souvent la même, c’est toujours aussi efficace.
Beastie Boys - Don’t Play No Game That I Can’t Win (Feat. Santigold) (Major Lazer Remix Edition)
Amy Winehouse refait parler. Tout d’abord après un concert à Belgrade à tel point particulier que que même le ministre serbe de la défense, Dragan Sutanovac, à communiqué son mécontement en qualifiant sa prestation comme une “honte et une déception énorme”. Cela ne fait pas peur à Tony Bennett qui l’a invité, tout comme Sheryl Crow, Nora Jones et Mariah Carey, à l’accompagner pour son “Duets II” qui doit sortir en septembre prochain. Il s’agira du premier enregistrement de la chanteuse depuis 2007.

Echo Park Records n’est pas à proprement parler un label puisque son fondateur, Alexis Rivera, se présente tout d’abord comme un manager et surtout comme un promoteur de soirées. Celles-ci se veulent aussi éclectiques que la ville: “A LA, tout le monde couche avec tout le monde”, déclare-t-il.” C’est pourquoi la nourriture, la musique et tout le reste est mixé”. Histoire de rajouter encore quelques couches au boxon ambiant, Rivera ne manque pas d’inspiration et d’énergie.
Depuis quelques semaines, le website d’Echo Park donne un aperçu de cet engouement en proposant une série de mixtapes. C’est le cas par exemple de cette “Acid Sonidero” de DJ Lengua qui offre une ballade en trompe l’oeil à travers les différentes cultures latines du continent américain. On trouve également des contributions de Jacques Renault ou de Poolside qui nous offrent quelques fragrances de l’été californien.

La saison semble propice pour réveiller les vieux démons disco. À peu près en même temps que le Locussolus de DJ Harvey, c’est une autre légende de la face obscure qui refait surface. Bernard Fevre et Jacky Giordano ont lancé le projet Black Devil Disco Club en 1978. L’album est rapidement devenu un collector et, séduit par ces lignes de percussions trempées dans des bains d’acid, Aphex Twins a décidé de ressortir l’album sur son label Rephlex en 2004. Une reconnaissance tardive appréciable pour ce projet qui n’avait jamais particulièrement attiré l’attention.
Cela a surtout motivé Bernard Fevre a reprendre du service, en proposant trois projets sortis chez Lo Recordings. Il revient avec “Circus”, un nouvel album composé de morceaux inédits dans lequel on retrouve une impressionnante palette d’invités. Nancy Sinatra, Afrika Bambaataa, Jon Spencer, The Horrors’ Faris Badwan, YACHT ou encore Cocknbullkid, tous posent leurs voix sur ces compositions qui perpétuent les productions moroderiennes hallucinées de Bernard Fevre.
CONCERTS
- 18.06.11 Temps Machine / Tours
- 23.06.11 Rex Club /Paris (gratuit)
Black Devil Disco Club feat. Nancy Sinatra - To Ardent from Lo+LOAF TV on Vimeo.

Acteur désormais rattaché à la scène dubstep, on lui doit notamment un show hebdomadaire sur Rinse FM, SBTRKT a également pas mal louvoyé dans des registres plutôt house. Ses dernières années, son nom était généralement évoqué grâce aux différents remix qu’il a réalisés pour M.I.A, Basement Jaxx ou Mark Ronson. Chacun semblant apprécier une technique sophistiquée et sa flexibilité de touche-à-tout.
YT043 - SBTRKT - Step in Shadows EP by Young Turks
Même s’il a décidé de ne pas totalement sortir de l’ombre, il continue en effet à se produire masqué et on ne sait pas grand-chose sur son identité, il s’apprête à sortir son premier album à la fin du mois chez XL Recordings Young Turks, le label de The XX. La série de singles précédant cette sortie laisse envisager que ce LP devrait offrir une bonne synthèse des différents sous-genres qui rythment actuellement les clubs anglais. Quoi qu’il en soit le languissant Wildlife s’annonce déjà comme un complément estival idéal.
SBTRKT, Wildfire, ft. Little Dragon

Blitz The Ambassador est sans conteste l’un des rappers qui tentent le plus explicitement de renforcer les liens entre le continent africain et l’univers du hip-hop. À travers des rythmes bien sûr, mais également des textes, déclamés quelquefois dans le dialecte ghanéen Twi, “Native Sun” continue ce travail d’assimilation en nous immergeant continuellement dans des référents culturels africains.
Blitz the Ambassador - Dear Africa ft. Les Nubians by embassymvmt
Blitz a également invité d’autres africanistes notoires à se joindre à cette incursion. On retrouve notamment Chuck D dont le flow impérieux accompagne The Oracle, les Nubians qui apporte leur touche veloutée à “Dear Africa” ou encore Corneille qui tempère l’enlevé Best I Can.
CONCERT
- 18.06.11 Rio Loco / Scène Pont Neuf - Prairie des filtres
Native Sun • A short film by Blitz the Ambassador & Terence Nance from MVMT on Vimeo.
Avec Blue Lines, sorti le 8 avril 1991 pour les hagiographes, Massive Attack parvenait le coup de force définir un nouveau genre musical dès leur premier album. Une réussite plutôt convaincante pour ces trois branleurs autoproclamés de Bristol qui doivent beaucoup à leur amie Neneh Cherry pour avoir trouvé la motivation nécessaire pour mener à bien ce projet. Même réduit à deux, le groupe insuffle sa vague trip-hop à travers des productions et des concerts qui préservent cette même torpeur enfumée.
À travers ce mix qui regroupe une belle enfilade de morceaux samplés ou repris par le MA, DJ Hudson nous rappelle que c’est tout d’abord en tant que DJ et MC, au sein du crew Wild Bunch formé en 1983, que 3D, Daddy G et Mushroom ont parfait leur culture musicale. Les grands fans ne devraient pas avoir trop de peine à deviner, pour les autres, ils sauront se laisser bercer par ces gorgées de soul lascive.
Télécharger: DJ Hudson, “Wild Bunch Sound: The Music of Massive Attack 1988-98″
A l’heure où les deux membres restant du groupe (David Gilmour et Nick Mason) ont signés un nouveau contrat discographique, l’influence de Pink Floyd ne cesse de croître. Les classiques du groupe sont toujours en haut des ventes de rééditions et toute une nouvelle vague de groupes américains, comme Animal Collective ou Grizzly Bear, se réclament de ses architectures sonores. Même le monde du reggae et du hip hop se ressource aux ambiances psychédéliques du Floyd!
En parallèle à la biographie de référence de Glen Povey, ce numéro collector propose une plongée dans l’univers visuel du groupe et dans les époques qu’il a traversées. Du début du psychédélisme jusqu’à la démesure des années 80, en passant par la période classique des années 70.
CONCOURS
À l’occasion de la sortie du Hors-Série Pink Floyd de Vibrations, le magazine vous invite à participer à un concours pour le concert que Roger Waters donne à l’occasion des 30 ans de “The Wall” à Paris Bercy le 1er juillet.
Pour participer, il suffit de répondre à la question suivante: En page 46 du hors-série, quelle est la réaction des autres membres de Pink Floyd lorsque Roger Waters annonce qu’il veut construire un mur derrière le groupe sur scène ? Adressez votre réponse avec vos nom, prénom, adresse et n° de téléphone à concours@vibrations.ch avant le 28 juin. Il y a 1×2 places à gagner et le ou la gagnant/e sera averti directement.
Easy Star All Stars, Money, “Dub Side of the Moon”

En 2008, le duo de Radioclit scellait son association avec Esau Mwamwa grâce à une compilation d’une poignée de titres gratuits et originaux dans lesquels on retrouvait notamment M.I.A ou Santogold. Avec l’arrivée des beaux jours, The Very Best sont de retour sur tous les fronts pour donner un aperçu de leurs récentes prospections en matière de mashups et de nouvelles sonorités world.
Tout d’abord avec leur nouvelle mixtape “Super Mom”, sortie pour la fête des mères et (accessible sur leur website), dans laquelle on retrouve une collaboration remarquée avec Cee-Lo Green. Plus récemment, ils ont également été conviés à produire un dernier Fact Mix trépidant et rebondissant.
FACT mix 254 - The Very Best (Jun ‘11) by factmag
The Very Best & Kate Bush, Running Up That Hill, “Super Mom Mixtape” (2011)
- Unknown Artist – In My Life
- DJ Clock – Hypersonic
- Gus Gus – David
- Bujo Mujo – Ngifuna Wena
- Gregory Salto feat Helen Mendes – Bao Viagem
- The Very Best & Moroka – Ndekha
- P Diddy Dirty Money – Coming Home (Dirty South remix)
- Toddle T/Dillon Francis – Take It Back (We Don’t Belong In Pacha remix)
- Banana Seat – Champipple
- High Powered Boys – work
- The Very Best – Kamphopo (Lazy Flow remix)
- Dj Znobia – untitled
- We Don’t Belong In Pacha – BadBoy†onigh†
- The Very Best & Rusko feat Vocal Slender & Afrikan Boy – Africa To California Anthem
- Buraka Som Sistema – Hangover (BaBaBa)
- Jessie J – Do It Like A Dude (Jakwob remix / Dj Riot edit)
- Sensato Del Patio feat Voltio – La Fila India remix
- Copia Doble Systema – One Day Revolution (Schlactofbronx remix/ CHLLNGR vocal version)
L’équipe de Push Up, notamment Ji Drû et Sandra Nkaké, rend hommage à GSH avec ce titre inédit intitulé “A Place For You”. Sur un riff du Inner City Blues de Marvin Gaye, le refrain emprunte un texte extrait de I Think I’ll Call It Morning. Le morceau original est mixé par Blackjoy est une série de remixes, par Doctor L, Loik Dury, Grant Phabao, etc., seront bientôt disponibles.
Télécharger: A Place For You, Un hommage à GSH

En 1968, le réalisateur Thomas Reichman filme plusieurs longues entrevues avec le musicien et les monte accompagné de séquences de concerts et d’autres archives. Le résultat prend la forme d’un documentaire intimiste qui révèle différentes facettes du contrebassiste, aussi bien son caractère paternel touchant que son amertume lorsqu’il aborde les questions raciales et politiques. L’une des raisons qui a poussé Reichman à mettre en place ce projet était motivée par le fait que, faute de pouvoir payer son loyer, le musicien était sous le coup d’une expulsion imminente de son loft new-yorkais.
Dans les nombreuses séquences mémorables qui composent le film, il reconnaît son penchant pour la morale de la rue et, en manipulant un fusil semi-automatique, il admet qu’il ne se laissera pas évacuer facilement. Toutefois, il conserve son calme lorsqu’il quitte finalement son appartement, entouré par un escadron de policiers et de journalistes. Une fin qui donne un aperçu poignant d’un quotidien qu’on a tendance à oublier et qui refait surface sur YouTube.
“Charles Mingus”, Réal. Thomas Reichman (58min, 1968)

Depuis quelque temps, Soul Jazz ne cesse de proposer des compilations thématiques qui défrichent toujours plus large en matière de traditions musicales. Toutefois, s’il devait avoir une filiation qui semble prépondérante, ce pourrait être un intérêt constant pour l’importance et les contrecoups des musiques jamaïcaines.
Avec “Invasion Of The Mysteron Killer Sounds”, Kevin Martin (plus connu sous le sobriquet de The Bug) et Stuart Baker (l boss du label) sondent le versant futuriste du dub à travers une sélection appartenant aussi bien aux pionniers du genre qu’aux jeunes producteurs actuels. Afin de compléter encore un peu plus cette anticipation, le coffret est agrémenté d’une petite BD réalisée par le dessinateur italien Paolo Parisi. On y retrouve quelques figures mythiques dans une aventure pleine d’un suspense afrofturiste.
ALBUM
- Divers, “Invasion Of The Mysteron Killer Sounds” (Soul Jazz), sortie le 16 juin

Ricardo Villalobos associé à Max Loderbauer ont enfin fini de réaliser leur série de remixes du catalogue d’ECM. L’annonce du projet “Re:ECM“, peut-être une référence aux nombreux emails échangés pour attaquer ce gros morceau, avait déjà été annoncée il y a près de deux ans et, initialement. Il s’agissait de marquer un coup dans le cadre du 40e anniversaire du label de Manfred Eicher.
Signe d’ouverture et de confiance, le mentor leur a laissé une liberté totale dans leur choix. Au final ce sont on retrouve des relectures de Christian Wallumrød, Alexander Knaifel, John Abercrombie, Miroslav Vitous, Louis Sclavis, Wolfert Brederode, Paul Giger, Enrico Rava/Stefano Bollani/Paul Motian, Arvo Pärt et Bennie Maupin. Une expérience qui permet à Villalobos de reconnaître le chemin que la techno doit encore parcourir pour parvenir à atteindre la richesse du jazz.
Selon lui “la musique électronique est encore très loin des enregistrements acoustiques. Le gars derrière son instrument qui joue depuis 40 ans, celui qui s’occupe du mixage, le placement des micros, tout cela a une histoire. Comme les enregistrements de jazz, il y a souvent un espace et une atmosphère incroyable dans les enregistrements analogiques. C’est superbe! Tous les jours, mon but est d’atteindre cette richesse”. “Re:ECM” devrait donc procurer quelques éléments de réponse.
ALBUM
- Ricardo Villalobos & Max Loderbauer, “Re:ECM” (ECM), sortie le 20.06.11

Afin de rendre hommage à l’oeuvre polymorphe de Gil Scott-Heron, nous republions une série d’articles parus dans le magazine Vibrations en trois parties. Voici tout d’abord une sélection de dix pièces maîtresses d’une œuvre essentielle de la Great Black Music, ainsi que des compte-rendus de son dernier album, “I’m New Here”, et de la traduction française de son ouvrage “Le Vautour”.
Domino Records va lancer sa propre radio et proposera une grille de programme animé par artistes du label comme Animal Collective, Alexis Taylor, Four Tet, Robert Wyatt ou les Dirty Projectors.
La tête pensante des Talking Heads et personnification de l’avant-garde new-yorkaise de ces 30 dernières années, David Byrne, a fait l’objet d’un documentaire intitulé “Ride, Rise, Roar” qui va prochainement sortir en DVD et Blu-ray. Tourné essentiellement lors d’une tournée, on y découvre le quotidien de cet artiste discret
“Ride, Rise, Roar” (2010)
Il y a deux ans, une poignée de musiciens londoniens se rendent à Nairobi pour effectuer quelques sessions avec Joseph Nyamungo et Charles Okoko, citoyens illustres de Owiny Sigoma. C’est en grande partie Jesse Hackett, qui avait pris part au projet Africa Express, qui est à l’origine des cette expédition et le projet a été suffisamment concluant pour que Gilles Peterson signe cette collaboration sans aucune hésitation sur son label Brownswood Recordings.
Par rapport à l’Éthiopie, le Nigéria ou le Congo ou d’Afrique du Nord, les musiques traditionnelles kenyanes restent encore relativement méconnues et l’un des objectifs du projet visait à pallier cette carence. Tony Allen ou Fela, le style renvoie inévitablement aux monstres sacrés de l’afro-beat, tout en renvoyant à des déclinaisons plus occidentalisées, comme par exemple Vampire Weekend.
Owiny Sigoma Band sera de passage à La Flèche d’Or avec Sir Peterson en seconde partie soirée. On pourra également découvrir Mariama, dont le premier album est attendu en septembre également sur Brownswood.
CONCOURS
Tout cela se passe le 05.06.11 et nous vous offrons quelques places. Pour gagner ces invitations, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI GILLES” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 5×2 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.
Owiny Sigoma Band

Le Blues Rules Crissier Festival est un des rares festivals européens dédiés au Delta Blues et au blues underground. Pour cette deuxième édition, une sélection d’artistes locaux et internationaux accompagneront les deux têtes d’affiche Kenny Brown et Eric McFadden. Au total, 16 groupes se produiront à Crissier tout au long du weekend parmi lesquels Wes Mackey, Eric McFadden Trio, Hillstomp, Joe Troop, Bob Log III ou Scissormen représenteront le continent américain. Tandis que le blues européen sera représenté par Chapel Hill, Roland Tchakounté, Vermillion Sands et Lubos Bena & Matej Ptaszek ou encore Robin Giroud, leader des désormais incontournables Mama Rosin, qui présentera son nouveau projet Sevdah Dragi Moj.
Comme l’indiquent les cofondateurs Thomas Lécuyer et Vincent Delsupexhe, une attention particulière a été apportée à la convivialité : “Nous avons voulu un évènement familial et chaleureux, à taille humaine dans un cadre exceptionnel, et sans artifice. Nous avons rêvé d’une occasion unique de se replonger dans la spontanéité et la sincérité d’un festival en pleine naissance, à l’âme profonde et généreuse et à la renommée grandissante. Nous avons rêvé d’un rendez-vous original, propre à plonger les spectateurs dans une ambiance unique et spontanée qui rappellera à certains les fameux Juke Joints du delta.”
CONCERTS
27-28.05.11 Crissier / Suisse

Voici les dix disques qu’Adrian Sherwood emporterait sur son île. Une bonne manière de retrouver quelques-unes des influences qui ont nourri ce fan inconditionnel de reggae tout au long de l’épopée de son label On-U Sound qui fête son 30e anniversaire.
Burning Spear “Presenting Burning Spear”
Je l’ai découvert quand il est sorti, j’étais tout jeune. Ça sonnait comme quelque chose provenant du paradis. Quelle puissance! Je le réécoute régulièrement, et à chaque fois il me met sur le cul. Si Burning Spear devait enregistrer un disque de cette classe aujourd’hui, il faudrait qu’il soit juste accompagné d’une guitare et de percussions minimales, de façon à ce que sa sublime voix soit en avant.
Bill Withers “Still Bill”
C’est celui de 1972, avec le hit «Lean On Me», imparable. Bill Withers prouve tout au long de cet album qu’il est un songwriter fantastique. Michael Jackson ne s’y est pas trompé: c’est à Bill qu’il a piqué «Ain’t no Sunshine».
Stevie Wonder “Innervisions”
Sur une île déserte, il faut des disques spirituels, profonds: celui-ci remplit le rôle de façon idéale. C’est l’album le plus épique de Stevie Wonder, son ambition me glace. Pas une chanson à jeter.
Bim Sherman “Love Forever”
Un disque réédité sous le titre «Danger». A l’origine, c’est une compilation de singles qu’il a enregistré en Jamaïque. Les thèmes sont d’une intelligence rare: «My Woman» est probablement la plus belle chanson jamais écrite sur une femme.
Bim Sherman “Miracle”
C’est le seul disque auquel j’ai participé que je retiens ici: il est trop beau. «Miracle» contient plusieurs morceaux qui datent de l’époque «Love Forever». Comme la production n’était pas toujours à la hauteur, on les a réenregistrés. Ça nous a pris trois ans pour arriver à ce résultat épuré.
Bob Andy “Songbook”
Bob Andy a enregistré les plus belles chansons au monde – le niveau de songwriting de «Life» ou «You Don’t Know» est encore supérieur à celui de Marley. Pourtant ses albums souffrent parfois d’irrégularités. «Songbook» est incontestablement son meilleur, le plus abouti.
The Wailers “Burnin’”
Je dis les Wailers et non Bob Marley, parce que la patte de Bunny Wailer et Peter Tosh est primordiale sur cet album. Et avec «Catch a Fire», c’est l’album où la flamme de Marley brille le plus intensément.
The Abyssinians “Forward on to Zion”
Il y a sur ce disque la chanson «Satta-A-Masagana», hit international qui est devenu un véritable hymne jamaïcain. C’est rigolo, parce que je suis producteur, et une fois de plus je choisis un album qui jouit d’une «non-production»: «Forward on to Zion» est à la fois brut… et près de Dieu!
Lee Perry “Arkology”
J’ai travaillé avec lui sur deux albums: c’est un génie. Je ne vois pas comment je pourrais ne pas emmener son œuvre sur une île déserte. Ecouter Lee le matin, et la journée part du bon pied. Mais un simple album, ce serait trop frustrant — d’autant que cette anthologie de trois CD est très bien ficelée.
Pablo Moses “Revolutionary Dream”
Un album mystérieux, inquiétant… Avec des paroles tellement âpres. Voilà, c’est mon dixième. J’aurai peut être dû mettre du rock – disons un des premiers The Fall. Mais mon truc, c’est le reggae. La première fois que j’en ai écouté, c’était encore plus fort que la première fois où j’ai fait l’amour!
Propos recueillis par Benoît Sabatier

Sillonnant depuis plus d’une décennie dans les différentes niches associées au courant drum and bass, Alex Green et Damon Kirkham se sont retrouvés dans une situation enviable lorsque les premiers symptômes de revival du genre se sont fait ressentir. À vrai dire, ils ont largement participé à favoriser ce regain d’intérêt grâce à l’Autonomic Crew. Une collaboration informelle entamée avec dBridge à travers laquelle ils se sont livrés à un processus de déconstruction du langage d’n'b.
Une approche d’autant plus influente grâce aux podcasts mensuels disponibles sur leur site. Dans une longue interview publiée sur le site de Fact, Alex Green affirme même: “J’ai l’impression qu’Autonomic a eu un effet plus large que juste sur la Drum’n'Bass. J’entend par là que notre approche musicale diversifiée et ces crossovers ont ouvert les yeux à pas mal de monde durant cette période. A vrai dire, les gens sont plutôt bornés et c’est assez facile de proposer quelque chose d’original”.
Qu’il s’agisse de productions, de remixes ou de DJ set, Instra:mental s’est progressivement imposé comme une une sorte de raffinerie dont le travail à récemment été concrétisé dans un premier album, “Resolution653″, sorti chez le pointu Nonplus Records.
Télécharger: Autonomic Podcast, Layer 01
Instra:mental, Watching You (2009)

Une des très rares octogénaires septuagénaires à nous rendre presque impatients de vieillir, Brigitte Fontaine revient nous arguer de son bagou éhonté. Avec un titre comme “L’un n’empêche pas l’autre ”, l’égérie libertaire insinue peut-être que les décennies peuvent très bien s’accumuler au compteur, ce n’est pas pour autant que l’on doit se morfondre dans des occupations séniles.
Matthieu Chedid, Alain Souchon, Jacques Higelin, Arno, Christophe, Emmanuelle Seigner, Areski Belkacem ou Bertrand Cantat, la liste des invités est toujours aussi représentative de son influence multidirectionnelle dans le paysage musical francophone. Sur “Dancefloor”, elle s’est une nouvelle fois alliée à une autre jeunette, en la personne de Grace Jones. Toutes les deux, elles ont concocté un sautillant Dancefloor qui fonctionne comme une fontaine de jouvence. Brigitte s’est d’ailleurs apprécié ce titre à sa juste valeur: “c’est une tuerie! Je le dis sans modestie”.
ALBUM
- Brigitte Fontaine “L’un n’empêche pas l’autre” (Universal), sortie le 23 mai 2011
Brigitte Fontaine, Dancefloor(feat. Grace Jones), “L’un n’empêche pas l’autre” (2011)

Dans la vague du revival vintage, les Poets of Rythm occupent incontestablement une place à part. Formé au début des années 90 autour des frères Whitefield, encore en pleine adolescence, le groupe balançait son groove anachronique avec une exactitude qui frôlait le catéchisme. Accumulant les sorties à tirage confidentiel, ils anticipaient de quelques encablures la déferlante de ces dernières années (voir le magazine Vibrations de ce mois).
Après la séparation du groupe, il y a quelques années, les différents membres ont ventilé leur style pâtiné dans divers projets de haute volée. Les frérots sont restés solidaires en sortant des classiques sous le nom des Whitefield Brothers. Un autre segment s’est associé au légendaire guitariste Oghene Kologbo afin de former l’Afrobeat Academy que l’on retrouve notamment sur l’album “Love and Death” de Ebo Taylor.
Enfin, Karl Hector & The Malcouns constitue une autre émanation des poètes du rythme qui regroupe Jay Whitefield, Thomas Myland et Zdenko Curlija. Leur dernier EP se nomme “Tamanrasset” sort chez Now Again se présente comme une “mosaïque de folk oriental et nord-africain, de psychédélisme occidental, de jazz et de funk”. Ces cinq titres seront disponibles uniquement en mp3 et en vinyles, mais il n’y a que 1000 copies.
ALBUM
- Karl Hector & The Malcouns, “Tamanrasset” (Now Again), sortie le 16.05.11
Télécharger: Karl Hector & The Malcouns, Girmas Lament

Londres sera dans la place à la fin du mois pour cette soirée Solid Steel à La Bellevilloise. Lancé sous forme de programme radio il y a plus de 20 ans, Solid Steel est désormais réputé pour être une vitrine de Ninja Tune et Big Dada. A ce titre, deux nouvelles recrues du label seront invitées à lancer la soirée. La berlinoise Emika, dont le premier album “The Pink Button” va sortir prochainement, ouvrira le bal accompagnée sur scène par son projet live. Kieren “Dels” Dickins prendra la relève. La sortie de son premier LP “GOB” chez Big Dada l’a d’emblée placé comme la nouvelle vague du hip-hop britannique, dans la lignée de Ty et Roots Manuva.
DELS - ‘GOB’ (David Andrew Sitek remix) by Big Dada Sound
The Bug, le parrain de la scène dubstep, sera également présent pour balancer quelques salves de grosses basses. Pour l’occasion, il sera accompagné par le MC Daddy Freddy, véritable légende du raggamuffin jamaïcain dont on peut entendre le flow ultra rapide dans des productions de Dre, The Prodigy ou Salt’n'Pepa. C’est Jonathan More, l’autre moitié du duo de Coldcut et cofondateur de Ninja Tune, qui se chargera de clôturer la soirée avec un set DJ.
CONCOURS
A cette occasion, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI SOLID STEEL” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 5 places à gagner et les gagnants seront contactés par email (max. 1 place par personne).
CONCERT
- 27.05.11 Paris / La Bellevilloise
Emika, ‘Count Backwards’

Malgré un diminutif vaguement improbable, David “Ramadanman” Kennedy n’a pas attendu de longues années avant de se profiler comme une des valeurs sûres de la seconde vague de producteurs dubstep. Tout comme son compère Appleblim, avec qui il a souvent collaboré, il n’a pas tardé à très vite faire preuve d’une suractivité chronique qui l’a poussé à multiplier les projets.
Qu’ils s’agisse de ses productions sous le nom de Pearson Sound et du label Hessle Audio, dont il est le cogérant, il fait le grand écart entre les traitements sonores saturés d’Autechre et la matière brute des riddims. Il est également l’auteur de la dernière sélection de la compilation de la Xe compilation Fabric. En guise d’aperçu, cette session Bestimix sortie il y a quelque mois.
Ramadanman / Pearson Sound, Fabric 56
Télécharger: Ramadanman, Bestimix #23
Pearson Sound, Working With
- Kim English – Nite Life (Remix)
- Altered Natives – Crop Duster
- Ramadanman – Grab Somebody
- Unknown – Untitled
- Martyn – Miniluv
- Distance – Feel Me
- Ramadanman – Mir
- Menta – Snake Charmer
- Ramadanman – Fall Short
- Distal – Apple Bottom
- Unknown – Untitled
- Loefah – Goat Stare
- Peverelist – Better Ways Of Living
- Blawan – Potchla Vee
- Instra:mental – Rift Zone
- Ludacris vs Joe – How Low Claptrap (DJ Orgasmic Bootleg)
- SX – Wooo Remix
- Addison Groove – This Girl
- Benga – One On One
- Pariah – Crossed Out
- Sigha – Light Swells (In A Distant Space)

Chacun puise ce qu’il veut dans Bob Marley, mais le domaine qui a été radicalement transformé par son expérience est celui de l’industrie musicale. Première star du tiers-monde, il fut aussi le premier artiste «world». À sa mort le 11 mai 1981, Bob Marley n’avait que 36 ans. Cela faisait cinq ou six ans à peine que le grand public le connaissait. Peu d’entre ses admirateurs se doutaient de l’envergure historique qu’allait prendre le personnage.
30 ans plus tard, l’anniversaire de sa disparition est l’occasion de célébrations multiples, d’éditions et de rééditions de ses enregistrements les plus obscurs. L’héritage de Bob Marley est profond. Ce numéro propose de livrer une image aussi précise que multiple de cet artiste à travers des contributions de spécialistes du reggae et de la culture jamaïquaine. Pour ne pas sortir «un ouvrage de plus», mais une véritable somme.

L’initiation musicale de Dorian Concept s’inscrit dans une tradition qui ne renvoie pas directement à la musique électronique. Initié très tôt au piano, le producteur autrichien, de son vrai nom Oliver Thomas Johnson, s’en va parfaire son apprentissage de la composition à Salzburg. La ville où le moindre tintement de cloche évoque un menuet.
Passé virtuose du Korg, il entame rapidement un processus de déstructuration de l’electronica d’Aphex Twin et beats de J Dilla. Oliver avait déjà donné un bel aperçu de sa maîtrise des bangers puissants dans un premier album remarqué, “When Planets Explode” sorti chez Kindred Spirit en 2009.
Avec son récent EP “Her Tears Taste Like Pears” (Ninja Tune), il continue à plaquer des beats d’une précision foutraque avec le même brio. Alter ego germanophone des Hudson Mohawke et autres bidouilleurs de LA, en particulier Flying Lotus avec qui il a collaboré sur “Cosmogramma”, il assume sans complexe son rôle de précurseur.
Télécharger: Dorian Concept, Podcast 192 - XLR8R
ALBUM
- Dorian Concept, “Her Tears Taste Like Pears” (Ninja Tune)
Dorian Concept, “Her Tears Taste Like Pears”

Photo: Sophie Bramly
Au tournant des années 80, Sophie Bramly est photographe à New York en pleine effervescence hip-hop. Elle est d’emblée captivée par l’énergie particulière, et surtout les looks, et s’immerge totalement dans cette sous-culture qui fleurit de manière synchrone aux quatre coins de la ville. “C’est leurs obsessions pour leur goût de paraître que j’ai photographié pendant les quelques années où je ne les ai pas lâchés d’un mètre.” Déclare-t-il à ce sujet. “J’ai étudié leur mise en scène et l’extrême attention qu’ils portaient à la représentation de soi, avec un goût pour l’envers du décor, pour les moments de « nudité » où je les trouvais aussi attendrissants que tout à fait magnifiques et éblouissants.”
Le résultat se présente, d’une part, sous la forme d’une multitude de clichés qui saisissent la spontanéité de ces divers modes d’expression. D’autre part, cette expérience aura un impact décisif sur la carrière de Sophie Bramly qui, en 1987, deviendra productrice de l’émission de hip-hop “Yo!” sur MTV. Désormais reconvertie dans la sexualité féminine, elle produit notamment la série “X Femmes” de Canal +, cette exposition estivale offre une belle occasion pour redécouvrir quelques frasques dans un New York soufflé par l’ère Giuliani.
EXPOSITION
- 17.06.11 au 02.09.11 Paris / 12MAIL (12 rue du Mail / Vernissage 17.06.11 de 18h à 21h)

Cela fait pas mal de temps que l’on apprécie les petites pépites qu’il dispense généreusement sur le net et nous ne sommes évidemment pas les seuls. En effet, on ne sait pas si c’est dû aux vacances amoureuses qui ont fait l’objet de son premier EP, mais Theophilus London aime Paris.
A moins que ça ne soit Paris qui aime Theophilus London. Dans le fond, peu importe, il doit certainement y avoir un peu des deux. En effet, après son passage en mars dernier, le hipster new-yorkais sera à nouveau dans la place en mai pour un concert exceptionnel à L’Alhambra le 17.05.11.
A cette occasion, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI THEOPHILUS” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 3 x 2 places à gagner et les gagnants seront contactés par email (max. 2 par personne).
Télécharger: Theophilus London, Flying Overseas, “Lovers Holiday” (Warner Bros.)
Télécharger: Theophilus London, Humdrum-Town, “Lovers Holiday”
Mauvaise passe pour les égéries punk rock. Après Ari Up il y a quelques mois, c’est au tour de Poly Styrene de quitter la scène suite à un cancer du sein. Elle était âgée de de 53 ans. Durant les années 70, elle était la chanteuse emblématique du groupe X-Ray Spex dont le premier single “Oh Bondage Up Yours!” (1977) était devenu un cri de ralliement pour toute une génération. Souffrant d’un trouble bipolaire, elle avait rapidement mis un terme à sa carrière mais elle venait d’annoncer son comeback avec un album solo intitulé “Generation Indigo”.

Suite au succès de “Saint Dymphna” et aux déboires rencontrés lors de la tournée qui a suivi, les New-Yorkais sont de retour pour infuser leurs compositions psychotropes. Une prédilection pour les fusions syncrétiques et les visions fusions néo-tribale que Liz Bougatsos et ses acolytes s’appliquent à inspecter depuis leur formation il y a une dizaine d’années. Intitulé “Eye Contact”, leur cinquième album se décline comme une longue modulation d’amplitudes à travers des styles et des traditions musicales qui s’interpénètrent continuellement.
Quelque part entre une chanson pop chinoise, des voix de rock FM et des invitations à des déhanchements de Kuduro, le single Mindkilla donne un avant-goût de cette aptitude à trouver des équilibres de forces en repoussant toujours plus les limites. GGD confirme devrait consolider leur statut de grand ordonnateur de l’inspiration chamanique qui guide actuellement une bonne partie des groupes hipster américains.
Télécharger: Gang Gang Dance, “Eye Contact” (4AD), sortie le 09.05.11

Pendant le weekend de Pâques, Genève met tous les oeufs dans le même panier grâce au festival Electron qui continue de proposer une programmation musicale variée et toujours aussi convaincante, ainsi que des projections et des expositions. Dimanche soir, on y retrouvera notamment le DJ et producteur Kadebostan qui a su parfaire son univers electro baroquisant en créant The National Fanfare of Kadebostany.
Déjà réputé pour ses sets sur mesure explosifs, le Genevois a su infléchir son penchant electro vers des versants plus orientalistes en s’entourant d’un groupe de musiciens Biélorusses. Après une série de live agités, le premier album du TNFK est sur le point de sortir chez Mental Groove. Même si certains morceaux pogotant pourrait trop facilement nous inviter à faire des rapprochement avec Goran Bregovic ou un Gogol Bordello, “Songs of Kadebostany” envisage cet héritage de manière inédite.
En effet, en bricoleur habile, Kadebostan a retravaillé intégralement le matériel glané durant ses différentes sessions d’enregistrements avec les musiciens. Des musiques funéraires aux ballades déchirantes, en passant par des dubs dignes de Jah Shaka, le résultat se présente comme une vaste parabole qui nous rapproche plus des sphères de l’utopie que de celles de l’émulation. Entouré de ses ministres, le président Kadebostan nous invite ainsi à découvrir les divers hymnes qui rythment les jours et les nuits de son pays chimérique.
CONCERT
- 04.04.11 Genève / Festival Electron - Usine
ALBUM
- The National Fanfare of Kadebostany, “Songs of Kadebostany” (Mental Groove), sortie le 05.05.11












