Catégorie : Interview

Fabien Barontini, un hiver très jazz


Depuis vingt et un ans, l’hiver est moins froid à Paris. Ou plutôt dans le Val-de-Marne, en banlieue, où le festival Sons d’hiver tient ses quartiers, en suivant une ligne à laquelle il n’a jamais dérogé : élargir le champ du jazz aux musiques créatives d’aujourd’hui. Rencontre avec son directeur artistique Fabien Barontini.

Dans quelles circonstances a été créé Sons d’hiver, il y a vingt et un ans ?

Fabien Barontini : C’est un festival qui s’est créé en fédérant un certain nombre de théâtres et de villes du Val-de-Marne pour proposer un moment de rencontres autour des musiques d’aujourd’hui. Avec le jazz comme fil conducteur, mais en tenant compte du champ plus général qu’il recouvre, là où il influence le hip hop, le rock : montrer en permanence comment les musiques d’aujourd’hui issues des musiques afro-américaines participent à notre modernité.

Sons d’hiver n’a jamais été étiqueté « Festival de jazz » ?

Non. J’ai l’impression que si on utilise uniquement ce terme-là, il y a une connotation qui enferme le champ musical alors que le jazz est une musique qui a toujours vécu en se nourrissant d’évolutions. Petit à petit, je me suis aperçu que ce qui paraissait inclassable était de proposer des artistes créatifs ou inventifs. Souvent, quand on utilise des vocables « classables », c’est simplement parce que l’on programme des artistes dont le langage a déjà été assimilé. Dès lors qu’on est dans des zones où les gens sont en train de créer, on a l’impression que c’est inclassable, alors que c’est la vie. La vie, c’est inclassable…

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Piero Sidoti, l’artisan du Frioul


Il aime sa vie paisible à Udine, dans le Frioul du nord-est de l’Italie. Lorsqu’il n’enseigne pas les mathématiques, Piero Sidoti écrit, chante et joue pour le théâtre. La sortie de son premier recueil de chansons, “Genteinattesa” lui a donné l’opportunité d’ouvrir récemment pour Gianmaria Testa. Ses refrains acoustiques sont ceux d’un artisan, interprétés d’une voix souvent profonde, ébréchée, charismatique, avec une brise de jazz sur quelques morceaux ou une chaleur brésilienne sur d’autres.

Comment avez-vous commencé la musique?

La musique a rempli ma vie depuis tout petit. Je crois avoir tout écouté, classique, moderne, contemporain, chanson, etc. Cependant, j’ai commencé à jouer de la guitare seulement après mes vingt ans, au moment où tous les autres arrêtaient. Avant j’écrivais beaucoup poésies, textes, nouvelles. Je sentais le besoin d’exprimer quelques choses, de communiquer et donc de partager avec les autres pour rentrer dans une sorte de résonance émotive. Je crois avoir commencé à jouer à l’âge auquel un homme n’a plus aucun charme avec la guitare à la main, ce n’est plus l’adolescent qui joue des chansons d’amour sur la plage, mais juste un traînard qui ne sait pas encore ce qu’il veut faire de sa vie.

Quels ont été vos modèles pour la voix et pour la guitare?

La liste pourrait être très longue puisque je suis un grand consommateur de musique, du classique au pop, en passant par le heavy metal, le rap. J’écoute toujours en silence et je déteste écouter de la musique en fond sonore, tout en faisant autre chose. Les références italiennes sont Fabrizio De André, Paolo Conte, Lucio Dalla, Francesco De Gregori, Gianmaria Testa, Giorgio Gaber, Roberto Vecchioni, Ivano Fossati, Luigi Tenco. Les premiers qui me viennent à l’esprit pour les étrangers sont Jacques Brel, George Brassens, Yves Montand, Edith Piaf, Serge Gainsbourg, Leo Ferré mais aussi Carlos Jobin, Toquinho, Vinicius de Moraes, Leonard Cohen, Sting, Nick Drake, Tom Waits, Peter Gabriel, Ben Harper. Un des albums que je connais le mieux, et qui m’a changé la vie, ne contient pas de mots. C’est “Koln Concert” de Keith Jarrett.

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Robertinho Barreto, les riffs de la guitarra baiana


Vous ne connaissez pas encore Baiana System ? Préparez-vous, 2012 sera une bonne année pour eux ! Robertinho Barreto, le fondateur du groupe, nous a accordé une interview alors qu’il était à Copenhague pour le WOMEX. Très volubile, il présente ce projet très particulier et sa place dans la guitarra baiana.

Par Olivier Cathus

Baiana System, c’est un coup de cœur instantané. Un des meilleurs disques sortis de Bahia ces dix dernières années. Alors nous avions présenté Baiana System une première fois l’an dernier. Puis encore en septembre, sous le titre “Baiana System, mini guitare et gros sound system”, cette fois-ci, en proposant l’album en téléchargement. Un album que l’on peut également se procurer gratuitement sur le site du groupe.

Parce que le projet initié par Robertinho Barreto est très cohérent et profondément ancré dans la musique locale. Avec Baiana System, il a considérablement modernisé la petite guitarra baiana, inventée par Dodô et Osmar pour défiler sur leur trio elétrico pendant le carnaval de Salvador. Dans Baiana System, outre cette petite guitare, les timbaus donnent cette couleur percussive si caractéristique de Salvador, mais aussi immergé dans l’univers des sound-systems et du dub.

Comment s’est passé ce passage au WOMEX ?

Robertinho Barreto : L’accueil a été très chaleureux pour le concert. Les feed-backs ont été très positifs. Et, aujourd’hui, sur le salon, j’ai rencontré quelques personnes, de très bons contacts qui vont nous permettre, l’an prochain, de faire quelque chose. On va organiser ça de façon plus… organisée ! Et on va faire au moins une petite tournée en Europe.

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Scratch Massive, marchands de sable


Photo: Zoe Cassavettes

La parution du troisième album studio de Scratch Massive est l’occasion pour le duo parisien d’affirmer plus que jamais son penchant pour une musique électronique pop, synthétique et mélancolique.

Maud Geffray et Sébastien Chenut ne cachent pas leur penchant pour les bandes-son de John Carpenter et de la cold wave 80’s britannique. On retrouve cette influence au détour de certains titres de « Enemy & Lovers » (2003), « Time » (2007), de leurs compilations mixées ou encore dans « Nuit de Rêve », leur dernier album.

Les longues plages de synthétiseurs analogiques, soutenues par une rythmique lente, sonnent comme une italo-disco que l’on jouerait, au petit matin, lorsqu’on ne croit plus en un éventuel retour des danseurs. Ce décor subtilement désincarné se révèle idéal pour des collaborations vocales. Koudlam, Dj Chloé, Daniel Agust (Gus Gus) et Jimmy Sommerville redonnent un semblant de lumière à ces atmosphères en clair-obscur.

Nuit de Rêve, dans le titre et dans la musique, sonne comme quelque chose d’intemporel. Vouliez-vous écrire un album qui n’ait pas d’âge, d’ancrage dans le temps ?

Maud Geffray: Dans les faits, c’est un album qu’on a conçu en étant un peu isolés du reste du monde. On avait notre studio en sous-sol chez Agnès b. On y passait beaucoup de temps, des potes passaient nous voir souvent… On faisait même la fête au studio et on sortait peu. Du coup on n’a pas du tout été influencé par les productions actuelles, on a créé notre univers musical un peu en autarcie.

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Cut Chemist, les rythmes de Los Angola


Q: Qu’est-ce qui a déclenché ta passion pour le DJing?

J’ai vu pour la première fois des films de breakdance à l’âge de 9 ou 10 ans et j’ai tout de suite été curieux de découvrir cet univers. Après avoir touché un peu au graffiti, je me suis rapidement intéressé au DJing. Peut-être parce que je possédais déjà une petite collection de disques. À vrai dire, c’était surtout l’idée de manipuler la musique qui m’attirait et j’ai commencé mon apprentissage en m’inspirant des pionniers du genre, comme Grandmaster D.ST, Jam Master Jay, Jazzy Jeff, Afrika Bambaataa.

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Club: Pantha du Prince, un autre son de cloche


Photo: Joël Vacheron

A mi-chemin entre approche expérimentale et dance music, Pantha du Prince offre une analyse avisée des dernières mutations qui affectent les musiques électroniques.

Joël Vacheron: Depuis ses débuts, il y a environ 30 ans, le mouvement techno a pris des formes multiples. Comment définiriez-vous l’actualité de ce courant ?

PDP: Tout d’abord, je considère ce courant avant tout comme une infrastructure. Disons qu’il ne s’agit plus véritablement d’un qualificatif musical direct, comme on parlerait du funk par exemple. À l’heure actuelle, il s’agit surtout d’une palette de rythmes, que l’on peut classer dans la catégorie “techno music”. Cependant, au bout du compte, c’est une infrastructure sociale et économique. Du jazz aux musiques actuelles, en passant par la musique électro-acoustique, la notion de techno n’a plus grand-chose à voir avec le contenu, elle peut être appliquée pour qualifier un peu n’importe quoi. Au final, le terme qui correspond peut-être le mieux à ce courant, c’est probablement dance music.

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