
Depuis vingt et un ans, l’hiver est moins froid à Paris. Ou plutôt dans le Val-de-Marne, en banlieue, où le festival Sons d’hiver tient ses quartiers, en suivant une ligne à laquelle il n’a jamais dérogé : élargir le champ du jazz aux musiques créatives d’aujourd’hui. Rencontre avec son directeur artistique Fabien Barontini.
Dans quelles circonstances a été créé Sons d’hiver, il y a vingt et un ans ?
Fabien Barontini : C’est un festival qui s’est créé en fédérant un certain nombre de théâtres et de villes du Val-de-Marne pour proposer un moment de rencontres autour des musiques d’aujourd’hui. Avec le jazz comme fil conducteur, mais en tenant compte du champ plus général qu’il recouvre, là où il influence le hip hop, le rock : montrer en permanence comment les musiques d’aujourd’hui issues des musiques afro-américaines participent à notre modernité.
Sons d’hiver n’a jamais été étiqueté « Festival de jazz » ?
Non. J’ai l’impression que si on utilise uniquement ce terme-là, il y a une connotation qui enferme le champ musical alors que le jazz est une musique qui a toujours vécu en se nourrissant d’évolutions. Petit à petit, je me suis aperçu que ce qui paraissait inclassable était de proposer des artistes créatifs ou inventifs. Souvent, quand on utilise des vocables « classables », c’est simplement parce que l’on programme des artistes dont le langage a déjà été assimilé. Dès lors qu’on est dans des zones où les gens sont en train de créer, on a l’impression que c’est inclassable, alors que c’est la vie. La vie, c’est inclassable…












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