Catégorie : Film

Hip-hop: Fangafrika, le hip-hop authentique du Faso


PHOTO: Sandy Haesner

Fangafrika est un projet multimédia qui présente un état des lieux indispensable de l’actualité du rap ouest-africain. Un petit avant-goût de ce projet généreux en téléchargement

Une fois n’est pas coutume, la scène hip-hop de l’Afrique de l’Ouest bénéficie d’un éclairage conséquent avec “Fangafrika, la voix des sans-voix”. Un zoom sur la diversité et la richesse de la scène hip-hop d’Afrique de l’Ouest. Dans son ensemble, ce projet généreux, qui regroupe un DVD, un livre et une compilation, démontre à quel point le hip-hop africain renoue avec les revendications originelles de ce mouvement. Ceci en cristallisant adéquatement les aspirations de démocratie, de justice et de liberté qui ont successivement animé les générations nées après l’indépendance.

Avec leurs textes mâtinés de vaudou, de féminisme, à l’instar des rappeuses d’A.L.I.F ou de chants traditionnels, ces artistes sont révélateurs des mutations socio-historiques qui transfigurent l’Afrique contemporaine. Le documentaire nous transporte notamment dans des clash-parties à Ouaga où artistes confirmés et jeunes rappeurs underground s’affrontent lors de tremplins de quartier. De nombreux chanteurs tels que Apkass, Didier Awadi (ex-Positive Black Soul) ou Daara J sont également conviés à évoquer l’effervescence et l’impact de ce courant musical dans leurs pays respectifs. Autant de déclarations approfondies par les mises en perspective et les portraits intégrés dans la publication qui accompagne ce coffret.

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Ouaga All Starz, Burkina Faso télécharger (click droit)

ALBUM

  • “Fangafrika, la voix des sans voix”, (Staycalm! / mondomix), sortie le 27 mars

SITE

CONCERTS

  • 20/03/08 Paris / La Bellevilloise, Soirée Mondomix avec Apkass (RDC), Negrissim’ (Cameroun)

  • 22/03/08 Le Bourg / Lausanne, Africa Stand Up! (projection + sound system)

VIDEO: Teaser, “Fangafrika, La Voix des Sans-Voix”



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Reggae: Toute la Jamaïque célèbre Bob Marley

Le mois de février est reconnu officiellement comme le “mois du reggae”en Jamaïque.

Il y a un mois, le premier ministre Bruce Golding a décrété officiellement que février, serait dorénavant le mois du reggae en Jamaïque. A cette occasion, il a déclare, “le reggae est tellement puissant que le monde entier l’a adopté. C’est le médium que nous avons utilisé pour déclarer notre opposition à l’oppression et la souffrance. C’est une perpétuelle déclaration d’amour”.

Au programme, un concert, un match de foot “One Love”, un symposium intitulé “Global Reggae Conference”, une cérémonie d’awards et plein de workshops et autres événements à la gloire du reggae. Un des moments-clés sera la projection en avant-première du documentaire “Africa Unite: A Celebration of the Vision of Bob Marley”. Un hommage et une evocation du périple de la famille Marley en Éthiopie et au Ghana lors du concert commémorant les 60 ans du chanteur né le 6 février 1945. Une bonne répétition générale avant l’année prochaine. En effet, 2009 marquera les 50 ans de la naissance officielle du reggae.

DVD

  • ‘Africa Unite: A Celebration of Bob Marley’s Vision’ sera disponible en DVD à partir du 12 février

CADEAU BONUS:

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Disco: Arthur Russell, le portrait d’un battant

Nouvel hommage à une figure mythique du New York underground

Le film “Wild Combination: A portrait of Arthur Russell” qui retrace la vie du violoncelliste et producteur Arthur Russell, est sur le point de sortir. En mélangeant images documentaires et fiction, Matt Wolf a recomposé l’univers de ce personnage légendaire du New York underground des années 80, décédé en 1992. Entamée aux côtés d’Allen Ginsberg, sa carrière prolifique l’emmenera à collaborer aussi bien avec Philip Glass, Rhys Chatam ou David Byrne qu’avec des producteurs disco tels que François Kevorkian ou Larry Levan. Il laissera derrière lui une oeuvre sans égal, entre dance et musique d’avant-garde, qui aura mis longtemps avant d’être reconnue.

Comme le remarque le réalisateur, “Arthur était un battant qui aimait se créer ses propres obstacles au point de souvent frustrer ses collaborateurs ou son entourage. Toutefois, il a toujours su conserver une innocence et une malice très juvénile.” Après la compilation de Soul Jazz parue en 2004, ce film offre une nouvelle occasion pour se replonger dans l’univers d’un musicien hors normes devenu, sous les pseudo Dinosaur L, Loose Joints ou Indian Ocean, une égérie arty de la scène disco.

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VIDEO: Arthur Russell, This Is How We Walk on the Moon

TEASER: “Wild Combination: A portrait of Arthur Russell”

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film: New York, ou quand les latinos foutent le Bronx…

Benny Bonilla, congas, et Orlando Marín, timbales, autour de 1950. Archive Benny Bonilla

Salsa et hip hop sont les enfants du South Bronx. Images d’archive et bande-son explosive à l’appui, From Mambo To Hip Hop, projeté aujourd’hui et samedi au festival Kosmopolite de Bagnolet, retrace cette épopée où les expériences noires et latines se sont conjuguées

Qu’ont en commun Fania All-Stars et la Zulu Nation, les pas de danse acrobatiques des Mambo Aces et ceux du Rock Steady Crew, les timbales de Tito Puente et les platines de DJ Charlie Chase? La magie du rythme poussé au paroxysme, le fait de danser pour ne faire qu’un sur le beat, offre des analogies d’autant plus saisissantes que la gloire de ces pionniers de la salsa et du hip hop se rapporte à une même origine, le South Bronx.

Réalisé par le photographe du graffiti Henry Chalfant et l’association nuyorican City Lore, From Mambo to Hip Hop dresse un portrait foisonnant de ce ghetto new-yorkais, théâtre emblématique d’une expérience partagée entre communautés caribéennes, latines et afro-américaines. Saisis dans le contexte de la dévastation brutale du quartier à partir des années 60, les témoignages parallèles des vétérans de l’âge d’or du mambo et des premiers B-Boys illustrent la façon dont ses habitants n’ont cessé de confronter le déracinement et la misère économique en développant de nouvelles formes d’expression identitaires ancrées dans le bitume. En réinventant la musique afro-cubaine en salsa et le funk en hip hop, le South Bronx a marqué le cours de nos musiques populaires d’une griffe new-yorkaise qui conjure la violence de sa jungle urbaine par un appel à la fête. Il désigne, en ce sens, plus qu’un lieu géographique: un concept où corps et ghetto-blasters se font l’écho des tambours pour marquer le pouls de la cité.

PHOTO: HENRY CHALFANT: G-man avec son équipe et son équipement lors d’une jam dans un park du South Bronx, début des années 80

FILM

  • From Mambo To Hip Hop: A South Bronx Tale (Henry Chalfant, 55 minutes, 2006)

  • 5-7/7: Projections gratuites au Cin’Hoche de Bagnolet, dans le cadre du festival Kosmopolite

VIDEO

  • Une bande-annonce de From Mambo To Hip Hop, non-officielle (en anglais, mais truffée de musique et danses)

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film: Wijdan, les transes africaines

Rencontre filmée, qui paraît en DVD, entre deux maîtres de la transe: le Gnawa Brahim El Belkani et le Malien Sibiri Samaké. Inédit et impressionnant, comme le montre un extrait de Wijdan

Que tous ceux à qui le mot transe fait peur jettent un œil à ce film! Wijdan démontre à merveille le naturel de ces cérémonies, la simplicité des acteurs qui les animent et leur ouverture d’esprit. Avec dans les rôles principaux Brahim El Belkani, grand joueur de guembri gnawa, et Sibiri Samaké, musicien et chasseur malien.

Ces deux-là se sont rencontrés, il y a quelques années. D’emblée des points communs sont trouvés: gnawa et chasseur pratiquent tous deux des musiques de transe aux pouvoirs guérisseurs. Les Gnawas sont des descendants d’esclaves d’Afrique de l’Ouest et chantent en bambara. Brahim, comme Sibiri, est à la tête d’un ensemble familial. Passé ce préambule, les deux auteurs de ce documentaire, John Allen et Bella le Nestour, retracent la trajectoire hors norme de chacune de ces personnalités.

Images d’archive, souvenirs de Brahim El Belkani et répétitions en famille offrent une vision inédite de ces musiques, qu’on croit à tort diaboliques parce que secrètes. Au-delà de cette évocation, ce documentaire pose également la question de l’appartenance à une culture ainsi que celle des racines. A l’heure où, en Afrique comme en Europe, les liens sociaux et familiaux sont de plus en plus complexes, cette “rencontre des âmes” (traduction littérale de “Widjan”) nous donne quelques clefs et une raison supplémentaire de visionner ce film.

VIDEO

  • Extrait du DVD Wijdan, avec une interview de Brahim El Belkani et des images d’une lila, cérémonie de possession qui dure toute la nuit (taille du fichier: 19.8 Mo).

DVD

  • Wijdan, Le mystère de la musique de transe des Gnawas. De John Allen et Bella Le Nestour (Possible Pictures/Harmonia Mundi)

PROJECTION

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film: les mixtapes, la revanche du rap underground

Une industrie du disque pirate se cache dans les caves et appartements new-yorkais

Un marché parallèle développe les talents du hip hop de demain: un documentaire plonge dans le laboratoire musical qui fait vibrer les trottoirs de Harlem

En arpentant pour la première fois les trottoirs de Harlem à New York, n’importe quel amateur de hip hop est pris de vertige: à chaque coin de rue, de petites échoppes clandestines vendent des albums inconnus de Redman, Talib Kweli, Notorious Big, etc. Le documentaire Mixtape expose ce phénomène underground, ou la revanche de la rue sur une industrie du disque sclérosée.

En compagnie de légendes du genre comme DJ Clue, on pénètre au cœur de ce marché parallèle, ayant ses boutiques clandestines et son top 50 officieux. Jusqu’au milieu des années 90, les mixtapes n’étaient encore que de simples compilations de tubes mixés par les meilleurs DJ, mais elles sont ensuite devenues de véritables supports de création, proposant des morceaux et des remix inédits. Pour un jeune rapper, elles demeurent aujourd’hui le meilleur moyen d’installer sa crédibilité sur le pavé, étape indispensable avant la gloire internationale: “50 Cent est l’exemple parfait”, explique DJ Green Lantern à l’image. “Il a vendu huit millions de disques en mettant d’abord le feu dans la rue, puis en le laissant se répandre.”

Avec des interventions de Kanye West, Chuck D, DJ Red Alert, et Lil Jon, le film de Walter Bell est une immersion dans les sous-sols du business rap. La créativité y est complètement débridée, et les compositeurs y expérimentent des samples et des a cappella dont ils n’auraient jamais obtenu les droits de toute façon. Pour cette raison juridique évidente, Mixtape manque ironiquement d’extraits de mixtapes. Trop de discours et pas assez de musique, voilà le seul reproche que l’on puisse adresser à cette enquête pas très spectaculaire, mais particulièrement judicieuse.

VIDEO

  • Extrait de Mixtape (taille du fichier: 20.5 Mo): Kanye West voit dans la mixtape une médiocrité artistique à laquelle il ne cède pas, DJ Ty Boogie un ascenseur social, et Chuck D un pouvoir repris par le peuple.

DVD

  • Mixtape, de Walter Bell (2 Good)

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film: la Jamaïque sur grand écran

Bunny Wailer

Un réalisateur français plonge dans les scènes reggae et dancehall: gros budget pour musiques en cinémascope. Made In Jamaica sort demain sur les écrans français

Le réalisateur français Jérôme Laperrousaz a mérité sa réputation sur les terres de Marley en 1980, lorsqu’il publia un excellent documentaire sur le groupe Third World sélectionné au festival de Cannes, Prisoner In The Street. Cette fois, il orchestre un projet titanesque intitulé Made In Jamaica, avec 4 millions de dollars de budget. Parrainé par Wim Wenders, le film assume l’étiquette de Buena Vista Social Club de la musique jamaïquaine. Le traitement de l’image y est pourtant bien différent, et Made In Jamaica ne s’applique pas seulement à exhumer les vestiges d’un passé brillant. Le casting rassemble les derniers vétérans du reggae roots comme Gregory Isaacs et aussi la nouvelle génération dancehall comme Vybz Kartel ou Bounty Killer. Il sera soutenu par une B.O. en plusieurs disques composée de titres enregistrés spécialement pour l’occasion. Cet ouragan jamaïquain atteint les côtes bretonnes ce mercredi.

Outre le fait de tourner en 35 mm, en quoi Made In Jamaica se distingue-t-il d’un simple documentaire ?
Jérôme Laperrousaz: Nous l’avons tourné comme un film de fiction, ce qui signifie plusieurs prises, des mouvements de caméras répétés, une lumière extrêmement précise… Le reggae est une musique majeure, donc elle implique une qualité esthétique et formelle. Mais du coup, tout devient compliqué: il faut mettre en place la lumière, les cadres, et le reste. J’avais la même volonté esthétique pour la musique, ce qui veut dire des multipistes, sonoriser des endroits pas évidents… Je voulais un son parfait, mais qui garde la fragilité du “live”, la qualité de l’instant.
Quel est l’objectif du film ?
J’ai sélectionné les artistes comme on choisit des acteurs. J’ai travaillé avec mes filles pour choisir tous les titres avant le tournage, car le fil rouge, l’épine dorsale du film, c’est vraiment la musique, surtout les paroles des chansons. Par exemple, j‘ai écouté trente heures avec Toots Hibbert en studio, soit presque toutes ses bandes des vingt dernières années. C’est un perfectionniste comme moi, et finalement, on n’a gardé seulement trois titres. On a passé toute la nuit du nouvel an 2005 à travailler dans son studio.
Quels sont vos pires et meilleurs souvenirs du tournage?
Quand Bunny Rugs a chanté “Slavery Days” devant la plantation, c’était très émouvant. Il y eu aussi des moments difficiles: quand le danseur Bogle s’est fait assassiner trois jour après notre interview, ce fut un choc très éprouvant. La violence rend les choses compliquées. C’est très difficile de tourner en Jamaïque. L’industrie anglo-saxonne refuse d’y mettre les pieds car cela implique trop de risques. On a dû surmonter de vrais problèmes, mais il y a eu aussi et surtout des instants formidables. Chez la majorité des artistes jamaïquains, il y a une telle générosité, une telle force… Quand Bounty s’est mis à chanter sur le bateau, il est devenu impossible à arrêter. Je lui disais de s’économiser entre les prises, mais il a chauffé la foule pendant deux heures entières avec ses chansons.
Le message social est également essentiel…
Ces artistes sont des rebelles militants, chacun à sa façon. Ils militent pour leur cause, ils insistent sur des sujets qui nous gênent comme la pauvreté, le cloisonnement des classes sociales, et les effets secondaires de la colonisation… Voilà pourquoi il me semblait si important de leur donner enfin la parole.

LE FILM

  • Made In Jamaica, Jérôme Laperrousaz (sortie en salles le 13 juin)

ALBUM

  • Made In Jamaica, double CD (Harmonia Mundi). Avec Toots Hibbert, Gregory Isaacs, Sly Dunbar & Robbie Shakespeare, Beres Hammond, Bounty Killer, Elephant Man, Vybz Kartel, Lady Saw, Tanya Stephens, Capleton…

SITE

VIDEO

  • La bande-annonce (en anglais)

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film: le festival documentaire Visions du Réel en musique

Magic Radio, film sur les radios libres au Niger, présenté au festival du documentaire Vision du Réel (Nyon, Suisse), est à nouveau projeté au Bourg de Lausanne demain et sera suivi de la performance de deux rappers: ZM et Fan Flex.

S’intéressant à l’explosion des radios libres au Niger, Magic Radio montre leur importance dans un pays où la majeure partie de la population est illettrée. Luc Peters et Stéphanie Barbey, les deux réalisateurs suisses, s’en donnent à cœur joie. Conseils de beauté ou d’hygiène de vie, discussion conjugale hebdomadaire par un groupe d’hommes hilarants, émissions éducatives pour enfants: chaque émission montre à quel point l’approche africaine est radicalement différente de l’occidentale, qu’elle soit touchante, drôle ou tragique.

Conséquence de cette libéralisation des ondes nigériennes, un mouvement de rap (on parle de près de 300 groupes) s’est constitué. Parmi eux Fan Flex et surtout ZM, première femme rappeuse d’Afrique de l’Ouest. Le flow fluide, sereine, ZM a une mission: parler aux femmes et pour les femmes, histoire de faire avancer les mentalités… Son morceau “Femme rurale” justifie à lui seul d’aller voir le film et de l’écouter en concert ce mardi au Bourg à Lausanne.

Autre genre, autre ambiance, le réalisateur Mika Kaurismäki a choisi pour interprète principal de son documentaire Sonic Mirror le batteur de jazz Billy Cobham. Son postulat: démontrer en passant du Brésil à un centre pour autistes en Suisse et concert symphonique en Finlande que la musique est le véhicule d’une puissance supérieure, un outil de communication possible même lorsqu’on est en présence d’un traumatisme psychologique, ou d’une situation sociale sans issue. Un projet ambitieux dans lequel Kaurismäki se perd, mais qui vaut qu’on s’y arrête pour une scène finale d’anthologie. Images et sons d’un défilé de tambourinaires brésiliens alternent avec des extraits d’un concert de Billy Cobham devant un parterre d’autistes. Peu à peu la bande son de l’école de samba devient l’unique fond sonore des deux scènes et les mouvements des autistes dansant sur cette musique qu’ils n’entendent pas bouleversent.

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PROJECTION ET CONCERT

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film: Bob Dylan en tournée, ce soir et au printemps ‘65…

En concert ce soir à Bercy et mercredi à Genève, Bob Dylan a encore un pied en 1965. Et ce grâce à la parution aujourd’hui d’un coffret DVD, qui prolonge un documentaire exemplaire de D.A. Pennebaker par un moyen-métrage inédit

C’est encore avant l’ère de l’électricité. Celle des guitares s’entend. Les énergies qui relient Bob Dylan à son audience de la tournée anglaise de 1965 sont elles par contre effectivement sous haute tension. Pour preuves confondantes, les nombreuses scènes, dans Don’t Look Back et 65 Revisited, de rencontre du meneur de la révolution folk de l’époque avec des nuées de fans chevelus, tout jeunes, transis. Que dire à son idole? Que dire qui plus est à une idole qui est le détenteur d’une force rhétorique inouïe, inédite? Le droit de voir le concert depuis les coulisses? On n’y croit pas. Puis on y croit. Alors on est transi.

D.A. Pennebaker, réalisateur du film anthologique Don’t Look Back et d’un moyen-métrage, 65 Revisited, qui le prolonge et complète le DVD box qui sort aujourd’hui, suit Bob Dylan sur les routes de Grande-Bretagne en 1965. D’une parfaite cohérence, les deux films renvoient l’image d’une toute jeune vedette qui se bat, lutte et bataille contre son image de nouveau messie. Les scènes qui portraiturent les moments suspendus de rencontre du héros malgré lui avec une génération adolescente qui se découvre une identité ne sont que ponctuation.

Les deux documentaires regardent Bob Dylan, et plongent aussi dans les regards de gens qui le regardent: Joan Baez, le producteur Tom Wilson, l’artiste protéiforme Bob Neuwirth, l’âme des Animals Alan Price, la jeune révélation Donovan, l’éthérée Nico, un Allen Ginsberg fugace, le manager Albert Gossman et, au loin, les Beatles… Et les pauvres journalistes, charpie en devenir, qui jamais n’ont pu suivre la superbe intransigeance de l’artiste. Des scènes de ce noir-blanc de l’immortalité qui soulignent le mythe d’un homme serait le premier à le contester… Reste les séquences live. Une guitare, un harmonica, une poursuite. Un micro. Et ces chansons aux fulgurances propres à cisailler des plans-séquence, à créer la tension des idées dans le calme des images.

65 Revisited sort aujourd’hui. Des chutes de Don’t Look Back (ce dernier est sous-titré en français, ce que le premier n’est pas). L’ambiance est intacte, l’approche cinématographique forcément identique. Des scènes prises sur le vif, des rencontres improbables… Et le cadeau de séquences live inédites, en plus grand nombre que dans le documentaire d’époque (plus, en bonus dans le coffret, cinq titres en audio pour la première fois dans leur entier). Pour séquence finale, pour pure gourmandise, une version alternative du clip de “Subterranean Homesick Blues”: effeuillage des mots de la chanson dans une ambiance surréaliste qui ne parvient pas, évidemment, à dérider le Bob Dylan pince-sans-rire de 1965.


Questions à D.A. Pennebaker, réalisateur des deux documentaires sur Bob Dylan, et de nombreux autres portraits de musiciens

Vous avez filmé de nombreux artistes. Quel genre d’esthétique cinématographique Bob Dylan appelle-t-il?
Je me suis dit que filmer Dylan nécessitait des gros plans fréquents, comme un montage minimal, avec de longs plans-séquence. Toutes les personnes présentes autour de Dylan devaient être filmées de manière synchronisée, pour saisir leurs réactions face à lui.
Bob Dylan est dur avec la presse. Quel genre de contact aviez-vous avec lui?
On s’entendait très bien, et ma caméra bricolée attisait sa curiosité. A côté de ça, il n’a jamais remis en question ma démarche, mais ne faisait par ailleurs aucune suggestion.
Pourquoi sortir 65 Revisited maintenant, et pas 20 plus tôt?
Il y a 20 ans, il aurait été difficile de distribuer le film, parce qu’il est trop court et inconsistant pour être projeté en salle. Il aurait été trop cher de le rendre diffusable. Maintenant, il y a le DVD.
65 Revisited contient plus d’enregistrements de concert que son prédécesseur.
Quand Don’t Look Back a été tourné, Dylan chantait ces chansons à ses concerts, et ses disques étaient disponibles. Ces interprétations sont entrées dans l’histoire, et rien ne sera plus pareil. Alors il m’a semblé qu’elles accompagneraient bien le film de 65.
Pourquoi suivre Dylan en 65? Pourquoi ce film à cette période?
Je l’ai fait quand je l’ai fait, parce que Dylan et son manager, Albert Grossman, m’ont invité à les suivre en tournée. Je ne connaissais par vraiment Dylan avant. Pourquoi ils me l’ont demandé, je ne l’ai jamais vraiment compris, mais je savais que je devais le faire.
Beaucoup de “personnages” hantent les deux films (Joan Baez, Tom Wilson, Alan Price, Bob Neuwirth, Donovan… les Beatles): pourquoi ne pas les mettre plus en lumière?
Est-ce que le chat qui voit tout peut vous dire ce qu’il voit?
Etes-vous parvenu à dépasser le personnage “fictionnel”, le mythe?
Qui peut le dire? Parfois oui, parfois non.
Qui choisiriez-vous d’immortaliser parmi les artistes contemporains?
Je ne pense pas être capable d’immortaliser qui que ce soit. C’est à eux-mêmes de s’en charger. Mais j’aurais plaisir à filmer quelqu’un comme Tom Waits ou Leo Kotke. Ou même Sting. Simplement parce qu’ils n’ont jamais été bien filmés – ou peut-être que ça m’a échappé. Ou peut-être encore un orchestre de rue de Buenos Aires, qui passent leur temps dans la ville. Ils sont bons et ne font pas semblant.

A VOIR

  • Un extrait de 65 Revisited: “It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry”, Bob Dylan au piano. (Pour les curieux, Don’t Look Back en pièces détachées sur www.youtube.com…)

DVD

  • D.A. Pennebaker, Bob Dylan, Don’t Look Back 65 Tour Deluxe Edition (Sony BMG)

SITES

CONCERTS

  • 23/4: Paris, Bercy

  • 25/4, Genève, Arena

  • 29/4: Zürich, Hallenstadion

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dvd: Chuck Berry est un sale type

Ce documentaire de 1986 ressort en DVD: plus que les coulisses d’un concert anniversaire, les bonus offrent un véritable coup d’oeil sur la part d’ombre de l’inventeur du rock’n'roll.

Keith Richards est un sacré mec. Fallait-il un documentaire sur Chuck Berry pour s’en rendre compte? Hail! Hail! Rock’n'roll, de Taylor Hackford, tourné en 1986, sort en DVD. Le documentaire retrace les répétitions du concert anniversaire qui célèbre les 60 ans de l’inventeur du rock: Keith Richards, directeur artistique de l’évènement qui invite Eric Clapton, Etta James, Linda Ronstadt, Robert Cray et Julian Lennon, est au coeur des meilleurs scènes du film.

Le guitare de Chuck Berry cherche celle du guitariste des Rolling Stones: saisissant, cet épisode où la légende reprend l’autre. Encore et encore, Chuck Berry fait rejouer l’une de ses intros à l’élève. Rapports de force. Orthodoxie rock’n'roll. Douce ironie. Mais c’est affalé sur un canapé, la diction pâteuse comme à son habitude, que Keith Richards fait le plus fort.

Alors que tous les intervenants du film – Bruce Springsteen, Bo Diddley, Little Richard, Eric Clapton, Roy Orbison… – s’adonnent au jeu de la lèche immodérée, Keith Richards laisse d’abord entendre que Chuck Berry n’est pas forcément, sur scène, ce que l’on pourrait attendre de lui. En transparence déjà, les concerts médiocres que le pionnier donne à tout va, accompagné par qui voudra bien, et pour autant que le cash suive. Mais Keith persiste et signe, démontrant par a+b que le pianiste de Chuck Berry, Johnnie Johnson, personnage discret s’il en est, est largement responsable de nombre des riffs que la guitare a piqué au piano… Le petit homme placide est ainsi enfin mis en lumière, lui qui, chauffeur de bus à Saint Louis, a été réquisitionné par Keith Richards pour le concert anniversaire.

Hail! Hail! Rock’n'roll aligne les moments forts, les anecdotes, même s’il se perd un peu dans la retransmission en longueurs du concert évènement donné au Fox Theater. Mais le plaisir de la musique est là. Jusqu’aux bonus du DVD. Là, l’équipe de tournage raconte longuement l’envers du décors. Et c’est pas rien. Dans le détail, on passe en revue les mauvais coups du mauvais garçon: l’ancien repris de justice fait subir, quotidiennement, son chantage. Tout pour le cash. Mais vraiment. Tout pour le cash. Et l’on accuse les bad boys du rap de leur obsession du dollar. Voilà qui donne à réfléchir, comme cette scène où Bo Diddley, Little Richards et Chuck Berry parlent gros sous: en transparence, les rapports de force inter-raciaux. Edifiant.

Chuck Berry est un sale type. Dont on aimerait pourtant être le meilleur ami. Keith Richards: “C’est le seul mec qui m’ait frappé sans que je rende les coups.”

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REFERENCE

  • Hail! Hail! Rock’n'Roll, Taylor Hackford (Warner Music Vision)

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