Catégorie : Film

Film: ATCQ, Luck of Michael


“Beats, Rhymes, Life: The Travels of a Tribe Called Quest” est un documentaire qui retrace la carrière d’ATCQ. Le réalisateur, Michael Rapaport, est un fan de longue date du trio du Queens et il a commencé à travailler sur le projet suite à leur reformation en 2008. À travers les portraits et interviews de Q-Tip, Phife Dawg, Ali Shaheed, Jarobi et de leur entourage, de De la Soul à Mos Def, on comprend un peu mieux les mécanismes qui ont participé à la dissolution du groupe en 1998. Le documentaire “Beats, Rhymes, Life: The Travels of a Tribe Called Quest” sera projeté en avant-première à Paris, au Forum des images, le 5 novembre 2011.

PROJECTION

  • 05.11.11 Forum des images / Paris

Même s’il ne s’agit pas exactement du même sujet, on profite de l’occasion pour évoquer la sortie “White Wash” qui aborde la complexité des problématiques raciales aux États-Unis à travers l’exemple de surfeurs appartenant à des minorités ethniques. On retrouve la voix de Ben Harper en voix off et la bande-son a été réalisée par les incontournables The Roots.

Expériences: Jeff Mills, voyage accompagné


De thèmes cryptiques de Sun Ra jusqu’aux récentes références cybernétiques de Janelle Monáe, en passant par le P-Funk de Parliament/Funkadelic ou les délires DIY de Rammelzee, les métaphores liées à la conquête spatiale restent un des sujets les plus récurrents des musiques afro-américaines.

A ce titre, Detroit a toujours constitué un terreau particulièrement propice pour ce type d’extrapolations. En se réappropriant les discours associés aux rêves technologiques, plusieurs générations de musiciens ont été rechercher dans les tréfonds de l’espace toutes les promesses d’émancipation dont ils étaient dépossédés dans leur vie quotidienne.

Parmi les producteurs de Techno encore en activité, Jeff Mills continue à poursuivre cette quête à travers dans des champs toujours plus reculés. C’était le cas notamment en 2000, lorsqu’il composa une nouvelle BO au classique Metropolis. Un décrochage qui lui permettra de propager son utopisme au-delà des cercles restrictifs de la club culture. Après avoir déjà doublé plusieurs films du cinéaste allemand, il renoue cette année avec l’oeuvre de Fritz Lang en proposant son interprétation de “La Femme sur la lune” (1929).

CONCERT

Documentaire: The Smiths, ils nous font la totale


À l’heure où Rhino s’apprête à sortir un coffret à tirage limité regroupant l’intégrale de The Smiths, totalement remastérisées à partir des bandes originales, un documentaire rare a refait surface récemment. En un peu moins de 20 minutes qui retracent l’histoire et l’impact extraordinaire du groupe de Morrissey sur le paysage musical anglais des années 80. Bien que les images soient essentiellement extraites de vidéos et de documents déjà existants, on retrouve un certain nombre de séquences inédites, en concert ou prises dans les rues de Manchester. La manière idéale pour avoir un cours accéléré sur la discographie de ce groupe exceptionnel.

Film: Arthur Russell, les lois du partage


Kenneth Goldsmith ne cesse décidément pas de nous surprendre à travers son site UbuWeb, le projet altruiste et révolutionnaire incontournable qu’il nourrit patiemment depuis près de 15 ans. Poésie, vidéo, musiques expérimentales, cette zone d’autonomie temporaire ne cesse de s’étoffer, offrant le catalogue le plus exhaustif du net en matière de création expérimentale. En guise d’amuse-bouche, les amateurs de musiques électroniques sauront apprécier cette vaste compilation de près de 500 morceaux mis en ligne il y a quelques jours seulement.

J’ai toujours été un collectionneur“, me confiait-il récemment à propos des motivations qui ont participé au lancement de ce projet. “Je collectionne des livres et toutes sortes de choses différentes… Je suis tout simplement un collectionneur compulsif. Internet s’est d’emblée présenté comme un moyen de partager mes collections avec d’autres personnes, de puiser dans des collections numériques privées pour en partager les contenus avec un plus large public. Si on ne peut pas partager une collection à quoi cela sert-il d’en avoir une ?

Au centre d’une telle posture, on trouve bien entendu un rejet radical en matière de droits d’auteurs. Même si cette situation génère son lot quotidien de lettre d’avocat et de boîtes de production, Kenneth reconnaît qu’il n’a jamais été poursuivi pour héberger et diffuser du matériel. La raison est très simple. “Nous ne sommes pas en train de proposer le dernier album de Lady Gaga, tous ce que nous diffusons à travers UbuWeb n’a aucune valeur financière, c’est avant tout proposé dans un but pédagogique. Qui peut bien s’intéresser à essayer de vendre une conférence de Joseph Beuys. Une fois que je leur explique ma démarche, il est rare que les gens qui me contactent décident d’engager des procédures. Au pire, je retire l’enregistrement incriminé et tout rentre dans l’ordre.”

Phil Niblock, “Arthur Russell: Terrace of Unintelligibility” (Part 1)

En vérité, c’est plutôt le phénomène inverse qui s’opère. UbuWeb est devenu à tel point incontournable que ce sont désormais les artistes eux-mêmes qui le prient de poster leurs oeuvres sur son site. C’est probablement ce qui c’est passé avec ces deux films, disponibles en DVD en série limitée avec la réédition en 2004 de l’album “World of Echo”, que Phil Niblock a réalisé sur Arthur Russel. “Terrace of Unintelligibility” (1985) et “Some Imaginary Far Away Type Things/AKA Lost in the Meshes” (1985) sont construits autour des mêmes procédés.

Dans la note accompagnant les vidéos, il est indiqué que seul le premier film est véritablement monté, l’autre se présentant plus comme une succession de rushs. Dans les deux cas, on découvre Russell, en solo, à trace à des plans très rapprochés qui tendent vers le noir en blanc. On entrevoit sporadiquement des contours de son visage et de sa bouche, avant d’être plongé dans une obscurité totale. Au milieu de ses effet de flous intimistes, la voix de Russell se dégage avec une clarté et une qualité surprenante qui accentue ces effets d’alternance entre des atmosphères apaisantes ou claustrophiques.

Quelques séquences intercalées sur ces mains rappellent et son jeu de violoncelle rappellent les prises de vues qui caractérisent également The Magic Sun (1966), le magnifique film que Niblock a consacré à Sun Ra. Aant de devenir un des pionniers en matière de compositions minmale, Niblock a longtemps été photographe de Jazz. Cela explique peut-être cette aptitude à retranscrire avec beaucoup de finesse et de profondeur les atmosphères de Russell. Goldsmith ne se trompe pas en déclarant que ces deux films constituent probablement les plus beaux reliquats audiovisuels laissés par le compositeur décédé sept ans après ces sessions.

Phil Niblock, “Arthur Russell: Terrace of Unintelligibility” (Part 2)

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Film: Charlie Mingus, un documentaire refait surface


En 1968, le réalisateur Thomas Reichman filme plusieurs longues entrevues avec le musicien et les monte accompagné de séquences de concerts et d’autres archives. Le résultat prend la forme d’un documentaire intimiste qui révèle différentes facettes du contrebassiste, aussi bien son caractère paternel touchant que son amertume lorsqu’il aborde les questions raciales et politiques. L’une des raisons qui a poussé Reichman à mettre en place ce projet était motivée par le fait que, faute de pouvoir payer son loyer, le musicien était sous le coup d’une expulsion imminente de son loft new-yorkais.

Dans les nombreuses séquences mémorables qui composent le film, il reconnaît son penchant pour la morale de la rue et, en manipulant un fusil semi-automatique, il admet qu’il ne se laissera pas évacuer facilement. Toutefois, il conserve son calme lorsqu’il quitte finalement son appartement, entouré par un escadron de policiers et de journalistes. Une fin qui donne un aperçu poignant d’un quotidien qu’on a tendance à oublier et qui refait surface sur YouTube.

“Charles Mingus”, Réal. Thomas Reichman (58min, 1968)

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Film: The Black Power Mixtape, 1967-1975


L’histoire des revendications afro-américaines des années 60 et 70 a déjà fait l’objet d’un certain nombre de documentaires et, après l’élection d’Obama notamment, la radicalité de cette cause tendrait facilement à se diluer dans les routines langagières de l’idéal démocratique. Ce n’est pas le moindre des qualités de “The Black Power Mixtape 1967-1975″ de rappeler l’intensité et les paradoxes de cette période cruciale pour l’évolution des questions de races aux Etats-Unis.

On y retrouve la verve et le style des grandes figures de l’époque. En particulier le charismatique Stokely Carmichael qui en 1967, avait apporté une pièce importante à la cause en écrivant l’ouvrage Black Power avec Charles V. Hamilton. C’est à lui qu’on doit l’idée de racisme institutionnel et il poursuivra son positionnement pan-africaniste radical en se réfugiant en Guinée avec son épouse de l’époque, Miriam Makeba. Bobby Seale, Huey P. Newton et Eldridge Cleaver, tous les piliers des Blacks Panthers sont aussi présents pour nous rappeler la rhétorique militariste radicale qui avait cours durant cette période.Dans une interview poignante, l’impériale Angela Davis raconte son enfance dans l’Alabama et la peur constante d’être la cible d’aggressions verbales ou physiques. À travers les différentes péripéties qui ont jalonné son inculpation, on comprend très vite l’hermétisme coupable des instances étatiques.

Cet aide-mémoire chronologique aborde également les répercussions tragiques qui ont suivi les vagues de répression. Les assassinats, l’afflux d’héroïne de nombreuses séquences témoignent, quelquefois de manière cruelle, de l’érosion progressive des espoirs et des solidarités tout au long de cette décennie capitale. La grande originalité de ce documentaire tient au fait que l’intégralité des images qui le constituent ont été produites par des journalistes rattachés à la chaîne de télévision nationale Suédoise. Ce regard externe témoigne à quel point la cause des Black Panthers connaissait un écho favorable auprès des certaines franges progressistes européennes et on ne manque pas d’être surpris par ce ton résolument partisan. Si l’ensemble du documentaire de Goran Hugo Olsson est parfaitement réalisé, il faut également noter l’excellente BO signée par Guestlove et Om’mas Keith.

Même si ces extraits télévisés sont exclusivement d’époque, le producteur de ce docuementaire, qui n’est autre que Danny Glover, a demandé à certains porte-paroles actuels de la cause afro-américaine d’émettre des commentaires. Erykah Badu, ?uestlove ou Talib Kweli, donnent ainsi des éclairages extrèmement enrichissant sur l’actualité des questions de race aux Etat-Unis. A ce titre, Talib Kweli révèle cette anectode inquiétante survenue il y a quelques mois. Peu de temps après avoir visionné un discours de Stokely Carmichael sur Internet, il a été arrêté à l’aéroport de Los Angeles par toute une troupe d’agents en costume noir qui l’ont interrogé sur les raisons de cet intérêt pour le leader subversif. Une manière de rappeler que, quarante ans plus tard, il subsiste quelques tabous au pays de la libre-expression.

FILM

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