Catégorie : Portrait

Retro: S’express, le pavé acid house


Il y a vingt ans, Theme from S’express atteignait la première place des charts anglais

S’il fallait retenir une date pour commémorer l’éclosion officielle de l’Acid House, le 24 avril 1988 possède un sérieux potentiel. En effet, ce jour-là, Theme from S’express atteignait la première place des ventes de singles en Grande-Bretagne. En ravivant un second été de l’amour, il propulsait du même coup dans les réseaux mainstream une club culture jusqu’alors cantonnée dans les warehouse parties et autres bombances champêtres.

Theme from S’express, ce collage de samples largement inspiré par la scène house de Chicago et la techno de Detroit, allait connaître un succès planétaire. Par la suite, S’express intégrera d’autres artistes tels que Sonique ou Billie Ray Martin mais, même si le groupe allait connaître encore quelques succès en 1988, la clique funky de Mark Moore ne réiterera jamais son coup initial.

À l’heure actuelle, Mark Moore continue à être très actif dans la scène musicale anglaise à la fois comme DJ culte et promoteur de soirée. Pour fêter l’anniversaire, il vient de décryogéniser S’express afin de sortir “Stupid Little Girls” sur le label Kitsuné.

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VIDEO: S’express, Theme from S’express, 1988

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Disco: Kid Creole, un drôle de coco


Une des coconuts originales revient sur son épopée avec Kid Creole & The Coconuts

Avec sa moustache fine et son chapeau à bord large, August Darnell continue à évoluer dans un catégorie à part avec son personnage Kid Creole. Inséparable de son trio de Coconuts blondes et gainées, ce Cab Calloway latino proposait l’actualisation d’une esthétique populaire d’après-guerre aux rythmes disco, funk, latino ou hip-hop. Un style et un univers délirants, toujours situés aux frontières du kitsch, que Darnell a toujours su maîtriser avec un talent certain.

Kid Creole & The Coconuts est associé au mutant disco inferno qui caractérisait la scène underground new-yorkaise durant les années 80 et plus particulièrement les productions d’artistes rattachées à ZE Records. A ce titre, Darnell avait peaufiné son style au sein du label où il officiait en tant que producteur lorsqu’il était encore membre du groupe Savannah.

Un personnage hors du commun à (re)découvrir grâce à ce petit flashback présenté par la Suissesse Adriana Kaegi. A la fois ex-coconut et ex-femme de Darnell.

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VIDEO, Kid Creole & The Coconuts, Live au Montreux Jazz Festival, Wonderful Thing, 1985

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Hommage: Andy Palacio, martyre garifuna

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Emporté à 47 ans par une attaque cérébrale, Andy Palacio était sur le point d’inscrire le Bélize sur la carte des musiques du monde. Comme en son temps Cesaria Evora l’a fait avec le Cap Vert.

Injuste: voilà le premier mot qui vint à l’esprit le 19 janvier 2008 à l’annonce de l’attaque cérébrale puis du décès de Andy Palacio chanteur garifuna et haut diplomate au Bélize. L’année passée, Andy Palacio nous avait envoûtés avec Watina. Voix vibrantes, rythmes aux confluents de l’Amérique latine et de l’Afrique, mélodies viscéralement nostalgiques et esprit funky ont fait de ce disque un incontournable qui s’écoutait en boucle.

Watina c’était aussi l’aboutissement d’un travail acharné pour faire connaître au reste du monde la culture garifuna. Les ancêtres des Garifunas étaient des esclaves ouest-africains qui, sur le point d’achever leur triste traversée de l’Atlantique tentèrent la rébellion. A l’approche de l’Amérique, leurs navires firent naufrage. Les Garifunas parvinrent ainsi à établir leurs colonies le long des côtes d’Amérique centrale en se mêlant à la population locale indienne et caraïbe. Irréductibles défenseurs de leur identité, les Garifunas sont aujourd’hui 250 000 et ont su préserver leur musique, leur danse, leur langue à tavers les siècles.

Depuis plus de dix ans, Andy Palacio et son ami et producteur, Ivan Duran, essayaient par tous les moyens de diffuser la musique garifuna, sous sa forme traditionnelle, comme dans ses derniers avatars hautement sexy du punta rock. Chaleureux, joyeux, empreint de spiritualité, Andy Palacio, était le meilleur ambassadeur de cette musique en devenir. Watina, unaniment salué par la critique, lui ouvrait enfin la clef de la sène internationale. Une tournée était prévue en mai. Coupé dans son envol, Andy Palacio n’aura pas eu le temps de savourer son succès. Il aura toutefois entrouvert une porte. A d’autres, comme le talentueux Aurelio Martinez, de prendre le relais et de l’ouvrir toute grande.

Prophète en son pays, Andy Palacio a reçu des funérailles nationales. Le 25 janvier un hommage en musique lui sera rendu dans la ville de Bélize. Amis, fans ou simples auditeurs sont invités à écrire leurs commentaires sur les blogs référencés ci-dessous.

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chanson: Mouss & Hakim, question d’identité

Dans le sillage d’un mouvement qui vise à réexaminer la part algérienne de l’histoire de France, les Toulousains relient des chansons d’antan à l’actualité. 10 invitations pour leur concert parisien

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Punta Rock: Andy Palacio, ambassadeur pour la paix


Le musicien et chanteur bélizien Andy Palacio vient d’être nommé Artiste de l’UNESCO pour la paix. Né en 1960 dans le village côtier de Barranco (Belize), Andy Palacio s’est fait connaître dans son pays et à l’étranger à la fin des années 1980. Il est aujourd’hui le musicien le plus populaire de Belize, ainsi qu’un des plus éminents défenseurs de la culture et des traditions garifuna.

Avec son groupe, le Garifuna Collective, Andy Palacio est à l’origine d’un nouveau style musical baptisé « punta rock », une danse populaire portée par les rythmes frénétiques des Garifuna. Il a récemment collaboré dans un projet avec Fatboy Slim.

Andy Palacio chante en garifuna, une langue située au confluent de plusieurs héritages linguistiques et qui fut élevée en 2001 au rang de Chef d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

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  • Watina: A Look Behind The Music of Andy Palacio

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Soul: Nathaniel Mayer, The King Of Paradise

Nathaniel Mayer

Le chanteur de detroit revient avec une compilation de soul mâtinée de psychédélisme. “I’m a Lonely Man” en écoute

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Rock: Shannon Wright, tout sourire

PHOTO: FRANCK MULLEN / Matteblack

Avec Let In The Light, l’égérie post-rock semble s’être assagie. Une mutation à découvrir prochainement sur scène.

« J’ai le sentiment que la musique doit rester un mystère » dit Shannon Wright dans la présentation de son dernier disque, Let In The Light. Sorti en mars de cette année, l’opus rompt particulièrement d’avec son précédent en solo, l’éclatant Over The Sun, tout en guitares et distorsions. C’est ici derrière un piano au son brut souvent, mutin parfois, que l’Américaine garde précieusement son secret. Que lui est-il arrivé ? D’où vient ce sentiment d’apaisement à l’écoute de ces onze ballades ? Douces mélodies, arrangements minutieux, ambiances mélancoliques et non plus désespérées, on se dit que cette grande dame du rock s’est assagie sans se perdre.

Presque simultanément nous parvient la réédition de son deuxième album, Maps Of Tacit, sorti en 2000 et anciennement épuisé. Emouvant d’entendre ce timbre fragile, aigu, qui souligne clairement, lorsqu’on le compare à sa mouture 2007, l’émancipation vocale et esthétique de la chanteuse. Deux disques magnifiques qu’il est bon d’écouter en parallèle, tant on peut suivre à travers eux le chemin parcouru. Ce jeu laisse aussi imaginer les ressources de Shannon Wright, et rêver à ses albums futurs…

En concert, elle reste cependant la même. Cet étrange personnage ébouriffé, drapé dans une possible timidité, et comme emporté dans les affres de sa propre musique. Troublantes et jouissives, ses performances scéniques ne peuvent laisser indifférent.

EN CONCERT

En Suisse

15/9 Fribourg (Nouveau Monde)

En France

14/9 Rognes
20/9 Strasbourg
21/9 Nancy
22/9 Château-Gontier
23/9 Brest
24/9 Saint-Nazaire
25/9 Paris, Nouveau Casino
26/9 Clermont-Ferrand
27/9 Canteleu
28/9 Sannois
29/9 Angoulême

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hommage: Jean-François Bizot

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PHOTO: DANIEL LAINE ©Actuel

Le fondateur d’Actuel et de Radio Nova, l’infatiguable défenseur de tous les undergrounds, est décédé samedi 8 septembre d’un cancer

C’était un dimanche soir de mi-juillet, au téléphone. Jean-François était à l’hôpital. Il avait relu toutes les pages de son dernier livre, enfin un bouquin collectif autour de la new-wave, enfin autour de son idée forcément plus large que convenue de la new-wave, un foutu remixe qu’il avait chapeauté, dans tous les sens du terme. Malgré tout, malgré ce petit moment de faiblesse qui revenait par-derrière, il tenait à tout vérifier, tout améliorer, toujours.

Des tas de papiers étalés sur une table, des tonnes de souvenirs dans la tête, ce fut la dernière image de Jean-François. Comme la première fois, où l’on débarquait à Actuel, forcément impressionné. Comme à New York, milieu des années 90, au sortir du Carnegie Hall, au bras de deux superbes nanas. Comme lors de bouclages à Nova Mag, où il passait sa tête entre deux bons mots balancés en direct à la radio. Comme quand il me convainc d’aller voter. Comme quand on discuta des heures du jazz, et puis du reste, sans compter. « Attends, j’vais fumer une clope… je reviens. » Début 2007, plus le droit de fumer. Un temps. Ce jour-là, on devait se parler du coffret que Nova venait de publier, histoire d’honorer les vingt-cinq ans de sa radio libre. Radio Nova, une petite radio aux oreilles grandes ouvertes. Un bâtiment connu dans le monde entier. Toute la planète de la musique y est venue. Et puis tout le reste.

Début février 2007, il avait dans l’idée de faire une suite, un Nova Roots sur les vingt-cinq ans qui ont précédé. Il avait toujours de la suite dans les idées, qu’il lançait et qu’il fallait attraper. L’ex DJ de Nancy, des surprises parties millésimées 1965, voulait monter une petite bande de sélectionneurs, fouiller dans les tréfonds de sa discothèque, ses disques empilés pas compressés, pour en sortir les 5000 incunables des amis de Nova, des classiques rares et perles atemporelles (voir ici sa playlist). « Avec Nova, j’ai appris l’anti-mode. Les disques qui ne s’usent pas. Tu commences à le savoir à 35 ans. En littérature, c’est plus rapide. »

Avec Jean-François Bizot, très grand reporter, co-fondateur de l’écologie politique, chantre du journalisme Actuel, catalyseur de la presse souterraine, accoucheur de l’underground, auteur de films peu vus, romancier à ses heures, essayiste à la plume aiguisée, compilateur de l’extrême et rare amateur de musiques, nous avions tous appris. Un peu, beaucoup, passionnément. Ah! la folie. La vie par tous les bouts. Merci, à tout de suite.

LIVRES

  • Vaudou & Compagnies, Histoires noires de Abidjan à Zombies, Editions du Panama, 2005

  • Underground, L’histoire, Denoël, 2001

  • Free Press, La contre-culture vue par la presse underground, Editions du Panama, 2006

  • Un moment de faiblesse, Le livre de poche, 2005

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Jazz: Milton Nascimento, la voix d’ange de Minas est de retour

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PHOTO: FRANCISCO CRUZ

Une des figures majeures de la musique brésilienne contemporaine, le chanteur Milton Nascimento, fait une escale à la Villette pour distiller son sens de l’expérimentation dans un projet mis en place par les frères Belmondo

Dans son bel ouvrage « Pop Tropicale et Révolution », Caetano Veloso ne tarit pas d’éloges sur la qualité musicale du chanteur de Minas Gerais. C’est que Milton Nascimento est, avec Caetano, l’un des chanteurs le plus sophistiqué et créatif du Brésil, et avec Tom Zé, l’un des plus sensibles à l’expérimentation (notamment avec le groupe Uakti).

Milton est aussi le chanteur brésilien qui entretient la plus étroite et fructueuse relation avec le monde du jazz. Depuis l’époque de « Milagre dos Peixes », ce véritable miracle musical, sauvé in extremis de la répression militaire. Pour contourner la censure, Milton dut interpréter ses nouvelles chansons en onomatopées. Cela fit surgir des compositions et des prestations instrumentales remarquables, avec la complicité exaltée de Nana Vasconcelos, Toninho Horta et Wagner Tiso.

Trente ans après, dans son album « Pieta », la cerise sur le gâteau est une étonnante version de Cantalupe Island, aux côtés d’Herbie Hancock et Pat Metheny, qui avaient joué pour lui aussi sur les disques « Miltons », « Angelus » et « Nascimento », avec Jack Dehjonette et Ron Carter. Mais son amitié jazzistique la plus ancienne et profonde est avec Wayne Shorter. En compagnie de cet extraordinaire saxophoniste (Jazz Messengers, Miles Davis, Weather Report), Milton a enregistré le merveilleux album « Native Dancer », puis « Milton » et « A Barca dos Amantes », et réalisé diverses tournées en Europe et aux États-Unis.

Cette fois, dans le cadre d’une carte blanche consacrée à Wayne Shorter au Festival de jazz de La Villette, Nascimento sera l’invité d’un projet spécial préparé par les Belmondo Brothers avec l’Orchestre National d’Ile de France. Un format jazz et symphonique familiale à Milton, qui a souvent joué avec l’Orquesta de Jazz Sinfonico, orchestres philharmoniques et divers orchestres de cordes brésiliennes.

CONCERT

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DISCOGRAPHIE (SELECTION)

  • « Pieta », Warner 2003
  • « Nascimento », Warner 1997
  • « Miltons », Columbia 1988
  • « Native Dancer », Columbia 1975
  • « Milagre dos Peixes », Emi 1973

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Jazz: Wayne Shorter, la réceptivité totale

wayne shorter PHOTO: Universal

Découvreur et catalyseur hors pair, l’une des personnalités les plus influentes du jazz contemporain fait une escale parisienne très attendue

Wayne fut la pièce angulaire du légendaire quintet de Miles Davis, en compagnie d’Herbie Hancock, Tony Williams et Ron Carter, et des premiers groupes électriques du célèbre trompettiste. Ancien directeur musical des Jazz Messengers d’Art Blakey et fondateur de Weather Report, en association avec Joseph Zawinul, rencontré chez Miles, Wayne Shorter est un formidable organisateur de musique, doublé d’un excellent saxophoniste

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