Catégorie : Live

Tune-Yards, toujours occupée


En marge des disruptions diverses qui ont traversé Oakland ces derniers mois, Merrill Garbus continuait sa révolution pacifiste avec la sortie, entre autres, de son deuxième album W H O K I L L (4AD). Quelquefois comparée à Bjork ou a M.I.A, elle fait preuve d’un même penchant pour les expérimentations audacieuses et ludiques. Un talent brut à découvrir sur scène lors d’une des dates agendées dans le cadre de son retour en Europe.

CONCERTS

  • 16.02.12 Tourcoing / Grand Mix
  • 17.02.12 Rennes/ Ubu
  • 18.02.12 Rennes / Maroquinerie
  • 19.02.12 Grenoble / Le Ciel
  • 20.02.12 Düdingen / Bad Bonn
  • 22.02.12 Bruxelles / Botanique

tUnE-yArDs, Bizness (2011)

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Rico Rodriguez, souffle de vie


Une légende sera de passage aux Docks de Lausanne le 03.02.2012 puisqu’à travers Rico Rodriguez, il est possible de ratisser plus d’un demi-siècle de musiques populaires jamaïcaines. Il découvre le trombone lorsqu’il est pensionnaire de la Alpha Boys Catholic school où son professeur, Don Drummond, avait déjà soufflé ses premières notes avant de fonder The Skatalites. Très vite, il écume les dancehalls de Kingston avec les pionniers qui s’attelaient à donner un nouveau souffle aux musiques traditionnelles.

Son influence deviendra encore plus manifeste après son exil sur le Vieux Continent au début des années 60. Selon le sociologue Paul Gilroy, Rico Rodriguez a marqué un tournant décisif dans l’hybridation qui a touché les musiques populaires anglaises durant les années 70. À ce titre, “Rico’s Message (1967) représente une combinaison imprévisible de funk, de dub et de rythm’n’blues uniquement envisageable dans le Londres de cette époque”.

Il deviendra d’ailleurs une figure emblématique du revival ska des années 70 avec The Specials. Ambassadeur honoraire des rythmes à contre-temps, Rico occupe une place de choix le hardcore Continuum, la cartographie que Simon Reynolds propose pour décrire l’évolution des musiques populaires d’après-guerre. Ce passage en Suisse lui permettra de se remémorer quelques souvenirs puisqu’il y a séjourné de nombreuses années durant les années 80 et 90.

Les Trans 2011, Révélations et slip rouge


Le premier week-end de décembre à Rennes, ce n’est pas seulement le Téléthon où les Jeunes Agriculteurs d’Ille-et-Vilaine vendent un calendrier pour lequel ils posent avec un porcelet, un poussin ou un poireau en guise de cache-sexe. Ce sont aussi les Trans Musicales où, sexe toujours, les artistes se mettent à nu dans l’espoir de décrocher le pompon qui fera clignoter au-dessus de leur tête le mot magique : révélation.

Par Eric Delhaye

Sur le marché des Lices, la galette andouille-fromage est tendance, mais on ne vend ni heures de sommeil ni don d’ubiquité. Réduit au renoncement et à la frustration face à une programmation pléthorique de quasi-inconnus, le festivalier est donc condamné à errer pendant trois jours dans l’espoir de ne pas passer à côté de la révélation en question. Heureusement, quelques indices indiquent le chemin du Graal aux chevaliers les plus rompus. Depuis plusieurs années, on note ainsi que le programmateur Jean-Louis Brossard soigne particulièrement la soirée du vendredi dans la salle de la Cité. On pariait donc sur Maylee Todd et on y reviendra.

Mais c’est une autre jeune femme qui lui a soufflé le jackpot sous le nez : Sallie Ford (22 ans) & The Sound Outside. Frimousse ronde et lunettes du même cercle, cheveu fleuri et robe champêtre, Sallie Ford possède une voix épaissie par le blues mais gracile dans les aigus, un don du ciel au service d’un rock’n’roll promotion fifties. Débarqué de Portland avec son album Dirty Radio (Fargo), le quartette semble exhumé des studios Sun et maîtrise la généalogie du genre, du bluegrass aux éclats de noise dans la guitare de Jeff Munger. Rétro, mais pas trop, Sallie Ford n’est pas seulement talentueuse (auteure-compositrice), elle est aussi joviale comme mille et le bonheur s’échappe d’elle par petits rires contagieux. Public conquis, ovation de gala et envies de hug avec cette nouvelle copine.

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Maria Minerva, messe balte


Il n’a pas fallu beaucoup pour que Maria Minerva glisse sa grande silhouette balte dans les roulis psychédélisme du revival synth-pop. Des sons comme des images. Des images comme des sons. Elle appose avec une désinvolture, précise et érudite, des films qui brouillent nos perceptions comme autant de bouffées au Valium.

Maria Minerva - Gloria by notodo

Une vague de fraîcheur léthargique et antispectaculaire qui caractérise d’ailleurs toute une génération de producteurs contemporains qui, à l’instar de John Maus ou des Nite Jewels, semble avoir concentré leurs quêtes introspectives dans les dilutions réverbérantes numériques d’une discothèque.

A l’heure où sort son premier album chez 100% Silk, Maria Minerva se produira avec LA Vampires dans le cadre de la soirée que le festival des Urbaines va dédier au label Not Not Fun.

CONCERT

  • 03.11.11 Les Urbaines / Lausanne

ALBUM

  • Maria Minerva, Sacred & Profane Love (100% Silk)

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Hollie Cook, punks et épigones


Ari Up, l’égérie récemment disparue de The Slits, avait l’habitude de dire que la mouvance punk reggae formait une sorte de dynastie. Une nouvelle classe de sang bleu dont les discours subversifs ne devaient cesser d’irriguer les musiques populaires.

Hollie Cook constitue la parfaite incarnation de cette intuition généalogique. Descendante directe du batteur des Sex Pistols, Paul Cook, et de la chanteuse de The Belle Stars, Jennie Mathias, elle n’a pas eu besoin d’aller très loin pour tomber dans le chaudron.

Un premier album chez Mr Bango produit par Prince Fatty et il n’en fallait pas plus pour donner un nouveau souffle à la tradition reggae britannique. Hollie Cook se produira en compagnie de Souleance, SBTRKT, et tant d’autres, dans le cadre de la 33e édition des Trans.

CONCERT

  • 02.12.11 Parc Expo Hall 9 / Rennes

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BBT New Language, un trio sculpteur de rythmes

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Le trio formé de Jean-Paul Bourelly, Joe Bowie et Jamaladeen Tacuma est en concert ce samedi 13 novembre à l’AMR de Genève

“BBT New Language offre une approche unique de la musique improvisée: une narration qui va à l’encontre de la tendance à l’uniformisation qui engorge l’humanité. Le processus de création existentiel, encouragé par la nécessité, est la passion qui anime ce groupe.” Ainsi parle Jean-Paul Bourelly, guitariste chicagoan relocalisé à Berlin, à l’origine de ce nouveau trio où l’on trouve le tromboniste Joe Bowie et le bassiste électrique Jamaladeen Tacuma. Pour cette tournée, ils seront accompagné d’un quatrième membre, DJ Gea Russel, en charge de l’électronique.

C’est sans doute l’un des projets les plus enthousiasmants du guitariste depuis longtemps. En s’associant à deux musiciens-phares de l’avant-garde new-yorkaise des année 80, Bourelly se reconnecte à l’improvisation de haut vol après une phase plus méditative (son album solo News From The Darked Out Room) et des projets plus black rock. Joe Bowie, fondateur de Defunkt, a lui-même récemment reformé son groupe, renommé Defunkt Millenium. Quant à Jamaladeen Tacuma, le bassiste de Philadelphie a été de l’aventure du Prime Time électrique d’Ornette Coleman, enregistrant avec le compositeur texan les albums Dancing In Our Head, Body Meta et Of Human Feelings.

On ne peut attendre de ce trio que de la bonne musique. Evidemment sans étiquettes prédéfinies. Amateurs de jazz, de blues, de rock et de funk, ce concert est pour vous.

Genève, AMR, 10 rue des Alpes, à partir de 20h30. Egalement à conseiller au même endroit le lendemain: Henry Threadgill & Zooid.

Vidéo: BBT en 2011

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